
Salle Clémentine, vendredi 6 juin 2025
Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.
Que la paix soit avec vous !
Monsieur le Cardinal,
Chers frères dans l’épiscopat, chers frères et sœurs !
Je suis heureux de vous accueillir à l’occasion de la rencontre annuelle organisée par le Dicastère pour les Laïcs, la Famille et la Vie avec vous, modérateurs, responsables internationaux et délégués des associations ecclésiales reconnues ou érigées par le Saint-Siège.
Vous représentez des milliers de personnes qui vivent leur expérience de foi et leur apostolat au sein d’associations, de mouvements et de communautés. Je tiens donc tout d’abord à vous remercier pour le service de guidance et d’animation que vous accomplissez. Soutenir et encourager les frères dans leur cheminement chrétien implique des responsabilités, des engagements, souvent aussi des difficultés et des incompréhensions, mais c’est une tâche indispensable et d’une grande valeur. L’Église vous est reconnaissante pour tout le bien que vous faites.
Le don de la vie associative et des charismes
Les réalités associatives auxquelles vous appartenez sont très différentes les unes des autres, par leur nature et leur histoire, et toutes sont importantes pour l’Église. Certaines sont nées pour partager un objectif apostolique, caritatif, cultuel, ou pour soutenir le témoignage chrétien dans des milieux sociaux spécifiques. D’autres, en revanche, sont nées d’une inspiration charismatique, d’un charisme initial qui a donné naissance à un mouvement, à une nouvelle forme de spiritualité et d’évangélisation.
Dans la volonté de s’associer, qui a donné naissance au premier type d’associations, nous trouvons une caractéristique essentielle : personne n’est chrétien seul ! Nous faisons partie d’un peuple, d’un corps que le Seigneur a constitué. Saint Augustin, parlant des premiers disciples de Jésus, dit : « Ils étaient certainement devenus le temple de Dieu, et ils ne l’étaient pas seulement individuellement, mais tous ensemble, ils étaient devenus le temple de Dieu » (En. in Ps. 131, 5). La vie chrétienne ne se vit pas dans l’isolement, comme s’il s’agissait d’une aventure intellectuelle ou sentimentale, confinée dans notre esprit et dans notre cœur. Elle se vit avec les autres, en groupe, en communauté, car le Christ ressuscité se rend présent parmi les disciples réunis en son nom.
L’apostolat associé des fidèles a été vivement encouragé par le Concile Vatican II, en particulier avec le Décret sur l’apostolat des laïcs, où, entre autres, il est affirmé qu’il « est d’une grande importance aussi parce que, tant dans les communautés ecclésiales que dans les divers milieux, il exige souvent d’être exercé par une action commune. En effet, les associations créées pour une activité apostolique commune soutiennent leurs membres et les forment à l’apostolat, ordonnent et guident leur action apostolique, de sorte qu’on peut espérer des fruits beaucoup plus abondants que si les individus agissaient séparément » (n° 18).
Il y a ensuite les réalités nées d’un charisme : le charisme d’un fondateur ou d’un groupe d’initiateurs, ou encore le charisme qui s’inspire de celui d’un institut religieux. C’est là aussi une dimension essentielle de l’Église. Je voudrais vous inviter à considérer les charismes en référence à la grâce, au don de l’Esprit. Dans la lettre Iuvenescit Ecclesia, que vous connaissez bien, il est dit que la hiérarchie ecclésiastique et le sacrement de l’Ordre existent pour que demeure toujours vivante parmi les fidèles « l’offre objective de la grâce » qui est donnée à travers « les sacrements, l’annonce normative de la Parole et la pastorale » (n° 14). Les charismes, en revanche, « sont distribués librement par le Saint-Esprit afin que la grâce sacramentelle porte ses fruits dans la vie chrétienne de manière diversifiée et à tous ses niveaux » (n° 15).
Ainsi, tout dans l’Église s’explique par rapport à la grâce : l’institution existe pour que la grâce soit toujours offerte, les charismes sont suscités pour que cette grâce soit accueillie et porte ses fruits. Sans les charismes, la grâce du Christ, offerte en abondance, risque de ne pas trouver de terrain fertile pour être reçue ! C’est pourquoi Dieu suscite les charismes, afin qu’ils réveillent dans les cœurs le désir de rencontrer le Christ, la soif de la vie divine qu’Il nous offre, en un mot, la grâce !
Je tiens ainsi à réaffirmer, dans le sillage de mes prédécesseurs et avec le Magistère de l’Église, surtout depuis le Concile Vatican II, que les dons hiérarchiques et les dons charismatiques « sont coessentiels à la constitution divine de l’Église fondée par Jésus » (Saint Jean-Paul II, Message au Congrès mondial des mouvements ecclésiaux, 27 mai 1998). Grâce aux charismes qui ont donné naissance à vos mouvements et à vos communautés, de nombreuses personnes se sont rapprochées du Christ, ont retrouvé l’espoir dans la vie, ont découvert la maternité de l’Église et souhaitent être aidées à grandir dans la foi, dans la vie communautaire, dans les œuvres de charité, et à apporter aux autres, par l’évangélisation, le don qu’elles ont reçu.
Unité et mission, en union avec le Pape
L’unité et la mission sont deux piliers de la vie de l’Église et deux priorités du ministère pétrinien. C’est pourquoi j’invite toutes les associations et tous les mouvements ecclésiaux à collaborer fidèlement et généreusement avec le Pape, en particulier dans ces deux domaines.
Tout d’abord en étant le levain de l’unité. Vous faites tous continuellement l’expérience de la communion spirituelle qui vous lie. C’est la communion que le Saint-Esprit crée dans l’Église. C’est une unité qui a son fondement dans le Christ : Il nous attire, Il nous attire à Lui et ainsi Il nous unit aussi entre nous. C’est ainsi que s’exprimait saint Paulin de Nola dans une lettre à saint Augustin : « Nous avons un seul chef, la grâce qui nous inonde est unique, nous vivons d’un seul pain, nous marchons sur un seul chemin, nous habitons dans la même maison. […] Nous ne formons qu’un, tant dans l’esprit que dans le corps du Seigneur, afin d’éviter de n’être rien si nous nous séparons de cet Un » (Lettre 30, 2).
Cette unité, que vous vivez dans les groupes et les communautés, étendez-la partout : dans la communion avec les pasteurs de l’Église, dans la proximité avec les autres réalités ecclésiales, en vous rendant proches des personnes que vous rencontrez, afin que vos charismes restent toujours au service de l’unité de l’Église et soient eux-mêmes « levain d’unité, de communion et de fraternité » (cf. Homélie, 18 mai 2025) dans un monde si déchiré par la discorde et la violence.
