AU FIL DES JOURS...

Edition du

03/05/2020

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16ème jour : Marguerite-Marie missionnaire

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Découvrez aujourd’hui Sainte Catherine Labouré
Belle écoute !

Isaac

Les 2 jumeaux

Cette vidéo fait partie du parcours « Héritiers du Sacré-Coeur »

Parcours : Héritiers du Sacré-Coeur

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Jour 20 – Questions et exercices

—- David—-

Ecoute ou sacrifice ?

  • « Tu ne désires ni sacrifice ni offrande, mais tu m’as ouvert les oreilles; tu ne demandes ni holocauste ni sacrifice pour le péché, alors j’ai dit: ‘Me voici, je viens pour faire ta volonté, mon Dieu’ » (Ps 40,7-9).
    • Suis-je capable de reprendre à mon compte, dans la prière, ces paroles de David ?
    • Quelles sont les peurs qui surgissent en moi quand je les prononce ?
    • Prendre un temps de silence face à Dieu pour s’offrir à sa volonté.

Liberté et rayonnement

  • « Tout Israël et Juda aimait David » (1 Sm 18,16). Je cherche à être aimé, c’est normal ! Pourtant souvent plus je fais des efforts dans ce sens et moins je parviens à mes fins. En examinant ce qui se passe dans mon entourage, ne puis-je pas arriver à cette conclusion que les personnes les plus aimées, les plus « populaires » sont en fait les plus libres ?

Liberté et prière

  • « David dansait de toute sa force devant le Seigneur » (2 Sm 6,14). Quelle est ma liberté devant le Seigneur ? Est-ce que lorsque je prie je me sens vraiment libre sous le regard d’un père qui m’aime ou bien ma prière est-elle « plombée » par le regard de ceux qui m’entourent ?

Se laisser construire par Dieu

  • « Ce n’est pas toi qui va me construire une maison, c’est moi qui vais t’en construire une ! » (2 Sm 7,5). Identifier les moments où je me précipite pour faire des choses pour Dieu au lieu de laisser Dieu faire son œuvre en moi. Evoquer un exemple précis dans ma vie où, clairement, il m’est apparu qu’une « bonne œuvre » que je voulais réaliser n’était en fait pas ce que le Seigneur désirait.

La force du repentir

  • Méditer le Ps 50 (51) en accompagnant David dans son repentir.

Suivre Jésus (Disciples du Cœur de Jésus)

Jour 3 : Rendre amour pour amour

 

Cette vidéo fait partie du parcours « Héritiers du Sacré-Coeur »

Parcours : Héritiers du Sacré-Coeur

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Jésus est sur le point d’entrer à Naïm, les disciples et « une grande foule » marchent avec Lui (cf. Lc 7,11). Alors qu’il est près de la porte de la ville, un autre cortège est en marche, mais dans la direction opposée : il sort pour enterrer le fils unique d’une mère veuve. Et l’Évangile dit qu’en : « Voyant celle-ci, le Seigneur fut saisi de compassion » (Lc 7,13). Jésus voit et se laisse saisir de compassion. Benoît XVI, dont nous nous souvenons aujourd’hui avec les cardinaux et les évêques décédés au cours de l’année, a écrit dans sa première encyclique que le programme de Jésus est « un cœur qui voit » (Deus caritas est, n. 31). Combien de fois ne nous a-t-il pas rappelé que la foi n’est pas avant tout une idée à comprendre ou une morale à assumer, mais une Personne à rencontrer, Jésus-Christ : son cœur bat fort pour nous, son regard s’apitoie sur nos souffrances.

Le Seigneur s’arrête devant la douleur de cette mort. Il est intéressant que précisément à cette occasion, pour la première fois, l’Évangile de Luc attribue à Jésus le titre de « Seigneur » : « le Seigneur fut saisi de compassion ». Il est appelé Seigneur – c’est-à-dire Dieu, qui a la seigneurie sur tout – précisément dans son acte de compassion pour une mère veuve qui a perdu, avec son fils unique, la raison de vivre. Voilà notre Dieu, dont la divinité resplendit au contact de nos misères, parce que son cœur est compatissant. La résurrection de ce fils, le don de la vie qui vainc la mort, découle précisément d’ici : de la compassion du Seigneur, qui s’émeut face à notre mal extrême, la mort. Combien il est important de communiquer ce regard de compassion à ceux qui vivent la douleur de la mort de leurs proches !

