AU FIL DES JOURS...

16/05/2020

Chers frères et sœurs, Bonnes Pâques !

Aujourd’hui, dans le monde entier, résonne l’annonce partie de Jérusalem il y a deux mille ans : « Jésus de Nazareth, le crucifié, il est ressuscité ! » (Mc 16, 6)

L’Église revit l’étonnement des femmes qui se sont rendues au tombeau à l’aube du premier jour de la semaine. Le tombeau de Jésus avait été fermé par une grosse pierre. Aujourd’hui encore, de lourdes, trop lourdes pierres ferment les espérances de l’humanité : la pierre de la guerre, la pierre des crises humanitaires, la pierre des violations des droits de l’homme, la pierre de la traite des êtres humains, et d’autres encore. Nous aussi, comme les femmes disciples de Jésus, nous nous demandons les uns aux autres : Qui roulera ces pierres ? (cf. Mc 16, 3)

Et voilà la découverte du matin de Pâques : la pierre, cette si grande pierre, a déjà été roulée. L’étonnement des femmes est aussi le nôtre : le tombeau de Jésus est ouvert et il est vide ! C’est là que tout commence. C’est par ce tombeau vide que passe une voie nouvelle, la voie que personne d’autre que Dieu ne pouvait ouvrir : la voie de la vie au milieu de la mort, la voie de la paix au milieu de la guerre, la voie de la réconciliation au milieu de la haine, la voie de la fraternité au milieu de l’inimitié.

Frères et sœurs, Jésus Christ est ressuscité et Lui seul est capable de rouler les pierres qui ferment le chemin vers la vie. Lui-même, le Vivant, est le Voie : la Voie de la vie, de la paix, de la réconciliation, de la fraternité. Il nous ouvre le passage humainement impossible, car Lui seul enlève le péché du monde et pardonne nos péchés. Et sans le pardon de Dieu, cette pierre ne peut être enlevée. Sans le pardon des péchés, on ne sort pas des fermetures, des préjugés, des suspicions mutuelles, des présupposés qui toujours absolvent soi-même et accusent les autres. Seul le Christ ressuscité, en nous donnant le pardon des péchés, ouvre la voie à un monde renouvelé.

Lui seul nous ouvre les portes de la vie, ces portes que nous fermons continuellement avec les guerres qui se répandent dans le monde. Aujourd’hui, nous tournons notre regard tout d’abord vers la ville sainte de Jérusalem, témoin du mystère de la passion, de la mort et de la résurrection de Jésus, et vers toutes les communautés chrétiennes de Terre Sainte.

Ma pensée va d’abord aux victimes des conflits nombreux qui se déroulent dans le monde, à commencer par celui en Israël et en Palestine, et celui en Ukraine. Que le Christ ressuscité ouvre un chemin de paix pour les populations meurtries de ces régions. Tout en appelant au respect des principes du droit international, j’appelle de mes vœux à un échange général de tous les prisonniers entre la Russie et l’Ukraine : tous pour tous !

Par ailleurs, j’appelle une nouvelle fois à ce que l’accès des aides humanitaires à Gaza soit garanti, en exhortant de nouveau à une libération rapide des otages enlevés le 7 octobre, ainsi qu’à un cessez-le-feu immédiat dans la bande de Gaza.

Ne laissons pas les hostilités en cours continuer à toucher gravement la population civile qui est maintenant épuisée, surtout les enfants. Combien de souffrance nous voyons dans les yeux des enfants. Les enfants de ces terres en guerre ont oublié de sourire. Par leurs regards ils nous demandent : pourquoi ? Pourquoi tant de morts ? Pourquoi tant de destructions ? La guerre est toujours une absurdité, la guerre est toujours une défaite ! Ne laissons pas les vents de la guerre souffler toujours plus fort sur l’Europe et sur la Méditerranée. Ne cédons pas à la logique des armes et du réarmement. La paix ne se construit jamais avec des armes, mais en tendant les mains et en ouvrant les cœurs.

Frères et sœurs, n’oublions pas la Syrie qui souffre depuis treize ans des conséquences d’une guerre longue et dévastatrice. Tant de morts, de personnes disparues, tant de pauvreté et de destructions attendent des réponses de la part de chacun, y compris de la Communauté internationale.

Aujourd’hui, mon regard se tourne tout particulièrement vers le Liban qui connaît depuis longtemps un blocage institutionnel et une profonde crise économique et sociale, aujourd’hui aggravée par les hostilités à la frontière avec Israël. Que le Ressuscité réconforte le peuple libanais bien-aimé et soutienne le pays tout entier dans sa vocation à être une terre de rencontre, de coexistence et de pluralisme.

J’adresse une pensée particulière à la région des Balkans occidentaux où des pas importants sont accomplis vers l’intégration dans le projet européen : que les différences ethniques, culturelles et confessionnelles ne soient pas une cause de division, mais deviennent une source de richesse pour l’ensemble de l’Europe et du monde entier.

De même, j’encourage les discussions entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan afin que, avec le soutien de la Communauté internationale, ils puissent poursuivre le dialogue, secourir les personnes déplacées, respecter les lieux de culte des différentes confessions religieuses et parvenir le plus rapidement possible à un accord de paix définitif.

Que le Christ ressuscité ouvre un chemin d’espérance pour les personnes qui, dans d’autres parties du monde, souffrent de violences, de conflits, d’insécurité alimentaire, ainsi que des effets du changement climatique. Que le Seigneur réconforte les victimes de toutes les formes de terrorisme. Prions pour tous ceux qui ont perdu la vie et implorons la repentance et la conversion des auteurs de tels crimes.

Que le Ressuscité assiste le peuple haïtien, afin que les violences qui déchirent et ensanglantent le pays cessent au plus vite et que celui-ci puisse progresser sur le chemin de la démocratie et de la fraternité.

Qu’Il réconforte les Rohingyas, touchés par une grave crise humanitaire, et qu’Il ouvre la voie de la réconciliation au Myanmar déchiré par des années de conflits internes, afin que toute logique de violence soit définitivement abandonnée.

Que le Seigneur ouvre des voies de paix sur le continent africain, notamment pour les populations éprouvées au Soudan et dans toute la région du Sahel, dans la Corne de l’Afrique, dans la région du Kivu en République Démocratique du Congo et dans la province du Cap Delgado au Mozambique, et qu’Il mette fin à la situation de sécheresse prolongée qui touche de vastes régions et provoque la pénurie et la famine.

Que le Ressuscité fasse briller sa lumière sur les migrants et sur ceux qui traversent des périodes de difficultés économiques, en leur offrant le réconfort et l’espérance au moment du besoin. Que le Christ guide toutes les personnes de bonne volonté pour qu’elles s’unissent dans la solidarité afin d’affronter ensemble les nombreux défis auxquels sont confrontées les familles les plus pauvres dans leur recherche d’une vie meilleure et du bonheur.

En ce jour où nous célébrons la vie qui nous est donnée dans la résurrection du Fils, rappelons-nous l’amour infini de Dieu pour chacun de nous : un amour qui surmonte toute limite et toute faiblesse. Pourtant, combien le précieux don de la vie est souvent méprisé. Combien d’enfants ne peuvent même pas voir la lumière ? Combien meurent de faim, sont privés des soins essentiels ou sont victimes d’abus et de violences ? Combien de vies sont transformées en marchandises dans le commerce croissant des êtres humains ?

Frères et sœurs, en ce jour où le Christ nous a libérés de l’esclavage de la mort, j’exhorte ceux qui exercent des responsabilités politiques à ne ménager aucun effort pour lutter contre le fléau de la traite des êtres humains, en travaillant sans relâche pour démanteler les réseaux d’exploitation et rendre la liberté à ceux qui en sont les victimes. Que le Seigneur console leurs familles, en particulier celles qui attendent avec anxiété des nouvelles de leurs proches, en leur assurant réconfort et espérance.

Que la lumière de la résurrection illumine nos esprits et convertisse nos cœurs, en nous faisant prendre conscience de la valeur de toute vie humaine qui doit être accueillie, protégée et aimée.

Bonnes Pâques à chacun !

 

Source : vatican.va
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SAINT JEAN EUDES (1601-1680)

Contemporain de sainte Marguerite-Marie, saint Jean Eudes est un grand apôtre du Cœur de Jésus qui développe dans la théologie et la liturgie le Cœur de Jésus et de Marie. Il laisse entendre ici son zèle ardent pour le Cœur de Jésus ainsi que sa sollicitude pour tous les hommes :

« Ô Sacré-Cœur de Jésus, je vous adore de toutes les puissances de mon âme, et je vous les consacre pour toujours, avec toutes mes pensées, mes paroles et mes œuvres; que ne puis-je, ô divin Cœur, vous rendre autant d’adorations, d’amour et de gloire que vous en rendrez à votre Père Éternel.

Soyez le réparateur de mes défauts, le protecteur de ma vie, mon asile à l’heure de ma mort; je vous demande la même grâce pour tous les pauvres pécheurs, les cœurs affligés, les agonisants, et généralement, mon Sauveur, pour tous les hommes qui sont sur la terre, afin que le prix de votre précieux Sang ne soit point perdu pour eux; faites aussi qu’il soit appliqué au soulagement des âmes du Purgatoire : c’est ce que je désire vous demander, ô Cœur adorable, par tous les battements de mon cœur et de mes veines, jusqu’au dernier soupir de ma vie.

Ainsi soit-il.»

Méditation :

Fixer ses yeux sur quelqu’un, c’est vraiment se concentrer sur qui il est, sur son identité telle qu’elle transparaît à travers les traits de son visage, de tout son corps. C’est parfois pour le reconnaître, comme la servante qui scrute le visage de Pierre se chauffant devant le brasero dans la cour du grand prêtre pendant l’interrogatoire de Jésus.