Deuxièmement, la mission. La mission a marqué mon expérience pastorale et a façonné ma vie spirituelle. Vous aussi, vous avez fait cette expérience. De la rencontre avec le Seigneur, de la nouvelle vie qui a envahi votre cœur, est né le désir de le faire connaître aux autres. Et vous avez impliqué beaucoup de personnes, consacré beaucoup de temps, d’enthousiasme, d’énergie pour faire connaître l’Évangile dans les endroits les plus reculés, dans les milieux les plus difficiles, en supportant des difficultés et des échecs. Gardez toujours vivant parmi vous cet élan missionnaire : les mouvements ont encore aujourd’hui un rôle fondamental à jouer dans l’évangélisation. Parmi vous, il y a des personnes généreuses, bien formées, ayant une expérience « sur le terrain ». Il s’agit d’un patrimoine à faire fructifier, en restant à l’écoute de la réalité d’aujourd’hui avec ses nouveaux défis. Mettez vos talents au service de la mission, tant dans les lieux de première évangélisation que dans les paroisses et les structures ecclésiales locales, afin d’atteindre tous ceux qui sont loin et qui, parfois sans le savoir, attendent la Parole de vie.
Conclusion
Très chers amis, je suis heureux de vous rencontrer aujourd’hui pour la première fois. Si Dieu le veut, nous aurons d’autres occasions de mieux nous connaître, mais en attendant, je vous encourage à poursuivre votre chemin. Gardez toujours le Seigneur Jésus au centre ! C’est l’essentiel, et les charismes eux-mêmes servent à cela. Le charisme est fonctionnel à la rencontre avec le Christ, à la croissance et à la maturation humaine et spirituelle des personnes, à l’édification de l’Église. En ce sens, nous sommes tous appelés à imiter le Christ, qui s’est dépouillé lui-même pour nous enrichir (cf. Ph 2, 7). Ainsi, quiconque poursuit avec d’autres un but apostolique ou quiconque est porteur d’un charisme est appelé à enrichir les autres, en se dépouillant de lui-même. Et cela est source de liberté et de grande joie.
Merci pour ce que vous êtes et aussi pour ce que vous faites ! Je vous confie à la protection de Marie, Mère de l’Église, et je vous bénis de tout cœur, ainsi que tous ceux que vous représentez. Merci !
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[Homélie de la messe, avec bénédiction des palliums pour les nouveaux archevêques métropolitains, en la solennité des saints apôtres Pierre et Paul]
Basilique Saint-Pierre, dimanche 29 juin 2025
Chers frères et sœurs,
Nous célébrons aujourd’hui deux frères dans la foi, Pierre et Paul, que nous reconnaissons comme les colonnes de l’Église et que nous vénérons comme saints patrons du diocèse et de la ville de Rome.
L’histoire de ces deux apôtres nous interpelle aussi de près, nous qui formons la communauté des disciples du Seigneur qui pérégrine en ces temps. En regardant leur témoignage, je voudrais souligner deux aspects en particulier : la communion ecclésiale et la vitalité de la foi.
Tout d’abord, la communion ecclésiale. La liturgie de cette solennité nous montre en effet comment Pierre et Paul ont été appelés à vivre un destin unique, celui du martyre, qui les a unies définitivement au Christ. Dans la première lecture, nous trouvons Pierre qui, en prison, attend l’exécution de la sentence (cf. Ac 12, 1-11) ; dans la seconde, l’apôtre Paul, lui aussi enchaîné, affirme dans une sorte de testament que son sang va être versé et offert à Dieu (cf. 2 Tm 4, 6-8.17-18). Pierre et Paul donnent tous deux leur vie pour la cause de l’Évangile.
Cependant, cette communion dans l’unique confession de la foi n’est pas une conquête pacifique. Les deux apôtres l’atteignent comme un but auquel ils parviennent après un long cheminement, au cours duquel chacun a embrassé la foi et vécu l’apostolat d’une manière différente. Leur fraternité dans l’Esprit n’efface pas les différences qui étaient les leurs au départ : Simon était un pêcheur de Galilée, Saul était un intellectuel rigoureux appartenant au parti des pharisiens ; le premier a tout quitté immédiatement pour suivre le Seigneur ; le second a persécuté les chrétiens jusqu’à ce qu’il soit transformé par le Christ ressuscité ; Pierre prêche surtout aux Juifs ; Paul est poussé à apporter la Bonne Nouvelle aux nations.
Entre les deux, comme nous le savons, les conflits n’ont pas manqué au sujet de la relation avec les païens, au point que Paul affirma : « Quand Céphas est venu à Antioche, je lui ai résisté en face, car il était manifestement dans son tort » (Gal 2, 11). Et cette question, comme nous le savons, sera traitée par le Concile de Jérusalem, où les deux apôtres s’affronteront à nouveau.
Très chers amis, l’histoire de Pierre et Paul nous enseigne que la communion à laquelle le Seigneur nous appelle est une harmonie de voix et de visages qui n’annule pas la liberté de chacun. Nos saints patrons ont suivi des chemins différents, ont eu des idées différentes, ils se sont parfois confrontés et affrontés avec une franchise évangélique. Pourtant, cela ne les a pas empêchés de vivre la concordia apostolorum, c’est-à-dire une communion vivante dans l’Esprit, une harmonie féconde dans la diversité. Comme l’affirme saint Augustin, « un seul jour est consacré à la fête des deux apôtres. Mais eux aussi étaient une seule chose. Bien qu’ils aient été martyrisés à des jours différents, ils étaient une seule chose » (Discours 295, 7.7).
Tout cela nous interroge sur le chemin de la communion ecclésiale, qui naît de l’élan de l’Esprit, unit les diversités et crée des ponts d’unité dans la variété des charismes, des dons et des ministères. Il est important d’apprendre à vivre ainsi la communion, comme unité dans la diversité, afin que la variété des dons, reliée dans la confession de l’unique foi, contribue à l’annonce de l’Évangile. C’est sur cette voie que nous sommes appelés à marcher, en regardant précisément à Pierre et à Paul, car nous avons tous besoin de cette fraternité. L’Église en a besoin, les relations entre les laïcs et les prêtres, entre les prêtres et les évêques, entre les évêques et le Pape en ont besoin ; tout comme en ont besoin la vie pastorale, le dialogue œcuménique et les relations d’amitié que l’Église souhaite entretenir avec le monde. Engageons-nous à faire de nos différences un laboratoire d’unité et de communion, de fraternité et de réconciliation, afin que chacun dans l’Église, avec son histoire personnelle, apprenne à marcher avec les autres.
