PRIER AVEC...

pour mardi 16 juillet 2019

Aimer c’est tout donner

Natasha St-Pier

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Louange du vendredi 10 juin

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Catéchèse sur la vieillesse
18. Les douleurs de la création.
L’histoire de la créature comme mystère de gestation

Chers frères et sœurs, bonjour!

Nous avons récemment célébré l’Assomption au ciel de la Mère de Jésus. Ce mystère illumine l’accomplissement de la grâce qui a façonné le destin de Marie, et illumine aussi notre destination. La destination est le ciel. Avec cette image de la Vierge élevée au ciel, je voudrais conclure le cycle de catéchèse sur la vieillesse. En occident, nous la contemplons élevée vers le haut, enveloppée d’une lumière glorieuse ; en orient, elle est représentée allongée, endormie, entourée des apôtres en prière tandis que le Seigneur Ressuscité la porte entre ses mains comme un enfant.

La théologie a toujours réfléchi sur le rapport de cette « assomption » singulière avec la mort, que le dogme ne définit pas. Je pense qu’il serait encore plus important d’expliciter la relation de ce mystère avec la résurrection du Fils, qui ouvre la voie de la génération à la vie pour nous tous. Dans l’acte divin de la réunion de Marie avec le Christ ressuscité, la corruption corporelle normale de la mort humaine n’est pas simplement transcendée, plus encore, l’assomption corporelle de la vie de Dieu est anticipée. En effet, le destin de la résurrection qui nous concerne est anticipé : car selon la foi chrétienne, le Ressuscité est le premier-né de nombreux frères et sœurs. Le Seigneur Ressuscité est Celui qui est allé le premier, qui est ressuscité avant tous, puis nous irons à notre tour : c’est notre destin : ressusciter.

Nous pourrions dire — en suivant la parole de Jésus à Nicodème — que c’est un peu comme une seconde naissance (cf. Jn 3, 3-8). Si la première a été une naissance sur terre, la seconde est une naissance au ciel. Ce n’est pas un hasard si l’apôtre Paul, dans le texte lu au début, parle des douleurs de l’enfantement (cf. Rm 8, 22). De même que, dès que nous sortons du ventre de notre mère, c’est toujours nous, le même être humain qui était dans le ventre de notre mère, ainsi, après la mort, nous naissons au ciel, dans l’espace de Dieu, et c’est encore nous qui avons marché sur cette terre. De façon analogue à ce qui est arrivé à Jésus : le Ressuscité est toujours Jésus : il ne perd pas son humanité, son vécu, ni même sa corporéité, non, car sans elle, ce ne serait plus Lui, ce ne serait pas Jésus : c’est-à-dire avec son humanité, avec son vécu.

C’est ce que nous dit l’expérience des disciples, auxquels il apparaît pendant quarante jours après sa résurrection. Le Seigneur montre les blessures qui ont scellé son sacrifice ; mais elles ne sont plus la laideur de la déchéance douloureusement subie, elles sont désormais la preuve indélébile de son amour fidèle jusqu’au bout. Jésus ressuscité avec son corps vit dans l’intimité trinitaire de Dieu ! Et en elle il ne perd pas la mémoire, il n’abandonne pas son histoire, il ne dissout pas les relations dans lesquelles il a vécu sur terre. Il a promis à ses amis :  «Quand je serai parti vous préparer une place, je reviendrai et je vous emmènerai auprès de moi, afin que là où je suis, vous soyez, vous aussi» (Jn 14, 3). Il est allé préparer la place pour nous tous et après avoir préparé une place, il viendra. Il ne viendra pas seulement à la fin pour tous, il viendra à chaque fois pour chacun de nous. Il viendra nous chercher pour nous conduire à Lui. En ce sens, la mort est un peu un pas vers la rencontre avec Jésus qui m’attend pour me conduire à lui.

Le Ressuscité vit dans le monde de Dieu, où il y a une place pour chacun, où se forme une nouvelle terre et où se construit la cité céleste, demeure définitive de l’homme. Nous ne pouvons imaginer cette transfiguration de notre corporéité mortelle, mais nous sommes sûrs qu’elle conservera nos visages reconnaissables et nous permettra de rester humains dans le ciel de Dieu. Elle nous permettra de participer, avec une émotion sublime, à l’exubérance infinie et heureuse de l’acte créateur de Dieu, dont nous vivrons directement les interminables aventures.

Quand Jésus parle du Royaume de Dieu, il le décrit comme un repas de noces, comme une fête entre amis, comme le travail qui rend la maison parfaite : c’est la surprise qui rend la moisson plus riche que les semailles. Prendre au sérieux les paroles évangéliques sur le Royaume permet à notre sensibilité de jouir de l’amour actif et créatif de Dieu, et nous met en harmonie avec la destination inouïe de la vie que nous semons. Dans notre vieillesse, chers et chères personnes de mon âge, et je m’adresse aux « vieux messieurs » et aux « vieilles dames », dans notre vieillesse l’importance de tant de « détails » dont la vie est faite — une caresse, un sourire, un geste, un travail apprécié, une surprise inattendue, une gaieté hospitalière, un lien fidèle — devient plus aigu.  L’essentiel de la vie, qui à l’approche de notre départ, nous est le plus cher, nous apparaît définitivement clair. Voilà : cette sagesse de la vieillesse est le lieu de notre gestation qui illumine la vie des enfants, des jeunes, des adultes et de toute la communauté. Nous, « vieux », devrions être cela pour les autres : lumière pour les autres. Toute notre vie apparaît comme une graine qui devra être enterrée pour que sa fleur et son fruit naissent. Elle naîtra, avec le reste du monde. Non sans affres, non sans douleur, mais elle naîtra (cf. Jn 16, 21-23). Et la vie du corps ressuscité sera cent mille fois plus vivante que nous ne l’avons goûtée sur cette terre (cf. Mc 10, 28-31).