Fixer ses yeux sur une personne c’est essayer de déchiffrer le message vivant qu’est le regard de l’autre, son visage, pour établir un contact qui appelle une relation. Pour nous, regarder Jésus c’est contempler un visage habité d’une telle intensité qu’on vient y boire comme à une source. « Tous dans la synagogue avait les yeux fixés sur lui » (Luc 4)

Salle Paul VI, mercredi 27 août 2025

Jésus-Christ notre espérance. III. La Pâque de Jésus. 4. L’arrestation. « Qui cherchez-vous ? » (Jn 18, 4)


Chers frères et sœurs,

Nous nous arrêtons aujourd’hui sur une scène qui marque le début de la Passion de Jésus : le moment de son arrestation au Jardin des Oliviers. L’évangéliste Jean, avec sa profondeur habituelle, ne présente pas un Jésus effrayé, qui fuit ou se cache. Au contraire, il nous montre un homme libre, qui s’avance et parle, affrontant à visage découvert l’heure où la lumière du plus grand amour peut se révéler.

« Jésus, sachant tout ce qui allait lui arriver, s’avança et leur dit : Qui cherchez-vous ? » (Jn 18, 4). Jésus sait. Pourtant, il décide de ne pas reculer. Il se rend. Non par faiblesse, mais par amour. Un amour si plein, si mûr, qu’il ne craint pas le rejet. Jésus n’est pas capturé : il se laisse capturer. Il n’est pas victime d’une arrestation, mais auteur d’un don. Ce geste incarne une espérance de salut pour notre humanité : savoir que, même dans les heures les plus sombres, nous pouvons rester libres d’aimer jusqu’au bout.

Lorsque Jésus répond : « C’est moi. Je le suis », les soldats tombent à terre. Ce passage est mystérieux, car cette expression, dans la révélation biblique, rappelle le nom même de Dieu : « Je suis ». Jésus révèle que la présence de Dieu se manifeste précisément là où l’humanité fait l’expérience de l’injustice, de la peur et de la solitude. C’est précisément là que la vraie lumière est prête à briller sans craindre d’être submergée par les ténèbres qui avancent.

Au cœur de la nuit, alors que tout semble s’écrouler, Jésus montre que l’espérance chrétienne n’est pas une fuite, mais une décision. Cette attitude est le fruit d’une prière profonde par laquelle nous ne demandons pas à Dieu de nous épargner la souffrance, mais d’avoir la force de persévérer dans l’amour, conscients que la vie offerte gratuitement par amour ne peut nous être ôtée par personne.

« Si c’est bien moi que vous cherchez, ceux-là, laissez-les partir » (Jean 18, 8). Au moment de son arrestation, Jésus ne se soucie pas de son propre salut : il souhaite seulement que ses amis puissent s’en aller. Cela démontre que son sacrifice est un véritable acte d’amour. Jésus se laisse capturer et emprisonner par les gardes uniquement pour qu’ils libèrent ses disciples.

Jésus a vécu chaque jour de sa vie en prévision de cette heure dramatique et sublime. C’est pourquoi, lorsqu’elle arrive, il a la force de ne pas chercher à s’échapper. Son cœur sait bien que perdre sa vie par amour n’est pas un échec, mais il possède une fécondité mystérieuse. Comme le grain de blé qui, tombé en terre, ne reste pas seul, mais meurt et devient fécond.

Jésus, lui aussi, est troublé par un chemin qui semble ne mener qu’à la mort et à la fin. Mais il est tout autant persuadé que seule une vie perdue par amour est finalement retrouvée. C’est là que réside la véritable espérance : non pas dans la tentative d’éviter la douleur, mais dans la conviction que, même au cœur de la souffrance la plus injuste, se cache la semence d’une vie nouvelle.

Et nous ? Combien de fois défendons-nous notre vie, nos projets, nos certitudes, sans nous rendre compte que, ce faisant, nous restons seuls. La logique de l’Évangile est différente : seul ce qui est donné fleurit ; seul l’amour qui devient gratuit peut restaurer la confiance, même là où tout semble perdu.

L’Évangile de Marc nous parle aussi d’un jeune homme qui, lors de l’arrestation de Jésus, s’enfuit nu (Mc 14, 51). C’est une image énigmatique mais profondément évocatrice. Nous aussi, en essayant de suivre Jésus, nous vivons des moments où nous sommes pris au dépourvu et dépouillés de nos certitudes. Ce sont les moments les plus difficiles, dans lesquels nous sommes tentés d’abandonner le chemin de l’Évangile, car l’amour semble un voyage impossible. Pourtant, c’est un jeune homme lui-même, à la fin de l’Évangile, qui annonce la résurrection aux femmes, non plus nu, mais revêtu de blanc.

Telle est l’espérance de notre foi : nos péchés et nos hésitations n’empêchent pas Dieu de nous pardonner et de nous redonner le désir de le suivre à nouveau, afin de nous rendre capables de donner notre vie pour les autres.

Chers frères et sœurs, apprenons, nous aussi, à nous en remettre à la bonne volonté du Père, en laissant notre vie être une réponse au bien reçu. Dans la vie, tout contrôler ne sert à rien. Il suffit de choisir chaque jour d’aimer librement. Telle est la véritable espérance : savoir que, même dans l’obscurité de l’épreuve, l’amour de Dieu nous soutient et permet au fruit de la vie éternelle de mûrir en nous.

APPEL

Vendredi dernier, nous avons accompagné par la prière et le jeûne nos frères et sœurs qui souffrent à cause des guerres. Je renouvelle aujourd’hui mon appel pressant aux parties impliquées et à la communauté internationale, pour qu’elles mettent fin au conflit en Terre Sainte, qui a causé tant de terreur, de destruction et de mort.

Je supplie que tous les otages soient libérés, qu’un cessez-le-feu permanent soit conclu, que l’entrée en toute sécurité de l’aide humanitaire soit facilitée et que le droit humanitaire soit pleinement respecté, en particulier l’obligation de protéger les civils et l’interdiction des punitions collectives, de l’usage aveugle de la force et du déplacement forcé de la population. Je m’associe à la Déclaration commune des Patriarches grec-orthodoxe et latin de Jérusalem, qui ont demandé hier « de mettre fin à cette spirale de violence, de mettre fin à la guerre et de donner la priorité au bien commun des personnes ».

Implorons Marie, Reine de la paix, source de consolation et d’espoir : que son intercession obtienne la réconciliation et la paix dans cette terre si chère à tous !

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Place Saint-Pierre, mercredi 17 septembre 2025

Jubilé 2025. Jésus-Christ notre espérance. III. La Pâque de Jésus. 7. La mort « un tombeau neuf dans lequel on n’avait encore déposé personne » (Jn 19, 40-41)

Chers frères et sœurs,

Dans notre cheminement de catéchèse sur Jésus, notre espérance, nous contemplons aujourd’hui le mystère du saint Sabbat. Le Fils de Dieu repose dans le tombeau. Mais cette « absence » n’est pas un vide : c’est une attente, une plénitude retenue, une promesse gardée dans l’obscurité. C’est le jour du grand silence, où le ciel semble muet et la terre immobile, mais c’est précisément là que s’accomplit le mystère le plus profond de la foi chrétienne. C’est un silence lourd de sens, comme le sein d’une mère qui garde son enfant qui n’est pas encore né, mais qui est déjà vivant.

Le corps de Jésus, descendu de la croix, est soigneusement enveloppé, comme on le fait avec ce qui est précieux. L’évangéliste Jean nous dit qu’il a été enterré dans un jardin, dans « un tombeau neuf, dans lequel personne n’avait encore été mis » (Jn 19, 41). Rien n’est laissé au hasard. Ce jardin rappelle l’Éden perdu, le lieu où Dieu et l’homme étaient unis. Et ce tombeau jamais utilisé parle de quelque chose qui doit encore arriver : c’est un seuil, pas une fin. Au début de la création, Dieu avait planté un jardin, maintenant la nouvelle création commence aussi dans un jardin : avec un tombeau fermé qui s’ouvrira bientôt.

Le Samedi Saint est aussi un jour de repos. Selon la loi juive, on ne doit pas travailler le septième jour : en effet, après six jours de création, Dieu s’est reposé (cf. Gn 2, 2). Maintenant, le Fils aussi, après avoir accompli son œuvre de salut, repose. Non pas parce qu’il est fatigué, mais parce qu’il a terminé son travail. Non pas parce qu’il a abandonné, mais parce qu’il a aimé jusqu’au bout. Il n’y a plus rien à ajouter. Ce repos est le sceau de l’œuvre accomplie, la confirmation que ce qui devait être fait a vraiment été accompli. C’est un repos rempli de la présence cachée du Seigneur.

Nous avons du mal à nous arrêter et à nous reposer. Nous vivons comme si la vie n’était jamais assez longue. Nous courons pour produire, pour prouver, pour ne pas perdre de terrain. Mais l’Évangile nous enseigne que savoir s’arrêter est un geste de confiance que nous devons apprendre à accomplir. Le Samedi Saint nous invite à découvrir que la vie ne dépend pas toujours de ce que nous faisons, mais aussi de la façon dont nous savons nous détacher de ce que nous avons pu faire.

Dans le tombeau, Jésus, la Parole vivante du Père, se tait. Mais c’est précisément dans ce silence que la vie nouvelle commence à fermenter. Comme une graine dans la terre, comme l’obscurité avant l’aube. Dieu n’a pas peur du temps qui passe, car il est aussi le Seigneur de l’attente. Ainsi, même notre temps « inutile », celui des pauses, des vides, des moments stériles, peut devenir le sein de la résurrection. Chaque silence accueilli peut être le prélude à une nouvelle Parole. Chaque temps suspendu peut devenir un temps de grâce, si nous l’offrons à Dieu.

