AU FIL DES JOURS...

Edition du

19/04/2020

Louange du mercredi 18 mai

Jour 2 en audio 

Louange du mercredi 9 juin

Je Chanterai

Matt et Sarah Marvane

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Méditation : Se laisser rencontrer

 

Prendre soin, c’est être attentif ou encore veiller à. C’est aussi aider, protéger, ou tendre la main. C’est ce que le Seigneur veut faire pour chacune de nos vies.

Car, Il a pour chacun de nous des projets, une orientation intime qu’il veut donner à notre vie. Dieu prend et prendra toujours soin de nous, et cela, mieux que nous-mêmes. Seulement, nous devons nous approcher de Lui avec assurance et Lui faire confiance. Dans la foi chrétienne cela s’appelle Le rencontrer !

Benoît XVI, dans Deus Caritas I l’affirme « À l’origine du fait d’être chrétien, il n’y a pas une décision éthique ou une grande idée, mais la rencontre avec un événement, avec une Personne, qui donne à la vie un nouvel horizon et, par-là, son orientation décisive. (…) »

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Méditation :

Dieu qui est « communauté d’amour » nous a créés par amour, pour participer en ensemble, en Église, à sa vie d’amour et d’unité. Cette « assomption communautaire » à laquelle nous sommes appelés n’empêche pas l’intimité de chaque personne avec Dieu. Notre vocation est de communier personnellement à la vie divine, mais surtout d’y communier ensemble. Notre joie sera d’autant plus grande que nous aimerons Dieu ensemble et que nous nous aimerons les uns les autres du même amour dont Il aime chacun.

Notre amour fraternel sera d’autant plus ardent que nous aurons dès ici-bas travaillé ensemble à établir cette communion d’amour et à préparer l’Église éternelle. Nous goûterons alors la vérité de ce psaume « Voyez qu’il est bon et doux d’habiter en frères tous ensemble ! » (Ps 132, 1)

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Parler avec le cœur.
« Selon la vérité, dans la charité » (Ep 4, 15)

 

Chers frères et sœurs !

Après avoir réfléchi, les années précédentes, sur les verbes  » aller et voir  » et  » écouter  » comme conditions d’une bonne communication, je voudrais, avec ce message pour la 57 ème Journée Mondiale des Communications, m’arrêter sur « parler avec le cœur ». C’est le cœur qui nous a poussé à aller, voir et écouter, et c’est le cœur qui nous pousse à une communication ouverte et accueillante. Après nous être formés à l’écoute, qui demande attente et patience, ainsi que le renoncement à affirmer au préalable notre point de vue, nous pouvons entrer dans la dynamique du dialogue et du partage, qui est précisément celle du fait de communiquer cordialement. Une fois que nous aurons écouté l’autre avec un cœur pur, nous réussirons également à parler selon la vérité dans l’amour (cf. Ep 4, 15). Nous devons avoir peur non pas de proclamer la vérité, même si elle est parfois inconfortable, mais de le faire sans charité, sans cœur. Parce que « le programme du chrétien – comme l’a écrit Benoît XVI – est « un cœur qui voit » » [1] . Un cœur qui, par ses pulsations, révèle la vérité de notre être et qui, pour cette raison, doit être écouté. Cela incite celui qui écoute à se mettre sur la même longueur d’onde, au point de pouvoir sentir dans son propre cœur les pulsations de l’autre. Alors le miracle de la rencontre peut se produire, qui nous amène à nous regarder les uns les autres avec compassion, accueillant avec respect les fragilités de chacun, plutôt que de juger par ouï-dire et de semer la discorde et les divisions.

Jésus nous avertit que tout arbre se reconnaît à ses fruits (cf. Lc 6, 44) : « L’homme bon tire le bien du trésor de son cœur qui est bon ; et l’homme mauvais tire le mal de son cœur qui est mauvais : car ce que dit la bouche, c’est ce qui déborde du cœur » (v. 45). Par conséquent, pour pouvoir communiquer selon la vérité dans la charité, l’on doit purifier son propre cœur. Ce n’est qu’en écoutant et en parlant avec un cœur pur que nous pouvons voir au-delà des apparences et surmonter le bruit indistinct qui, également dans le domaine de l’information, ne nous aide pas à discerner dans la complexité du monde où nous vivons. L’appel à parler avec le cœur interpelle radicalement notre temps, tellement enclin à l’indifférence et à l’indignation, parfois même sur la base de la désinformation qui falsifie et instrumentalise la vérité.

Communiquer cordialement

Communiquer cordialement signifie que celui qui nous lit ou nous écoute est amené à saisir notre participation aux joies et aux craintes, aux espoirs et aux souffrances des femmes et des hommes de notre temps. Celui qui parle ainsi aime l’autre parce qu’il se soucie de lui et veille sur sa liberté, sans la violer. Nous pouvons voir ce style dans le mystérieux Voyageur qui converse avec les disciples sur le chemin d’Emmaüs après la tragédie advenue sur le Golgotha. Jésus ressuscité leur parle avec le cœur, accompagnant respectueusement le chemin de leur douleur, se proposant plutôt que s’imposant, leur ouvrant avec amour l’esprit à la compréhension du sens plus profond de ce qui est arrivé. En effet, ils peuvent s’exclamer avec joie que leur cœur brûlait intérieurement tandis qu’Il conversait en chemin et leur expliquait les Écritures (cf. Lc 24, 32).

Dans une période de l’histoire marquée par des polarisations et contrapositions – dont, malheureusement, la communauté ecclésiale n’est pas exempte – l’engagement pour une communication « à cœur et à bras ouverts » ne concerne pas seulement les professionnels de l’information, mais est une responsabilité de tout un chacun. Nous sommes tous appelés à rechercher et à dire la vérité, et à le faire avec charité. Nous chrétiens, en particulier, sommes continuellement exhortés à garder notre langue du mal (cf. Ps 34, 14), puisque, comme l’enseigne l’Écriture, avec elle nous pouvons aussi bien bénir le Seigneur et maudire les hommes créés à l’image de Dieu (cf. Jc 3, 9). De notre bouche ne devraient pas sortir de paroles mauvaises, « mais plutôt une parole bonne et constructive, profitable à ceux qui écoutent » (Ep 4, 29).

Parfois, un discours aimable ouvre une brèche dans les cœurs les plus endurcis. Nous en trouvons également des traces dans la littérature. Je pense à cette page mémorable du chapitre 21 du roman Les Fiancés (Promessi Sposi) où Lucia parle avec son cœur à l’Inconnu jusqu’à ce que celui-ci, désarmé et tourmenté par une crise intérieure salutaire, cède à la douce force de l’amour. Nous en faisons l’expérience dans la coexistence civique, où la gentillesse n’est pas seulement une question de “bonnes manières”, mais un véritable antidote à la cruauté, qui malheureusement peut empoisonner les cœurs et envenimer les relations. Nous en avons besoin dans les médias, afin que la communication ne nourrisse pas un ressentiment qui exaspère, génère de la colère et mène à la confrontation, mais qu’elle aide les gens à réfléchir calmement, à décrypter, avec un esprit critique et toujours respectueux, la réalité dans laquelle ils vivent.

La communication de cœur à cœur : « Il suffit d’aimer bien pour bien s’exprimer ».

L’un des exemples les plus lumineux et les plus fascinants du « parler avec le cœur » est celui de saint François de Sales, Docteur de l’Église, à qui j’ai récemment dédié la lettre apostolique Totum amoris est, 400 ans après sa mort. Parallèlement à cet important anniversaire, il me plaît de rappeler en la circonstance un autre anniversaire en cette année 2023 : le centenaire de sa proclamation comme patron des journalistes catholiques par Pie XI avec l’Encyclique Rerum omnium perturbationem. Intellectuel brillant, écrivain prolifique, théologien d’une grande profondeur, François de Sales est évêque de Genève au début du XVIIe siècle, dans des années difficiles marquées par de vives disputes avec les calvinistes. Sa douceur, son humanité, sa disposition à dialoguer patiemment avec tout le monde et surtout avec ceux qui s’opposaient à lui, firent de lui un témoin extraordinaire de l’amour miséricordieux de Dieu. On pouvait dire de lui que « la parole agréable attire de nombreux amis, le langage aimable attire de nombreuses gentillesses » (Sir 6,5). D’ailleurs, l’une de ses déclarations les plus célèbres, « le cœur parle au cœur », a inspiré des générations de fidèles, dont saint John Henry Newman qui en a fait sa devise, Cor ad cor loquitur : « Il suffit de bien aimer pour bien s’exprimer », était l’une de ses convictions. Cela montre comment, pour lui, la communication ne doit jamais être réduite à un artifice, à – nous dirions aujourd’hui – une stratégie de marketing, mais doit être le reflet de l’âme, la surface visible d’un noyau d’amour invisible aux yeux. Pour saint François de Sales, c’est précisément « dans le cœur et par le cœur que s’accomplit ce processus d’unification subtil et intense en vertu duquel l’homme reconnaît Dieu ». [2] En « aimant bien », saint François est parvenu à communiquer avec le sourd-muet Martin, devenant son ami ; c’est pourquoi on se souvient aussi de lui comme protecteur des personnes souffrant de handicap de communication.