La compassion de Jésus a une caractéristique : elle est concrète. L’Évangile dit qu’il  » s’approche et touche le cercueil » (cf. Lc 7,14). Toucher le cercueil d’un mort était inutile ; à l’époque, en outre, c’était considéré comme un geste impur, qui souillait celui qui l’accomplissait. Mais Jésus n’y fait pas attention, sa compassion abolit les distances et le porte à se faire proche. Cela c’est le style de Dieu, fait de proximité, de compassion et de tendresse. Et de peu de mots. Le Christ ne prêche pas sur la mort, mais il dit une seule chose à cette mère : « Ne pleure pas ! » (Lc 7,13). Pourquoi ? Serait-ce un mal de pleurer ? Non, Jésus lui-même a pleuré dans les Évangiles. Mais à cette mère, il dit : Ne pleure pas, parce qu’avec le Seigneur les larmes ne durent pas toujours, elles ont une fin. Il est le Dieu qui, comme le prophétise l’Écriture, « fera disparaître la mort » et « essuiera les larmes sur tous les visages » (Is 25,8 ; cf. Ap 21,4). Il a fait siennes nos larmes pour nous en libérer.

Voilà la compassion du Seigneur, qui parvient à redonner vie à ce jeune fils. Jésus le fait, contrairement à d’autres miracles, sans même demander à la mère d’avoir la foi. Pourquoi un prodige aussi extraordinaire et aussi rare ? Parce qu’il s’agit ici de l’orphelin et de la veuve, que la Bible désigne, avec l’étranger, comme les plus seuls et les plus abandonnés, qui ne peuvent placer leur confiance en personne si ce n’est Dieu. La veuve, l’orphelin et l’étranger. Ils sont donc les plus intimes et les plus chers au Seigneur. On ne peut pas être intime et cher à Dieu en les ignorant, eux qui bénéficient de sa protection et de sa prédilection, et qui nous accueilleront au ciel. La veuve, l’orphelin et l’étranger.

En les observant, nous tirons une leçon importante, que je résume dans le deuxième mot d’aujourd’hui : humilité. L’orphelin et la veuve sont en effet les humbles par excellence, ceux qui, mettant toute leur espérance dans le Seigneur et non en eux-mêmes, ont déplacé le centre de leur vie en Dieu : ils ne s’appuient pas sur leurs propres forces, mais sur Lui, qui prend soin d’eux. Ceux-là qui rejettent toute présomption d’autosuffisance, se reconnaissent nécessiteux de Dieu et se confient à Lui, ils sont les humbles. Et ce sont ces pauvres en esprit qui nous révèlent la petitesse qui plaît tant au Seigneur, le chemin qui mène au Ciel. Dieu recherche des personnes humbles, qui espèrent en Lui, et non en elles-mêmes et en leurs propres projets. Frères et sœurs, c’est cela l’humilité chrétienne : ce n’est pas une vertu parmi d’autres, mais la disposition de base de la vie : se croire dans le besoin de Dieu et lui faire de la place, mettre toute sa confiance en lui.  C’est cela l’humilité chrétienne.