Jésus, enseveli dans la terre, est le visage doux d’un Dieu qui n’occupe pas tout l’espace. C’est le Dieu qui laisse faire, qui attend, qui se retire pour nous laisser la liberté. C’est le Dieu qui fait confiance, même quand tout semble fini. Et nous, en ce samedi suspendu, nous apprenons que nous ne devons pas nous précipiter pour ressusciter : il faut d’abord rester, accueillir le silence, nous laisser embrasser par la limite. Parfois, nous cherchons des réponses rapides, des solutions immédiates. Mais Dieu œuvre en profondeur, dans le temps lent de la confiance. Le samedi de l’enterrement devient ainsi le sein d’où peut jaillir la force d’une lumière invincible, celle de Pâques.

Chers amis, l’espérance chrétienne ne naît pas dans le bruit, mais dans le silence d’une attente habitée par l’amour. Elle n’est pas fille de l’euphorie, mais de l’abandon confiant. La Vierge Marie nous l’enseigne : elle incarne cette attente, cette confiance, cette espérance. Quand il nous semble que tout est immobile, que la vie est une route interrompue, souvenons-nous du Samedi Saint. Même dans le sépulcre, Dieu prépare la plus grande surprise. Et si nous savons accueillir avec gratitude ce qui a été, nous découvrirons que, précisément dans la petitesse et le silence, Dieu aime transfigurer la réalité, rendant toutes choses nouvelles par la fidélité de son amour. La vraie joie naît de l’attente habitée, de la foi patiente, de l’espérance que ce qui a été vécu dans l’amour ressuscitera certainement à la vie éternelle.

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Je salue les pèlerins de langue française, en particulier les personnes venues de l’Ile Maurice et de Polynésie française, ainsi que des diocèses de Lille, de Versailles, de Beauvais et de Saint-Brieuc. Parfois le Ciel nous parait silencieux, mettons-nous de tout cœur à l’école de la Vierge Marie pour vivre, avec elle, dans l’espérance de l’accomplissement de la Parole de Dieu dans nos vies et pour notre monde. Que Dieu vous bénisse.

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Éminences, Excellences, Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs, chers frères et sœurs !

Je vous remercie d’être là pour célébrer le 10ème anniversaire de l’invocation pour la paix en Terre Sainte. Merci !

Le Président de l’État d’Israël de l’époque, feu Shimon Peres, et le Président de l’État de Palestine, Mahmoud Abbas, avaient accepté mon invitation à venir ici pour implorer de Dieu le don de la paix. Quelques semaines plus tôt, j’étais en pèlerinage en Terre Sainte et j’y avais exprimé le grand désir que les deux se rencontrent, pour accomplir un geste significatif, historique, de dialogue et de paix. Je porte dans mon cœur une grande reconnaissance au Seigneur pour ce jour, et je garde le souvenir de l’étreinte émouvante que les deux Présidents ont échangée, en présence aussi de Sa Sainteté Bartholomée Ier, Patriarche Œcuménique, et des représentants des communautés chrétiennes, juives et musulmanes venues de Jérusalem.

Aujourd’hui, faire mémoire de cet événement est important, particulièrement à la lumière de ce qui se passe malheureusement en Palestine et en Israël. Depuis des mois, nous assistons à une montée de l’hostilité et nous voyons tant de personnes, dont beaucoup d’innocents, mourir sous nos yeux. Toute cette souffrance, la brutalité de la guerre, la violence qu’elle déchaîne, la haine qu’elle sème également dans les générations futures devraient nous convaincre que « toute guerre laisse le monde pire que dans l’état où elle l’a trouvé. La guerre est toujours un échec de la politique et de l’humanité, une capitulation honteuse, une déroute devant les forces du mal » (Lett. enc. Fratelli tutti, n. 261).

C’est pourquoi, au lieu de nous bercer de l’illusion que la guerre peut résoudre les problèmes et conduire à la paix, nous devons être critiques et vigilants à l’égard d’une idéologie, malheureusement dominante aujourd’hui, selon laquelle « le conflit, la violence et les ruptures font partie du fonctionnement normal d’une société » (ibid., n. 236). Les enjeux sont toujours des luttes de pouvoir entre différents groupes sociaux, des intérêts économiques partisans, des équilibres politiques internationaux qui visent une paix apparente, fuyant les vrais problèmes.

Au contraire, à une époque marquée par des conflits tragiques, nous avons besoin d’un engagement renouvelé pour construire un monde pacifique. À tous, croyants et personnes de bonne volonté, je voudrais dire : ne cessons pas de rêver de paix et de construire des relations pacifiques !

Chaque jour, je prie pour que cette guerre prenne s’achève enfin. Je pense à tous ceux qui souffrent, en Israël et en Palestine : aux chrétiens, aux juifs, aux musulmans. Je pense à combien il est urgent que, des décombres de Gaza, surgisse enfin la décision de faire taire les armes et, par conséquent, j’appelle à un cessez-le-feu. Je pense aux membres des familles et aux otages israéliens et je demande qu’ils soient libérés dès que possible. Je pense à la population palestinienne et je demande qu’elle soit protégée et qu’elle reçoive toute l’aide humanitaire dont elle a besoin. Je pense aux nombreuses personnes déplacées par les combats et je demande que leurs maisons soient reconstruites rapidement afin qu’elles puissent y retourner dans la paix. Je pense également aux Palestiniens et aux Israéliens de bonne volonté qui, au milieu des larmes et des souffrances, ne cessent d’attendre avec espérance l’arrivée d’un jour nouveau et s’efforcent d’anticiper l’aube d’un monde pacifique dans lequel tous les peuples, « de leurs épées, forgeront des socs, et de leurs lances, des faucilles. Jamais nation contre nation ne lèvera l’épée ; ils n’apprendront plus la guerre » (Is 2, 4).

Nous devons tous travailler et nous engager pour parvenir à une paix durable, où l’État de Palestine et l’État d’Israël puissent vivre côte à côte, en abattant les murs de l’inimitié et de la haine ; et nous devons tous chérir Jérusalem, pour qu’elle devienne la ville de la rencontre fraternelle entre chrétiens, juifs et musulmans, protégée par un statut spécial assuré au niveau international.

Frères et sœurs, nous sommes ici aujourd’hui pour invoquer la paix. Nous la demandons à Dieu comme un don de sa miséricorde. Car la paix ne se fait pas seulement sur des accords écrits sur papier ou sur des compromis humains et politiques. Elle vient de cœurs transformés, elle naît lorsque chacun de nous est rejoint et touché par l’amour de Dieu, qui dissout notre égoïsme, brise nos préjugés et nous donne le goût et la joie de l’amitié, de la fraternité et de la solidarité mutuelle. Il ne peut y avoir de paix si nous ne laissons pas d’abord Dieu lui-même désarmer notre cœur, pour le rendre accueillant, compatissant et miséricordieux. Ce sont les attributs de Dieu : la proximité accueillante, la compassion et la miséricorde. Dieu est proche, compatissant et miséricordieux.

Ce soir, nous voulons renouveler notre prière, nous voulons encore élever vers Dieu notre supplique pour la paix, comme nous l’avons fait il y a dix ans. Nous voulons demander au Seigneur de faire croître encore l’olivier que nous avons planté ce jour-là : il est déjà devenu fort, luxuriant, parce qu’il a été à l’abri des vents et arrosé avec soin. De la même manière, nous devons demander à Dieu que la paix germe dans le cœur de chaque homme, dans chaque peuple et nation, dans chaque parcelle de terre, à l’abri des vents de la guerre et arrosée par ceux qui s’efforcent chaque jour de vivre en fraternité.

Ne cessons pas de rêver de paix, qui nous donne la joie inespérée de nous sentir membres d’une unique famille humaine. Cette joie, je l’ai vue il y a quelques jours à Vérone, sur les visages de ces deux pères, un Israélien et un Palestinien, qui se sont embrassés devant tout le monde. C’est ce dont Israël et la Palestine ont besoin : une accolade de paix !

Demandons donc au Seigneur que les chefs d’État et les parties en conflit retrouvent le chemin de la concorde et de l’unité. Qu’ils se reconnaissent tous comme des frères. Nous le demandons au Seigneur et, par l’intercession de Marie, la Vierge de Nazareth, Reine de la Paix, répétons cette prière d’il y a dix ans :

Seigneur Dieu de paix, écoute notre supplication ! Nous avons essayé tant de fois et durant tant d’années de résoudre nos conflits avec nos forces et aussi avec nos armes ; tant de moments d’hostilité et d’obscurité ; tant de sang versé ; tant de vies brisées, tant d’espérances ensevelies… Mais nos efforts ont été vains. A présent, Seigneur, aide-nous Toi ! Donne-nous Toi la paix, enseigne-nous Toi la paix, guide-nous Toi vers la paix. Ouvre nos yeux et nos cœurs et donne-nous le courage de dire : “plus jamais la guerre” ; “avec la guerre tout est détruit !”. Infuse en nous le courage d’accomplir des gestes concrets pour construire la paix. Amen.

Seigneur, Dieu d’Abraham et des Prophètes, Dieu Amour qui nous a créés et nous appelle à vivre en frères, donne-nous la force d’être chaque jour des artisans de paix ; donne-nous la capacité de regarder avec bienveillance tous les frères que nous rencontrons sur notre chemin. Rends-nous disponibles à écouter le cri de nos concitoyens qui nous demandent de transformer nos armes en instruments de paix, nos peurs en confiance et nos tensions en pardon. Maintiens allumée en nous la flamme de l’espérance pour accomplir avec une patiente persévérance des choix de dialogue et de réconciliation, afin que vainque finalement la paix. Et que du cœur de chaque homme soient bannis ces mots : division, haine, guerre !

Seigneur, désarme la langue et les mains, renouvelle les cœurs et les esprits, pour que la parole qui nous fait nous rencontrer soit toujours « frère », « sœur », et que le style de notre vie devienne : shalom, paix, salam ! Amen.

 

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RENCONTRE AVEC LES AUTORITÉS, LES REPRÉSENTANTS DE
LA SOCIÉTÉ CIVILE ET LE CORPS DIPLOMATIQUE

DISCOURS DU SAINT-PÈRE

Monsieur le Président de la République,
Membres illustres du Gouvernement et du Corps diplomatique,
distinguées Autorités, religieuses et civiles,
éminents Représentants de la société civile et du monde de la culture,
Mesdames et Messieurs !