C’est à partir de ce « critère de l’amour » que, par ses écrits et son témoignage de vie, le saint évêque de Genève nous rappelle que « nous sommes ce que nous communiquons ». Une leçon qui va à contre-courant aujourd’hui, à une époque où, comme nous le vivons notamment sur les réseaux sociaux, la communication est souvent instrumentalisée pour que le monde nous voie comme nous voudrions être et non comme nous sommes. Saint François de Sales diffusa de nombreux exemplaires de ses écrits dans la communauté genevoise. Cette intuition « journalistique » lui valut une réputation qui rapidement dépassa le périmètre de son diocèse et qui perdure encore de nos jours. Ses écrits, comme l’a fait remarquer saint Paul VI, constituent « une lecture extrêmement agréable, instructive et stimulante » [3] . Si l’on observe le paysage de la communication aujourd’hui, ne s’agit-il pas précisément des caractéristiques auxquelles doit satisfaire un article, un reportage, une émission de radio ou de télévision ou un post sur les réseaux sociaux ? Puissent donc les professionnels de la communication se laisser inspirer par ce saint de la tendresse, en recherchant et en racontant la vérité avec courage et liberté, tout en rejetant la tentation d’utiliser des expressions percutantes et agressives.

Parler avec le cœur dans le processus synodal

Comme je l’ai souligné, « même dans l’Église, il y a un grand besoin d’écouter et de s’écouter. C’est le don le plus précieux et le plus généreux que nous pouvons offrir les uns les autres ». [4] D’une écoute sans préjugés, attentive et disponible, naît une « prise de parole » selon le style de Dieu, nourrie de proximité, de compassion et de tendresse. Nous avons un besoin urgent dans l’Église d’une communication qui embrase les cœurs, qui soit un baume sur les blessures et qui éclaire le chemin de nos frères et sœurs. Je rêve d’une communication ecclésiale qui sache se laisser guider par l’Esprit Saint, douce et en même temps prophétique, qui sache trouver de nouvelles formes et modalités pour la merveilleuse annonce qu’elle est appelée à porter dans le troisième millénaire. Une communication qui mette au centre la relation avec Dieu et le prochain, en particulier les plus démunis, et qui sache allumer le feu de la foi plutôt que préserver les cendres d’une identité autoréférentielle. Une communication dont les fondements sont l’humilité dans l’écoute et la parresia dans le parler, qui ne sépare jamais la vérité de la charité.

Désarmer les esprits en promouvant un langage de paix

« Une langue délicate peut broyer un os » dit le livre des Proverbes (25,15). Parler avec le cœur est plus que jamais nécessaire aujourd’hui pour promouvoir une culture de la paix là où il y a la guerre ; pour ouvrir des sentiers qui permettent le dialogue et la réconciliation là où la haine et l’inimitié font rage. Dans le contexte dramatique de conflit mondial que nous connaissons, il est urgent d’affirmer une communication qui ne soit pas hostile. Il est nécessaire de surmonter « l’habitude de disqualifier instantanément l’adversaire en lui appliquant des épithètes humiliantes, en lieu et place d’un dialogue ouvert et respectueux ». [5] Nous avons besoin de communicateurs disposés au dialogue, impliqués dans la promotion du désarmement intégral et engagés à dissiper la psychose de la guerre qui se niche dans nos cœurs, comme l’exhortait prophétiquement saint Jean XXIII dans l’encyclique Pacem in Terris : « La vraie paix ne peut s’édifier que dans la confiance mutuelle » (n. 61). Une confiance qui a besoin de communicateurs qui ne soient pas retranchés, mais audacieux et créatifs, prêts à prendre des risques pour trouver un terrain d’entente où se rencontrer. Comme il y a 60 ans, nous vivons aujourd’hui une heure sombre où l’humanité craint une escalade de la guerre, qu’il faut endiguer au plus vite, y compris au niveau de la communication. On est consterné d’entendre avec quelle facilité sont prononcés des paroles appelant à la destruction de peuples et de territoires. Des propos qui, malheureusement, se transforment souvent en actions guerrières d’une violence féroce. C’est pourquoi toute rhétorique belliqueuse doit être rejetée, de même que toute forme de propagande qui manipule la vérité, la défigurant à des fins idéologiques. Au contraire, il faut promouvoir à tous les niveaux une communication qui aide à créer les conditions pour résoudre les conflits entre les peuples.

En tant que chrétiens, nous savons que c’est vraiment grâce à la conversion du cœur que se décide le sort de la paix, puisque le virus de la guerre vient de l’intérieur du cœur humain. [6] Du cœur jaillissent les paroles justes pour dissiper les ombres d’un monde fermé et divisé et construire une civilisation meilleure que celle que nous avons reçue. Il s’agit d’un effort demandé à chacun d’entre nous, mais qui exige tout particulièrement un sens des responsabilités de la part des professionnels de la communication, pour qu’ils exercent leur profession comme une mission.

Que le Seigneur Jésus, Parole pure jaillissant du cœur du Père, nous aide à rendre notre communication libre, limpide et cordiale.

Que le Seigneur Jésus, Verbe fait chair, nous aide à nous mettre à l’écoute de la pulsation des cœurs, à nous redécouvrir frères et sœurs, et à désarmer l’hostilité qui divise.

Que le Seigneur Jésus, Parole de vérité et d’amour, nous aide à dire la vérité dans la charité, afin de nous sentir gardiens les uns des autres.

 

Rome, St Jean de Latran, 24 janvier 2023, mémoire de St François de Sales.

FRANÇOIS

 


[1] Let. enc. Deus caritas est, n. 31.

[2] Let. Apost. Totum amoris est (28 décembre 2022).

[3] Lettre Apostolique Sabaudiae gemmaà l’occasion du quatrième centenaire de la naissancede saint François de Sales, Docteur de l’Église (29 janvier 1967).

[4] Message pour la LVIe Journée Mondiale des Communications Sociales (24 janvier 2022).

[5] Let. enc. Fratelli tutti (3 octobre 2020), n. 201.

[6] Cf. Message pour la 56ème Journée Mondiale de la Paix, 1 er janvier 2023.

 

Source : vatican.va
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Méditation :

Prends tout, Seigneur !

« […] Jésus regardait la foule qui mettait de l’argent dans le tronc.
De nombreux riches mettaient beaucoup. Vint une veuve pauvre qui mit deux petites pièces, quelques centimes. » Marc 12.41-44

Le défi qu’a relevé de manière idéale la veuve de l’Evangile avec son obole n’est pas tant de donner beaucoup que de bien donner. Car la manière dont je donne est l’image du don que je fais librement de moi-même. Cette veuve restera un modèle indépassable. Pourquoi ? Parce qu’elle t’offre tout… Elle donne le tout du peu qu’elle a dans une confiance complète.

En Te donnant ces deux piécettes, au fond elle te donne sa vie, puisque c’était tout ce qu’elle avait pour vivre.  Seigneur si nous allons plus loin, Tu ne veux pas tant de ce que nous avons, que ce que nous sommes. Jésus, nous voulons T’offrir notre vie avec ses ombres et ses lumières, le tout du peu que nous sommes nous Te le donnons. Prends tout Seigneur !

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Méditation :

Philippiens 2, 4 « Que chacun de vous, au lieu de considérer ses propres intérêts, considère aussi ceux des autres. »

 

Pour nous chrétiens, il s’agit d’un devoir fondamental lié à notre création à l’image de Dieu. Je suis invité à accueillir, aimer mon prochain comme Dieu l’a fait le premier.

 Nous avons été créés pour nous servir les uns les autres. Cela fait partie de notre mandat et c’est notre nature la plus profonde. Mais le péché originel, autrement appelé « la chute », bouscule cet ordre naturel. Il nous divise entre une propension à l’altruisme et à l’égocentrisme. Nous avons besoin d’une parole plus forte que notre égoïsme pour nous sortir de nous-même et cette invitation se fait sous la forme d’un commandement : tu aimeras ton prochain comme toi-même. En renonçant à soi et en choisissant de laisser de l’espace, de la place à l’autre, j’accomplis l’œuvre de Dieu en moi !

La vocation : grâce et mission

Chers frères et sœurs, chers jeunes !

C’est la soixantième fois que nous célébrons la Journée mondiale de prière pour les vocations, instituée par saint Paul VI en 1964, au cours du Concile œcuménique Vatican II. Cette initiative providentielle vise à aider les membres du Peuple de Dieu, personnellement et en communauté, à répondre à l’appel et à la mission que le Seigneur confie à chacun dans le monde d’aujourd’hui, avec ses blessures et ses espoirs, ses défis, ses succès.

Cette année, je vous propose de réfléchir et de prier en étant guidés par le thème « Vocation : grâce et mission ». C’est une occasion précieuse pour redécouvrir avec émerveillement que l’appel du Seigneur est une grâce, un don gratuit, et qu’il s’agit en même temps d’un engagement à partir, à sortir pour apporter l’Évangile. Nous sommes appelés à témoigner de la foi, qui lie fortement la vie de la grâce, à travers les sacrements, la communion ecclésiale, et l’apostolat dans le monde. Animé par l’Esprit, le chrétien se laisse interpeller par les périphéries existentielles et est sensible aux drames humains, en gardant toujours à l’esprit que la mission est l’œuvre de Dieu et qu’elle ne s’accomplit pas seul, mais dans la communion ecclésiale, avec ses frères et sœurs, guidés par les pasteurs. Car tel est, depuis toujours et pour toujours, le rêve de Dieu : que nous vivions avec Lui dans une communion d’amour.

« Choisis avant la création du monde ».

L’apôtre Paul ouvre devant nous un horizon merveilleux : Dieu le Père « nous a choisis dans le Christ, avant la création du monde pour que nous soyons saints, immaculés devant lui dans l’amour. Il nous a prédestinés à être, pour lui, des fils adoptifs par Jésus, le Christ. Ainsi l’a voulu sa bonté » (Ep 1, 4-5). Ce sont des mots qui nous permettent de voir la vie dans sa pleine signification : Dieu nous « conçoit » à son image et à sa ressemblance et veut que nous soyons ses enfants : nous avons été créés par l’Amour, par amour et avec amour, et nous sommes faits pour aimer.