Ce n’est pas un hasard si le Ressuscité, en attendant les apôtres au bord du lac, fait rôtir du poisson (cf. Jn 21, 9) puis le leur offre. Ce geste d’amour attentionné nous fait prendre conscience de ce qui nous attend quand nous passons sur l’autre rive. Oui, chers frères et sœurs, surtout vous les personnes âgées, le meilleur de la vie doit encore venir ; « Mais nous sommes vieux, qu’avons-nous de plus à attendre ?». Le meilleur, parce que le meilleur de la vie reste à venir. Nous espérons cette plénitude de vie qui nous attend tous, lorsque le Seigneur nous appellera. Que la Mère du Seigneur et notre Mère, qui nous a précédée au Paradis, nous rende la trépidation de l’attente car ce n’est pas une attente anesthésiée, ce n’est pas une attente ennuyée, non, c’est une attente avec trépidation : « Quand mon Seigneur viendra-t-il ? Quand pourrai-je y aller ?». Un peu de peur car je ne sais pas ce que ce passage veut dire et passer cette porte me fait un peu peur, mais il y a les toujours la main du Seigneur qui vous porte de l’avant et à travers la porte, il y a la fête. Nous sommes attentifs, vous chers « vieux messieurs » et chères « vieilles dames », personnes de mon âge, nous sommes attentifs, Il nous attend, seulement un passage et puis la fête.

Méditation :

Bien souvent, la vie ressemble à un trop plein d’urgences ou de tâches à cocher. Des sociologues se penchent sur le phénomène de « l’accélération du temps », expérience majeure de notre société qui provoque souvent une sensation d’étouffement. Mais, ce bombardement constant de sollicitations de toutes sortes, ce « trop de tout », dévoile un réel manque. On peut être tentés de le combler en se donnant à fond dans une seule direction, quand la vie demande un équilibre constant entre efforts et plaisirs. En un principe, Saint Benoît nous offre toute sa sagesse : « L’Homme a besoin de mesure. Il doit sans cesse trouver un équilibre entre l’excès et le manque ».

Il y ajoute une clef : pratiquer les « pôles complémentaires » pour rester attentif à l’essentiel. Prière et travail, silence et chant, séparation du monde et accueil, solitude et vie commune… Un sage équilibre à trouver ! 

Be Witness vient de sortir un nouveau titre pour ce Noël 2023 !

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Découvrez aujourd’hui Saint Martin de Tours !
Belle écoute !

Jour 9 – l’humilité de celui qui reçoit la loi

—- Moïse —-

Or Moïse était un homme très humble, plus humble que tout autre homme sur la terre.

Moïse

« Le Jourdain »

Cette vidéo fait partie du parcours « Héritiers du Sacré-Coeur »

Parcours : Héritiers du Sacré-Coeur

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Découvrez aujourd’hui Sainte Marguerite d’Youville
Belle écoute !

En lisant les textes que l’Eglise nous propose d’entendre, demain dimanche : « De même que nous aurons été à l’image de celui qui est fait d’argile, de même nous serons à l’image de celui qui vient du ciel » (1 Co 15, 45-49)  et :  « Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux » (Lc 6, 27-38)  on pense aux apparitions de Marie à Kibeho (1982-1983) au Rwanda. « Kibeho est un rappel de la place de la croix dans la vie du chrétien et de l’Eglise ».
Croix, Repentance, Miséricorde…

 « Marie nous dit : Je viendrai avec vous, je vous conduirai à la croix. Mais je serai avec vous ! Je serai avec vous ! … Et c’est le fait d’être là… C’est vital ! Marie, c’est vital ! Mais oui, c’est ça, c’est vital ! Alors vraiment, Marie nous aide énormément. Et à la croix … » (Pierre Goursat 1978)

Sh’ma Israël
Glorious

(Ils seront cet été au Jesus Festival !)

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Dans le cadre du parcours « Héritiers du Sacré-Coeur », le père Benoit Guédas nous propose une série de 8 vidéos pour approfondir la prière.

Retrouvez les enseignements du parcours :

Parcours »Héritiers du Sacré-Coeur »

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Louange du mercredi 25 mai

Méditation : Rendre grâce

On définit souvent la gratitude comme la prise de conscience d’un bienfait reçu qui nous touche. La gratitude est au cœur de la vision chrétienne du monde. En faisant l’expérience de s’arrêter ne serait-ce qu’un moment, nous pouvons prendre le temps de recevoir la beauté d’un paysage, d’une lumière vive qui se reflète dans un lac et nous laisser toucher par la beauté de cet acte de création.

Philon d’Alexandrie le disait « L’œuvre la plus propre à Dieu, c’est de répandre ses bienfaits ; l’œuvre la plus propre à la création, c’est de se répandre en action de grâce (eucharistein), puisqu’elle ne peut offrir en échange rien de plus que cela […]. Lui rendre grâce, employons-nous à cela sans cesse et en tout lieu » Plus je suis dans la gratitude pour les grâces déjà reçues de Dieu, plus mon cœur s’ouvre pour en recevoir davantage et me laisser transformer par elles !

VOYAGE DU PAPE FRANCOIS A BAHREIN

Samedi 5 novembre 2022
(Homélie + rencontre avec les jeunes)

 

HOMÉLIE  – MESSE POUR LA PAIX ET LA JUSTICE

Du Messie que Dieu suscitera, le prophète Isaïe dit : « Grande sera sa puissance, et la paix n’aura pas de fin » (Is 9, 6). Cela semble être une contradiction. Sur la scène du monde nous voyons souvent que plus le pouvoir est recherché, plus la paix est menacée. En revanche, le prophète fait une annonce d’une extraordinaire nouveauté : le Messie qui vient sera effectivement puissant, mais pas à la manière d’un chef qui fait la guerre et domine les autres, mais comme le « Prince de la paix » (v. 5), comme celui qui réconcilie les hommes avec Dieu, et entre eux. La grandeur de son pouvoir n’utilise pas la force de la violence, mais la faiblesse de l’amour. Voilà la puissance du Christ : l’amour. Et à nous aussi, Il confère ce même pouvoir, le pouvoir d’aimer, d’aimer en son nom, d’aimer comme Il a aimé. Comment ? De manière inconditionnelle : pas seulement lorsque les choses vont bien et que nous avons le sentiment d’aimer, mais toujours ; pas seulement envers nos amis et voisins, mais envers tout le monde, même nos ennemis. Tout le monde et toujours.