Je vous salue cordialement et je remercie Monsieur le Président pour les paroles qu’il m’a adressées. Je suis heureux d’être ici, sur cette terre si belle, si vaste, si luxuriante, qui embrasse, au nord, la forêt équatoriale ; au centre et vers le sud, les hauts plateaux et les savanes arborées ; à l’est, les collines, les montagnes, les volcans et les lacs ; à l’ouest les grandes étendues d’eaux, avec le fleuve Congo qui rejoint l’océan. Dans votre pays, qui est comme un continent dans le grand continent africain, on a l’impression que la terre entière respire. Mais, si la géographie de ce poumon vert est riche et variée, l’histoire n’a pas été aussi généreuse. Tourmentée par la guerre, la République Démocratique du Congo continue de subir à l’intérieur de ses frontières des conflits et des migrations forcées, et à souffrir de terribles formes d’exploitation, indignes de l’homme et de la création. Ce pays immense et plein de vie, ce diaphragme de l’Afrique, frappé par la violence comme par un coup de poing dans l’estomac, semble depuis longtemps avoir perdu son souffle. Monsieur le Président, vous avez mentionné ce génocide oublié dont souffre la République du Congo.

Et tandis que vous, Congolais, vous luttez pour sauvegarder votre dignité et votre intégrité territoriale contre les méprisables tentatives de fragmentation du pays, je viens à vous, au nom de Jésus, comme un pèlerin de réconciliation et de paix. J’ai beaucoup désiré me trouver ici et je viens enfin vous apporter la proximité, l’affection et la consolation de toute l’Église et apprendre de votre exemple de patience, de courage et de lutte.

Je voudrais vous parler à travers une image qui symbolise bien la beauté lumineuse de cette terre : l’image du diamant. Chères femmes et chers hommes Congolais, votre pays est vraiment un diamant de la création ; mais vous, vous tous, êtes infiniment plus précieux que toutes les choses bonnes qui sortent de ce sol fertile ! Je suis ici pour vous étreindre et vous rappeler que vous avez une valeur inestimable, que l’Église et le Pape ont confiance en vous, qu’ils croient en votre avenir, un avenir qui soit entre vos mains et dans lequel vous méritiez de déverser vos dons d’intelligence, de sagacité et d’assiduité. Courage, frère et sœur congolais ! Relève-toi, reprends dans tes mains, comme un diamant très pur, ce que tu es, ta dignité, ta vocation à garder en harmonie et en paix la maison que tu habites. Revis l’esprit de ton hymne national, en rêvant et en mettant en pratique ses paroles : « Par le dur labeur, nous bâtirons un pays plus beau qu’avant, dans la paix ».

Chers amis, les diamants, généralement rares, abondent ici. Si cela vaut pour les richesses matérielles cachées sous la terre, cela vaut à plus forte raison pour les richesses spirituelles enfermées dans vos cœurs. Et c’est précisément à partir des cœurs que la paix et le développement sont possibles car, avec l’aide de Dieu, les êtres humains sont capables de justice et de pardon, de concorde et de réconciliation, d’engagement et de persévérance pour mettre à profit les talents reçus. Dès le début de mon voyage, je souhaite donc lancer un appel : que chaque Congolais se sente appelé à jouer son rôle ! Que la violence et la haine n’aient plus de place dans le cœur et sur les lèvres de quiconque, car ce sont des sentiments inhumains et anti-chrétiens qui paralysent le développement et ramènent en arrière, vers un sombre passé.

En parlant de frein au développement et de retour au passé, il est tragique que ces lieux, et plus généralement le continent africain, souffrent encore de diverses formes d’exploitation. Il y a cette devise qui sort de l’inconscient de tant de cultures et de tant de personnes : “L’Afrique doit être exploitée”, cela est terrible ! Après le colonialisme politique, un “colonialisme économique” tout aussi asservissant s’est déchainé. Ce pays, largement pillé, ne parvient donc pas à profiter suffisamment de ses immenses ressources : on en est arrivé au paradoxe que les fruits de sa terre le rendent “étranger” à ses habitants. Le poison de la cupidité a ensanglanté ses diamants. C’est un drame devant lequel le monde économiquement plus avancé ferme souvent les yeux, les oreilles et la bouche. Mais ce pays et ce continent méritent d’être respectés et écoutés, ils méritent espace et attention : Retirez vos mains de la République Démocratique du Congo, retirez vos mains de l’Afrique ! Cessez d’étouffer l’Afrique : elle n’est pas une mine à exploiter ni une terre à dévaliser. Que l’Afrique soit protagoniste de son destin ! Que le monde se souvienne des désastres commis au cours des siècles au détriment des populations locales et qu’il n’oublie pas ce pays ni ce continent. Que l’Afrique, sourire et espérance du monde, compte davantage : qu’on en parle davantage, qu’elle ait plus de poids et de représentation parmi les nations !

Une diplomatie de l’homme pour l’homme, des peuples pour les peuples, doit se déployer, selon laquelle les opportunités de croissance des personnes soient au centre, et non le contrôle des zones et des ressources, les visées d’expansion et l’augmentation des profits.

En regardant ce peuple, on a l’impression que la Communauté internationale s’est presque résignée à la violence qui le dévore. Nous ne pouvons pas nous habituer au sang qui coule dans ce pays, depuis des décennies désormais, faisant des millions de morts à l’insu de beaucoup. Il faut que l’on sache ce qui se passe ici, que les processus de paix en cours, – que j’encourage de toutes mes forces – soient soutenus dans les faits et que les engagements soient tenus. Grâce à Dieu, il y en a qui contribuent au bien de la population locale et à un réel développement à travers des projets efficaces: non pas des interventions de pure assistance, mais des plans visant à une croissance intégrale. J’exprime toute ma gratitude aux pays et aux organisations qui fournissent des aides substantielles en ce sens, en contribuant à la lutte contre la pauvreté et les maladies, soutenant l’État de droit et promouvant le respect des droits humains. Je forme le vœu qu’ils puissent continuer à jouer pleinement et courageusement ce noble rôle.

Revenons à l’image du diamant. Une fois travaillé, sa beauté provient également de sa forme, de ses nombreuses facettes harmonieusement disposées. Ce pays, riche de son pluralisme typique, a lui aussi un caractère polyédrique. C’est une richesse qui doit être conservée, en évitant de glisser dans le tribalisme et la confrontation. Prendre obstinément parti pour sa propre ethnie ou pour des intérêts particuliers, alimentant des spirales de haine et de violence, tourne au détriment de tous en bloquant la nécessaire “chimie de l’ensemble”. À propos de chimie, il est intéressant de noter que les diamants sont constitués des seuls atomes de carbone, lesquels, s’ils étaient reliés différemment, formeraient du graphite. La différence entre la luminosité d’un diamant et l’obscurité du graphite provient de la manière dont les atomes individuels sont disposés dans le réseau cristallin. Cette métaphore exprime le fait que le problème n’est pas la nature des hommes ou des groupes ethniques et sociaux, mais la manière dont on décide d’être ensemble. La volonté ou non de se rencontrer, de se réconcilier et de recommencer fait la différence entre l’obscurité du conflit et un avenir lumineux de paix et de prospérité.

Chers amis, le Père céleste veut que nous sachions nous accueillir comme les frères et sœurs d’une même famille, et travailler à un avenir qui soit avec les autres et non contre les autres. “Bintu bantu” : c’est ainsi que l’un de vos proverbes rappelle très bien que, la vraie richesse, ce sont les personnes et les bonnes relations entre elles. En particulier, les religions, avec leur patrimoine de sagesse, sont appelées à y contribuer, par un effort quotidien de renoncement à toute agressivité, prosélytisme et contrainte, qui sont des moyens indignes de la liberté humaine. Quand on en vient à imposer, en allant à la chasse aux fidèles, de manière aveugle par la ruse ou par la force, on ravage la conscience d’autrui et on tourne le dos au vrai Dieu, parce que – ne l’oublions pas – « là où l’Esprit du Seigneur est présent, là est la liberté » (2 Co 3, 17) e là où il n’y a pas de liberté, il n’y a pas l’Esprit du Seigneur. Les membres de la société civile, dont certains sont ici présents, jouent également un rôle essentiel dans la construction d’un avenir de paix et de fraternité. Ils ont souvent démontré qu’ils savaient s’opposer à l’injustice et au délabrement, au prix de grands sacrifices, pour défendre les droits humains, la nécessité d’une éducation solide pour tous et une vie plus digne pour chacun. Je remercie sincèrement les femmes et les hommes, en particulier les jeunes de ce pays, qui ont souffert à divers degrés pour cela, et je leur rends hommage.

Le diamant, dans sa transparence, réfracte admirablement la lumière qu’il reçoit. Beaucoup d’entre vous brillent par le rôle qu’ils jouent. Celui qui détient des responsabilités civiles et gouvernementales est appelé à agir avec une clarté cristalline, en vivant la fonction reçue comme un moyen de servir la société. Le pouvoir n’a de sens en effet que s’il devient service. Combien il est important d’agir dans cet esprit, en fuyant l’autoritarisme, la recherche de gains faciles et la soif d’argent que l’apôtre Paul désigne comme « la racine de tous les maux » (1 Tm 6, 10). Et en même temps, favoriser des élections libres, transparentes, crédibles ; étendre davantage aux femmes, aux jeunes et à différents groupes, aux groupes marginalisés, la participation aux processus de paix; rechercher le bien commun et la sécurité des personnes plutôt que les intérêts personnels ou de groupes ; renforcer la présence de l’État partout sur le territoire ; prendre soin des si nombreuses personnes déplacées et réfugiées. Que l’on ne se laisse pas manipuler, et moins encore acheter, par ceux qui veulent maintenir le pays dans la violence afin de l’exploiter et de faire des affaires honteuses : cela n’apporte que discrédit et honte, avec la mort et la misère. Au contraire, il est bon de se rapprocher des personnes pour se rendre compte de la manière dont ils vivent. Elles font confiance lorsqu’elles sentent que les gouvernants sont réellement proches, non pas par calcul ou par exhibition, mais par service.