Au cours de notre vie, cet appel, inscrit dans les fibres de notre être et porteur du secret du bonheur, nous rejoint, par l’action de l’Esprit Saint, d’une manière toujours nouvelle, éclaire notre intelligence, donne de la vigueur à notre volonté, nous émerveille et fait brûler notre cœur. Parfois, elle fait même irruption à l’improviste. Ce fut le cas pour moi le 21 septembre 1953, lorsque, me rendant à la fête annuelle des étudiants, j’ai ressenti le besoin d’entrer dans une église et de me confesser. Ce jour a changé ma vie et l’a façonnée d’une manière qui dure encore aujourd’hui. Mais l’appel divin au don de soi se fait progressivement, à travers un cheminement : au contact d’une situation de pauvreté, dans un moment de prière, grâce à un témoignage clair de l’Évangile, à travers une lecture qui nous ouvre l’esprit, lorsque nous écoutons une Parole de Dieu et que nous sentons qu’elle nous est adressée, dans le conseil d’un frère ou d’une sœur qui nous accompagne, dans un temps de maladie ou de deuil… L’imagination de Dieu qui nous appelle est infinie.

Et son initiative et son don gratuit attendent notre réponse. La vocation est « l’entrelacement du choix divin et de la liberté humaine » [1]. C’est une relation dynamique et stimulante qui a pour interlocuteurs Dieu et le cœur de l’homme. Ainsi, le don de la vocation est comme une graine divine qui germe dans le sol de notre vie, nous ouvre à Dieu et aux autres pour partager avec eux le trésor que nous avons trouvé. Telle est la structure fondamentale de ce que nous entendons par vocation : Dieu appelle en aimant et nous, reconnaissants, répondons en aimant. Nous nous découvrons fils et filles aimés par le même Père et nous nous reconnaissons frères et sœurs entre nous. Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, lorsqu’elle a enfin « vu » clairement cette réalité, s’est exclamée : « Ma vocation je l’ai enfin trouvée ! Ma vocation, c’est l’Amour ! Oui, j’ai trouvé ma place dans l’Église […]. Dans le cœur de l’Église, ma Mère, je serai l’Amour » [2].

« Je suis une mission sur cette terre »

L’appel de Dieu, comme nous l’avons dit, comprend l’envoi. Il n’y a pas de vocation sans mission. Et il n’y a pas de bonheur ni de pleine réalisation de soi sans offrir aux autres la nouvelle vie que nous avons trouvée. L’appel divin à l’amour est une expérience qui ne peut être réduite au silence. « Malheur à moi si je n’annonce pas l’Évangile », s’exclame saint Paul (1 Co 9, 16). Et la première Lettre de Jean commence ainsi : Ce que nous avons entendu, vu, contemplé et touché, c’est-à-dire le Verbe fait chair, nous vous l’annonçons aussi pour que notre joie soit complète (cf. 1, 1-4).

Il y a cinq ans, dans l’Exhortation apostolique Gaudete et Exsultate, je m’adressais ainsi à chaque baptisé : « Toi aussi, tu dois concevoir la totalité de ta vie comme une mission » (n. 23). Oui, parce que chacun de nous, sans exception, peut dire : « Je suis une mission sur cette terre, et c’est pourquoi je suis dans ce monde » (Exhort. ap. Evangelii Gaudium, n. 273).

La mission commune à tous les chrétiens est de témoigner joyeusement, en toute situation, par des attitudes et des paroles, de ce que nous vivons en étant avec Jésus et dans sa communauté qu’est l’Église. Elle se traduit par des œuvres de miséricorde corporelle et spirituelle, par un style de vie accueillant et doux, capable de proximité, de compassion et de tendresse, à contre-courant de la culture du rejet et de l’indifférence. Être le prochain, comme le bon Samaritain (cf. Lc 10, 25-37), nous permet de comprendre le « cœur » de la vocation chrétienne : imiter Jésus-Christ qui est venu pour servir et non pour être servi (cf. Mc 10, 45).

Cette action missionnaire ne découle pas simplement de nos capacités, de nos intentions ou de nos projets, ni de notre volonté, ni même de notre effort pour pratiquer les vertus, mais d’une expérience profonde avec Jésus. Ce n’est qu’alors que nous pouvons devenir les témoins de Quelqu’un, d’une Vie, et cela fait de nous des « apôtres ». C’est alors que nous nous reconnaissons « marqués par cette mission d’éclairer, de bénir, de vivifier, d’élever, de guérir, de libérer » (Exhort. ap. Evangelii gaudium, n. 273).

Les deux disciples d’Emmaüs sont une icône évangélique de cette expérience. Après leur rencontre avec Jésus ressuscité, ils se confient l’un à l’autre : « Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous, tandis qu’il nous parlait sur la route et nous ouvrait les Écritures ? » ( Lc 24, 32). En eux, nous pouvons voir ce que signifie avoir « un cœur brûlant et des pieds en marche » [3]. C’est ce que je souhaite également pour les prochaines Journées Mondiales de la Jeunesse de Lisbonne, que j’attends avec joie et dont la devise est : « Marie se mit en route avec empressement » ( Lc 1, 39).Que chacun se sente appelé à se lever et à partir en hâte, avec un cœur ardent !

Appelés ensemble : convoqués

L’évangéliste Marc raconte le moment où Jésus appela à lui douze disciples, chacun par son nom. Il les constitua pour être avec lui et pour les envoyer prêcher, guérir les maladies et chasser les démons (cf. Mc 3,13-15). Le Seigneur a ainsi posé les fondements de sa nouvelle Communauté. Les Douze étaient des personnes issues de milieux sociaux et de professions différents, n’appartenant pas aux catégories les plus importantes. Les Évangiles nous racontent ensuite d’autres appels, comme celui des soixante-douze disciples que Jésus envoya deux par deux (cf. Lc 10, 1).

L’Église est précisément l’Ekklesía, terme grec qui signifie : assemblée de personnes appelées, convoquées, pour former la communauté des disciples missionnaires de Jésus-Christ, engagés à vivre son amour au milieu d’eux (cf. Jn 13, 34 ; 15, 12) et à le répandre parmi tous, pour que vienne le Royaume de Dieu.

Dans l’Église, nous sommes tous des serviteurs et des servantes, selon des vocations, des charismes et des ministères différents. La vocation au don de soi dans l’amour, commune à tous, se déploie et se concrétise dans la vie des laïcs chrétiens, hommes et femmes, engagés dans la construction de la famille comme petite église domestique et dans le renouvellement des différents milieux de la société avec le levain de l’Évangile ; dans le témoignage des personnes consacrées, toutes données à Dieu pour leurs frères et sœurs comme prophétie du Royaume de Dieu ; dans les ministres ordonnés (diacres, prêtres, évêques) mis au service de la Parole, de la prière et de la communion du peuple saint de Dieu. Ce n’est que dans la relation avec toutes les autres que chaque vocation spécifique dans l’Église se révèle pleinement avec sa vérité et sa richesse propres. En ce sens, l’Église est une symphonie vocationnelle, avec toutes les vocations unies et distinctes dans l’harmonie et ensemble « en sortie » pour rayonner dans le monde la vie nouvelle du Royaume de Dieu.

Grâce et mission : don et engagement

Chers frères et sœurs, la vocation est un don et une charge, une source de vie nouvelle et de joie véritable. Que les initiatives de prière et d’animation associées à cette Journée renforcent la conscience vocationnelle dans nos familles, dans les communautés paroissiales et dans les communautés de vie consacrée, dans les associations et dans les mouvements ecclésiaux. Que l’Esprit du Seigneur ressuscité nous arrache à l’apathie et nous donne la sympathie et l’empathie, afin que nous puissions vivre chaque jour régénérés en tant que fils du Dieu Amour (cf. 1 Jn 4, 16) et être à notre tour générateurs d’amour : capables d’apporter la vie partout, en particulier là où il y a exclusion et exploitation, dénuement et mort. Pour que les espaces de l’amour s’élargissent [4] et que Dieu règne toujours plus dans ce monde.

Que la prière composée par saint Paul VI pour la première Journée mondiale des vocations, le 11 avril 1964, nous accompagne sur ce chemin :

Ô Jésus, divin Pasteur des âmes, qui as appelé les Apôtres à être des pêcheurs d’hommes, attire de nouveau à toi les âmes ardentes et généreuses des jeunes, pour en faire tes disciples et tes ministres ; fais-les participer à ta soif de Rédemption universelle, […] ouvre-leur les horizons du monde entier, […] afin que, répondant à ton appel, ils prolongent ta mission ici-bas, construisent ton Corps mystique, qui est l’Église, et soient « sel de la terre », « lumière du monde » (Mt 5, 13).

Que la Vierge Marie vous accompagne et vous protège. Avec ma bénédiction.

Rome, Saint-Jean-de-Latran, 30 avril 2023, 4ème dimanche de Pâques.

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[1] Document final de la 15ème Assemblée générale ordinaire du Synode des Evêques (2018), Jeunes, foi er discernement vocationnel, n.78.

[2] Manuscrit B, écrit durant sa dernière retraite (septembre 1896): Oeuvres completes, Paris 1992, p. 226.

3] Cf. Message pour la 97ème Journée Missionnaire Mondiale (6 janvier 2023).

[4] « Dilatentur spatia caritatis»: Saint Augustin, Sermon 69: PL 5, 440.441.