Dieu aime l’humilité parce qu’elle lui permet d’interagir avec nous. De plus, Dieu aime l’humilité parce qu’Il est Lui-même humble. Il descend vers nous, il s’abaisse ; il ne s’impose pas, il laisse de la place. Non seulement Dieu est humble, il est humilité.  » Tu es humilité, Seigneur « , ainsi priait saint François d’Assise (cf. Louanges de Dieu, 4 : FF 261). Pensons au Père, dont le nom est tout une référence au Fils plutôt qu’à Lui-même, et au Fils, dont le nom est tout relatif au Père. Dieu aime ceux qui se décentrent, qui ne sont pas au centre de tout, il aime justement les humbles : ils lui ressemblent plus que quiconque. C’est pourquoi, comme le dit Jésus, « qui s’abaisse sera élevé » (Lc 14, 11). Et j’aime à rappeler ces premiers mots du Pape Benoît : « humble ouvrier dans la vigne du Seigneur ». Oui, le chrétien, en particulier le Pape, les Cardinaux et les Évêques, sont appelés à être d’humbles ouvriers : à servir et non à être servis ; à penser, avant leurs propres fruits, à ceux de la vigne du Seigneur. Et comme il est beau de renoncer à soi-même pour l’Église de Jésus !

Frères, sœurs, demandons à Dieu un regard compatissant et un cœur humble. Ne nous lassons pas de le demander, car c’est sur le chemin de la compassion et de l’humilité que le Seigneur nous donne sa vie, qu’Il triomphe de la mort. Et prions pour nos chers frères défunts. Leurs cœurs ont été pastoraux, compatissants et humbles, car le sens de leur vie a été le Seigneur. En Lui, qu’ils trouvent la paix éternelle. Qu’ils se réjouissent avec Marie, que le Seigneur a élevée en voyant son humilité (cf. Lc 1, 48)

 

Source : vatican.va / Copyright © Dicastero per la Comunicazione – Libreria Editrice Vaticana

Merci, Marie, d’avoir dit oui ! Hier ! Et aujourd’hui ! A chaque instant de ta vie ! A chaque instant de la vie de l’Eglise ! Jusqu’à la fin des temps, c’est ton oui, Marie, qui nous entraîne et nous conduit à la suite de Jésus, au service de nos frères et sœurs d’ici et d’ailleurs…

Louange du mercredi 27 avril

Louange du dimanche 8 mai

Jour 5 en audio

Audience du mercredi 1 juin
Catéchèse du pape François sur la vieillesse
12. « Ne m’abandonne pas alors que décline ma vigueur »

Audience du mercredi 8 juin
Catéchèse du pape François sur la vieillesse
13. Nicodème. « Comment un homme peut-il naître quand il est vieux ? » (Jn 3, 4)

Je Pars

Tendry

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SAINT BERNARD (1090-1153)

Saint Bernard nous fait méditer sur le Cœur de Jésus et développe particulièrement la dimension sponsale. Jésus est ce bien-aimé transpercé, avant même sa blessure physique, par son amour pour l’Église, sa bien-aimée. Il nous replonge dans une lecture mystique du cantique des cantiques et nous laisse cette belle prière :

« … Allons, mes frères, allons dans cet aimable Cœur pour n’en sortir jamais. Mon Dieu, si l’on ressent tant de consolation au seul souvenir de ce Sacré-Cœur, que sera-ce de L’aimer avec tendresse ? Que sera-ce d’y entrer et d’y demeurer toujours ?

Attirez-moi tout-à-fait dans votre Cœur, ô mon aimable Jésus ! Ouvrez-Le moi ce Cœur qui a pour moi tant d’attraits ; mais quoi ! Ce sein ouvert ne m’en ouvre-t-il pas l’entrée, et la plaie même de ce sacré Cœur ne m’invite-t-elle pas à y entrer ? Ainsi soit-il. »

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MESSAGE DU PAPE FRANÇOIS
À L’OCCASION DE LA JOURNÉE INTERNATIONALE
DES PERSONNES HANDICAPÉES