Dans la société, ce sont souvent les ténèbres de l’injustice et de la corruption qui obscurcissent la lumière du bien. Il y a des siècles, saint Augustin, né sur ce continent, se demandait déjà : « Si la justice n’est pas respectée, que sont les États, sinon des bandes de voleurs ? » (De civ. Dei, IV, 4). Dieu est du côté de ceux qui ont faim et soif de justice (cf. Mt 5, 6). Il ne faut pas se lasser de promouvoir dans tous les domaines le droit et l’équité, en luttant contre l’impunité et la manipulation des lois et de l’information.

Un diamant sort de la terre authentique mais brut, nécessitant un travail. De même, les diamants les plus précieux de la terre congolaise que sont les enfants de cette nation doivent pouvoir bénéficier de véritables opportunités éducatives qui leur permettent de mettre pleinement à profit leurs brillants talents. L’éducation est fondamentale : elle est la voie de l’avenir, la route à emprunter pour atteindre la pleine liberté de ce pays comme du continent africain. Il est urgent d’y investir afin de préparer des sociétés qui seront fortes si elles sont bien instruites, autonomes si elles sont pleinement conscientes de leurs potentialités et capables de les développer avec responsabilité et persévérance. Mais beaucoup d’enfants ne vont pas à l’école : combien, au lieu de recevoir une éducation digne de ce nom, sont exploités ! Trop d’entre eux meurent, soumis à des travaux asservissants dans les mines. Aucun effort ne doit être ménagé pour dénoncer le fléau du travail des enfants et y mettre fin. Combien de filles sont marginalisées et violées dans leur dignité ! Les enfants, les jeunes filles, les jeunes sont le présent de l’espérance, ils sont l’espérance : ne permettons pas que celle-ci soit effacée, cultivons-la avec passion !

Le diamant, don de la terre, appelle à la sauvegarde de la création, à la protection de l’environnement. Située au cœur de l’Afrique, la République Démocratique du Congo abrite l’un des plus grands poumons verts du monde, qui doit être préservé. Comme pour la paix et pour le développement, dans ce domaine également une collaboration large et fructueuse est importante, permettant d’intervenir efficacement, sans imposer des modèles extérieurs plus utiles à ceux qui aident qu’à ceux qui sont aidés. Nombreux sont ceux qui ont demandé à l’Afrique de s’engager et qui ont offert des aides afin de lutter contre le changement climatique et le coronavirus. Ce sont certainement des opportunités à saisir, mais il y a surtout besoin de modèles sanitaires et sociaux qui ne répondent pas seulement aux urgences du moment mais contribuent à une croissance sociale effective : des structures solides et du personnel honnête et compétent pour surmonter les graves problèmes comme la faim et les maladies qui entravent le développement à sa naissance.

Enfin, le diamant est le minéral d’origine naturelle qui présente la plus grande dureté. Sa résistance aux produits chimiques est très grande. La répétition continuelle des attaques violentes ainsi que les nombreuses situations de détresse pourraient affaiblir la résistance des Congolais, miner leur force d’âme, les conduire à se décourager et à s’enfermer dans la résignation. Mais, au nom du Christ qui est le Dieu de l’espérance, le Dieu de toute possibilité qui donne toujours la force de recommencer, au nom de la dignité et de la valeur des diamants les plus précieux de cette terre que sont ses habitants, je voudrais inviter chacun à un nouveau départ social courageux et inclusif. L’histoire lumineuse mais blessée du pays l’exige, les jeunes et les enfants en particulier l’implorent. Je suis avec vous et j’accompagne par la prière et la proximité tout effort pour un avenir pacifique, harmonieux et prospère de ce grand pays. Que Dieu bénisse la nation congolaise tout entière !

 

Source : vatican.va
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RENCONTRE AVEC LES JEUNES

DISCOURS DU SAINT-PÈRE

 

Dicsértessék a Jézus Krisztus! [Loué soit Jésus-Christ !]

Chers frères et sœurs, je voudrais vous dire köszönöm ! [Merci] Merci pour la danse, merci pour le chant, pour vos témoignages courageux, et merci à chacun d’être ici : je suis heureux d’être avec vous ! Merci.

Mgr Ferenc nous a dit que la jeunesse est un temps de grandes questions et de grandes réponses. C’est vrai, et il est important qu’il y ait quelqu’un pour provoquer et écouter vos questions, sans vous donner des réponses faciles, des réponses toutes faites, mais pour vous aider à relever le défi sans peur de l’aventure de la vie, à la recherche de grandes réponses. Les réponses toutes faites ne sont d’aucune utilité et ne rendent pas heureux. C’est ce que Jésus faisait. Bertalan, tu as dit que Jésus n’est pas le personnage d’un livre de fables ou le super-héros d’une bande dessinée, et c’est vrai : le Christ est Dieu dans la chair, il est le Dieu vivant qui s’approche de nous. Il est l’Ami, le meilleur des amis, il est le Frère, le meilleur des frères, et il est très adroit pour poser des questions. Dans l’Évangile, en effet, avant de donner des réponses, il pose des questions, Lui qui est le Maître. Je pense au moment où il se trouve face à cette femme adultère que tout le monde pointe du doigt. Jésus intervient, ceux qui l’accusaient s’en vont et Il reste seul avec elle. Il lui demande alors avec délicatesse : « Femme, où sont-ils donc ? Personne ne t’a condamnée ? » (Jn 8,10). Elle répond : « Personne, Seigneur ! » (v. 11). En disant cela, elle comprend que Dieu ne veut pas condamner, mais pardonner. Mettez ceci dans votre tête : Dieu ne veut pas condamner, mais pardonner. Dieu pardonne toujours. Comment dit-on en hongrois « Dieu pardonne toujours » ? [le traducteur le dit en hongrois et le pape le fait répéter aux jeunes] N’oubliez pas ! Il est prêt à nous relever à chaque chute ! Avec Lui, nous ne devons jamais avoir peur de marcher et d’avancer dans la vie. Pensons aussi à Marie Madeleine qui, au matin de Pâques, a été la première à voir Jésus ressuscité – et elle avait une histoire cette femme-là ! Mais elle a été la première à la voir. Elle pleure près du tombeau vide et Jésus lui demande : « Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? » (Jn 20,15). Alors, touchée au plus profond d’elle-même, Marie de Magdala ouvre son cœur, elle lui dit ses angoisses, révèle ses désirs et son amour :  » Où est le Seigneur ? « .

Et regardons la première rencontre de Jésus avec ceux qui deviendront ses disciples. Deux d’entre eux, orientés par Jean Baptiste, le suivent. Le Seigneur se retourne et pose une seule question : « Que cherchez-vous ? » (Jn 1,38). Moi aussi, je pose une question, et chacun y répond dans son cœur, en silence. Ma question est la suivante : « Que cherchez-vous ? Que cherchez-vous dans la vie ? Que cherches-tu dans ton cœur ? » En silence, chacun répond en son for intérieur. Qu’est-ce que je cherche ? Jésus ne prêche pas tant, non il chemine, il chemine avec chacun d’entre nous ; Jésus chemine près de chacun d’entre nous. Il ne veut pas que ses disciples soient des écoliers qui répètent une leçon, mais qu’ils soient des jeunes libres et qu’ils cheminent, compagnons de route d’un Dieu qui écoute, qui écoute leurs besoins et qui est attentif à leurs rêves. Puis, au bout d’un certain temps, deux jeunes disciples se fourvoient – les disciples de Jésus se sont tellement trompés ! – et ils adressent à Jésus une mauvaise requête, à savoir être à sa droite et à sa gauche lorsqu’Il deviendra Roi – ils voulaient s’élever, ceux-là ! Mais il est intéressant de voir que Jésus ne leur reproche pas d’avoir osé, il ne leur dit pas : « Comment vous permettez-vous, arrêtez de rêver de telles choses ! ». Non, Jésus ne détruit pas leurs rêves, mais il les corrige sur la manière de les réaliser. Il accepte leur désir d’atteindre les sommets – c’est une bonne chose – mais il insiste sur une chose, dont il faut bien se souvenir : on ne devient pas grand en dépassant les autres, mais en s’abaissant vers les autres ; non pas aux dépens des autres, mais en servant les autres (cf. Mc 10, 35-45). [le Pape demande au traducteur de répéter la dernière phrase en hongrois] Vous avez compris ? Vous voyez, chers amis, Jésus est heureux que nous atteignons de grands objectifs. Il ne nous veut pas paresseux ni peureux, il ne nous veut pas silencieux ni timides, il nous veut vivants, actifs, protagonistes, protagonistes de l’histoire. Et il ne dévalorise jamais nos attentes mais, au contraire, il élève la barre de nos désirs. Jésus serait d’accord avec un de vos proverbes, que j’espère bien prononcer : Aki mer az nyer [Celui qui ose gagne].