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Source : vatican.va
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Chers frères et sœurs, bonjour !

Nous poursuivons ce cycle de catéchèses en parlant du zèle apostolique, c’est-à-dire ce que ressent le chrétien pour bien effectuer l’annonce de Jésus-Christ. Et aujourd’hui, je voudrais vous présenter un autre grand exemple de zèle apostolique : nous avons parlé de saint François Xavier, de saint Paul, du zèle apostolique des grands zélateurs ; aujourd’hui, nous parlerons d’un Italien, mais qui est allé en Chine : Matteo Ricci.

Originaire de Macerata, dans la région des Marches en Italie, après avoir étudié dans les écoles des Jésuites et être entré lui-même dans la Compagnie de Jésus, enthousiasmé par les rapports des missionnaires qu’il écoutait et il s’est enthousiasmé comme tant d’autres jeunes qui ressentaient cela, il demanda à être envoyé dans les missions de l’Extrême-Orient. Après la tentative de François Xavier, vingt-cinq autres jésuites avaient vainement tenté d’entrer en Chine. Mais Ricci et l’un de ses confrères se préparèrent très bien, étudiant soigneusement la langue et les coutumes chinoises, et réussirent finalement à s’établir dans le sud du pays. Il leur a fallu dix-huit ans, avec quatre étapes dans quatre villes différentes, avant d’arriver à Pékin, qui était le centre. Avec persévérance et patience, animé d’une foi inébranlable, Matteo Ricci a pu surmonter les difficultés et les dangers, les méfiances et oppositions. Imaginez à l’époque, à pied ou à cheval, tant de distances… et il persistait. Mais quel a été le secret de Matteo Ricci ? Par quel chemin le zèle l’a-t-il poussé ?

Il a suivi toujours la voie du dialogue et de l’amitié avec toutes les personnes qu’il rencontrait, ce qui lui a ouvert de nombreuses portes pour annoncer la foi chrétienne. Son premier ouvrage en chinois fut d’ailleurs un traité Sur l’amitié, qui eut un impact considérable. Pour s’adapter à la culture et à la vie chinoises, il s’est d’abord habillé comme les bonzes bouddhistes, selon la coutume du pays, mais il a ensuite réalisé que le meilleur moyen était d’adopter le style de vie et la tenue des gens de lettres, comme les professeurs d’université, les gens de lettres s’habillaient : il s’est donc habillé comme eux. Il étudia en profondeur leurs textes classiques, afin de pouvoir présenter le christianisme en dialogue positif avec leur sagesse confucéenne et les coutumes de la société chinoise. C’est ce qu’on appelle une attitude d’inculturation. Ce missionnaire a su « inculturer » la foi chrétienne dans le dialogue, comme les Pères de l’Antiquité avec la culture grecque.

Ses remarquables connaissances scientifiques suscitèrent l’intérêt et l’admiration des hommes de culture, à commencer par sa célèbre mappemonde, la carte du monde entier connu à l’époque, avec les différents continents, qui révéla pour la première fois aux Chinois une réalité extérieure à la Chine, beaucoup plus vaste qu’ils ne l’avaient imaginée. Il leur a montré que le monde était encore plus grand que la Chine, et ceux-ci comprenaient – parce qu’ils étaient intelligents. Mais les connaissances mathématiques et astronomiques de Ricci et de ses disciples missionnaires contribuèrent également à une rencontre féconde entre la culture et la science de l’Occident et de l’Orient, qui connaîtra alors l’une de ses périodes les plus heureuses, sous le signe du dialogue et de l’amitié. En effet, l’œuvre de Matteo Ricci n’aurait jamais été possible sans la collaboration de ses grands amis chinois, tels que les célèbres « Docteur Paul » (Xu Guangqi) et « Docteur Leo » (Li Zhizao)

Toutefois, la renommée de Ricci comme homme de science ne doit pas occulter la motivation la plus profonde de tous ses efforts : c’est-à-dire, l’annonce de l’Évangile. Lui, il poursuivait le dialogue scientifique, avec les gens de science, mais il témoignait de sa propre foi, de l’Évangile. La crédibilité obtenue par le dialogue scientifique lui donnait l’autorité nécessaire pour proposer la vérité de la foi et de la morale chrétiennes, qu’il aborde en profondeur dans ses principales œuvres chinoises, comme La véritable signification du Seigneur du Ciel – c’est le titre de ce livre. Outre la doctrine, c’est son témoignage de vie religieuse, de vertu et de prière : ces missionnaires priaient. Ils allaient prêcher, étaient actifs au plan politique, tout cela : ils priaient. C’est ce qui alimente la vie missionnaire, une vie de charité, ils aidaient les autres, humblement, avec un total désintérêt pour les honneurs et les richesses, qui a poussé beaucoup de ses disciples et de ses amis à embrasser la foi catholique. Car ils voyaient un homme si intelligent, si sage, si astucieux – dans le bon sens du terme – pour faire avancer les choses, et si croyant qu’ils disaient : « Mais, ce qu’il prêche est vrai parce que c’est une personne qui rend témoignage : il témoigne par sa propre vie de ce qu’il annonce ». Telle est la cohérence des évangélisateurs. Et cela nous concerne tous, nous chrétiens qui sommes évangélisateurs. Je peux dire le Credo par cœur, je peux dire tout ce que nous croyons, mais si ta vie n’est pas cohérente avec cela, cela ne sert à rien. Ce qui attire les gens, c’est le témoignage de la cohérence : nous, chrétiens, vivons ce que nous disons, et non pas prétendre vivre en chrétiens et vivre comme des mondains. Faites attention à cela, observez ces grands missionnaires – et c’est un Italien, hein ? – en observant ces grands missionnaires, nous voyons que la plus grande force, c’est la cohérence : ils sont cohérents.

Dans les derniers jours de sa vie, à ses proches qui lui demandaient comment il se sentait, « il répondit qu’il se demandait à ce moment-là si étaient plus grande la joie et l’allégresse qu’il ressentait intérieurement à l’idée de la proximité de son voyage pour aller savourer la présence de Dieu, ou la tristesse que pouvait lui causer le fait de quitter ses compagnons de toute la mission qu’il aimait tant, et le service qu’il pouvait encore rendre à Dieu Notre Seigneur dans cette mission » (S. DE URSIS, Rapport sur M. Ricci, Archivio Storico Romano S.I.). C’est la même attitude que l’apôtre Paul (cf. Ph1, 22-24), qui voulait aller vers le Seigneur, retrouver le Seigneur, mais « je reste pour vous servir ».

Matteo Ricci meurt à Pékin en 1610, à l’âge de 57 ans, un homme qui a donné toute sa vie à la mission. L’esprit missionnaire de Matteo Ricci est un modèle à suivre aujourd’hui. Son amour pour le peuple chinois est un modèle, mais ce qui représente un itinéraire actuel, c’est sa cohérence de vie, le témoignage de sa vie de chrétien. Il a apporté le christianisme en Chine ; il est grand, oui, parce qu’il est un grand scientifique, il est grand parce qu’il est courageux, il est grand parce qu’il a écrit tant de livres, mais il est surtout grand parce qu’il a été cohérent avec sa vocation, cohérent avec son désir de suivre Jésus-Christ. Frères et sœurs, aujourd’hui, chacun de nous se demande en son for intérieur : « Suis-je cohérent, ou suis-je un peu comme ci comme ça ? »

 

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Méditation :

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12ème jour : les tableaux

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Jour 3 – le péché des origines

—- Adam —-

Et s’il fallait, pour renouveler notre être, repartir du plus ancien, du plus originel ? Retour à l’origine.

Jour 15 – Relire la Parole de Dieu

—- Samuel —-

Nous vous proposons aujourd’hui de prendre le temps de relire le premier livre de Samuel 1-4, 8, 13-15. Si vous n’avez pas de Bible avec vous, cliquez sur ce lien 👇

 

Dans la nuit – Emmanuel Music

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« Le parfait ami… » vie de St Claude

Episode 13 : Les trois cœurs

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« Le parfait ami… » vie de St Claude

Episode 25 : La vision des trois cœurs »

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Trois hommes se retrouvent avec une énorme richesse entre les mains, grâce à la générosité de leur maître qui part pour un long voyage. Cependant, ce maître reviendra un jour et convoquera à nouveau ces serviteurs, dans l’espérance de pouvoir se réjouir avec eux de la manière dont ils auront fait, entre-temps, fructifier ses biens. La parabole que nous venons d’écouter (cf. Mt 25, 14-30) nous invite donc à nous arrêter sur deux parcours : le voyage de Jésus et le voyage de notre vie.

Le voyage de Jésus. Au début de la parabole, Jésus parle d’« un homme qui partait en voyage, appela ses serviteurs et leur confia ses biens » (v. 14). Ce “voyage” nous fait penser au mystère même du Christ, Dieu fait homme, à sa résurrection et à son ascension dans le Ciel. Lui qui est en effet descendu du sein du Père pour rencontrer l’humanité, il a, en mourant, détruit la mort et il est retourné vers le Père en ressuscitant. Au terme de sa vie terrestre, Jésus a donc effectué son “voyage de retour” vers le Père. Mais, avant de partir, il nous a confié ses biens, un véritable “capital” : il s’est laissé Lui-même dans l’Eucharistie, il nous a laissé sa Parole de vie, sa sainte Mère comme notre Mère, et il a répandu les dons de l’Esprit Saint pour que nous puissions continuer son œuvre dans le monde. Ces “talents” sont distribués – précise l’Évangile – « à chacun selon ses capacités » (v. 15) et donc pour une mission personnelle que le Seigneur nous confie dans la vie quotidienne, dans la société et dans l’Église. L’Apôtre Paul l’affirme également : « À chacun d’entre nous, la grâce a été donnée selon la mesure du don fait par le Christ. C’est pourquoi l’Écriture dit : Il est monté sur la hauteur, il a capturé des captifs, il a fait des dons aux hommes » (Ep 4, 7-8).