Aimer toujours et aimer tout le monde : réfléchissons un peu à cela.

Tout d’abord, les paroles de Jésus (cf. Mt 5, 38-48) nous invitent aujourd’hui à aimer toujours, c’est-à-dire à demeurer toujours dans son amour, à le cultiver et à le pratiquer quelle que soit la situation dans laquelle nous vivons. Mais attention : le regard de Jésus est concret. Il ne dit pas que cela sera facile, et il ne propose pas un amour sentimental ou romantique, comme s’il n’y avait pas dans nos relations humaines des moments de conflit, ni des causes d’hostilité entre les peuples. Jésus n’est pas irénique, mais réaliste : il parle explicitement des « malfaiteurs » et des « ennemis » (v. 38.43). Il sait que dans nos relations, une lutte quotidienne existe entre l’amour et la haine ; et qu’en nous aussi, chaque jour, il y a un affrontement entre la lumière et les ténèbres, entre nombre de bonnes intentions, de désirs, et cette fragilité pécheresse qui prend souvent le dessus et nous entraîne dans des œuvres mauvaises. Il sait aussi que nous faisons l’expérience, malgré beaucoup d’efforts généreux, de ne pas toujours recevoir le bien que nous attendons et, de subir au contraire le mal, parfois de manière incompréhensible. Et, encore une fois, il voit et souffre en constatant de nos jours, dans beaucoup de régions du monde, des exercices du pouvoir qui se nourrissent d’oppression et de violence, et qui cherchent à accroître leur espace en restreignant celui des autres, en imposant leur domination, en limitant les libertés fondamentales et en opprimant les faibles. Ainsi – dit Jésus – il existe des conflits, des oppressions et des inimitiés.

Face à tout cela, la question importante à se poser est celle-ci : que faire lorsque nous nous trouvons dans de telles situations ? La proposition de Jésus est surprenante, elle est hardie, elle est audacieuse. Il demande aux siens le courage de prendre des risques dans une situation qui semble perdue en apparence. Il leur demande de rester toujours fidèles dans l’amour, malgré tout, même face au mal et à l’ennemi. La réaction humaine ordinaire est toujours “œil pour œil, dent pour dent” ; mais cela c’est se faire justice avec les mêmes armes que le mal reçu. Jésus ose nous proposer quelque chose de nouveau, de différent, d’impensable, quelque chose qui lui est propre : « Eh bien ! moi je vous dis de ne pas tenir tête au méchant: au contraire, quelqu’un te donne-t-il un soufflet sur la joue droite, tends-lui encore l’autre » (v. 39). C’est ce que le Seigneur nous demande : ne pas rêver naïvement d’un monde animé par la fraternité, mais nous engager en premier, en commençant par vivre concrètement et courageusement la fraternité universelle, en persévérant dans le bien même lorsque nous recevons le mal, en brisant la spirale de la vengeance, en désarmant la violence, en démilitarisant le cœur. L’apôtre Paul lui fait écho lorsqu’il écrit : « Ne te laisse pas vaincre par le mal, sois vainqueur du mal par le bien » (Rm 12, 21).

Par conséquent, l’invitation de Jésus ne concerne pas d’abord les grandes questions de l’humanité, mais les situations concrètes de notre vie : nos relations en famille, les relations dans la communauté chrétienne, les liens que nous cultivons dans la réalité professionnelle et sociale où nous nous trouvons. Il y aura des frictions, des moments de tension, il y aura des conflits, des divergences de vues, mais ceux qui suivent le Prince de la paix doivent toujours tendre vers la paix. Et la paix ne peut pas être rétablie si à une parole mauvaise est répondue une autre encore plus mauvais, si une gifle est suivie d’une autre. Non, il faut “désamorcer”, briser la chaîne du mal, rompre la spirale de la violence, cesser de nourrir du ressentiment, cesser de se plaindre ou de s’apitoyer sur son sort. Il faut rester dans l’amour, toujours : c’est la voie de Jésus pour rendre gloire au Dieu du ciel et construire la paix sur la terre. Aimer, toujours.

Venons-en maintenant au deuxième aspect : aimer tout le monde. Nous pouvons nous engager dans l’amour, mais cela ne suffit pas si nous le cantonnons à la sphère restreinte de ceux dont nous recevons autant : nos amis, nos semblables, les membres de nos familles. Là encore, l’invitation de Jésus est surprenante car elle repousse les limites de la loi et du bon sens : aimer son prochain, ses proches est déjà laborieux, même si c’est raisonnable. En général, c’est ce qu’une communauté ou un peuple essaie de faire pour maintenir la paix en son sein : si on appartient à la même famille ou à la même nation, si on a les mêmes idées ou les mêmes goûts, si on professe les mêmes croyances, il est normal d’essayer de s’entraider et de s’aimer. Mais que se passe-t-il si celui qui est loin se rapproche de nous, si celui qui est étranger, différent ou d’une autre croyance devient notre voisin ? Cette terre est, justement, une image vivante de la convivialité des diversités, une image de notre monde de plus en plus marqué par les migrations permanentes des peuples et le pluralisme des idées, des coutumes et des traditions. Il est donc important d’accueillir cette provocation de Jésus : « Car si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense aurez-vous ? Les publicains eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? » (Mt 5, 46). Le véritable défi, pour être des enfants du Père et construire un monde de frères, c’est d’apprendre à aimer tout le monde, même son ennemi : « Vous avez entendu qu’il a été dit : « Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi ». Mais moi, je vous dis : aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent » (v. 43-44). En réalité, cela signifie choisir de ne pas avoir d’ennemis, de ne pas voir dans l’autre un obstacle à surmonter, mais un frère et une sœur à aimer. Aimer l’ennemi, c’est apporter sur terre le reflet du Ciel, c’est faire descendre sur le monde le regard et le cœur du Père qui ne fait aucune distinction, ne discrimine pas, mais « fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes » (v. 45).