Vous pouvez me demander : comment devenir vainqueurs dans la vie ? Il y a deux étapes fondamentales, comme dans le sport : premièrement, viser haut ; deuxièmement, s’entraîner. Viser haut.  Dis-moi, as-tu un talent ? Tu en as certainement un, nous en avons tous ! Ne le mets pas de côté en pensant qu’il te suffit du minimum indispensable pour être heureux : un diplôme, un travail pour gagner de l’argent, se divertir un peu… Non, mets ce que tu as en jeu ! Tu as une qualité ? Investis-y sans crainte, vas-y ! Tu sens au fond du cœur que tu as une capacité qui peut faire grand bien ? Sens-tu qu’il est bon d’aimer le Seigneur, de fonder une famille nombreuse, d’aider ceux qui sont dans le besoin ? Vas-y, ne pense pas que ce sont des désirs inaccessibles, mais investis dans les grands objectifs de la vie ! Ça c’est la première étape, viser haut. Et la seconde : s’entrainer. Comment ? En dialoguant avec Jésus, qui est le meilleur entraineur possible. Il t’écoute, Il te motive, Il croit en toi, tu sais, Jésus croit en toi ! Il sait faire ressortir le meilleur de toi-même. Et il invite toujours à faire équipe : jamais seul, mais avec d’autres : c’est très important. Si tu veux mûrir et grandir dans la vie, va de l’avant en faisant équipe, dans la communauté, en vivant des expériences communes. Je pense, par exemple, aux Journées Mondiales de la Jeunesse et je profite de l’occasion pour vous inviter aux prochaines qui auront lieu au Portugal, à Lisbonne, au début du mois d’août. Aujourd’hui, la tentation est grande de se contenter d’un téléphone portable et de quelques amis – peu de choses, en somme ! Mais, même si c’est ce que beaucoup font, même si c’est ce que tu as envie de faire, ce n’est pas bon. Tu ne peux pas t’enfermer dans un petit groupe d’amis et ne communiquer qu’avec ton téléphone portable : c’est – permettez-moi l’expression – un peu débile.

Il y a aussi un élément important dans l’entrainement et toi, Krisztina, tu nous l’as rappelé en disant qu’au milieu de mille courses, de tant de frénésie et de vitesse, une chose essentielle manque aujourd’hui aux jeunes, et aussi aux adultes. Tu as dit : « Dans le bruit nous ne nous accordons pas de temps pour le silence, parce que nous avons peur de la solitude et nous finissons par être fatigués tous les jours ». Tu l’as dit, Krisztina : merci. Je voudrais vous dire : n’ayez pas peur d’aller à contre-courant, de trouver chaque jour un temps de silence pour vous arrêter et prier. Aujourd’hui, tout vous dit qu’il faut être rapides, efficaces, pratiquement parfaits, comme des machines ! Mais, les amis, nous ne sommes pas des machines ! Et puis nous nous rendons compte que nous sommes souvent en panne d’essence et que nous ne savons plus quoi faire. Il est bon de pouvoir s’arrêter pour faire le plein, pour recharger les batteries. Mais attention : non pas pour se plonger dans ses mélancolies ou ruminer ses tristesses, non pas pour penser à qui m’a fait ceci ou cela, en faisant des théories sur le comportement des autres, non, ce n’est pas bon! C’est un poison, il ne faut pas le faire.

Le silence est le terrain sur lequel on peut cultiver des relations bénéfiques, parce qu’il nous permet de confier à Jésus ce que nous vivons, de Lui apporter des visages et des noms, de Lui confier nos peines, de passer en revue nos amis et de dire une prière pour eux. Le silence nous donne l’occasion de lire une page de l’Évangile qui parle à notre vie, d’adorer Dieu et de trouver ainsi la paix du cœur. Le silence permet de prendre ce livre que tu n’es pas obligé de lire, mais qui t’aide à lire l’âme humaine, à observer la nature pour ne pas être seulement en contact avec les choses faites par les hommes et à découvrir la beauté qui nous entoure. Mais le silence n’est pas fait pour rester collé aux téléphones portables et aux réseaux sociaux ; non, s’il te plaît : la vie est réelle, pas virtuelle, elle ne se passe pas sur un écran, la vie se passe dans le monde ! S’il te plaît, ne virtualises pas la vie ! Je répète : ne virtualises pas la vie, qui est concrète. Compris ?

Le silence est donc la porte de la prière, et la prière est la porte de l’amour. Dóra, je voudrais te remercier parce que tu as parlé de la foi comme d’une histoire d’amour- cela est beau, c’est ton expérience -, où chaque jour tu affrontes les difficultés de l’adolescence. Mais tu sais qu’il y a Quelqu’un avec toi, Quelqu’un pour toi, et que ce Quelqu’un, Jésus, n’a pas peur de surmonter avec toi tous les obstacles que tu rencontres. La prière t’aide à le faire parce qu’elle est un dialogue avec Jésus, tout comme la Messe est une rencontre avec Lui, et la Confession est l’étreinte que tu reçois de Lui. Je pense au grand musicien Franz Liszt. En nettoyant son piano, on a trouvé des grains de chapelet qui, sans doute en se cassant, sont probablement tombés dans l’instrument. C’est un indice qui nous fait penser qu’avant une composition ou une exécution, peut-être même après un moment de plaisir au piano, il avait l’habitude de prier : il parlait au Seigneur, parlait à la Vierge de ce qu’il aimait, et il mettait son art et ses talents dans la prière. Prier n’est pas ennuyeux ! C’est nous qui le rendons ennuyeux. Prier est une rencontre, une rencontre avec le Seigneur : c’est beau cela. Et lorsque vous priez, n’ayez pas peur d’apporter à Jésus tout ce qui se passe dans votre monde intérieur : vos affections, vos craintes, vos problèmes, vos attentes, vos souvenirs, vos espoirs, tout, même vos péchés. Il comprend tout. La prière est dialogue de vie, la prière est vie. Bertalan, aujourd’hui tu n’as pas eu honte de parler à tout le monde de l’anxiété qui te paralyse parfois et des difficultés à approcher de la foi. Qu’il est beau d’avoir le courage de la vérité, qui ne consiste pas à montrer que l’on n’a jamais peur, mais à s’ouvrir et à partager ses fragilités avec le Seigneur et avec les autres, sans cacher, sans déguiser, sans porter de masques. Merci pour ton témoignage, Bertalan, merci ! Le Seigneur, comme nous le dit l’Évangile à chaque page, ne fait pas de grandes choses avec des personnes extraordinaires, mais avec des personnes vraies, limitées comme nous. En revanche, ceux qui se fient à leurs propres capacités et qui vivent d’apparences, tiennent Dieu loin du cœur, parce qu’ils ne s’occupent que d’eux. Avec ses questions, son amour et son Esprit, Jésus creuse en nous afin de faire de nous des personnes vraies. Et nous avons tellement besoin de personnes vraies aujourd’hui ! Je vous dit une chose : savez-vous quel est le danger aujourd’hui ? D’être une personne fausse. S’il te plaît, ne sois jamais une personne fausse, sois toujours une personne vraie, avec ta propre vérité ! « Eh, Père, j’ai honte parce que ma réalité n’est pas bonne, vous savez, Père, j’ai mes propres choses à l’intérieur… ». Regarde devant toi, vers le Seigneur, prends courage ! Le Seigneur nous veut tels que nous sommes, tels que nous sommes maintenant, Il nous aime tels que nous sommes. Prends courage et va de l’avant ! Ne vous effrayez pas de vos misères.

Et à cet égard, nous avons été frappés par ce que tu as dit, Tódor, à commencer par ton nom, que tu portes en l’honneur du bienheureux Théodore, grand confesseur de la foi qui nous appelle à ne pas vivre dans la demi-mesure. Tu as voulu « tirer la sonnette d’alarme », en disant que le zèle pour la mission est anesthésié par le fait que nous vivons dans la sécurité et le confort, alors qu’à quelques kilomètres d’ici, la guerre et la souffrance sont à l’ordre du jour. Voici donc une invitation : prendre la vie en main pour aider le monde à vivre en paix. Laissons-nous être dérangés et demandons-nous, chacun : que fais-je pour les autres, que fais-je pour la société, que fais-je pour l’Église, que fais-je pour mes ennemis ? Est-ce que je vis en pensant à mon propre bien ou est-ce que je m’implique pour quelqu’un, sans calculer mes propres intérêts ? S’il vous plaît, interrogeons-nous sur notre gratuité, sur notre capacité à aimer, aimer selon Jésus, c’est-à-dire aimer et servir.

Chers amis, il y a une dernière chose que je voudrais partager avec vous, une page de l’Évangile qui résume ce que nous avons dit. Il y a un an et demi, j’étais ici pour le Congrès Eucharistique. Dans l’Évangile de Jean, au chapitre 6, il y a une belle page eucharistique qui a pour centre un jeune homme. Elle parle d’un jeune homme qui, dans la foule, écoutait Jésus. Il savait probablement que la rencontre allait durer longtemps et il avait été prévoyant : il avait apporté son déjeuner avec lui – vous avez apporté un sandwich ? Mais Jésus a de la compassion pour la foule – ils étaient plus de 5 000 – et veut la nourrir ; alors, à sa manière, il pose des questions aux disciples pour débloquer leurs énergies. Il demande à l’un d’eux comment faire et il reçoit une réponse de « comptable » : « Le salaire de deux cents journées ne suffirait pas pour que chacun reçoive un peu de pain » (Jn 6, 7). Comme pour dire : c’est mathématiquement impossible. Un autre, entre-temps, voit ce garçon et fait une observation, mais encore pessimiste : « Il y a là un jeune garçon qui a cinq pains d’orge et deux poissons, mais qu’est-ce que cela pour tant de monde ! » (v. 9). Au contraire, ces cinq pains et deux poissons ont suffi à Jésus pour accomplir le fameux miracle de la multiplication des pains. Chacun de nous, les petites choses que nous avons, même nos péchés, suffisent à Jésus. Et que devons-nous faire ? Les laisser entre les mains de Jésus : voilà, c’est tout.