Les saints Pierre et Paul nous interpellent également sur la vitalité de notre foi. Dans l’expérience du disciple, en effet, il y a toujours le risque de tomber dans l’habitude, dans le ritualisme, dans des schémas pastoraux qui se répètent sans se renouveler et sans relever les défis du présent. Dans l’histoire des deux Apôtres, en revanche, nous sommes inspirés par leur volonté de s’ouvrir aux changements, de se laisser interroger par les événements, les rencontres et les situations concrètes des communautés, de rechercher de nouvelles voies pour l’évangélisation à partir des problèmes et des questions posés par nos frères et sœurs dans la foi.
Au cœur de l’Évangile que nous avons entendu, il y a précisément la question que Jésus pose à ses disciples, et qu’il nous adresse aussi aujourd’hui, afin que nous puissions discerner si le cheminement de notre foi conserve son dynamisme et sa vitalité, si la flamme de la relation avec le Seigneur est encore allumée : « Mais vous, qui dites-vous que je suis ? » (Mt 16, 15).
Chaque jour, à chaque heure de l’histoire, nous devons toujours prêter attention à cette question. Si nous ne voulons pas que notre être chrétien se réduise à un héritage du passé, comme nous l’a souvent rappelé le Pape François, il est important de sortir du risque d’une foi fatiguée et statique, pour nous demander : qui est Jésus-Christ pour nous aujourd’hui ? Quelle place occupe-t-il dans notre vie et dans l’action de l’Église ? Comment pouvons-nous témoigner de cette espérance dans notre vie quotidienne et l’annoncer à ceux que nous rencontrons ?
Frères et sœurs, l’exercice du discernement, qui naît de ces questions, permet à notre foi et à l’Église de se renouveler continuellement et d’expérimenter de nouvelles voies et de nouvelles pratiques pour l’annonce de l’Évangile. Cela, avec la communion, doit être notre premier désir. Je voudrais aujourd’hui m’adresser en particulier à l’Église qui est à Rome, car elle est appelée plus que toute autre à devenir signe d’unité et de communion, Église ardente d’une foi vivante, communauté de disciples qui témoignent de la joie et de la consolation de l’Évangile dans toutes les situations humaines.
Dans la joie de cette communion que le cheminement des saints Pierre et Paul nous invite à cultiver, je salue mes frères archevêques qui reçoivent aujourd’hui le pallium. Très chers frères, ce signe, tout en rappelant la tâche pastorale qui vous est confiée, exprime la communion avec l’Évêque de Rome, afin que, dans l’unité de la foi catholique, chacun de vous puisse la nourrir dans les Églises locales qui vous sont confiées.
Je désire ensuite saluer les membres du Synode de l’Église gréco-catholique ukrainienne : merci de votre présence ici et de votre zèle pastoral. Que le Seigneur donne la paix à votre peuple !
Et c’est avec une vive reconnaissance que je salue la délégation du Patriarcat œcuménique, envoyée ici par mon très cher frère Sa Sainteté Bartholomée.
Chers frères et sœurs, édifiés par le témoignage des saints apôtres Pierre et Paul, marchons ensemble dans la foi et dans la communion et invoquons leur intercession sur nous tous, sur la ville de Rome, sur l’Église et sur le monde entier.
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Catéchèse sur la vieillesse
18. Les douleurs de la création.
L’histoire de la créature comme mystère de gestation
Chers frères et sœurs, bonjour!
Nous avons récemment célébré l’Assomption au ciel de la Mère de Jésus. Ce mystère illumine l’accomplissement de la grâce qui a façonné le destin de Marie, et illumine aussi notre destination. La destination est le ciel. Avec cette image de la Vierge élevée au ciel, je voudrais conclure le cycle de catéchèse sur la vieillesse. En occident, nous la contemplons élevée vers le haut, enveloppée d’une lumière glorieuse ; en orient, elle est représentée allongée, endormie, entourée des apôtres en prière tandis que le Seigneur Ressuscité la porte entre ses mains comme un enfant.
La théologie a toujours réfléchi sur le rapport de cette « assomption » singulière avec la mort, que le dogme ne définit pas. Je pense qu’il serait encore plus important d’expliciter la relation de ce mystère avec la résurrection du Fils, qui ouvre la voie de la génération à la vie pour nous tous. Dans l’acte divin de la réunion de Marie avec le Christ ressuscité, la corruption corporelle normale de la mort humaine n’est pas simplement transcendée, plus encore, l’assomption corporelle de la vie de Dieu est anticipée. En effet, le destin de la résurrection qui nous concerne est anticipé : car selon la foi chrétienne, le Ressuscité est le premier-né de nombreux frères et sœurs. Le Seigneur Ressuscité est Celui qui est allé le premier, qui est ressuscité avant tous, puis nous irons à notre tour : c’est notre destin : ressusciter.
Nous pourrions dire — en suivant la parole de Jésus à Nicodème — que c’est un peu comme une seconde naissance (cf. Jn 3, 3-8). Si la première a été une naissance sur terre, la seconde est une naissance au ciel. Ce n’est pas un hasard si l’apôtre Paul, dans le texte lu au début, parle des douleurs de l’enfantement (cf. Rm 8, 22). De même que, dès que nous sortons du ventre de notre mère, c’est toujours nous, le même être humain qui était dans le ventre de notre mère, ainsi, après la mort, nous naissons au ciel, dans l’espace de Dieu, et c’est encore nous qui avons marché sur cette terre. De façon analogue à ce qui est arrivé à Jésus : le Ressuscité est toujours Jésus : il ne perd pas son humanité, son vécu, ni même sa corporéité, non, car sans elle, ce ne serait plus Lui, ce ne serait pas Jésus : c’est-à-dire avec son humanité, avec son vécu.