Frères et sœurs, le pouvoir de Jésus c’est l’amour, et Jésus nous donne le pouvoir d’aimer ainsi, d’une manière qui nous semble surhumaine. Mais une telle capacité ne peut être uniquement le résultat de nos efforts, elle est avant tout une grâce. Une grâce qu’il faut demander avec insistance : “Jésus, toi qui m’aimes, apprends-moi à aimer comme toi. Jésus, toi qui me pardonnes, apprends-moi à pardonner comme toi. Envoie ton Esprit, l’Esprit d’amour, sur moi”. Demandons-le. Parce que, souvent, nous soumettons beaucoup de demandes à l’attention du Seigneur, mais cela est essentiel pour le chrétien, savoir aimer comme le Christ. Aimer est le plus grand des dons, et nous le recevons lorsque nous faisons place au Seigneur dans la prière, lorsque nous accueillons sa présence dans sa Parole qui nous transforme et dans l’humilité révolutionnaire de son Pain rompu. Ainsi, lentement, les murs qui durcissent nos cœurs tombent et nous trouvons la joie d’accomplir des œuvres de miséricorde envers tous. Nous comprenons alors qu’une vie heureuse passe par les béatitudes, et consiste à devenir des artisans de paix (cf. Mt 5,9).

Chers amis, aujourd’hui je voudrais vous remercier pour votre témoignage doux et joyeux de fraternité, pour être des semences d’amour et de paix sur cette terre. C’est le défi que l’Évangile lance chaque jour à nos communautés chrétiennes, à chacun d’entre nous. Et à vous, à vous tous qui êtes venus à cette célébration des quatre pays du Vicariat apostolique de l’Arabie du Nord, Bahreïn – Koweït, Qatar et Arabie Saoudite – comme des autres pays du Golfe, mais aussi d’autres territoires, j’apporte aujourd’hui l’affection et la proximité de l’Église universelle qui vous regarde et vous entoure d’affection, qui vous aime et vous encourage. Que la Sainte Vierge, Notre-Dame d’Arabie, vous accompagne sur votre chemin et vous garde toujours dans l’amour envers tous.

 

RENCONTRE AVEC LES JEUNES

Chers amis, frères et sœurs, bonjour !

Je vous remercie d’être ici, de nations différentes et avec tant d’enthousiasme ! Je voudrais remercier Sœur Rosalyn pour les mots de bienvenue qu’elle m’a adressés et pour l’engagement avec lequel, avec beaucoup d’autres, elle dirige cette École du Sacré-Cœur.

Et je suis content d’avoir vu au Royaume du Bahreïn un lieu de rencontre et de dialogue entre cultures et croyances diverses. Et maintenant, en vous regardant, vous qui n’êtes pas de la même religion et qui n’avez pas peur d’être ensemble, je pense que, sans vous, cette coexistence des différences ne serait pas possible. Et elle n’aurait pas d’avenir ! Dans la pâte du monde, vous êtes le bon levain destiné à grandir, à surmonter nombre de barrières sociales et culturelles et à promouvoir des germes de fraternité et de nouveauté. C’est vous les jeunes qui, comme des voyageurs inquiets, ouverts à l’inédit, ne craignez pas de vous confronter, de dialoguer, de “faire du bruit” et de vous mêler aux autres, devenant la base d’une société amie et solidaire. Et cela, chers amis, est fondamental dans les contextes complexes et pluralistes dans lesquels nous vivons : faire tomber certaines barrières pour inaugurer un monde à dimension plus humaine, plus fraternel, même si cela signifie affronter de nombreux défis. Sur ce point, à partir de vos témoignages et de vos interrogations, je voudrais vous adresser trois petites invitations, non pas tant pour vous enseigner quelque chose, que pour vous encourager.

La première invitation : embrasser la culture du soin. Sœur Rosalyn a utilisé cette expression : “culture du soin”. Prendre soin c’est développer une attitude intérieure d’empathie, un regard attentif qui nous fait sortir de nous-mêmes, une présence aimable qui vainc l’indifférence et nous pousse à nous intéresser aux autres. Voilà le tournant, le début de la nouveauté, l’antidote contre un monde fermé qui, imprégné d’individualisme, dévore ses enfants ; contre un monde emprisonné par la tristesse qui engendre l’indifférence et la solitude. Je me permets de vous dire : que de mal fait l’esprit de tristesse, que de mal ! Car si nous n’apprenons pas à prendre soin de ce qui nous entoure – des autres, de la ville, de la société, de la création – nous finissons par passer notre vie comme ceux qui courent, se fatiguent, font beaucoup de choses, mais, à la fin, restent tristes et seuls parce qu’ils n’ont jamais goûté à fond la joie de l’amitié et de la gratuité. Et ils n’ont pas donné au monde cette touche unique de beauté qu’eux seuls, et personne d’autre, ne pouvaient donner. En tant que chrétien, je pense à Jésus et je vois que son action a toujours été animée par le soin. Il a soigné les relations avec tous ceux qu’il rencontrait dans les maisons, dans les villes et le long du chemin : il a regardé dans les yeux les personnes, il a prêté l’oreille à leurs demandes d’aide, il s’est fait proche et a touché de ses mains leurs blessures. Vous, est-ce que vous regardez les personnes dans les yeux ? Jésus est entré dans l’histoire pour nous dire que le Très-Haut prend soin de nous ; pour nous rappeler que se tenir du côté de Dieu c’est prendre soin de quelqu’un et de quelque chose, spécialement des plus nécessiteux.