Fixons à nouveau notre regard sur Jésus qui a tout reçu des mains du Père mais n’a pas gardé cette richesse pour lui. Il « ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’est anéanti, prenant la condition de serviteur » (Ph 2, 6-7). Il s’est revêtu de notre humanité fragile, il a pansé nos blessures en bon Samaritain, Il s’est fait pauvre pour nous enrichir de la vie divine (cf. 2 Co 8, 9), Il est monté sur la croix. Lui qui était sans péché, « Dieu l’a, pour nous, identifié au péché » (2 Co 5, 21). Pour nous. Jésus a vécu pour nous, en notre faveur. Voilà ce qui a marqué son voyage dans le monde avant qu’Il ne retourne auprès du Père.

Cependant, la parabole d’aujourd’hui nous dit aussi que « le maître de ces serviteurs revint et il leur demanda des comptes » (Mt 25, 19). En effet, le premier voyage vers le Père sera suivi d’un autre, que Jésus effectuera à la fin des temps, lorsqu’il reviendra dans la gloire et voudra nous rencontrer à nouveau pour “exiger les comptes”, les comptes de l’histoire et nous introduire dans la joie de la vie éternelle. Nous devons donc nous demander : comment le Seigneur nous trouvera-t-il à son retour ? Comment me présenterai-je, moi, au rendez-vous avec Lui ?

Cette question nous amène au deuxième moment : au voyage de notre vie. Quel route parcourons-nous, dans notre vie, celui de Jésus qui s’est fait don, ou bien la route de l’égoïsme ? Celle des mains ouvertes envers les autres, pour donner et se donner, ou celle des mains fermées pour avoir davantage et se garder seulement soi-même ? La parabole nous dit que chacun d’entre nous, selon ses capacités et ses possibilités, a reçu les “talents”. Attention, ne nous laissons pas tromper par le langage courant : il ne s’agit pas ici de capacités personnelles, mais, comme nous l’avons dit, des biens du Seigneur, ce que le Christ nous a laissé en retournant vers le Père. Parmi eux, il nous a donné son Esprit dans lequel nous sommes devenus enfants de Dieu et grâce auquel nous pouvons dépenser notre vie en témoignant de l’Évangile et en édifiant le Royaume de Dieu. Le grand “capital” qui a été mis entre nos mains c’est l’amour du Seigneur, fondement de notre vie et force de notre marche.

Nous devons nous demander alors : qu’est-ce que je fais d’un don si grand sur le chemin de ma vie ? La parabole nous dit que les deux premiers serviteurs ont multiplié le don reçu, tandis que le troisième, au lieu de faire confiance à son seigneur qui le lui a donné, en a peur et reste comme paralysé. Il ne prend pas de risque, ne s’implique pas, et finit par enterrer le talent. Et cela vaut aussi pour nous : nous pouvons multiplier ce que nous avons reçu, en faisant de notre vie une offrande d’amour pour les autres, ou bien nous pouvons vivre bloqués par une fausse image de Dieu et, par peur, cacher sous terre le trésor que nous avons reçu, en ne pensant qu’à nous-mêmes, sans nous passionner pour autre chose que notre confort et nos intérêts personnels, sans nous engager. La question est très claire : les deux premiers, prennent des risques en négociant avec les talents. Et la question que je pose : « Moi, est-ce que je prends des risques dans ma vie ? Est-ce que je prends des risques avec la force de ma foi ?  Moi, comme chrétien, comme chrétienne, est-ce que je sais prendre des risques ou est-ce que je me ferme en moi-même, par peur ou par pusillanimité ?

Alors, frères et sœurs, en cette Journée Mondiale des Pauvres, la parabole des talents est une mise en garde pour vérifier dans quel esprit nous affrontons le voyage de la vie. Nous avons reçu du Seigneur le don de son amour et nous sommes appelés à devenir don pour les autres. L’amour par lequel Jésus a pris soin de nous, l’huile de miséricorde et de compassion avec laquelle il a guéri nos blessures, la flamme de l’Esprit avec laquelle il a ouvert nos cœurs à la joie et à l’espérance, sont des biens que nous ne pouvons pas garder pour nous seuls, gérer pour notre compte ou cacher sous terre. Comblés de dons, nous sommes appelés à nous faire don. Nous qui avons reçu tant de dons, nous devons nous faire don pour les autres. Les images utilisées dans la parabole sont très éloquentes : si nous ne multiplions pas l’amour autour de nous, la vie s’éteint dans les   ténèbres ; si nous ne mettons pas en circulation les talents que nous avons reçus, l’existence finit sous terre, c’est-à-dire comme si nous étions déjà morts (cf. v. 25.30). Frères et sœurs, combien de chrétiens sont enterrés. Combien de chrétiens vivent la foi comme s’ils vivaient sous terre.

Pensons donc aux nombreuses pauvretés matérielles, aux pauvretés culturelles et aux pauvretés spirituelles de notre monde ; pensons aux existences blessées qui habitent nos villes, aux pauvres devenus invisibles dont le cri de douleur est étouffé par l’indifférence générale d’une société affairée et distraite… Quand nous pensons à la pauvreté, nous ne devons pas oublier ensuite la pudeur : la pauvreté est pudique, elle se cache. Nous devons, nous, aller la chercher, avec courage. Pensons à ceux qui sont opprimés, épuisés, marginalisés, aux victimes des guerres et à ceux qui quittent leur terre au péril de leur vie ; à ceux qui sont sans pain, sans travail et sans espérance. Tant de pauvretés quotidiennes. Elles ne sont pas une, deux ou trois : elles sont une multitude. Les pauvres sont une multitude. Et en pensant à cette multitude de pauvres, le message de l’Évangile est clair : n’enterrons pas les biens du Seigneur ! Faisons circuler la charité, partageons notre pain, multiplions l’amour ! La pauvreté est un scandale. La pauvreté est un scandale ! Quand le Seigneur reviendra, il nous en demandera compte et – comme l’écrit saint Ambroise – il nous dira : « Pourquoi as-tu laissé tant de miséreux mourir de faim ? et assurément tu avais de l’or, tu aurais pu fournir de la nourriture. Pourquoi tant de prisonnier ont-ils été vendus et, n’ayant pas été rachetés, ont été tués par l’ennemi ? » (Les devoirs des ministres : PL 16:148-149).

Prions pour que chacun de nous, selon le don qu’il a reçu et la mission qui lui a été confiée, s’efforce de “faire fructifier la charité”, faire fructifier la charité, et d’être proche de quelque pauvre. Prions pour que, nous aussi, au terme de notre voyage, après avoir accueilli le Christ dans ces frères et sœurs auxquels Il s’est identifié (cf. Mt 25, 40), nous puissions nous entendre dire : « Très bien, serviteur bon et fidèle […] entre dans la joie de ton seigneur » (Mt 25, 21).

 

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AUDIENCE GENERALE

Mercredi 20 avril

Catéchèse sur la vieillesse :  » Honore ton père et ta mère  » : l’amour d’une vie vécue.

Excellences, Mesdames et Messieurs !

Je suis heureux de vous accueillir ce matin pour vous saluer personnellement et vous présenter mes meilleurs vœux pour la nouvelle année. Je remercie en particulier Son Excellence l’Ambassadeur George Poulides, Doyen du Corps diplomatique, pour ses paroles aimables, qui expriment bien les préoccupations de la communauté internationale au début d’une année que nous voudrions pacifique et qui, au contraire, s’ouvre sur des conflits et des divisions.

Je voudrais également profiter de cette occasion pour vous remercier de votre engagement à promouvoir les relations entre le Saint-Siège et vos pays. L’année dernière, notre “famille diplomatique” s’est encore élargie grâce à l’établissement de relations diplomatiques avec le Sultanat d’Oman et à la nomination du premier Ambassadeur, ici présent.

En même temps, je voudrais rappeler que le Saint-Siège a procédé à la nomination d’un Représentant Pontifical Résident à Hanoi, après que l’Accord sur le Statut du Représentant Pontifical a été conclu avec le Vietnam en juillet dernier, afin de poursuivre ensemble le chemin parcouru jusqu’à présent, sous le signe du respect et de la confiance mutuels, grâce aux relations fréquentes au niveau institutionnel et à la coopération de l’Église locale.

En 2023, a également eu lieu la ratification de l’Accord complémentaire à l’Accord entre le Saint-Siège et le Kazakhstan sur les relations mutuelles du 24 septembre 1998, qui facilite la présence et l’emploi des agents pastoraux dans le pays. Quatre anniversaires importants ont été célébrés : le 100ème anniversaire des relations diplomatiques avec la République du Panama, le 70ème anniversaire des relations avec la République Islamique d’Iran, le 60ème anniversaire des relations avec la République de Corée et le 50ème anniversaire des relations avec l’Australie.

Chers Ambassadeurs,

un mot résonne d’une manière particulière lors des deux principales fêtes chrétiennes. Nous l’entendons dans le chant des anges annonçant dans la nuit la naissance du Sauveur et nous l’entendons par la voix de Jésus ressuscité : c’est le mot “paix”. Celle-ci est avant tout un don de Dieu : c’est Lui qui nous laisse sa paix (cf. Jn 14, 27), mais en même temps elle est notre responsabilité : « Heureux les artisans de paix » (Mt 5, 9). Travailler pour la paix. Ce mot est très fragile et, en même temps, exigeant et plein de sens. Je voudrais lui consacrer notre réflexion présente, en un moment historique où celle-ci est de plus en plus menacée, affaiblie et en partie perdue. D’autre part, il revient au Saint-Siège, au sein de la communauté internationale, d’être une voix prophétique et un appel à la conscience.