Chers frères et sœurs,

tous, comme le dirait l’apôtre Paul, nous portons le trésor de la vie dans des vases d’argile (cf . 2 Co 4, 7). La Journée Internationale des Personnes Handicapées nous invite à prendre conscience que notre fragilité ne ternit en rien « la splendeur de l’Évangile, la gloire du Christ », mais révèle « que cette puissance extraordinaire appartient à Dieu, et ne vient pas de nous » ( 2 Co 4, 4.7). En effet, sans mérites et sans discriminations, l’Évangile est donné tout entier à chacun et, avec lui, la joyeuse tâche de le proclamer. « Nous sommes tous appelés à offrir aux autres le témoignage explicite de l’amour salvifique du Seigneur, qui, bien au-delà de nos imperfections, nous donne sa proximité, sa Parole, sa force, et donne sens à notre vie » (Exhort. ap. Evangelii gaudium, n. 121). Communiquer l’Évangile, en effet, n’est pas une tâche réservée à certains, mais devient une nécessité incontournable pour quiconque a fait l’expérience de la rencontre et de l’amitié avec Jésus. [1]

La confiance dans le Seigneur, l’expérience de sa tendresse, le réconfort de sa compagnie ne sont pas des privilèges réservés à quelques-uns, ni des prérogatives de qui a reçu une formation soignée et prolongée. Sa miséricorde, au contraire, se laisse connaître et rencontrer de manière très particulière par celui qui n’a pas confiance en soi et qui ressent le besoin de s’abandonner au Seigneur et de partager avec ses frères. C’est une sagesse qui grandit au fur et à mesure que l’on prend conscience de ses propres limites, et qui permet d’apprécier plus encore le choix aimant du Tout-Puissant de se baisser sur notre faiblesse. C’est une prise de conscience qui libère de la tristesse de la plainte – même la plus justifiée – et qui permet au cœur de s’ouvrir à la louange. La joie qui remplit le visage de celui qui rencontre Jésus et qui Lui confie son existence n’est pas une illusion ni le fruit de la naïveté. Elle est l’irruption de la puissance de sa Résurrection dans une vie marquée par la fragilité.

Il s’agit d’un véritable magistère de la fragilité qui, s’il était écouté, rendrait nos sociétés plus humaines et fraternelles en amenant chacun à comprendre que le bonheur est un pain qui ne se mange pas seul. Combien la prise de conscience que nous avons besoin les uns des autres nous aiderait à avoir des relations moins hostiles avec celui qui est proche ! Et combien la prise de conscience que les peuples non plus ne se sauvent pas tout seuls, nous inciterait à chercher des solutions aux conflits insensés que nous vivons !

Aujourd’hui, nous voulons nous souvenir de la souffrance de toutes les femmes et de tous les hommes qui ont un handicap et qui vivent en situation de guerre, ou bien de ceux qui se retrouvent avec un handicap à cause des combats. Combien de personnes – en Ukraine et dans d’autres théâtres de guerre – restent emprisonnées dans les lieux où se déroulent les combats et n’ont pas la possibilité de s’échapper ? Il est nécessaire de leur accorder une attention particulière et de leur faciliter, par tous les moyens, l’accès aux aides humanitaires.

Le magistère de la fragilité est un charisme avec lequel vous pouvez – sœurs et frères en situation de handicap – enrichir l’Église. Votre présence « peut aider à transformer les réalités dans lesquelles nous vivons, en les rendant plus humaines et plus accueillantes. Sans vulnérabilité, sans limites, sans obstacles à surmonter, il n’y aurait pas de véritable humanité ». [2] Et c’est pourquoi je me réjouis que le parcours synodal s’avère être une occasion propice pour entendre enfin aussi votre voix, et que l’écho de cette participation soit arrivé dans le document préparatoire de la phase continentale du Synode. On y affirme : « De nombreuses synthèses soulignent le manque de structures et de moyens appropriés pour accompagner les personnes en situation de handicap et en appellent à de nouvelles façons d’accueillir leur contribution et de promouvoir leur participation : en dépit de ses propres enseignements, l’Église risque d’imiter la façon dont la société les rejette. Les formes de discrimination énumérées – le manque d’écoute, la violation du droit de choisir où et avec qui vivre, le refus des Sacrements, l’accusation de sorcellerie, la maltraitance – et d’autres encore décrivent la culture du rejet envers les personnes handicapées. Elles ne sont pas le fruit du hasard, mais ont en commun la même racine : l’idée que la vie des personnes handicapées a moins de valeur que les autres ». [3]

