Bien-aimé,
tu agis fidèlement
dans ce que tu fais pour les frères,
et particulièrement pour des étrangers.
En présence de l’Église,
ils ont rendu témoignage à ta charité ;
tu feras bien de faciliter leur voyage
d’une manière digne de Dieu.
Car c’est pour son nom
qu’ils se sont mis en route sans rien recevoir des païens.
Nous devons donc apporter notre soutien à de tels hommes
pour être des collaborateurs de la vérité.
Heureux qui craint le Seigneur,
qui aime entièrement sa volonté !
Sa lignée sera puissante sur la terre ;
la race des justes est bénie.
Les richesses affluent dans sa maison :
à jamais se maintiendra sa justice.
Lumière des cœurs droits, il s’est levé dans les ténèbres,
homme de justice, de tendresse et de pitié.
L’homme de bien a pitié, il partage ;
il mène ses affaires avec droiture.
Cet homme jamais ne tombera ;
toujours on fera mémoire du juste.
En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples une parabole
sur la nécessité pour eux
de toujours prier sans se décourager :
« Il y avait dans une ville
un juge qui ne craignait pas Dieu
et ne respectait pas les hommes.
Dans cette même ville,
il y avait une veuve qui venait lui demander :
“Rends-moi justice contre mon adversaire.”
Longtemps il refusa ;
puis il se dit :
“Même si je ne crains pas Dieu
et ne respecte personne,
comme cette veuve commence à m’ennuyer,
je vais lui rendre justice
pour qu’elle ne vienne plus sans cesse m’assommer.” »
Le Seigneur ajouta :
« Écoutez bien ce que dit ce juge dépourvu de justice !
Et Dieu ne ferait pas justice à ses élus,
qui crient vers lui jour et nuit ?
Les fait-il attendre ?
Je vous le déclare :
bien vite, il leur fera justice.
Cependant, le Fils de l’homme, quand il viendra,
trouvera-t-il la foi sur la terre ? »
Dans la foi, il y a un “déjà là”, et un “pas encore là”. D’une part nous vivons déjà de Dieu, d’autre part nous attendons encore qu’il soit pleinement là. Dans l’Eucharistie nous vivons la présence réelle du Christ, et nous attendons encore sa pleine manifestation. Même si l’Eucharistie nous comble déjà de la présence du Christ, c’est encore dans l’obscurité de la foi et dans l’attente d’une venue glorieuse et manifeste à tous.
En ce sens, il faut bien comprendre ce que du point de vue de Dieu signifie “faire justice”. Souvent nous nous adressons à Dieu avec une part de frustration parce qu’il semble différer sa réponse, comme ce juge qui fait la sourde oreille. Il n’y a pas encore de jugement final, manifeste à tous visiblement. Et pourtant, dans la souffrance de cette attente, Dieu répond déjà d’une manière réelle et très forte car il nous rend juste. La prière est déjà exaucée parce qu’elle nous transforme et nous rend capable de l’accueillir à la fin des temps, lorsqu’il se manifestera dans la gloire.
Dieu n’attends pas pour nous faire justice. Il est déjà là. Il y a déjà dans nos âmes une plénitude de la présence et de la justice de Dieu. Sa présence nous transforme et nous fait traverser ce monde en nous rendant juste au milieu de l’iniquité. L’éprouver nous fait grandir dans la confiance qu’à la fin des temps, c’est cette justice qui sera manifestée à tous.
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