La veille de Noël 1944, Pie XII adressa un célèbre Message radiodiffusé aux peuples du monde entier. La Seconde Guerre mondiale touchait à sa fin après plus de cinq années de conflit et l’humanité – disait le Pape – éprouvait « une volonté toujours plus clair et plus ferme : faire de cette guerre mondiale, de ce bouleversement universel, le point de départ d’une ère nouvelle de profond renouveau » [1]. Quatre-vingts ans plus tard, l’élan de ce “renouveau profond” semble s’être épuisé et le monde est traversé par un nombre croissant de conflits qui transforment peu à peu ce que j’ai appelé à plusieurs reprises la “troisième guerre mondiale par morceaux” en un véritable conflit mondial.

Je ne peux pas ne pas renouveler ici mon inquiétude sur ce qui se passe en Palestine et en Israël. Nous avons tous été choqués par l’attaque terroriste contre la population en Israël du 7 octobre dernier, où un grand nombre d’innocents ont été blessés, torturés et tués d’une manière atroce et où de nombreuses personnes ont été prises en otage. Je réitère ma condamnation de cet acte et de toutes les formes de terrorisme et d’extrémisme : les problèmes ne sont pas résolus de cette manière entre les peuples, mais ils deviennent au contraire plus difficiles, causant des souffrances pour tout le monde. En fait, cela a provoqué une forte réponse militaire israélienne à Gaza qui a entraîné la mort de dizaines de milliers de Palestiniens, en majorité des civils parmi lesquels des enfants et des jeunes, et a entrainé une situation humanitaire très grave avec des souffrances inimaginables.

Je réitère mon appel à toutes les parties concernées à un cessez-le-feu sur tous les fronts, y compris au Liban, et pour la libération immédiate de tous les otages à Gaza. Je demande que la population palestinienne reçoive une aide humanitaire et que les hôpitaux, les écoles et les lieux de culte bénéficient de toute la protection nécessaire.

J’espère que la Communauté internationale poursuivra résolument la solution à deux États, l’un israélien et l’autre palestinien, avec un statut spécial internationalement garanti pour la ville de Jérusalem, afin qu’Israéliens et Palestiniens puissent enfin vivre dans la paix et la sécurité.

Le conflit en cours à Gaza déstabilise encore davantage une région fragile et tendue. En particulier, il ne faut pas oublier le peuple syrien, qui vit dans une instabilité économique et politique, aggravée par le tremblement de terre de février dernier. La communauté internationale se doit d’encourager les parties concernées à engager un dialogue constructif et sérieux et à rechercher de nouvelles solutions afin que le peuple syrien n’ait plus à souffrir des sanctions internationales. Par ailleurs, j’exprime ma tristesse pour les millions de réfugiés syriens qui se trouvent toujours dans les pays voisins, tels que la Jordanie et le Liban.

J’adresse une pensée particulière à ce dernier, en exprimant ma préoccupation pour la situation sociale et économique dans laquelle se trouve le cher peuple libanais, et j’espère que l’impasse institutionnelle qui le met de plus en plus à genoux sera résolue et que le Pays du Cèdre aura bientôt un Président.

En restant sur le continent asiatique, je voudrais également attirer l’attention de la Communauté internationale sur le Myanmar, en demandant que tous les efforts soient faits pour redonner de l’espoir à cette terre et un avenir digne aux jeunes générations, sans oublier l’urgence humanitaire qui affecte encore les Rohingyas.

À côté de ces situations complexes, les signes d’espérance ne manquent pas non plus, comme j’ai pu le constater lors de mon voyage en Mongolie, dont je renouvelle ma gratitude aux Autorités pour l’accueil qu’elles m’ont réservé. De même, je tiens à remercier les Autorités hongroises pour leur hospitalité lors de ma visite dans le pays en avril dernier. Ce fut un voyage au cœur de l’Europe, où l’on respire l’histoire et la culture et où j’ai ressenti la chaleur de nombreuses personnes, mais aussi la proximité d’un conflit que l’on n’aurait pas cru possible dans l’Europe du XXIème siècle.

Malheureusement, après presque deux années de guerre à grande échelle menée par la Fédération de Russie contre l’Ukraine, la paix tant désirée n’a toujours pas trouvé sa place dans les esprits et les cœurs, malgré les nombreuses victimes et les énormes destructions. Un conflit qui s’enracine de plus en plus, au détriment de millions de personnes, ne peut être autorisé à se poursuivre, mais doit prendre fin par la négociation, dans le respect du droit international.

J’exprime également ma préoccupation quant à la situation tendue dans le Caucase du Sud entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, et j’exhorte les parties à parvenir à la signature d’un Traité de paix. Il est urgent de trouver une solution à la situation humanitaire dramatique des habitants de cette région, de faciliter le retour des personnes déplacées dans leurs foyers en toute légalité et sécurité, et de respecter les lieux de culte des différentes confessions religieuses présentes. De telles mesures pourraient contribuer à la création d’un climat de confiance entre les deux pays en vue de la paix tant désirée.

Si nous tournons maintenant notre regard vers l’Afrique, nous avons sous les yeux la souffrance de millions de personnes due aux multiples crises humanitaires dans lesquelles se trouvent divers pays subsahariens, en raison du terrorisme international, de problèmes sociopolitiques complexes et des effets dévastateurs provoqués par le changement climatique, auxquels s’ajoutent les conséquences des coups d’État militaires dans certains pays et de certains processus électoraux caractérisés par la corruption, l’intimidation et la violence.

En même temps, je renouvelle un appel à un engagement sérieux de la part de tous les acteurs impliqués dans la mise en œuvre de l’Accord de Pretoria de novembre 2022, qui a mis fin aux combats dans le Tigré, et dans la recherche de solutions pacifiques aux tensions et aux violences qui affectent l’Éthiopie, ainsi que pour le dialogue, la paix et la stabilité entre les pays de la Corne de l’Afrique.

Je voudrais également mentionner les événements dramatiques au Soudan où, malheureusement, après des mois de guerre civile, aucune issue n’est encore en vue, ainsi que les situations des personnes déplacées au Cameroun, au Mozambique, en République démocratique du Congo et au Soudan du Sud. C’est précisément dans ces deux derniers pays que j’ai eu la joie de me rendre au début de l’année dernière, afin d’apporter un signe de proximité à leurs populations souffrantes, bien que dans des contextes et des situations différentes. Je remercie chaleureusement les Autorités de ces deux pays pour leurs efforts d’organisation et pour l’accueil qu’elles m’ont réservé. Le voyage au Soudan du Sud avait également un caractère œcuménique, puisque j’étais accompagné par l’Archevêque de Canterbury et le Modérateur de l’Assemblée générale de l’Église d’Écosse, témoignant ainsi de l’engagement commun de nos Communautés ecclésiales en faveur de la paix et de la réconciliation.

Bien qu’il n’y ait pas de guerre ouverte aux Amériques, il existe de fortes tensions entre certains pays, par exemple entre le Venezuela et le Guyana, alors que dans d’autres, comme le Pérou, on observe des phénomènes de polarisation qui compromettent l’harmonie sociale et affaiblissent les institutions démocratiques.

La situation au Nicaragua reste préoccupante : une crise qui perdure et aux conséquences douloureuses pour l’ensemble de la société nicaraguayenne, en particulier pour l’Église catholique. Le Saint-Siège ne cesse d’appeler à un dialogue diplomatique respectueux pour le bien des catholiques et de l’ensemble de la population.

Excellences, Mesdames et Messieurs,

derrière ce tableau que j’ai voulu esquisser brièvement et sans prétention d’exhaustivité, se trouve un monde de plus en plus déchiré, mais surtout se trouvent des millions de personnes – des hommes, des femmes, des pères, des mères, des enfants – dont les visages nous sont pour la plupart inconnus et que nous oublions souvent.

D’autre part, les guerres modernes ne se déroulent plus uniquement sur des champs de bataille délimités, n’impliquent pas uniquement les soldats. Dans un contexte où le discernement entre objectifs militaires et civils semble ne plus être observé, il n’y a pas de conflit qui ne finisse en quelque sorte par frapper aveuglément la population civile. Les événements en Ukraine et à Gaza en sont la preuve évidente. Nous ne devons pas oublier que les violations graves du droit international humanitaire sont des crimes de guerre, et qu’il ne suffit pas de les relever, mais qu’il faut les prévenir. Un engagement accru de la Communauté internationale est nécessaire pour sauvegarder et mettre en œuvre le droit humanitaire qui semble être la seule voie pour la protection de la dignité humaine dans les situations de guerre.

Au début de cette année, l’exhortation du Concile Vatican II, dans Gaudium et spes, résonne plus que jamais actuelle : « Il existe, pour tout ce qui concerne la guerre, diverses conventions internationales, qu’un assez grand nombre de pays ont signées en vue de rendre moins inhumaines les actions militaires et leurs conséquences. […] Ces accords doivent être observés ; bien plus, tous, particulièrement les autorités publiques ainsi que les personnalités compétentes, doivent s’efforcer autant qu’ils le peuvent de les améliorer et de leur permettre ainsi de mieux contenir, et de façon plus efficace, l’inhumanité des guerres ». [2]Même lorsqu’il s’agit d’exercer le droit à la légitime défense, il est indispensable de s’en tenir à un usage proportionné de la force.