Par-dessus tout, le Synode, avec son invitation à marcher ensemble et à s’écouter mutuellement, nous aide à comprendre comment dans l’Église, également en ce qui concerne le handicap, il n’y a pas un nous et un eux, mais un seul nous, avec Jésus-Christ au centre, où chacun apporte ses dons et ses limites. Cette conscience, fondée sur le fait que nous faisons tous partie de la même humanité vulnérable assumée et sanctifiée par le Christ, élimine toute distinction arbitraire et ouvre les portes à la participation de chaque baptisé à la vie de l’Église. Mais, plus encore, là où le Synode a été véritablement inclusif, il a permis de dissiper des préjugés enracinés. En effet, ce sont la rencontre et la fraternité qui font tomber les murs de l’incompréhension et qui aident à vaincre les discriminations. C’est pourquoi je souhaite que chaque communauté chrétienne s’ouvre à la présence de sœurs et de frères en situation de handicap, en veillant toujours à les accueillir et à les inclure pleinement.

On découvre qu’il s’agit d’un état qui nous concerne, et non pas eux, lorsque le handicap, qu’il soit temporaire ou dû au processus naturel du vieillissement, nous atteint nous-mêmes ou atteint l’un de nos proches. Dans cette situation, nous commençons à regarder la réalité d’un œil nouveau, et nous nous rendons compte de la nécessité d’abattre des barrières qui semblaient auparavant insignifiantes. Tout cela n’entame cependant pas la certitude que toute condition de handicap – temporaire, acquise ou permanente – n’altère en rien notre nature d’enfants du Père unique et n’altère pas notre dignité. Le Seigneur nous aime tous avec le même amour tendre, paternel et inconditionnel.

Chers frères et sœurs, je vous remercie pour les initiatives avec lesquelles vous animez cette Journée Internationale des Personnes Handicapées. Je les accompagne par la prière. De tout cœur, je vous bénis tous, et je vous demande, s’il vous plaît, de prier pour moi.

Source : vatican.va
Copyright © Dicastero per la Comunicazione – Libreria Editrice Vaticana

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HOMÉLIE DU SAINT-PÈRE

Mausolée John Garang (Djouba)

 

Les paroles que l’Apôtre Paul a adressées à la communauté de Corinthe dans la deuxième lecture, je voudrais aujourd’hui les faire miennes et les répéter devant vous : « Quand je suis venu chez vous, je ne suis pas venu vous annoncer le mystère de Dieu avec le prestige du langage ou de la sagesse. Parmi vous, je n’ai rien voulu connaître d’autre que Jésus Christ, le Messie crucifié » (1 Co 2, 1-2). Oui, l’inquiétude de Paul est aussi la mienne, en me trouvant ici avec vous au nom de Jésus Christ, le Dieu de l’amour, le Dieu qui a réalisé la paix par sa croix ; Jésus, Dieu crucifié pour nous tous ; Jésus, crucifié en ceux qui souffrent ; Jésus, crucifié dans la vie de beaucoup d’entre vous, de beaucoup de personnes de ce pays ; Jésus le ressuscité, vainqueur sur le mal et sur la mort. Je viens à vous pour le proclamer, pour vous confirmer en Lui, car l’annonce du Christ est une annonce d’espérance. Il connaît, en effet, les angoisses et les attentes que vous portez dans votre cœur, les joies et les peines qui marquent votre vie, les ténèbres qui vous oppriment et la foi que vous élevez au Ciel comme un chant dans la nuit. Jésus vous connaît et vous aime. Si nous demeurons en Lui, nous n’avons pas à craindre, car pour nous aussi toute croix se transformera en résurrection, toute tristesse en espérance, toute lamentation en danse.

Je voudrais donc m’arrêter sur les paroles de vie que notre Seigneur Jésus nous a adressées aujourd’hui dans l’Évangile : « Vous êtes le sel de la terre […]. Vous êtes la lumière du monde » (Mt 5, 13.14). Que nous disent ces images, à nous, disciples du Christ ?