C’est ce que nous dit l’expérience des disciples, auxquels il apparaît pendant quarante jours après sa résurrection. Le Seigneur montre les blessures qui ont scellé son sacrifice ; mais elles ne sont plus la laideur de la déchéance douloureusement subie, elles sont désormais la preuve indélébile de son amour fidèle jusqu’au bout. Jésus ressuscité avec son corps vit dans l’intimité trinitaire de Dieu ! Et en elle il ne perd pas la mémoire, il n’abandonne pas son histoire, il ne dissout pas les relations dans lesquelles il a vécu sur terre. Il a promis à ses amis : «Quand je serai parti vous préparer une place, je reviendrai et je vous emmènerai auprès de moi, afin que là où je suis, vous soyez, vous aussi» (Jn 14, 3). Il est allé préparer la place pour nous tous et après avoir préparé une place, il viendra. Il ne viendra pas seulement à la fin pour tous, il viendra à chaque fois pour chacun de nous. Il viendra nous chercher pour nous conduire à Lui. En ce sens, la mort est un peu un pas vers la rencontre avec Jésus qui m’attend pour me conduire à lui.
Le Ressuscité vit dans le monde de Dieu, où il y a une place pour chacun, où se forme une nouvelle terre et où se construit la cité céleste, demeure définitive de l’homme. Nous ne pouvons imaginer cette transfiguration de notre corporéité mortelle, mais nous sommes sûrs qu’elle conservera nos visages reconnaissables et nous permettra de rester humains dans le ciel de Dieu. Elle nous permettra de participer, avec une émotion sublime, à l’exubérance infinie et heureuse de l’acte créateur de Dieu, dont nous vivrons directement les interminables aventures.
Quand Jésus parle du Royaume de Dieu, il le décrit comme un repas de noces, comme une fête entre amis, comme le travail qui rend la maison parfaite : c’est la surprise qui rend la moisson plus riche que les semailles. Prendre au sérieux les paroles évangéliques sur le Royaume permet à notre sensibilité de jouir de l’amour actif et créatif de Dieu, et nous met en harmonie avec la destination inouïe de la vie que nous semons. Dans notre vieillesse, chers et chères personnes de mon âge, et je m’adresse aux « vieux messieurs » et aux « vieilles dames », dans notre vieillesse l’importance de tant de « détails » dont la vie est faite — une caresse, un sourire, un geste, un travail apprécié, une surprise inattendue, une gaieté hospitalière, un lien fidèle — devient plus aigu. L’essentiel de la vie, qui à l’approche de notre départ, nous est le plus cher, nous apparaît définitivement clair. Voilà : cette sagesse de la vieillesse est le lieu de notre gestation qui illumine la vie des enfants, des jeunes, des adultes et de toute la communauté. Nous, « vieux », devrions être cela pour les autres : lumière pour les autres. Toute notre vie apparaît comme une graine qui devra être enterrée pour que sa fleur et son fruit naissent. Elle naîtra, avec le reste du monde. Non sans affres, non sans douleur, mais elle naîtra (cf. Jn 16, 21-23). Et la vie du corps ressuscité sera cent mille fois plus vivante que nous ne l’avons goûtée sur cette terre (cf. Mc 10, 28-31).
Ce n’est pas un hasard si le Ressuscité, en attendant les apôtres au bord du lac, fait rôtir du poisson (cf. Jn 21, 9) puis le leur offre. Ce geste d’amour attentionné nous fait prendre conscience de ce qui nous attend quand nous passons sur l’autre rive. Oui, chers frères et sœurs, surtout vous les personnes âgées, le meilleur de la vie doit encore venir ; « Mais nous sommes vieux, qu’avons-nous de plus à attendre ?». Le meilleur, parce que le meilleur de la vie reste à venir. Nous espérons cette plénitude de vie qui nous attend tous, lorsque le Seigneur nous appellera. Que la Mère du Seigneur et notre Mère, qui nous a précédée au Paradis, nous rende la trépidation de l’attente car ce n’est pas une attente anesthésiée, ce n’est pas une attente ennuyée, non, c’est une attente avec trépidation : « Quand mon Seigneur viendra-t-il ? Quand pourrai-je y aller ?». Un peu de peur car je ne sais pas ce que ce passage veut dire et passer cette porte me fait un peu peur, mais il y a les toujours la main du Seigneur qui vous porte de l’avant et à travers la porte, il y a la fête. Nous sommes attentifs, vous chers « vieux messieurs » et chères « vieilles dames », personnes de mon âge, nous sommes attentifs, Il nous attend, seulement un passage et puis la fête.
Bien souvent, la vie ressemble à un trop plein d’urgences ou de tâches à cocher. Des sociologues se penchent sur le phénomène de « l’accélération du temps », expérience majeure de notre société qui provoque souvent une sensation d’étouffement. Mais, ce bombardement constant de sollicitations de toutes sortes, ce « trop de tout », dévoile un réel manque. On peut être tentés de le combler en se donnant à fond dans une seule direction, quand la vie demande un équilibre constant entre efforts et plaisirs. En un principe, Saint Benoît nous offre toute sa sagesse : « L’Homme a besoin de mesure. Il doit sans cesse trouver un équilibre entre l’excès et le manque ».
Il y ajoute une clef : pratiquer les « pôles complémentaires » pour rester attentif à l’essentiel. Prière et travail, silence et chant, séparation du monde et accueil, solitude et vie commune… Un sage équilibre à trouver !

Be Witness vient de sortir un nouveau titre pour ce Noël 2023 !

Malgré une certaine croissance économique, le Mexique reste confronté à de fortes inégalités sociales. Dans les zones rurales, l’accès aux services de base est limité et inégal. De plus, le marché du travail informel se répand. Cette situation limite la protection sociale et expose une large part de la population à des conditions de travail précaires. Enfin, la violence liée au crime organisé affecte profondément le quotidien des Mexicains.

Chers frères et sœurs, bonjour et bienvenu à tous !
Mercredi dernier, nous avons ouvert un cycle de catéchèse sur la passion d’évangéliser, c’est-à-dire sur le zèle apostolique qui doit animer l’Église et tout chrétien. Aujourd’hui, nous nous penchons sur le modèle suprême de l’annonce : Jésus. L’Évangile du jour de Noël l’a défini comme le » Verbe de Dieu » (cf. Jn 1, 1). Le fait qu’il soit le Verbe, la parole, nous indique un aspect essentiel de Jésus : il est toujours en relation, toujours en sortie, jamais isolé, toujours en relation, en sortie ; la parole, en effet, existe pour être transmise, communiquée. Il en est de même pour Jésus, Parole éternelle du Père adressée à nous, communiquée à nous. Christ n’a pas seulement les paroles de vie, mais fait de sa vie une Parole, un message : il vit, pour ainsi dire, toujours tourné vers le Père et vers nous. Toujours en regardant le Père qui l’a envoyé et en nous regardant, nous vers qui il a été envoyé.
