Job disait à ceux qui lui faisaient des reproches :
« Ayez pitié de moi, ayez pitié de moi,
vous du moins, mes amis,
car la main de Dieu m’a frappé.
Pourquoi me poursuivre comme Dieu lui-même ?
Ne serez-vous jamais rassasiés de ma chair ?
Ah, si seulement on écrivait mes paroles,
si on les gravait sur une stèle
avec un ciseau de fer et du plomb,
si on les sculptait dans le roc pour toujours !
Mais je sais, moi, que mon rédempteur est vivant,
que, le dernier, il se lèvera sur la poussière ;
et quand bien même on m’arracherait la peau,
de ma chair je verrai Dieu.
Je le verrai, moi en personne,
et si mes yeux le regardent, il ne sera plus un étranger.
Mon cœur en défaille au-dedans de moi. »
Écoute, Seigneur, je t’appelle !
Pitié ! Réponds-moi !
Mon cœur m’a redit ta parole :
« Cherchez ma face. »
C’est ta face, Seigneur, que je cherche :
ne me cache pas ta face.
N’écarte pas ton serviteur avec colère :
tu restes mon secours.
Mais j’en suis sûr, je verrai les bontés du Seigneur
sur la terre des vivants.
« Espère le Seigneur, sois fort et prends courage ;
espère le Seigneur. »
En ce temps-là,
parmi les disciples
le Seigneur en désigna encore 72,
et il les envoya deux par deux, en avant de lui,
en toute ville et localité où lui-même allait se rendre.
Il leur dit :
« La moisson est abondante,
mais les ouvriers sont peu nombreux.
Priez donc le maître de la moisson
d’envoyer des ouvriers pour sa moisson.
Allez ! Voici que je vous envoie
comme des agneaux au milieu des loups.
Ne portez ni bourse, ni sac, ni sandales,
et ne saluez personne en chemin.
Mais dans toute maison où vous entrerez,
dites d’abord :
“Paix à cette maison.”
S’il y a là un ami de la paix,
votre paix ira reposer sur lui ;
sinon, elle reviendra sur vous.
Restez dans cette maison,
mangeant et buvant ce que l’on vous sert ;
car l’ouvrier mérite son salaire.
Ne passez pas de maison en maison.
Dans toute ville où vous entrerez
et où vous serez accueillis,
mangez ce qui vous est présenté.
Guérissez les malades qui s’y trouvent
et dites-leur :
“Le règne de Dieu s’est approché de vous.”
Mais dans toute ville où vous entrerez
et où vous ne serez pas accueillis,
allez sur les places et dites :
“Même la poussière de votre ville, collée à nos pieds,
nous l’enlevons pour vous la laisser.
Toutefois, sachez-le :
le règne de Dieu s’est approché.”
Je vous le déclare :
au dernier jour,
Sodome sera mieux traitée que cette ville. »
Avez-vous déjà entendu dire que des agneaux aient gagné contre des loups ? Jésus envoie-t-il ses disciples à l’échec ? Bien au contraire ! Cette recommandation est précisément la condition qui garantira le succès de leur mission. C’est en étant désarmés comme des agneaux qu’ils pourront s’appuyer sur sa grâce et porter des fruits. C’est pourquoi Jésus exige qu’ils s’abandonnent totalement à la Providence de Dieu, en leur demandant de ne rien emporter avec eux : « ni bourse, ni sac, ni sandales ». Jésus les envoie les mains vides, sans compétences ni moyens qui garantiraient leur succès. Ils apportent à ceux qui les accueillent une bonne nouvelle, une paix et des guérisons mais tout cela ne vient pas d’eux ; ils ne sont que des messagers, envoyés deux par deux en avant de lui. On pourrait faire l’objection du représentant commercial en affirmant que le binôme missionnaire n’est pas très efficace. On couvrirait deux fois plus de territoire si chaque missionnaire moissonnait seul. C’est mathématique ! Ce serait deux fois plus efficace ! Mais Jésus n’est pas dans une logique commerciale. S’il les envoie deux par deux, c’est pour qu’il puisse agir à travers ses disciples, car il est présent quand deux ou trois sont réunis en son nom. Demandons la grâce d’être comme des agneaux lorsque nous annonçons l’Évangile.
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