Tout d’abord, nous sommes le sel de la terre. Le sel sert à donner de la saveur à la nourriture. C’est l’ingrédient invisible qui donne du goût à tout. C’est pourquoi, depuis les temps anciens, il a été considéré comme le symbole de la sagesse, c’est-à-dire de cette vertu que l’on ne voit pas, mais qui donne goût à la vie et sans laquelle l’existence devient insipide, sans saveur. Mais de quelle sagesse nous parle Jésus ? Il utilise cette image du sel immédiatement après avoir proclamé à ses disciples les Béatitudes : nous comprenons alors que ce sont elles le sel de la vie du chrétien. Les Béatitudes, en effet, apportent sur terre la sagesse du Ciel : elles révolutionnent les critères du monde et de la manière ordinaire de penser. Et que nous disent-elles ? En peu de mots, elles affirment que pour être bienheureux, c’est-à-dire pleinement heureux, nous ne devons pas chercher à être forts, riches et puissants, mais humbles, doux et miséricordieux ; ne faire de mal à personne, mais être des artisans de paix pour tous. Cela – nous dit Jésus – est la sagesse du disciple, c’est cela qui donne de la saveur à la terre que nous habitons. Rappelons-nous : si nous mettons en pratique les Béatitudes, si nous incarnons la sagesse du Christ, nous ne donnons pas seulement une bonne saveur à notre vie, mais aussi à la société, au pays où nous vivons.

Mais le sel, en plus de donner de la saveur, a un autre rôle, essentiel à l’époque du Christ : conserver les aliments afin qu’ils ne se corrompent pas et deviennent avariés. La Bible, cependant, disait qu’il y avait une “nourriture”, un bien essentiel qui devait être conservé avant tout autre : l’alliance avec Dieu. C’est pourquoi, à cette époque, chaque fois que l’on faisait une offrande au Seigneur, l’on mettait un peu de sel. Écoutons ce que dit l’Écriture à ce sujet : « Tu ne laisseras pas ton offrande manquer du sel de l’alliance avec ton Dieu ; avec tout ce que tu réserveras, tu apporteras du sel » (Lv 2, 13). Ainsi, le sel rappelait le besoin fondamental de garder le lien avec Dieu, parce qu’Il nous est fidèle, son alliance avec nous est incorruptible, inviolable et durable (cf. Nb 18, 19 ; 2 Ch 13, 5). C’est pourquoi le disciple de Jésus, en tant que sel de la terre, est témoin de l’alliance qu’Il a réalisée et que nous célébrons à chaque Messe : une alliance nouvelle, éternelle, immuable (cf. 1 Co 11, 25 ; He 9), un amour pour nous qui ne peut être brisé pas même par nos infidélités.

Frères et sœurs, nous sommes témoins de cette merveille. Autrefois, lorsque des personnes ou des peuples établissaient entre eux une amitié, ils la concluaient souvent en s’échangeant un peu de sel. Nous qui sommes le sel de la terre, nous sommes appelés à témoigner de l’alliance avec Dieu dans la joie, avec gratitude, en montrant que nous sommes des personnes capables de créer des liens d’amitié, de vivre la fraternité, de construire de bonnes relations humaines, pour empêcher que règnent la corruption du mal, la maladie des divisions, l’infamie des affaires illégales, la plaie de l’injustice.