En effet, si nous regardons ses journées, décrites dans les Évangiles, nous voyons qu’en premier lieu il y a l’intimité avec le Père, la prière, pour laquelle Jésus se lève tôt, quand il fait encore nuit, et va dans des zones désertes pour prier (cf. Mc 1,35 ; Lc 4,42)pour parler avec le Père. Toutes les décisions et tous les choix plus importants il les prend après avoir prié (cf. Lc 6,12 ; 9,18). C’est précisément dans cette relation, dans la prière qui le lie au Père dans l’Esprit, que Jésus découvre le sens de son être d’homme, de son existence dans le monde parce que Lui est en mission pour nous, envoyé par le Père à nous.
À cet égard, le premier geste public qu’Il pose, après les années de vie cachée à Nazareth, est intéressant. Jésus ne fait pas un grand prodige, il ne lance pas un message sensationnel, mais se mêle aux gens qui allaient se faire baptiser par Jean. Il nous offre ainsi la clé de son agir dans le monde : se dépenser pour les pécheurs, en étant solidaire de nous sans distance, dans le partage total de la vie. En effet, en parlant de sa mission, il dira qu’il n’est pas venu « pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie » (Mc 10,45). Chaque jour, après la prière, Jésus consacre toute sa journée à l’annonce du Royaume de Dieu et la consacre aux personnes, en particulier les plus pauvres et les plus faibles, les pécheurs et les malades (cf. Mc 1,32-39). C’est-à-dire que Jésus est en contact avec le Père dans la prière et ensuite il est en contact avec tous les gens pour la mission, pour la catéchèse, pour enseigner le chemin du Royaume de Dieu.
Or, si nous voulons représenter son style de vie par une image, nous n’avons aucune difficulté à la trouver : Jésus lui-même nous l’offre, Jésus lui-même nous l’offre, nous l’avons bien entendu, en se présentant comme le Bon Pasteur, celui qui – dit-il – « donne sa vie pour les brebis » (Jn 10,11), c’est Jésus. En effet, être pasteur n’était pas seulement un travail, qui demandait du temps et beaucoup d’engagement, c’était un véritable mode de vie : vingt-quatre heures sur vingt-quatre, vivre avec le troupeau, l’accompagner au pâturage, dormant parmi les brebis, prenant soin des plus faibles. Jésus, en d’autres termes, ne fait pas quelque chose pour nous, mais donne tout, donne sa vie pour nous. Son cœur est un cœur pastoral (cf. Ez 34,15). Il fait le pasteur avec nous tous.
En effet, pour résumer l’action de l’Église en un mot, le terme « pastoral » est souvent utilisé. Et pour évaluer notre travail pastoral, nous devons nous confronter au modèle, nous confronter avec Jésus, Jésus le bon pasteur. Avant tout, nous pouvons nous demander : l’imitons-nous en nous abreuvant aux sources de la prière, afin que nos cœurs soient en syntonie avec le sien ? L’intimité avec Lui est, comme le suggère le beau volume de l’abbé Chautard, « l’âme de tout apostolat ». Jésus lui-même a dit clairement à ses disciples : « Sans moi, vous ne pouvez rien faire » (Jn 15,5). Si l’on est avec Jésus, on découvre que son cœur pastoral bat toujours pour qui est perdu, égaré, lointain. Et le nôtre ? Combien de fois notre attitude avec les personnes un peu difficiles ou qui sont un peu difficiles s’exprime par ces mots : » Mais c’est son problème, qu’il se débrouille… « . Mais Jésus n’a jamais dit cela, jamais, mais il est toujours allé à la rencontre des marginaux, des pécheurs. On l’a accusé de cela, d’être avec les pécheurs, parce qu’il leur apportait le salut de Dieu.
Nous avons entendu la parabole de la brebis perdue au chapitre 15 de l’Évangile de Luc (cf. vv. 4-7). Jésus parle aussi de la pièce de monnaie perdue et du fils prodigue. Si nous voulons former notre zèle apostolique, le chapitre 15 de Luc devrait toujours être sous nos yeux. Lisez-le souvent, là nous pourrons comprendre ce qu’est le zèle apostolique. Là, nous découvrons que Dieu ne reste pas à contempler l’enclos de ses brebis, ni ne les menace pour qu’elles ne s’en aillent pas. Au contraire, si quelqu’un sort et se perd, il ne l’abandonne pas, mais la cherche. Il ne dit pas : « Elle est partie, c’est sa faute, c’est son affaire ! ». Le cœur pastoral réagit d’une autre manière : le cœur pastoral souffre et le cœur pastoral risque. Il souffre : oui, Dieu souffre pour qui s’en va, et en le pleurant, il l’aime d’autant plus. Le Seigneur souffre lorsque nous nous éloignons de son cœur. Il souffre pour ceux qui ne connaissent pas la beauté de son amour et la chaleur de son étreinte. Mais, en réponse à cette souffrance, il ne se renferme pas, mais au contraire prend des risques : il laisse les quatre-vingt-dix-neuf brebis qui sont en sécurité et s’aventure à la recherche de celle qui manque, faisant ainsi quelque chose d’hasardeux et même d’irrationnel, mais en consonnance avec son cœur pastoral, qui éprouve de la nostalgie pour qui s’en est allé. La nostalgie pour ceux qui sont partis est constante en Jésus. Et lorsque nous apprenons que quelqu’un a quitté l’Église, que disons-nous ? « Qu’il se débrouille ». Non, Jésus nous enseigne la nostalgie de ceux qui sont partis ; Jésus n’a ni colère ni ressentiment, mais une nostalgie irréductible de nous. Jésus se languit de nous, et c’est le zèle de Dieu.