Peut-être nous ne réalisons pas que les victimes civiles ne sont pas des “dommages collatéraux”. Ce sont des hommes et des femmes avec des noms et prénoms qui perdent la vie. Ce sont des enfants qui restent orphelins et privés d’avenir. Ce sont des personnes qui souffrent de la faim, de la soif et du froid ou qui restent mutilées à cause de la puissance des engins modernes. Si nous pouvions regarder chacun dans les yeux, l’appeler par son nom et évoquer son histoire personnelle, nous regarderions la guerre pour ce qu’elle est : rien d’autre qu’une immense tragédie et “un massacre inutile” [3] qui affecte la dignité de toute personne sur cette terre.

D’autre part, les guerres peuvent se poursuivre grâce à l’énorme disponibilité des armes. Il convient de poursuivre une politique de désarmement, car il est illusoire de penser que les armements ont une valeur dissuasive. C’est plutôt le contraire qui est vrai : la disponibilité des armes encourage leur utilisation et augmente leur production. Les armes créent la méfiance et détournent les ressources. Combien de vies pourraient être sauvées avec les ressources destinées aujourd’hui aux armements ? Ne serait-il pas préférable de les investir dans une véritable sécurité mondiale ? Les défis de notre temps dépassent les frontières, comme le montrent les différentes crises – alimentaire, environnementale, économique et sanitaire – qui caractérisent le début du siècle. Je réitère ici ma proposition de créer un Fonds mondial pour éradiquer enfin la faim [4] et promouvoir un développement durable de la planète entière.

Parmi les menaces causées par ces instruments de mort, je ne peux manquer de mentionner celle provoquée par les arsenaux nucléaires et par le développement d’engins de plus en plus sophistiqués et destructeurs. J’insiste une fois de plus sur l’immoralité de la fabrication et de la détention d’armes nucléaires. À cet égard, j’espère que les négociations sur le redémarrage du Plan d’action global commun, mieux connu sous le nom d’“Accord sur le nucléaire iranien”, pourront reprendre le plus rapidement possible, afin de garantir à tous un avenir plus sûr.

Afin de poursuivre la paix, il ne suffit pas toutefois de se contenter de supprimer les instruments belliqueux, il faut encore extirper à la racine les causes des guerres, en premier la faim, une plaie qui frappe encore des régions entières de la terre, alors qu’ailleurs ont lieu des gaspillages alimentaires énormes. Il y a ensuite l’exploitation des ressources naturelles, qui enrichit un petit nombre, laissant dans la misère et dans la pauvreté des populations entières, qui seraient les bénéficiaires naturels de ces ressources. À cela est liée l’exploitation des personnes, contraintes de travailler en étant sous payées, et sans perspectives réelles de croissance professionnelle.

Parmi les causes de conflit, il y a aussi les catastrophes naturelles et environnementales. Certes, il y a des catastrophes que la main de l’homme ne peut pas contrôler. Je pense aux récents tremblements de terre au Maroc et en Chine, qui ont fait des centaines de victimes, ainsi qu’à celui qui a durement frappé la Turquie et une partie de la Syrie et qui a laissé derrière lui une terrible traînée de mort et de destruction. Je pense aussi à l’inondation qui a frappé Derna en Libye, détruisant de fait la ville, entre autres à cause de l’effondrement concomitant de deux barrages.

Il y a cependant des catastrophes qui sont aussi imputables à l’action ou à la négligence de l’homme et qui contribuent gravement à la crise climatique en cours, comme par exemple la déforestation de l’Amazonie, le “poumon vert” de la terre.

La crise climatique et environnementale a fait l’objet de la 28ème Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (COP28), qui s’est tenue à Dubaï le mois dernier, à laquelle je regrette de ne pas avoir pu participer personnellement. Elle a commencé au moment où l’Organisation Météorologique Mondiale annonçait que 2023 a été l’année la plus chaude des 174 années précédemment enregistrées. La crise climatique exige une réponse de plus en plus urgente et demande la pleine implication de tous et de toute la communauté internationale. [5]

L’adoption du document final à la COP28 constitue une étape encourageante et révèle que, face aux nombreuses crises que nous vivons, il existe une possibilité de revitaliser le multilatéralisme par la gestion de la question climatique mondiale, dans un monde où les problèmes environnementaux, sociaux et politiques sont étroitement liés. Lors de la COP28, il est apparu clairement à quel point la décennie actuelle est une décennie critique pour faire face au changement climatique. Le soin de la création et la paix « sont les questions les plus urgentes, et elles sont liées ». [6] Je souhaite donc que ce qui a été décidé à Dubaï conduise à « une accélération décisive de la transition écologique, à travers des formes qui […] soient mises en œuvre dans quatre domaines : l’efficacité énergétique, les sources renouvelables, l’élimination des combustibles fossiles et l’éducation à des modes de vie moins dépendants de ces derniers ». [7]

Les guerres, la pauvreté, la maltraitance de notre maison commune et l’exploitation continuelle de ses ressources, qui sont à la racine de catastrophes naturelles, sont des causes qui poussent aussi des milliers de personnes à abandonner leur terre à la recherche d’un avenir de paix et de sécurité. En voyage, ils risquent leur vie sur des routes dangereuses comme le désert du Sahara, la forêt du Darién à la frontière entre la Colombie et le Panama, en Amérique centrale, au nord du Mexique, à la frontière avec les États-Unis, et surtout en mer Méditerranée. Cette dernière est malheureusement devenue au cours de la dernière décennie un grand cimetière, avec des tragédies qui continuent à se succéder, notamment à cause de trafiquants d’êtres humains sans scrupules. Parmi les nombreuses victimes, ne l’oublions pas, il y a beaucoup de mineurs non accompagnés.

La Méditerranée devrait plutôt être un laboratoire de paix, un « lieu où des pays et des réalités différentes se rencontrent sur la base de l’humanité que nous partageons tous », [8] comme j’ai eu l’occasion de le souligner à Marseille, au cours de mon voyage, pour lequel je remercie les organisateurs et les Autorités françaises, à l’occasion des Rencontres Méditerranéennes. Face à cette immense tragédie, nous finissons facilement par fermer notre cœur, nous retranchant derrière la peur d’une “invasion”. Nous oublions facilement que nous avons devant nous des personnes avec des visages et des noms et nous oublions la vocation propre de la Mare Nostrum, qui n’est pas celle d’être un cimetière, mais un lieu de rencontre et d’enrichissement réciproque entre personnes, peuples et cultures. Cela n’empêche pas que les migrations doivent être réglementées pour accueillir, promouvoir, accompagner et intégrer les migrants, dans le respect de la culture, de la sensibilité et de la sécurité des populations qui prennent en charge l’accueil et l’intégration. D’autre part, il faut aussi rappeler le droit de pouvoir demeurer dans sa patrie et la nécessité qui en découle de créer les conditions pour qu’il puisse s’exercer effectivement.

Face à ce défi, aucun pays ne peut être laissé seul, et personne ne peut penser à affronter isolément la question à travers des législations plus restrictives et répressives, approuvées parfois sous la pression de la peur ou pour la recherche d’un consensus électoral. C’est pourquoi je salue avec satisfaction l’engagement de l’Union Européenne à rechercher une solution commune par l’adoption du nouveau Pacte sur la Migration et l’Asile, tout en relevant certaines limites, notamment en ce qui concerne la reconnaissance du droit d’asile et le risque de détention arbitraire.

Chers Ambassadeurs,

la voie de la paix exige le respect de la vie, de toute vie humaine, à partir de celle de l’enfant à naître dans le sein de la mère, qui ne peut être supprimée, ni devenir objet de marchandage. À cet égard, je trouve regrettable la pratique de la dite mère porteuse, qui lèse gravement la dignité de la femme et de l’enfant. Elle est fondée sur l’exploitation d’une situation de nécessité matérielle de la mère. Un enfant est toujours un cadeau et jamais l’objet d’un contrat. Je souhaite donc un engagement de la Communauté internationale pour interdire cette pratique au niveau universel. À chaque moment de son existence, la vie humaine doit être préservée et protégée, tandis que je constate avec regret, en particulier en Occident, la diffusion persistante d’une culture de la mort qui, au nom d’une fausse piété, rejette les enfants, les personnes âgées et les malades.

La voie de la paix exige le respect des droits humains, selon la formulation, simple mais claire, contenue dans la Déclaration Universelle des Droits Humains dont nous venons de célébrer le 75ème anniversaire. Il s’agit de principes rationnellement évidents et communément acceptés. Malheureusement, les tentatives tentées ces dernières décennies d’introduire de nouveaux droits qui ne sont pas pleinement importants par rapport à ceux initialement définis et pas toujours acceptables, ont suscité des colonisations idéologiques, parmi lesquels la théorie du genre joue un rôle central, qui est très dangereuse parce qu’elle efface les différences dans la prétention de rendre tous égaux. Ces colonisations idéologiques provoquent des blessures et des divisions entre les États, au lieu de favoriser l’édification de la paix.

Le dialogue, en revanche, doit être l’âme de la Communauté internationale. La conjoncture actuelle est également causée par l’affaiblissement des structures de diplomatie multilatérale qui ont vu le jour après la Seconde Guerre mondiale. Des organismes créés pour favoriser la sécurité, la paix et la coopération ne parviennent plus à réunir tous leurs membres autour d’une table. Il y a le risque d’une “monadologie” et de la fragmentation en “clubs” qui ne laissent entrer que des États considérés comme idéologiquement apparentés. Même ces organismes jusqu’à présent efficaces, concentrés sur le bien commun et sur des questions techniques, risquent une paralysie à cause de polarisations idéologiques, en étant instrumentalisés par des États singuliers.