Je voudrais aujourd’hui vous remercier car vous êtes le sel de la terre dans ce pays. Pourtant, face à tant de blessures, aux violences qui alimentent le poison de la haine, à l’injustice qui provoque misère et pauvreté, vous pourriez vous sentir petits et impuissants. Mais, quand la tentation de vous sentir incapables vous assaille, essayez de regarder le sel et ses minuscules grains : c’est un petit ingrédient et, une fois mis dans le plat, il disparaît, il se dissout, mais c’est justement de cette manière qu’il donne de la saveur à tout le contenu. De même, nous chrétiens, bien qu’étant fragiles et petits, même lorsque nos forces nous semblent peu de chose face à la grandeur des problèmes et à la furie aveugle de la violence, nous pouvons offrir une contribution décisive pour changer l’histoire. Jésus désire que nous le fassions comme le sel : il suffit d’une pincée qui fond pour donner un goût différent à l’ensemble. Alors nous ne pouvons pas reculer, parce que sans ce peu, sans notre peu, tout perd son goût. Commençons précisément par le peu, par l’essentiel, par ce qui n’apparaît pas dans les livres d’histoire mais qui change l’histoire : au nom de Jésus, de ses Béatitudes, déposons les armes de la haine et de la vengeance pour embrasser la prière et la charité ; surmontons ces antipathies et aversions qui, au fil du temps, sont devenues chroniques et qui risquent d’opposer les tribus et les ethnies ; apprenons à mettre sur les blessures le sel du pardon, qui brûle mais guérit. Et, même si le cœur saigne à cause des torts reçus, renonçons une fois pour toutes à répondre au mal par le mal, et nous serons bien intérieurement ; accueillons-nous et aimons-nous avec sincérité et générosité, comme le fait Dieu avec nous. Gardons le bien que nous sommes, ne nous laissons pas corrompre par le mal !

Passons à la deuxième image utilisée par Jésus, la lumière : Vous êtes la lumière du monde. Une célèbre prophétie disait d’Israël : « Je fais de toi la lumière des nations, pour que mon salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre » (Is 49, 6). À présent la prophétie s’est accomplie, parce que Dieu le Père a envoyé son Fils, et c’est Lui la lumière du monde (cf. Jn 8, 12), la vraie lumière qui éclaire chaque homme et chaque peuple, la lumière qui brille dans les ténèbres et dissipe les nuages de toute obscurité (cf. Jn 1, 5.9). Mais Jésus lui-même, lumière du monde, dit à ses disciples qu’eux aussi sont lumière du monde. Cela veut dire qu’en accueillant la lumière du Christ, la lumière qu’est le Christ, nous devenons lumineux, nous rayonnons de la lumière de Dieu !

Jésus ajoute : « Une ville située sur une montagne ne peut être cachée. Et l’on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau ; on la met sur le lampadaire, et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison » (Mt 5, 14-15). Ce sont là aussi des images familières de cette époque : plusieurs villages en Galilée étaient situés sur les collines, bien visibles de loin ; et les lampes, dans les maisons, étaient placées en hauteur pour donner de la lumière dans tous les coins de la pièce ; puis, quand elles devaient être éteintes, on les couvrait avec objet en terre cuite appelé “boisseau”, qui asphyxiait la flamme jusqu’à l’éteindre.

Frères et sœurs, l’invitation de Jésus à être lumière du monde est claire : nous qui sommes ses disciples, nous sommes appelés à resplendir comme une ville située en altitude, comme un lampadaire dont la flamme ne doit jamais être éteinte. En d’autres termes, avant de nous préoccuper des ténèbres qui nous entourent, avant d’espérer que quelque chose autour s’éclaire, nous devons briller, éclairer par notre vie et par nos œuvres les villes, les villages et les lieux que nous habitons, les personnes que nous fréquentons, les activités que nous menons. Le Seigneur nous en donne la force, la force d’être lumière en Lui, pour tous ; parce que tous doivent pouvoir voir nos bonnes œuvres et, les voyant– nous rappelle Jésus –, s’ouvrir avec émerveillement à Dieu et lui rendre gloire (cf. v. 16). Si nous vivons comme des enfants et des frères sur la terre, les gens découvriront qu’ils ont un Père dans les cieux. Il nous est donc demandé de brûler d’amour : qu’il n’arrive pas que notre lumière s’éteigne, que l’oxygène de la charité disparaisse de notre vie, que les œuvres du mal enlèvent de l’air pur à notre témoignage. Cette terre, très belle et meurtrie, a besoin de la lumière que chacun de vous possède, ou mieux, de la lumière que chacun de vous est !