Et je me demande : nous, avons-nous des sentiments similaires ? Peut-être considérons-nous ceux qui ont quitté le troupeau comme des adversaires ou des ennemis. « Et celui-là ? – Non, il est parti ailleurs, il a perdu la foi, l’enfer l’attend…’, et nous sommes tranquilles. En les rencontrant à l’école, au travail, dans les rues de la ville, pourquoi ne pas penser plutôt que nous avons une bonne occasion de leur témoigner la joie d’un Père qui les aime et ne les a jamais oubliés ? Non pas pour faire du prosélytisme, non ! Mais pour que là arrive la Parole du Père, pour marcher ensemble. Évangéliser n’est pas faire du prosélytisme : faire du prosélytisme est une chose païenne, ce n’est ni religieux ni évangélique. Il y a une bonne parole pour ceux qui ont quitté le troupeau, et nous avons l’honneur et la responsabilité d’être ceux qui expriment cette parole. Parce que la Parole, Jésus, nous demande cela, de nous approcher toujours, avec un cœur ouvert, de tous, parce que Lui est comme cela. Peut-être suivons-nous et aimons-nous Jésus depuis si longtemps et ne nous sommes-nous jamais demandé si nous partageons ses sentiments, si nous souffrons et risquons en syntonie avec le cœur de Jésus, avec ce cœur pastoral, proche du cœur pastoral de Jésus ! Il ne s’agit pas de faire du prosélytisme, je l’ai dit, pour que les autres soient « des nôtres”, non, cela n’est pas chrétien : il s’agit d’aimer pour qu’ils soient des enfants heureux de Dieu. Demandons dans la prière la grâce d’un cœur pastoral, ouvert, qui se tienne proche de tous, pour apporter le message du Seigneur et aussi pour sentir pour chacun la nostalgie du Christ. Parce que, sans cet amour qui souffre et qui risque, notre vie ne va pas bien : si nous, chrétiens, n’avons pas cet amour qui souffre et qui risque, nous risquons de ne paître que nous-mêmes. Les pasteurs qui sont pasteurs d’eux-mêmes, au lieu d’être pasteurs du troupeau, sont des coiffeurs de brebis « exquises ». Nous ne devons pas être les pasteurs que de nous-mêmes, mais les pasteurs de tous.
Source : vatican.va
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CATÉCHÈSE DU PAPE LÉON XIV
Place Saint-Pierre, samedi 27 septembre 2025
5. Espérer c’est pressentir. Ambroise de Milan
Chers frères et sœurs, bonjour et bienvenue !
Le Jubilé fait de nous des pèlerins d’espérance, car nous pressentons un grand besoin de renouveau qui nous concerne, ainsi que toute la terre.
Je viens de dire « nous pressentons » : ce verbe — pressentir — décrit un mouvement de l’esprit, une intelligence du cœur que Jésus a reconnue surtout chez les petits, c’est-à-dire chez les personnes au cœur humble. Souvent, en effet, les personnes érudites ont peu d’intuition, parce qu’elles croient savoir. Mais il est beau d’avoir encore de la place dans l’esprit et dans le cœur pour que Dieu puisse se révéler. Que d’espérance quand surgissent de nouvelles intuitions dans le peuple de Dieu !
Jésus se réjouit de cela, il est rempli de joie, car il s’aperçoit que les petits ont de l’intuition. Ils ont un sensus fidei, qui est comme un « sixième sens » des personnes simples pour les choses de Dieu. Dieu est simple et se révèle aux simples. Voilà pourquoi il y a une infaillibilité de la foi du Peuple de Dieu, dont l’infaillibilité du Pape est l’expression et le service (cf. Conc. œcum. Vat. II, Lumen gentium, n. 12; Commission théologique internationale, Le sensus fidei dans la vie de l’Église, 30-40).
Je voudrais rappeler un moment de l’histoire de l’Eglise qui montre comment l’espérance peut venir de la capacité du peuple à pressentir. Au IVe siècle, à Milan, l’Église était déchirée par de grands conflits et l’élection du nouvel évêque était en train de se transformer en un véritable tumulte. L’autorité civile intervint, à travers le gouverneur Ambroise qui, avec une grande capacité d’écoute et de médiation, ramena le calme. On raconte qu’une voix d’enfant s’éleva alors en criant : « Ambroise évêque ! ». Et ainsi, tout le peuple demanda lui aussi : « Ambroise évêque ! ».
Ambroise n’était même pas baptisé : il n’était que catéchumène, c’est-à-dire qu’il se préparait au Baptême. Le peuple pressent cependant quelque chose de profond dans cet homme et l’élit. C’est ainsi que l’Église a eu l’un de ses plus grands évêques, un Docteur de l’Église.
Au début, Ambroise refuse, il va même jusqu’à fuir. Puis il comprend qu’il s’agit d’un appel de Dieu ; il se laisse alors baptiser et ordonner évêque. Et il devient chrétien en devenant évêque ! Voyez-vous quel grand don les petits ont fait à l’Église ? Aujourd’hui encore, c’est une grâce à demander : devenir chrétien en vivant l’appel reçu. Tu es maman, tu es papa ? Deviens chrétien comme maman et papa. Tu es entrepreneur, ouvrier, enseignant, prêtre, religieuse ? Deviens chrétien sur ton chemin. Le peuple a ce « flair » : il comprend si nous devenons chrétiens ou non. Et il peut nous corriger, il peut nous indiquer la direction de Jésus.
Au fil des années, saint Ambroise a beaucoup rendu à son peuple. Par exemple, il a inventé de nouvelles manières de chanter les psaumes et les hymnes, de célébrer, de prêcher. Lui-même savait pressentir, et ainsi l’espérance s’est multipliée. Augustin fut converti par sa prédication et baptisé par lui. Pressentir est une manière d’espérer : ne l’oublions pas !
C’est également ainsi que Dieu fait avancer son Église, en lui montrant de nouveaux chemins. Pressentir est le flair des petits pour le Royaume qui vient. Que le Jubilé nous aide à devenir petits selon l’Évangile, pour pressentir et pour servir les rêves de Dieu !
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APPEL
Aujourd’hui, a Bilki (Ukraine) est béatifié le prêtre Pietro Paolo Oros, de l’éparchie de Moukachevo, tué en 1953 en haine de la foi. Lorsque l’Église gréco-catholique fut mise hors la loi, il demeura fidèle au Successeur de Pierre et continua avec courage à exercer clandestinement son ministère, conscient des risques. Invoquons l’intercession de ce nouveau Bienheureux afin qu’il obtienne au cher peuple ukrainien de persévérer avec force dans la foi et dans l’espérance, malgré le drame de la guerre.
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Place Saint-Pierre, jeudi 9 octobre 2025
« Demandez, on vous donnera ; cherchez, vous trouverez ; frappez, on vous ouvrira » (Lc 11, 9). Par ces paroles, Jésus nous invite à nous adresser avec confiance au Père dans tous nos besoins.
Nous les écoutons alors que nous célébrons le Jubilé de la Vie Consacrée qui vous a conduits ici en grand nombre, venus de nombreuses régions du monde – religieux et religieuses, moines et contemplatives, membres d’instituts séculiers, personnes appartenant à l’Ordo virginum, ermites et membres de “nouveaux instituts” – venus à Rome pour vivre ensemble le pèlerinage jubilaire, pour confier votre vie à cette miséricorde dont, à travers votre profession religieuse, vous vous êtes engagés à être le signe prophétique, car vivre les vœux c’est s’abandonner comme des enfants dans les bras du Père.