Pour relancer un engagement commun au service de la paix, il convient de retrouver les racines, l’esprit et les valeurs qui ont donné naissance à ces organismes, tout en tenant compte de l’évolution du contexte et en tenant compte de ceux qui ne se sentent pas suffisamment représentés par les structures des Organisations internationales.

Il est certain que dialoguer requiert de la patience, de la persévérance et une capacité d’écoute. Mais lorsqu’on tente sincèrement de mettre fin aux discordes, des résultats significatifs peuvent être obtenus. Je pense par exemple à l’Accord de Belfast, connu aussi sous le nom d’Accord du Vendredi Saint, signé par les Gouvernements britannique et irlandais, dont le 25ème anniversaire a été commémoré l’année dernière. En mettant fin à trente ans de conflit violent, il peut être pris comme exemple pour inciter et stimuler les Autorités à croire aux processus de paix, malgré les difficultés et les sacrifices qu’ils requièrent.

Le chemin de la paix passe par le dialogue politique et social, car celui-ci est la base de la coexistence civile d’une communauté politique moderne. L’année 2024 verra la convocation des élections dans de nombreux États. Les élections sont un moment fondamental dans la vie d’un pays car elles permettent à tous les citoyens de choisir de manière responsable leurs dirigeants. Les paroles de Pie XII, plus que jamais actuelles, résonnent : « Exprimer son opinion sur les devoirs et les sacrifices qui lui sont imposés ; ne pas être contraint d’obéir sans être écouté : voilà deux droits du citoyen qui trouvent leur expression dans la démocratie, comme son nom même l’indique. C’est à la solidité, à l’harmonie, aux bons fruits de ce contact entre les citoyens et le gouvernement de l’État que l’on peut reconnaître si une démocratie est vraiment saine et équilibrée, et quelle est sa force de vie et de développement ». [9]

C’est pourquoi il est important que les citoyens, en particulier les jeunes générations qui seront appelées aux urnes pour la première fois, sentent qu’il est de leur responsabilité première de contribuer à la construction du bien commun, à travers une participation libre et consciente aux votes. D’autre part, la politique doit toujours être comprise non pas comme l’appropriation du pouvoir, mais comme la « forme la plus élevée de la charité » [10] et donc du service du prochain au sein d’une communauté locale et nationale.

Le chemin de la paix passe aussi par le dialogue interreligieux, qui nécessite avant tout la protection de la liberté religieuse et le respect des minorités. Il est douloureux, par exemple, de constater que de plus en plus de pays adoptent des modèles de contrôle centralisé de la liberté religieuse, avec l’utilisation massive de la technologie. En d’autres lieux, les communautés religieuses minoritaires se trouvent souvent dans une situation de plus en plus dramatique. Dans certains cas, elles sont menacées d’extinction, en raison d’une combinaison d’actions terroristes, d’attaques contre le patrimoine culturel et de mesures plus subtiles telles que la prolifération de lois anti-conversion, la manipulation des règles électorales et les restrictions financières.

L’augmentation des actes antisémites survenus ces derniers mois est particulièrement préoccupante. Je rappelle une nouvelle fois que ce fléau doit être éradiqué de la société, notamment par l’éducation à la fraternité et à l’acceptation de l’autre.

L’augmentation des persécutions et des discriminations à l’encontre des chrétiens, en particulier au cours de la dernière décennie, est tout aussi préoccupante. Il s’agit souvent, bien que de manière non sanglante mais socialement importante, de phénomènes de lente marginalisation et exclusion de la vie politique et sociale et de l’exercice de certaines professions, qui se produisent même dans des pays traditionnellement chrétiens. Dans l’ensemble, plus de 360 millions de chrétiens dans le monde subissent un niveau élevé de persécution et de discrimination en raison de leur foi, et de plus en plus sont contraints de fuir leur pays d’origine.

Enfin, le chemin de la paix passe par l’éducation qui est le principal investissement pour l’avenir et pour les jeunes générations. J’ai encore bien vivant le souvenir des Journées Mondiales de la Jeunesse qui se sont déroulées au Portugal en août dernier. Tout en remerciant encore une fois les Autorités portugaises, tant civiles que religieuses, pour leur engagement dans l’organisation, je garde dans mon cœur la rencontre avec plus d’un million de jeunes, venus du monde entier, pleins d’enthousiasme et de volonté de vivre. Leur présence a été un grand hymne à la paix et le témoignage que « l’unité est supérieure au conflit » [11] et qu’il est « possible de développer une communion dans les différences ». [12]

À notre époque, une partie du défi éducatif concerne l’utilisation éthique des nouvelles technologies. Celles-ci peuvent facilement devenir des instruments de division ou de diffusion de mensonges, les fake news comme on les appelle, mais elles sont aussi un moyen de rencontres, d’échanges mutuels et un important vecteur de paix. « Les remarquables progrès des nouvelles technologies de l’information, en particulier dans la sphère numérique, présentent des opportunités enthousiasmantes et des risques graves, avec de sérieuses implications pour la poursuite de la justice et de l’harmonie entre les peuples ». [13] C’est pourquoi il m’a semblé important de consacrer le Message de la Journée Mondiale de la Paix annuel à l’intelligence artificielle qui constitue l’un des défis les plus importants des années à venir.

Il est indispensable que le développement technologique se fasse de manière éthique et responsable, en préservant la centralité de la personne humaine dont la contribution ne peut et ne pourra jamais être remplacée par un algorithme ou une machine. « La dignité intrinsèque de chaque personne et la fraternité qui nous lient en tant que membres de l’unique famille humaine doivent rester à la base du développement des nouvelles technologies et servir de critères indiscutables pour les évaluer avant leur utilisation, afin que le progrès numérique se fasse dans le respect de la justice et contribue à la cause de la paix ». [14]

Une réflexion approfondie s’impose donc à tous les niveaux, national et international, politique et social, pour que le développement de l’intelligence artificielle reste au service de l’homme, en favorisant et non en entravant, notamment chez les jeunes, les relations interpersonnelles, un sain esprit de fraternité et une pensée critique capable de discernement.

Dans cette perspective, les deux Conférences Diplomatiques de l’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle, qui auront lieu en 2024 et auxquelles le Saint-Siège participera en tant qu’État membre, acquièrent une particulière importance. Pour le Saint-Siège, la propriété intellectuelle est essentiellement orientée vers la promotion du bien commun et ne peut s’affranchir de limitations de nature éthique donnant lieu à des situations d’injustice et d’exploitation indue. Une attention particulière doit également être accordée à la protection du patrimoine génétique humain, en empêchant les pratiques contraires à la dignité de l’homme, telles que le brevetage du matériel biologique humain et le clonage des êtres humains.

Excellences, Mesdames, Messieurs,

l’Église se prépare cette année au Jubilé qui commencera à Noël prochain. Je remercie en particulier les Autorités italiennes, nationales et locales, pour les efforts qu’elles déploient afin de préparer la ville de Rome à accueillir de nombreux pèlerins et leur permettre de tirer des fruits spirituels de la démarche jubilaire.

Aujourd’hui, peut-être plus que jamais, nous avons besoin de l’année jubilaire. Face à tant de souffrances, qui provoquent désespoir non seulement chez les personnes directement touchées mais dans toutes nos sociétés ; face à nos jeunes qui, au lieu de rêver d’un avenir meilleur, se sentent souvent impuissants et frustrés ; et face à l’obscurité de ce monde qui semble se répandre au lieu de reculer, le Jubilé proclame que Dieu n’abandonne jamais son peuple et garde toujours ouvertes les portes de son Royaume. Dans la tradition judéo-chrétienne, le Jubilé est un temps de grâce où l’on fait l’expérience de la miséricorde de Dieu et du don de sa paix. C’est un temps de justice où les péchés sont pardonnés, où la réconciliation l’emporte sur l’injustice et où la terre se repose. Il peut être pour tous – chrétiens et non-chrétiens – le temps de briser les épées pour en faire des charrues ; le temps où une nation ne lèvera plus l’épée contre une autre et où l’on n’apprendra plus l’art de la guerre (cf. Is 2, 4).

C’est le vœu, chers frères et sœurs, le vœu que je forme de tout cœur pour chacun d’entre vous, chers Ambassadeurs, à vos familles, aux collaborateurs et aux peuples que vous représentez.

Merci et bonne année à tous !

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[1] Radio-message de Noël aux peuples du monde entier (24 décembre 1944).
[2] Const. past . Gaudium et spes (7 décembre 1965), n. 79.
[3] Cf. Benoît XV, Lettre aux chefs des peuples belligérants (1 er août 1917) .
[4] Cf. Lett. enc. Fratelli tutti (3 octobre 2020), n. 262.
[5] Cf. Exhort. ap. Laudate Deum (4 octobre 2023).
[6] Discours à la Conférence des États parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (2 décembre 2023).
[7] Ibid.
[8] Discours à la Session conclusive des « Rencontres Méditerranéennes », Marseille, 23 septembre, n. 1.
[9] Message radio de Noël aux peuples du monde entier (24 décembre 1944).
[10] Pie XI, Audience aux dirigeants de la Fédération Universitaire Catholique (18 décembre 1927).
[11] Exhort. ap. Evangelii gaudium (24 novembre 2013), n. 228.
[12] Ibid.
[13] Message pour la 57ème Journée Mondiale de la Paix (8 décembre 2023), n. 1.
[14] Ibid., n. 2.

 

Source : vatican.va
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