Chers amis, comme il est beau de devenir amateurs du soin, artistes des relations ! Mais cela réclame, comme tout dans la vie, un entraînement constant. Et donc n’oubliez pas d’abord d’avoir soin de vous-mêmes : pas tant de l’extérieur, mais de l’intérieur, de la partie la plus cachée et précieuse de vous. Laquelle ? Votre âme, votre cœur ! Et comment fait-on pour soigner le cœur ? Essayez de l’écouter en silence, de définir des espaces pour être en contact avec votre intériorité, pour sentir le don que vous êtes, pour accueillir votre existence et ne pas la laisser devenir incontrôlable. Ne soyez jamais des “touristes de la vie” qui ne la regardent qu’à l’extérieur, superficiellement. Et, dans le silence, en suivant le rythme de votre cœur, parlez à Dieu. Parlez-lui de vous-mêmes, et aussi de ceux que vous rencontrez chaque jour et qu’Il vous donne comme compagnons de voyage. Portez-lui les visages, les situations heureuses et douloureuses car il n’y a pas de prière sans relations, de même qu’il n’y a pas de joie sans amour.

Et l’amour – vous le savez – n’est pas un feuilleton télévisé ni un film romantique : aimer c’est avoir à cœur l’autre, prendre soin de l’autre, offrir son temps et ses dons à ceux qui en ont besoin, risquer pour faire de la vie un don qui engendre une vie de plus. Risquer ! Chers amis, s’il vous plaît, n’oubliez jamais une chose : vous êtes tous – sans exception – un trésor, un trésor unique et précieux. Donc, ne gardez pas votre vie dans un coffre-fort en pensant qu’il vaut mieux s’épargner et que le moment de la dépenser n’est pas encore venu ! Beaucoup d’entre vous sont ici de passage, pour des raisons professionnelles et souvent pour un temps déterminé. Cependant, si nous vivons avec la mentalité du touriste, nous ne saisissons pas le moment présent et nous risquons de jeter des morceaux entiers de vie ! Qu’il est beau, au contraire, de laisser maintenant une bonne trace sur le chemin, en prenant soin de la communauté, des camarades de classe, des collègues de travail, de la création… Il nous est bon de nous demander : quelle trace suis-je en train de laisser maintenant, ici où je vis, dans le lieu où la Providence m’a mis ?

C’est la première invitation, la culture du soin ; si nous l’embrassons, nous contribuons à faire grandir la semence de la fraternité. Et voici la deuxième invitation que je voudrais vous adresser : semer la fraternité. J’ai aimé ce que tu as dit, Abdulla : “Il faut être des champions non seulement sur les terrains de jeu, mais dans la vie !” Des champions hors des terrains de jeu. C’est vrai, soyez des champions de fraternité ! hors des terrains de jeu ! C’est le défi d’aujourd’hui pour gagner demain, le défi de nos sociétés, toujours plus globalisées et multiculturelles. Vous voyez, tous les outils et la technologie que la modernité nous offre ne suffisent pas à rendre le monde pacifique et fraternel. Nous le voyons bien : les vents de guerre ne s’apaisent pas avec le progrès technique. Nous constatons avec tristesse que, dans de nombreuses régions, les tensions et les menaces augmentent, et parfois même s’embrasent dans les conflits. Mais cela arrive souvent parce qu’on ne travaille pas sur le cœur, parce qu’on laisse les distances se creuser avec les autres, et ainsi les différences ethniques, culturelles, religieuses et autres deviennent des problèmes et des peurs qui isolent, plutôt que des opportunités pour grandir ensemble. Et quand elles semblent plus fortes que la fraternité qui nous lie, on risque l’affrontement.

À vous, les jeunes, qui êtes plus directs et plus capables de créer des contacts et des amitiés, en dépassant les préjugés et les barrières idéologiques, je voudrais dire : soyez des semeurs de fraternité et vous serez des récolteurs d’avenir, car le monde n’aura d’avenir que dans la fraternité ! C’est une invitation que je trouve au cœur de ma foi. « En effet – dit la Bible – celui qui n’aime pas son frère, qu’il voit, est incapable d’aimer Dieu, qu’il ne voit pas. Et voici le commandement que nous tenons de lui : celui qui aime Dieu, qu’il aime aussi son frère » (1 Jn 4, 20-21). Oui, Jésus demande de ne jamais séparer l’amour pour Dieu de l’amour pour le prochain, en nous faisant nous-mêmes proches de tous (Lc 10, 29-37). De tous, pas seulement de ceux qui nous plaisent. Vivre en frères et sœurs est la vocation universelle confiée à toute créature. Et vous les jeunes – surtout vous –, devant la tendance dominante à rester indifférents et à se montrer impatients envers les autres, voire à cautionner des guerres et des conflits, vous êtes appelés à « réagir par un nouveau rêve de fraternité et d’amitié sociale qui ne se cantonne pas aux mots » (Fratelli tutti, n. 6). Les mots ne suffisent pas : il faut des gestes concrets réalisés au quotidien.

Posons-nous ici aussi quelques questions : suis-je ouvert aux autres ? Suis-je l’ami d’une personne qui ne fait pas partie de mon cercle d’intérêt, qui a une foi et des coutumes différentes des miennes ? Est-ce que je cherche la rencontre ou est-ce que je reste sur celles que j’ai ? La voie, c’est celle que nous a dite, en quelques mots, Nevin : “Créer de bonnes relations”, avec tous. En vous, les jeunes, le désir de voyager, de connaître de nouvelles terres, de dépasser les frontières des lieux habituels est vif. Je voudrais vous dire : sachez voyager aussi en vous, élargir les frontières intérieures pour que tombent les préjugés sur les autres, pour que se rétrécisse l’espace de la méfiance, pour que s’abattent les barrières de la peur, pour que germe l’amitié fraternelle ! Là aussi, laissez-vous aider par la prière qui élargit le cœur et qui, en nous ouvrant à la rencontre avec Dieu, nous aide à voir en qui nous rencontrons un frère et une sœur. À cet égard, elles sont belles les paroles d’un prophète qui dit : « N’est-ce pas un seul Dieu qui nous a créés ? Pourquoi nous trahir les uns les autres? » (Ml 2, 10). Des sociétés comme celle-ci, avec une richesse considérable de croyances, de traditions et de langues différentes, peuvent devenir des “gymnases de fraternité”. Nous sommes ici aux portes du grand et multiforme continent asiatique qu’un théologien a défini comme « un continent de langues » (A. Pieris, in Teologia in Asia, Brescia 2006, p. 5) : sachez les harmoniser dans l’unique langue, la langue de l’amour, en véritables champions de fraternité !