« Demander », « chercher », « frapper » – les verbes de la prière utilisés par l’évangéliste Luc – vous sont familiers, vous qui êtes habitués, par la pratique des conseils évangéliques, à demander sans prétendre, dociles à l’action de Dieu. Ce n’est pas un hasard si le Concile Vatican II parle des vœux comme d’un moyen utile pour « pouvoir recueillir en plus grande abondance le fruit de la grâce baptismale » (Const. dogm. Lumen gentium, n. 44). « Demander », en effet, c’est reconnaître dans la pauvreté que tout est don du Seigneur et rendre grâce pour tout ; « chercher » c’est s’ouvrir dans l’obéissance à la découverte, chaque jour, du chemin de sainteté à suivre selon les desseins de Dieu ; « frapper » c’est demander et offrir à ses frères les dons reçus avec un cœur chaste, en s’efforçant d’aimer tout le monde avec respect et gratuité.
Nous pourrions lire dans ce sens les paroles que Dieu adresse au prophète Malachie dans la première lecture. Il appelle les habitants de Jérusalem « mon domaine particulier » (Ml 3, 17) et dit au prophète : « Je serai indulgent envers eux, comme un homme est indulgent envers le fils qui le sert fidèlement » (ibid.). Ce sont des expressions qui nous rappellent l’amour avec lequel le Seigneur, en nous appelant, nous a précédés : une occasion, en particulier pour vous, de faire mémoire de la gratuité de votre vocation, depuis les origines des congrégations auxquelles vous appartenez jusqu’au moment présent, depuis les premiers pas de votre cheminement personnel jusqu’à maintenant. Nous sommes ici avant tout parce qu’Il nous a voulus et choisis, depuis toujours.
« Demander », « chercher », « frapper », cela signifie donc aussi regarder en arrière sa propre existence, rappeler à son esprit et à son cœur tout ce que le Seigneur a accompli au fil des ans pour multiplier les talents, pour faire croître et purifier la foi, pour rendre la charité plus généreuse et plus libre. Parfois, cela s’est produit dans des circonstances joyeuses, d’autres fois de manière plus difficile à comprendre, peut-être à travers le creuset mystérieux de la souffrance : mais toujours dans l’étreinte de cette bonté paternelle qui caractérise son action en nous et à travers nous, pour le bien de l’Église (cf. Const. dogm. Lumen gentium, n.43).
Cela nous conduit à une deuxième réflexion, sur Dieu en tant que plénitude et sens de notre vie : pour vous, pour nous, le Seigneur est tout. Il l’est de différentes manières : comme Créateur et source de l’existence, comme amour qui appelle et interpelle, comme force qui pousse et incite au don. Sans Lui, rien n’existe, rien n’a de sens, rien n’a de valeur, et votre « demander », « chercher » et « frapper », dans la prière comme dans la vie, concerne également cette vérité. À ce propos, saint Augustin décrit la présence de Dieu dans sa vie avec des images très belles. Il parle d’une lumière qui excède l’espace, d’une voix qui n’est pas emportée par le temps, d’une saveur qui n’est jamais gâchée par la voracité, d’une faim qui n’est jamais éteinte par la satiété, et il conclut : « Voilà ce que j’aime lorsque j’aime mon Dieu » (Saint Augustin, Confessions, 10, 6.8). Ce sont les paroles d’un mystique, mais elles sont aussi très proches de notre expérience, manifestant le besoin d’infini qui habite le cœur de chaque homme et de chaque femme en ce monde. C’est précisément pour cela que l’Église vous confie la tâche d’être, en vous dépouillant de tout, des témoins vivants de la primauté de Dieu dans votre existence, en aidant autant que possible vos frères et sœurs que vous rencontrez à cultiver cette amitié.
D’ailleurs, l’histoire nous enseigne que de généreux élans de charité jaillissent toujours d’une authentique expérience de Dieu, comme cela s’est produit dans la vie de vos fondateurs et fondatrices, des hommes et des femmes épris du Seigneur et, pour cette raison, prêts à se faire « tout à tous » (1 Co 9, 22) sans distinctions, dans les manières et les domaines les plus divers.
Il est vrai qu’aujourd’hui, comme à l’époque de Malachie, certains disent : « Servir Dieu n’a pas de sens » (Ml 3, 14). C’est une façon de penser qui conduit à une véritable paralysie de l’âme par laquelle on se contente d’une vie faite d’instants éphémères, de relations superficielles et passagères, de modes changeantes, toutes choses qui laissent un vide dans le cœur. Pour être vraiment heureux, l’homme n’a pas besoin de cela, mais d’expériences d’amour consistantes, durables, solides ; et vous, par l’exemple de votre vie consacrée, comme les arbres luxuriants du Psaume (cf. Ps 1, 3) que nous avons chanté, vous pouvez répandre dans le monde l’oxygène de cette manière d’aimer.
Il y a une dernière dimension de votre mission sur laquelle je voudrais m’arrêter. Nous avons entendu le Seigneur dire aux habitants de Jérusalem : « Le Soleil de justice se lèvera : il apportera la guérison dans son rayonnement » (Ml 3, 20) : il les invitait ainsi à espérer un accomplissement de leur destin qui dépasse le présent. Cela renvoie à la dimension eschatologique de la vie chrétienne, qui veut nous engager dans le monde, mais en même temps constamment tendus vers l’éternité. C’est une invitation pour vous à élargir le « demander », le « chercher » et le « frapper » de la prière et de la vie à l’horizon éternel qui transcende les réalités de ce monde, pour les orienter vers le dimanche sans couchant où « toute l’humanité entrera dans le […] repos [de Dieu] » (Missel romain, Préface des dimanches du temps ordinaire X). À cet égard, le Concile Vatican II vous confie une tâche spécifique lorsqu’il dit que les personnes consacrées sont appelées de manière particulière à être les témoins des “biens à venir” (cf. Const. dogm. Lumen gentium, n. 44).
Chers amis, le Seigneur, à qui vous avez tout donné, vous a rendu la pareille avec beaucoup de beauté et de richesse, et je voudrais vous exhorter à en faire bon usage, à cultiver ce que vous avez reçu en rappelant, en conclusion, quelques expressions de Saint Paul VI : « Conservez – écrivait-il aux religieux – la simplicité des “plus petits” de l’Évangile. Sachez la retrouver dans votre relation intérieure et plus cordiale avec le Christ, ou dans le contact direct avec vos frères. Vous connaîtrez alors “le frémissement de joie provoqué par l’action du Saint-Esprit”, qui est propre à ceux qui sont initiés aux secrets du royaume. Ne cherchez pas à faire partie de ces “sages et habiles” […] auxquels ces secrets sont cachés. Soyez vraiment pauvres, doux, affamés de sainteté, miséricordieux, purs de cœur, ceux grâce auxquels le monde connaîtra la paix de Dieu » (Saint Paul VI, Exhortation apostolique Evangelica testificatio, 29 juin 1971, n. 54).