Cependant, l’Évangile ne raconte pas un détail, qu’il laisse à notre imagination : comment les disciples ont-ils convaincu ce jeune homme de donner tout ce qu’il avait ? Peut-être lui auront-ils demandé d’apporter son repas et il aura regardé autour de lui, voyant des milliers de personnes. Et peut-être, comme eux, aura-t-il répondu en disant : « Ce n’est pas assez, pourquoi me demander, pourquoi ne vous en chargez-vous pas, vous qui êtes les disciples de Jésus? Qui suis-je ? » Alors, peut-être, lui auront-ils dit que c’était Jésus lui-même qui demandait. Et il fait une chose extraordinaire : il fait confiance. Ce garçon, qui avait pris son déjeuner pour lui, fait confiance, il donne tout, il ne garde rien pour lui. Il était venu pour recevoir de Jésus et il se retrouve à donner à Jésus. Mais c’est ainsi que le miracle se produit. Il vient du partage : la multiplication opérée par Jésus commence par le partage de ce jeune homme avec Lui et pour les autres. Le peu de ce jeune homme entre les mains de Jésus devient beaucoup. Voilà où mène la foi : à la liberté de donner, à l’enthousiasme du don, au dépassement des peurs, à l’implication ! Mes amis, chacun de vous est précieux pour Jésus, et pour moi aussi ! Rappelles-toi que personne ne peut prendre ta place dans l’histoire du monde, dans l’histoire de l’Église, personne ne peut te remplacer, personne ne peut faire ce que tu es le seul à pouvoir faire. Aidons-nous donc mutuellement à croire que nous sommes aimés et précieux, que nous sommes faits pour de grandes choses. Prions pour cela et encourageons-nous les uns les autres ! Et n’oubliez pas de me faire du bien par vos prières. Köszönöm! [merci!].

 

Source : vatican.va
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Messe en la solennité de la Très Sainte Mère de Dieu
59ème Journée mondiale de la Paix

Homélie du pape Léon XIV

Basilique Saint-Pierre, jeudi 1er janvier 2026

Chers frères et sœurs,

Aujourd’hui, en cette solennité de Marie, la Très Sainte Mère de Dieu, qui marque le début de la nouvelle année civile, la liturgie nous offre le texte d’une très belle bénédiction : « Que le Seigneur te bénisse et te garde ! Que le Seigneur fasse briller sur toi son visage, qu’Il te prenne en grâce ! Que le Seigneur tourne vers toi son visage, qu’Il t’apporte la paix ! » (Nb 6, 24-26).

Dans le livre des Nombres, elle fait suite aux indications concernant la consécration des nazirs, soulignant la dimension sacrée et féconde du don dans la relation entre Dieu et le peuple d’Israël. L’homme offre au Créateur tout ce qu’il a reçu et Celui-ci répond en tournant vers lui son regard bienveillant, comme au commencement du monde (cf. Gn 1, 31).

Le peuple d’Israël, à qui cette bénédiction s’adressait, était un peuple de libérés, d’hommes et de femmes nés de nouveau après un long esclavage, grâce à l’intervention de Dieu et à la réponse généreuse de son serviteur Moïse. En Égypte, ce peuple jouissait de certaines sécurités — la nourriture ne manquait pas, tout comme un toit et une certaine stabilité —, mais cela au prix de la servitude, de l’oppression d’une tyrannie qui réclamait toujours plus en donnant toujours moins (cf. Ex 5, 6-7). À présent, dans le désert, beaucoup de ces certitudes du passé ont disparu, mais il y a en échange la liberté qui se concrétise par une voie ouverte vers l’avenir, par le don d’une loi de sagesse et la promesse d’une terre où vivre et grandir sans plus de chaînes ni de fers : en somme, une nouvelle naissance.

Ainsi, la liturgie nous rappelle, en ce début de nouvelle année, que chaque jour peut devenir, pour chacun, le début d’une vie nouvelle grâce à l’amour généreux de Dieu, à sa miséricorde et à la réponse de notre liberté. Il est beau de penser l’année qui commence comme un chemin ouvert à découvrir et où nous aventurer, libres par grâce et porteurs de liberté, pardonnés et dispensateurs de pardon, confiants dans la proximité et la bonté du Seigneur qui nous accompagne toujours.

Nous gardons tout cela à l’esprit alors que nous célébrons le mystère de la Maternité Divine de Marie qui, par son “oui”, a contribué à donner un visage humain à la Source de toute miséricorde et de toute bienveillance : le visage de Jésus dont l’amour du Père nous touche et nous transforme, par ses yeux d’enfant, puis de jeune homme.

En ce début d’année, alors que nous nous mettons en route vers les jours nouveaux et uniques qui nous attendent, demandons au Seigneur de sentir à chaque instant, autour de nous et sur nous, la chaleur de son étreinte paternelle et la lumière de son regard bienveillant, afin de comprendre de mieux en mieux et d’avoir toujours à l’esprit qui nous sommes et vers quelle destinée merveilleuse nous avançons (cf. Conc. œcum. Vat. II, Const. past. Gaudium et spes, n. 41). Mais en même temps, rendons-Lui gloire par la prière, par la sainteté de notre vie et en devenant les uns pour les autres le reflet de sa bonté.

Saint Augustin enseignait qu’en Marie « le créateur de l’homme est devenu homme afin que, bien qu’Il soit le maître des étoiles, Il puisse téter le sein d’une femme ; bien qu’Il soit le pain (cf. Jn 6, 35), Il puisse avoir faim (cf. Mt 4, 2) ; […] pour nous libérer même si nous sommes indignes » (Sermon 191, 1.1). Il rappelait ainsi l’un des traits fondamentaux du visage de Dieu : celui de la gratuité totale de son amour par lequel il se présente à nous – comme j’ai tenu à le souligner dans le Message de cette Journée mondiale de la Paix –, “désarmé et désarmant”, nu, sans défense comme un nouveau-né dans son berceau. Et cela pour nous enseigner que le monde ne se sauve pas en aiguisant les épées, en jugeant, en opprimant ou en éliminant les frères, mais plutôt en s’efforçant inlassablement de comprendre, de pardonner, de libérer et d’accueillir chacun, sans calcul ni crainte.

Tel est le visage de Dieu que Marie a laissé se former et grandir dans son sein, changeant complètement sa vie. C’est le visage qu’elle a annoncé par la lumière joyeuse et fragile de son regard de future mère ; le visage dont elle a contemplé la beauté jour après jour, tandis que Jésus grandissait dans sa maison, enfant, adolescent et jeune homme ; et qu’elle a ensuite suivi avec son cœur d’humble disciple, alors qu’Il parcourait les sentiers de sa mission, jusqu’à la croix et à la résurrection. Pour cela, elle aussi a abaissé toutes ses défenses en renonçant à ses attentes, à ses prétentions et à ses garanties – comme savent le faire les mères -, en consacrant sans réserve sa vie à son Fils qu’elle a reçu par grâce, afin de le redonner à son tour au monde.

Dans la Maternité Divine de Marie, nous voyons la rencontre de deux immenses réalités “désarmées” : celle de Dieu qui renonce à tous les privilèges de sa divinité pour naître selon la chair (cf. Phil 2, 6-11), et celle de la personne qui, avec confiance, embrasse totalement sa volonté, Lui rendant l’hommage, dans un acte parfait d’amour, de sa plus grande puissance : la liberté.

Saint Jean-Paul II, méditant sur ce mystère, invitait à regarder ce que les bergers avaient trouvé à Bethléem : « La tendresse désarmante de l’Enfant, la pauvreté surprenante dans laquelle Il se trouve, l’humble simplicité de Marie et de Joseph » ont transformé leur vie en faisant d’eux des « messagers du salut » (Homélie lors de la messe de Marie, Mère de Dieu, 34ème Journée mondiale de la paix, 1er janvier 2001).

Il le disait à la fin du grand Jubilé de l’an 2000, avec des mots qui peuvent nous faire réfléchir nous aussi : « Combien de dons – affirmait-il – combien d’occasions extraordinaires le grand Jubilé a-t-il offert aux croyants ! Dans l’expérience du pardon reçu et donné, dans le souvenir des martyrs, dans l’écoute du cri des pauvres du monde […] nous avons nous aussi ressenti la présence salvifique de Dieu dans l’histoire. Nous avons comme touché de façon tangible son amour qui renouvelle la face de la terre » (ibid.), et il concluait : « Comme aux pasteurs qui accourent pour l’adorer, le Christ demande aux croyants, auxquels il a offert la joie de le rencontrer, une disponibilité courageuse afin de repartir pour annoncer son Évangile, ancien et toujours nouveau. Il les invite à vivifier l’histoire et les cultures des hommes avec son message salvifique » (ibid.).

Chers frères et sœurs, en cette fête solennelle, au début de la nouvelle année, à l’approche de la fin du Jubilé de l’espérance, approchons-nous avec foi de la crèche comme le lieu par excellence de la paix “désarmée et désarmante”, lieu de bénédiction où nous nous souvenons des prodiges que le Seigneur a accomplis dans l’histoire du salut et dans notre existence, afin de repartir comme les humbles témoins de la grotte, en « glorifiant et louant Dieu » (Lc 2,20) pour tout ce que nous avons vu et entendu. Que ce soit notre engagement, notre résolution pour les mois à venir, pour notre vie chrétienne.

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Angelus

Place Saint-Pierre, jeudi 1er janvier 2026

Chers frères et sœurs, bonne année !

Alors que le rythme des mois se répète, le Seigneur nous invite à transformer notre époque en inaugurant enfin une ère de paix et d’amitié entre tous les peuples. Sans ce désir du bien, il serait inutile de tourner les pages du calendrier et de remplir nos agendas.

Le Jubilé qui touche à sa fin nous a enseigné la manière de cultiver l’espérance d’un monde nouveau : en tournant notre cœur vers Dieu afin de transformer les fautes en pardon, la souffrance en consolation, les résolutions vertueuses en bonnes œuvres. C’est ainsi que Dieu Lui-même habite l’histoire et la sauve de l’oubli, en donnant au monde le Rédempteur : Jésus. Il est le Fils unique qui devient notre frère, Il éclaire les consciences de bonne volonté, afin que nous puissions construire l’avenir comme une maison accueillante pour tout homme et toute femme qui vient au jour.

À cet égard, la fête de Noël nous conduit aujourd’hui à tourner notre regard vers Marie qui fut la première à sentir battre le cœur du Christ. Dans le silence de son sein virginal, le Verbe de la vie s’annonce comme une palpitation de grâce.