Je voudrais vous faire encore une troisième invitation : elle concerne le défi de faire des choix dans la vie. Vous le savez bien par l’expérience de chaque jour : il n’y a pas de vie sans défis à affronter. Et toujours, face à un défi, comme devant un carrefour, il faut choisir, s’impliquer, risquer, décider. Mais cela nécessite une bonne stratégie. On ne peut pas improviser en vivant seulement de l’instinct ou seulement dans l’instant présent ! Et comment faut-il faire pour se préparer, pour entraîner sa capacité à choisir, sa créativité, son courage, sa ténacité ? Comment affiner le regard intérieur, apprendre à juger les situations, à saisir l’essentiel ? Il s’agit de grandir dans l’art de s’orienter dans les choix, de prendre les bonnes directions. C’est pourquoi la troisième invitation est faire de choix dans la vie, des choix justes.

Tout cela m’est venu à l’esprit en repensant aux questions de Merina. Ce sont des questions qui expriment justement le besoin de comprendre la direction à prendre dans la vie – elle est courageuse, elle, de la façon dont elle a dit les choses ! Et je peux vous dire mon expérience : j’étais un adolescent comme vous, comme tout le monde, et ma vie était la vie normale d’un garçon. L’adolescence – nous le savons – est un chemin, c’est une phase de croissance, une période où nous entrons dans la vie sous ses aspects parfois contradictoires, en affrontant pour la première fois certains défis. Eh bien, mon conseil quel est-il ? Avancer sans peur, et jamais seuls ! Deux choses : avancer sans peur, et jamais seuls. Dieu ne vous laisse pas seuls mais, pour vous donner un coup de main, il attend que vous le lui demandiez. Il nous accompagne et nous guide. Non pas par des prodiges et des miracles, mais en parlant délicatement à travers nos pensées et nos sentiments, et aussi par l’intermédiaire de nos professeurs, de nos amis, de nos parents, et de toutes les personnes qui veulent nous aider.

Il faut alors apprendre à distinguer sa voix, la voix de Dieu qui nous parle. Et comment apprenons-nous cela ? Comme tu nous le disais, Merina : par la prière silencieuse, le dialogue intime avec Lui, en gardant dans notre cœur ce qui nous fait du bien et qui nous donne la paix. La paix est un signe de la présence de Dieu. Cette lumière de Dieu éclaire le labyrinthe de pensées, d’émotions et de sentiments dans lequel nous nous déplaçons souvent. Le Seigneur désire éclairer votre intelligence, vos pensées les plus intimes, les aspirations que vous portez dans votre cœur, les jugements qui mûrissent en vous. Il veut vous aider à distinguer ce qui est essentiel de ce qui est superflu, ce qui est bon de ce qui fait mal, à vous et aux autres, ce qui est juste de ce qui crée injustice et désordre. Rien n’est étranger à Dieu de ce qui se passe en nous, rien, mais souvent c’est nous qui nous éloignons de Lui, qui ne Lui confions pas les personnes et les situations, qui nous enfermons dans la crainte et la honte. Non, nourrissons dans la prière la certitude réconfortante que le Seigneur veille sur nous, qu’il ne s’endort pas mais nous regarde et nous garde toujours.

Chers amis, chers jeunes, l’aventure des choix ne se fait pas tout seul. Permettez-moi donc de vous dire une dernière chose : cherchez toujours, avant des suggestions sur internet, de bons conseillers dans la vie, des personnes sages et fiables qui puissent vous orienter, vous aider. D’abord cela. Je pense aux parents et aux enseignants, mais aussi aux personnes âgées, aux grands-parents et à un bon accompagnateur spirituel. Chacun de nous a besoin d’être accompagné sur le chemin de la vie ! Je répète ce que je vous ai dit : jamais seuls ! Nous avons besoin d’être accompagnés sur les routes de la vie.

Chers jeunes, nous avons besoin de vous, de votre créativité, de vos rêves et de votre courage, de votre sympathie et de vos sourires, de votre joie contagieuse et aussi de cette pincée de folie que vous savez porter en toute situation, et qui aide à sortir de la torpeur des habitudes et des schémas répétitifs dans lesquels nous enfermons parfois la vie. Comme Pape, je veux vous dire : l’Église est avec vous et a beaucoup besoin de vous, de chacun de vous, pour rajeunir, explorer de nouveaux sentiers, expérimenter de nouveaux langages, devenir plus joyeuse et hospitalière. Ne perdez jamais le courage de rêver et de vivre en grand ! Faites vôtre la culture du soin et répandez-la ; devenez des champions de fraternité ; affrontez les défis de la vie en vous laissant guider par la créativité fidèle de Dieu et par de bons conseillers. Et enfin, rappelez-vous de moi dans vos prières. Je ferai de même pour vous, en vous portant dans le cœur. Merci !

God be with you! Allah ma’akum! [Dieu soit avec vous]

Source : vatican.va
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11ème jour : la chapelle du Sacré-Coeur

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Jour 2 – dans le jardin pour y travailler l’adamah

—- Adam —-

Et s’il fallait, pour renouveler notre être, repartir du plus ancien, du plus originel ? Retour à l’origine.