Chers amis, je vous souhaite d’être le sel qui se répand et se dissout avec générosité pour donner saveur au Soudan du Sud avec le goût fraternel de l’Évangile ; d’être des communautés chrétiennes rayonnantes qui, comme des villes situées en hauteur, irradient une lumière de bien sur tout le monde et montrent qu’il est beau et possible de vivre la gratuité, d’avoir l’espérance, de construire tous ensemble un avenir réconcilié. Frères et sœurs, je suis avec vous et je vous souhaite de faire l’expérience de la joie de l’Évangile, la saveur et la lumière que le Seigneur, « le Dieu de la paix » (Ph 4, 9), le « Dieu de qui vient tout réconfort » (2 Co 1, 3), veut répandre sur chacun de vous.

___________

 

DERNIÈRES SALUTATIONS

Merci, cher Frère Stephen, pour ces paroles. Je salue Monsieur le Président de la République avec toutes les Autorités civiles et religieuses présentes. Je suis désormais parvenu à la fin de ce pèlerinage parmi vous et je désire exprimer ma reconnaissance pour l’accueil reçu et pour tout le travail accompli pour préparer cette visite, qui a été une visite fraternelle à trois.

Je vous suis tous reconnaissant, frères et sœurs qui êtes venus nombreux de différents lieux, beaucoup d’entre vous ont dû faire plusieurs heures, et même journées, de route ! En plus de l’affection que vous m’avez manifestée, je vous remercie pour votre foi, pour votre patience, pour tout le bien que vous faites et pour les efforts que vous offrez à Dieu sans vous décourager, sachant aller de l’avant. Au Soudan du Sud il y a une Église courageuse, apparentée avec celle du Soudan, comme nous le rappelait l’Archevêque qui a mentionné la figure de sainte Joséphine Bakhita : une grande femme qui, avec la grâce de Dieu, a transformé en espérance la souffrance endurée. Benoît XVI a écrit : « L’espérance, qui était née pour elle et qui l’avait “rachetée”, elle ne pouvait pas la garder pour elle ; cette espérance devait rejoindre beaucoup de personnes, elle devait rejoindre tout le monde » (Lett. enc. Spe salvi, n. 3). Espérance est la parole que je voudrais laisser à chacun de vous, comme un don à partager, comme une semence qui porte du fruit. Comme nous le rappelle la figure de sainte Joséphine, l’espérance, ici en particulier, est sous le signe de la femme et je voudrais remercier et bénir de façon spéciale toutes les femmes du pays.

Je voudrais associer à l’espérance une autre parole, la parole de ces jours-ci : paix. Avec mes Frères Justin et Iain, que je remercie de tout cœur, nous sommes venus ici et nous continuerons à accompagner vos pas, tous les trois ensembles, en faisant tout notre possible pour qu’ils soient des pas de paix, des pas vers la paix. Je voudrais confier ce cheminement de tout le peuple avec nous trois, ce cheminement de réconciliation et de la paix à une autre femme, notre très tendre Mère Marie, la Reine de la paix. Elle nous a accompagnés de sa présence attentive et silencieuse. Nous la prions maintenant et lui confions la cause de la paix au Soudan du Sud et sur tout le Continent africain. Confions également la paix dans le monde à la Vierge, en particulier les nombreux pays qui se trouvent en guerre, comme l’Ukraine meurtrie.

Très chers frères et sœurs, nous retournons, chacun de nous trois à son office, en vous portant encore plus dans le cœur. Je le répète : vous êtes dans nos cœurs, vous êtes dans nos cœurs, vous êtes dans le cœur des chrétiens du monde entier ! Ne perdez jamais l’espérance. Et que l’on ne perde pas l’occasion de construire la paix. Que l’espérance et la paix demeurent en vous, que l’espérance et la paix demeurent au Soudan du Sud !

 

Source : vatican.va
Copyright © Dicastero per la Comunicazione – Libreria Editrice Vaticana

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