Depuis toujours, Dieu, qui est un créateur bon, connaît le cœur de Marie et notre cœur. Il nous fait connaître le sien en se faisant homme : c’est pourquoi le cœur de Jésus bat pour chaque homme et pour chaque femme. Pour ceux qui sont prêts à l’accueillir, comme les bergers, et pour ceux qui ne le veulent pas, comme Hérode. Son cœur n’est pas indifférent à ceux qui n’ont pas de cœur envers leur prochain : il bat pour les justes afin qu’ils persévèrent dans leur dévouement, et pour les injustes afin qu’ils changent de vie et trouvent la paix.

Le Sauveur vient dans le monde en naissant d’une femme : arrêtons-nous pour adorer cet événement qui resplendit en Marie Très Sainte et se reflète dans chaque enfant à naître, révélant l’image divine qui est imprimée dans notre corps.

En cette Journée, prions tous ensemble pour la paix : d’abord entre les nations ensanglantées par les conflits et la misère, mais aussi dans nos foyers, dans les familles blessées par la violence et la souffrance. Certains que le Christ, notre espérance, est le soleil de justice qui ne s’éteint jamais, demandons avec confiance l’intercession de Marie, Mère de Dieu et Mère de l’Église.

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À l’issue de l’Angélus

Chers frères et sœurs,

Je vous salue tous avec affection, vous qui êtes réunis sur la place Saint-Pierre en ce premier jour de l’année. Tous mes vœux de paix et de bonheur ! Avec ma profonde gratitude, je les transmets en retour au président de la République italienne Sergio Mattarella.

Depuis le 1er janvier 1968, par la volonté du Pape Saint Paul VI, nous célébrons aujourd’hui la Journée mondiale de la paix. Dans mon Message, j’ai voulu reprendre le vœu que le Seigneur m’a suggéré en m’appelant à ce service : « Que la paix soit avec vous tous ! ». Une paix désarmée et désarmante, qui vient de Dieu, don de son amour inconditionnel, confiée à notre responsabilité.

Très chers amis, avec la grâce du Christ, commençons dès aujourd’hui à construire une année de paix, en désarmant nos cœurs et en nous abstenant de toute violence.

J’exprime ma gratitude pour les innombrables initiatives promues à cette occasion dans le monde entier. Je rappelle en particulier la Marche nationale qui s’est déroulée hier soir à Catane et je salue les participants à celle organisée aujourd’hui par la Communauté de Sant’Egidio.

Je salue également le groupe d’étudiants et d’enseignants de Richland, dans le New Jersey, ainsi que tous les Romains et les pèlerins présents.

En ce début d’année, marquée par le huitième centenaire de la mort de saint François, je voudrais adresser à chacun sa bénédiction, tirée de l’Écriture Sainte : « Que le Seigneur te bénisse et te garde ; qu’il te montre son visage et te fasse miséricorde ; qu’il tourne son regard vers toi et te donne la paix ».

Que la Sainte Mère de Dieu nous guide sur le chemin de cette nouvelle année. Meilleurs vœux à chacun.

Copyright © Dicastère pour la Communication – Libreria Editrice Vaticana

 

Salle Paul VI, mercredi 11 février 2026

Chers frères et sœurs, bonjour et bienvenue !

Dans la catéchèse d’aujourd’hui, nous méditerons sur le lien profond et vital qui existe entre la Parole de Dieu et l’Église, lien exprimé par la Constitution conciliaire Dei Verbum, au chapitre six. L’Église est le lieu propre de l’Écriture Sainte. Sous l’inspiration du Saint-Esprit, la Bible est née du peuple de Dieu et est destinée au peuple de Dieu. Elle a pour ainsi dire son habitat dans la communauté chrétienne : c’est en effet dans la vie et dans la foi de l’Église qu’elle trouve l’espace où révéler sa signification et manifester sa force.

Vatican II rappelle que « L’Église a toujours vénéré les divines Écritures, comme elle le fait aussi pour le Corps même du Seigneur, elle qui ne cesse pas, surtout dans la sainte liturgie, de prendre le pain de vie sur la table de la Parole de Dieu et sur celle du Corps du Christ, pour l’offrir aux fidèles. » De plus, « l’Église eut et elle a toujours pour règle suprême de sa foi les Écritures, conjointement avec la sainte Tradition » (Dei Verbum, 21).

L’Église ne cesse jamais de réfléchir à la valeur des Saintes Écritures. Après le Concile, un moment très important à cet égard a été l’Assemblée générale ordinaire du Synode des évêques sur le thème « La Parole de Dieu dans la vie et la mission de l’Église », en octobre 2008. Le Pape Benoît XVI en a récolté les fruits dans l’exhortation post-synodale Verbum Domini (30 septembre 2010), où il affirme : « Le lien intrinsèque entre la Parole et la foi met vraiment en évidence que l’authentique herméneutique de la Bible ne peut se situer que dans la foi ecclésiale, qui a dans le ‘oui’ de Marie, son paradigme. […] Le lieu originaire de l’interprétation scripturaire est la vie de l’Église. » (n. 29).

Dans la communauté ecclésiale, l’Écriture trouve donc le cadre dans lequel elle peut accomplir sa tâche particulière et atteindre son but : faire connaître le Christ et ouvrir au dialogue avec Dieu. « L’ignorance de l’Écriture est en effet ignorance du Christ ». (1) Cette célèbre expression de saint Jérôme nous rappelle le but ultime de la lecture et de la méditation de l’Écriture : connaître le Christ et, à travers Lui, entrer en relation avec Dieu, relation qui peut être comprise comme une conversation, un dialogue. Et la Constitution Dei Verbum nous a présenté la Révélation précisément comme un dialogue, dans lequel Dieu parle aux hommes comme à des amis (cf. DV, 2). Cela se produit lorsque nous lisons la Bible dans une attitude intérieure de prière : alors Dieu vient à notre rencontre et entre en conversation avec nous.

La Sainte Écriture, confiée à l’Église, gardée et expliquée par elle, joue un rôle actif : en effet, par son efficacité et sa puissance, elle soutient et fortifie la communauté chrétienne. Tous les fidèles sont appelés à s’abreuver à cette source, tout d’abord dans la célébration de l’Eucharistie et des autres Sacrements. L’amour des Saintes Écritures et la familiarité avec elles doivent guider ceux qui exercent le ministère de la Parole : évêques, prêtres, diacres, catéchistes. Le travail des exégètes et de ceux qui pratiquent les sciences bibliques est précieux ; et la place de l’Écriture est centrale pour la théologie, qui trouve dans la Parole de Dieu son fondement et son âme.

Ce que l’Église désire ardemment, c’est que la Parole de Dieu puisse atteindre chacun de ses membres et en nourrir le cheminement de foi. Mais la Parole de Dieu pousse également l’Église au-delà d’elle-même, elle l’ouvre continuellement à la mission envers tous. En effet, nous vivons entourés de tant de paroles, mais combien d’entre elles sont vides ! Parfois, nous entendons aussi des paroles sages, mais qui ne touchent pas notre destin ultime. La Parole de Dieu, en revanche, répond à notre soif de sens, de vérité sur notre vie. Elle est la seule Parole toujours nouvelle : en nous révélant le mystère de Dieu, elle est inépuisable, elle ne cesse jamais d’offrir ses richesses.

Très chers amis, en vivant dans l’Église, on apprend que l’Écriture Sainte est entièrement relative à Jésus-Christ, et on expérimente que c’est là la raison profonde de sa valeur et de sa puissance. Le Christ est la Parole vivante du Père, le Verbe de Dieu fait chair. Toutes les Écritures annoncent sa Personne et sa présence salvatrice, pour chacun de nous et pour l’humanité tout entière. Ouvrons donc notre cœur et notre esprit pour accueillir ce don, à l’école de Marie, Mère de l’Église.

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(1) S. Jérôme, Commentaire sur Isaïe, Prol. :  PL 24, 17 B.

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Je salue cordialement les personnes de langue française, en particulier les pèlerins venus du Burundi, et de France, spécialement les étudiants de divers collèges et instituts.
Frères et sœurs, à l’école de Marie, Mère de l’Église, accueillons le Christ, Parole vivante de Dieu, qui réalise notre conversion intérieure, renouvelant notre esprit et notre cœur pour vivre selon l’Évangile.
Que Dieu vous bénisse !

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Dimanche dernier, le pape François a commenté l’Evangile du Jeune homme riche. Voici un court extrait de son homélie.

« L’Evangile s’ouvre par le récit d’une rencontre. Un homme va à la rencontre de Jésus, s’agenouille devant lui, et pose une question décisive : « Bon Maître, que dois-je faire pour avoir la Vie éternelle ? » (v. 17) Une demande aussi importante réclame de l’attention, du temps, de la disponibilité à rencontrer l’autre et à se laisser interpeller par son inquiétude. De fait, le Seigneur ne se met pas à distance, il ne se montre pas agacé ou dérangé ; au contraire, il s’arrête avec lui. Il est disponible à la rencontre. Rien ne le laisse indifférent, tout le passionne. Rencontrer les visages, croiser les regards, partager l’histoire de chacun : voilà la proximité de Jésus. Il sait qu’une rencontre peut changer une vie. Et l’Evangile est parsemé de ces rencontres avec le Christ qui relèvent et guérissent. Jésus n’était pas pressé, il ne regardait pas sa montre pour terminer la rencontre en avance. Il était toujours au service de la personne qu’il rencontrait, pour l’écouter. »

L’élection d’Israël

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Jour 26 – Relire la Parole de Dieu

—- Job —-

Nous vous proposons aujourd’hui de prendre le temps de relire ces passages de la Bible : Job 1-2 ; Job 3 ; Job 19 ; Job 38-39 ; Job 42

Si vous n’avez pas de Bible avec vous, cliquez sur ce lien ?

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