Jour 14 – le prophète

—- Samuel —-

« YHWH préfère l’écoute aux sacrifices » (Cf 1 Samuel 15,22)

 

Suivre Jésus

Disciples du Cœur de Jésus

Cette vidéo fait partie du parcours « Héritiers du Sacré-Coeur »

Parcours : Héritiers du Sacré-Coeur

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« Le parfait ami… » vie de St Claude

Episode 12 : La rencontre

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« Le parfait ami… » vie de St Claude

Episode 24 : Fidèle serviteur et parfait ami

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Jour 1 en audio

Notre Père

Glorious

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Retrouvez les grandes figures de l’histoire de l’Église au fil des siècles et leurs liens au Sacré-Cœur. Ce dernier est bien plus vaste que ce que nous en percevons : Il habite votre cœur et Il a habité le cœur de bien des Saints auparavant !

Retrouvez les grandes figures de l’histoire de l’Église au fil des siècles et leurs liens au Sacré-Cœur. Ce dernier est bien plus vaste que ce que nous en percevons : Il habite votre cœur et Il a habité le cœur de bien des Saints auparavant !

HOMÉLIE DU PAPE FRANÇOIS

Canonisation des bienheureux Jean Baptiste Scalabrini & Artemide Zatti

Alors que Jésus est en chemin, dix lépreux viennent à sa rencontre en criant : « Aie pitié de nous » (Lc 17, 13). Les dix sont guéris, mais un seul d’entre eux revient pour remercier Jésus : c’est un Samaritain, une sorte d’hérétique pour les juifs. Au début, ils marchent ensemble, mais ensuite ce Samaritain fait la différence lorsqu’il revient « en louant Dieu à haute voix » (v. 15). Arrêtons-nous sur ces deux aspects que nous pouvons recueillir dans l’Évangile d’aujourd’hui : marcher ensemble et rendre grâce.

Tout d’abord, marcher ensemble. Au début du récit, il n’y a aucune différence entre le Samaritain et les neuf autres. On parle simplement de dix lépreux, qui font groupe et, sans division, vont à la rencontre de Jésus. La lèpre, comme nous le savons, n’était pas seulement un fléau physique – qu’aujourd’hui encore nous devons nous efforcer d’éradiquer – mais aussi une « maladie sociale », car à l’époque, par peur de la contamination, les lépreux devaient rester en dehors de la communauté (cf. Lv 13, 46). Par conséquent, ils ne pouvaient pas entrer dans les centres habités, ils étaient tenus à l’écart, relégués en marge de la vie sociale et même religieuse, isolés. Marchant ensemble, ces lépreux expriment leur désarroi contre une société qui les exclut. Et notons bien : le Samaritain, même s’il est considéré comme un hérétique, un « étranger », fait groupe avec les autres. Frères et sœurs, la maladie et la fragilité communes font tomber les barrières et dépasser toute exclusion.

C’est une belle image pour nous aussi : si nous sommes honnêtes avec nous-mêmes, nous nous rappelons que nous sommes tous malades dans le cœur, que nous sommes tous pécheurs, tous dans le besoin de la miséricorde du Père. Et nous cessons alors de nous diviser sur la base des mérites, des rôles que nous jouons ou de tout autre aspect extérieur de la vie, et les murs intérieurs tombent, les préjugés tombent. Alors, enfin, nous nous redécouvrons frères. Naaman le syrien aussi – nous le rappelle la première Lecture – bien que riche et puissant, a dû, pour être guéri, faire une chose simple : se plonger dans le fleuve dans lequel tous les autres se baignaient. Il a dû d’abord enlever son armure, ses vêtements (cf. 2 R 5) : comme il est bon pour nous d’enlever nos armures extérieures, nos barrières défensives, et prendre un bon bain d’humilité, en nous rappelant que nous sommes tous fragiles à l’intérieur, que nous avons tous besoin de guérison, tous frères. Rappelons-nous ceci : la foi chrétienne nous demande toujours de marcher ensemble avec les autres, jamais d’être des marcheurs solitaires ; elle nous invite toujours à sortir de nous-mêmes vers Dieu et vers nos frères et sœurs, jamais de nous refermer sur nous-mêmes ; elle nous demande toujours de reconnaître que nous avons besoin de guérison et de pardon, et de partager les fragilités de ceux qui nous entourent, sans nous sentir supérieurs.

Frères et sœurs, vérifions si dans notre vie, dans nos familles, dans les lieux où nous travaillons et que nous fréquentons chaque jour, nous sommes capables de marcher ensemble avec les autres, nous sommes capables d’écouter, de surmonter la tentation de nous barricader dans notre autoréférence et de ne penser qu’à nos besoins. Mais marcher ensemble – c’est-à-dire être « synodal » – c’est aussi la vocation de l’Église. Demandons-nous dans quelle mesure nous sommes réellement des communautés ouvertes et inclusives envers tout le monde ; si nous sommes capables de travailler ensemble, prêtres et laïcs, au service de l’Évangile ; si nous avons une attitude d’accueil – non seulement avec des mots mais avec des gestes concrets – envers ceux qui sont loin et envers tous ceux qui s’approchent de nous, ne se sentant pas à la hauteur à cause de leurs parcours de vie mouvementés. Les faisons-nous sentir qu’ils font partie de la communauté ou bien les excluons-nous ? J’ai peur quand je vois des communautés chrétiennes diviser le monde entre les bons et les mauvais, entre les saints et les pécheurs : c’est ainsi qu’on finit par se sentir meilleurs que les autres et écarter nombre de ceux que Dieu veut embrasser. S’il vous plait, toujours inclure, dans l’Église comme dans la société, encore marquée par tant d’inégalités et de marginalisations. Inclure tout le monde. Et aujourd’hui, le jour où Scalabrini devient saint, je voudrais penser aux migrants. L’exclusion des migrants est scandaleuse ! En fait, l’exclusion des migrants est criminelle, elle les fait mourir devant nous. Et ainsi, aujourd’hui nous avons la Méditerranée qui est le plus grand cimetière du monde. L’exclusion des migrants est dégoûtante, elle est immorale, elle est criminelle. Ne pas ouvrir les portes à ceux qui sont dans le besoin. “Non, nous ne les excluons pas, nous les renvoyons” : dans les camps, où ils sont exploités et vendus comme esclaves. Frères et sœurs, aujourd’hui, pensons à nos migrants, à ceux qui meurent. Et ceux qui sont capables d’entrer, les recevons-nous comme des frères ou les exploitons-nous? Je laisse la question, seulement.

Le deuxième aspect est l’action de grâce. Dans le groupe des dix lépreux, il n’y en a qu’un seul qui, se voyant guéri, retourne louer Dieu et montrer de la gratitude à Jésus. Les neuf autres sont guéris, mais partent ensuite chacun de son côté, oubliant Celui qui les a guéris. Oublier les grâces que Dieu nous donne. Le Samaritain, en revanche, fait du don qu’il a reçu le début d’un nouveau chemin : il retourne vers Celui qui l’a guéri, il va pour connaître Jésus de près, il commence une relation avec Lui. Son attitude de gratitude n’est donc pas un simple geste de courtoisie, mais le début d’un parcours de reconnaissance : il se prosterne aux pieds du Christ (cf. Lc 17, 16), c’est-à-dire qu’il fait un geste d’adoration ; il reconnaît que Jésus est le Seigneur, et qu’Il est plus important que la guérison reçue.

Et frères et sœurs, c’est une grande leçon aussi pour nous qui bénéficions chaque jour des dons de Dieu, mais qui suivons souvent notre propre chemin, oubliant de cultiver une relation vivante, réelle avec Lui. C’est une vilaine maladie spirituelle : tout considérer comme acquis, même la foi, même notre relation avec Dieu, au point de devenir des chrétiens qui ne savent plus s’étonner, qui ne savent plus dire “merci”, qui ne se montrent pas reconnaissants, qui ne savent pas voir les merveilles du Seigneur. “Chrétiens à l’eau de rose”, comme disait une dame que j’ai connue. C’est ainsi que nous finissons par penser que tout ce que nous recevons chaque jour est évident et dû. La gratitude, le fait de savoir dire « merci », nous amène au contraire à affirmer la présence du Dieu-amour. Et aussi à reconnaître l’importance des autres, en surmontant l’insatisfaction et l’indifférence qui enlaidissent le cœur. Il est fondamental de savoir rendre grâce. Chaque jour, dire merci au Seigneur, chaque jour, savoir nous remercier les uns les autres : en famille, pour ces petites choses que nous recevons parfois sans même nous demander d’où elles viennent ; dans les lieux que nous fréquentons quotidiennement, pour les nombreux services dont nous bénéficions et pour les personnes qui nous soutiennent ; dans nos communautés chrétiennes, pour l’amour de Dieu que nous expérimentons à travers la proximité des frères et sœurs qui, souvent en silence, prient, offrent, souffrent, marchent avec nous. S’il vous plait, n’oublions pas ce mot clé : merci ! N’oublions pas d’entendre et de dire “merci” !

Les deux saints canonisés aujourd’hui nous rappellent l’importance de marcher ensemble et de savoir rendre grâce. L’évêque Scalabrini, qui fonda deux Congrégations pour le soin des migrants, une masculine et une féminine, affirmait que dans la marche commune de ceux qui émigrent, il ne faut pas voir seulement des problèmes, mais aussi un dessein de la Providence : « C’est justement à cause des migrations forcées par les persécutions – disait-il – que l’Église a dépassé les frontières de Jérusalem et d’Israël et est devenue « catholique » ; grâce aux migrations d’aujourd’hui, l’Église sera un instrument de paix et de communion entre les peuples » (L’emigrazione degli operai italiani, Ferrara 1899). Il y a une migration, en ce moment, ici en Europe, qui nous fait beaucoup souffrir et nous pousse à ouvrir notre cœur : la migration des Ukrainiens qui fuient la guerre. N’oublions pas aujourd’hui l’Ukraine meurtrie ! Scalabrini regardait au-delà, il regardait en avant, vers un monde et une Église sans barrières, sans étrangers. Pour sa part, le frère salésien Artemide Zatti, avec sa bicyclette, a été un exemple vivant de gratitude : guéri de la tuberculose, il a consacré toute sa vie à gratifier les autres, à soigner les malades avec amour et tendresse. On dit qu’il a été vu portant le cadavre d’un de ses malades sur ses épaules. Plein de gratitude pour ce qu’il avait reçu, il voulut dire son « merci » en prenant sur lui les blessures des autres. Deux exemples.

Prions pour que nos saints frères nous aident à marcher ensemble, sans murs de séparation, et à cultiver cette noblesse d’âme si agréable à Dieu qu’est la gratitude.

Source : vatican.va
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Louange du dimanche 16 octobre

SAINT JEAN EUDES (1601-1680)

Contemporain de sainte Marguerite-Marie, saint Jean Eudes est un grand apôtre du Cœur de Jésus qui développe dans la théologie et la liturgie le Cœur de Jésus et de Marie. Il laisse entendre ici son zèle ardent pour le Cœur de Jésus ainsi que sa sollicitude pour tous les hommes :

« Ô Sacré-Cœur de Jésus, je vous adore de toutes les puissances de mon âme, et je vous les consacre pour toujours, avec toutes mes pensées, mes paroles et mes œuvres; que ne puis-je, ô divin Cœur, vous rendre autant d’adorations, d’amour et de gloire que vous en rendrez à votre Père Éternel.

Soyez le réparateur de mes défauts, le protecteur de ma vie, mon asile à l’heure de ma mort; je vous demande la même grâce pour tous les pauvres pécheurs, les cœurs affligés, les agonisants, et généralement, mon Sauveur, pour tous les hommes qui sont sur la terre, afin que le prix de votre précieux Sang ne soit point perdu pour eux; faites aussi qu’il soit appliqué au soulagement des âmes du Purgatoire : c’est ce que je désire vous demander, ô Cœur adorable, par tous les battements de mon cœur et de mes veines, jusqu’au dernier soupir de ma vie.

Ainsi soit-il.»

Méditation :

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