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Place Saint-Pierre, mercredi 17 décembre 2025
Cycle de catéchèse – Jubilé 2025. Jésus-Christ notre espérance IV. La résurrection du Christ et les défis du monde actuel. 8. Pâques comme amarre du cœur inquiet
Chers frères et sœurs, bonjour et bienvenue !
La vie humaine est caractérisée par un mouvement constant qui nous pousse à faire, à agir. Aujourd’hui, la rapidité est requise partout pour l’obtention de résultats optimaux dans les domaines les plus divers. De quelle manière la résurrection de Jésus éclaire-t-elle cet aspect de notre expérience ? Quand nous participerons à sa victoire sur la mort, trouverons-nous le repos ? La foi nous dit : oui, nous trouverons le repos. Nous ne serons pas inactifs, mais nous entrerons dans le repos de Dieu, qui est paix et joie. Alors, devons-nous simplement attendre, ou cela peut-il nous transformer dès maintenant ?
Nous sommes absorbés par tant d’activités qui ne nous apportent pas toujours satisfaction. Nombre de nos actions concernent des choses pratiques et concrètes. Nous devons assumer de nombreux engagements, résoudre des problèmes, affronter des difficultés. Jésus, lui aussi, s’est impliqué auprès des autres et dans la vie, sans s’épargner, se donnant jusqu’au bout. Pourtant, nous percevons souvent que trop en faire, loin de nous épanouir, devient un tourbillon étourdissant qui nous prive de sérénité et nous empêche de vivre pleinement ce qui compte vraiment dans nos vies. Nous nous sentons alors fatigués, insatisfaits : le temps semble se disperser en mille choses pratiques qui, pourtant, ne percent pas le sens ultime de notre existence. Parfois, au terme de journées chargées, nous ressentons un vide. Pourquoi ? Parce que nous ne sommes pas des machines, nous avons un cœur – ou plutôt, pouvons-nous dire, nous sommes un cœur.
Le cœur est le symbole de notre humanité tout entière, une synthèse de pensées, de sentiments et de désirs, le centre invisible de notre personne. L’évangéliste Matthieu nous invite à méditer sur l’importance du cœur, en citant cette belle phrase de Jésus : « Car là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur » (Mt 6,21).
C’est donc dans le cœur que l’on conserve le véritable trésor, non dans les coffres-forts de la terre, ni dans de grands investissements financiers qui n’ont jamais été autant affolés qu’aujourd’hui, et sont injustement concentrés, idolâtrés au prix sanglant de millions de vies humaines et de la dévastation de la création de Dieu.
Il est important de réfléchir à ces aspects, car dans les nombreux engagements auxquels nous sommes constamment confrontés, le risque de dispersion, parfois de désespoir, de perte de sens, affleure de plus en plus, même chez des personnes ayant apparemment réussi. Au contraire, lire la vie à la lumière de Pâques, la regarder avec le Christ ressuscité, c’est accéder à l’essence de la personne humaine, à notre cœur : cœur « Inquietum ». Par cet adjectif, « inquiet », saint Augustin nous aide à comprendre l’élan de l’être humain vers son plein accomplissement. La phrase intégrale renvoie au début des Confessions, où Augustin écrit : « Seigneur, tu nous as faits pour toi et notre cœur est sans repos tant qu’il ne repose en toi. » (I, 1, 1).
L’inquiétude est le signe que notre cœur ne se meut pas au hasard, sans but ni raison, mais qu’il est orienté vers sa destination ultime, du « retour à la maison ». Et le véritable amarrage du cœur ne consiste pas à posséder des biens matériels, mais à atteindre ce qui peut le combler pleinement ; c’est-à-dire l’amour de Dieu, ou mieux encore, Dieu Amour. Ce trésor, cependant, ne se trouve qu’en aimant le prochain que nous rencontrons sur notre chemin : nos frères et sœurs en chair et en os, dont la présence interpelle et questionne notre cœur, l’invitant à s’ouvrir et à se donner. Notre prochain nous demande de ralentir, de le regarder dans les yeux, parfois de revoir nos plans, voire de changer de direction.
Très chers, voici le secret du mouvement du cœur humain : retourner à la source de son être, goûter à la joie intarissable, qui ne manque jamais. Nul ne peut vivre sans un sens qui aille outre le contingent, outre ce qui passe. Le cœur humain ne peut vivre sans espérer, sans savoir d’être fait pour la plénitude, non pour le manque.
Jésus-Christ, par son Incarnation, sa Passion, sa Mort et sa Résurrection, a posé un fondement solide à cette espérance. Le cœur inquiet ne sera pas déçu s’il s’engage dans la dynamique d’amour pour laquelle il a été créé. L’amarrage est certain, la vie a triomphé et en Christ, elle continuera de triompher dans toutes les morts du quotidien. Telle est l’espérance chrétienne : bénissons et remercions sans cesse le Seigneur qui nous l’a donnée !
* * *
Je salue cordialement les personnes de langue française, en particulier les paroisses et les jeunes venus de France.
Alors que Noël approche, prenons garde de ne pas nous laisser prendre par un activisme effréné dans les préparatifs de la fête, que nous vivrions finalement qu’en superficialité et qui laisserait place à la déception. Prenons le temps au contraire de rendre notre cœur attentif et vigilant dans l’attente de Jésus afin que sa présence aimante devienne durablement le trésor de notre vie et de notre cœur.
Que Dieu vous bénisse !
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Le système éducatif de la Côte d’Ivoire peine à répondre aux besoins d’une jeunesse nombreuse : les classes sont souvent surchargées et l’encadrement insuffisant. Or, dans ce pays en pleine expansion, garantir une éducation de qualité et des perspectives d’insertion représente un défi prioritaire.


MESSE ET BÉNÉDICTION DES PALLIUMS POUR LES NOUVEAUX MÉTROPOLITES
HOMÉLIE
Pierre et Paul, deux Apôtres amoureux du Seigneur, deux colonnes de la foi de l’Église. Alors que nous contemplons leur vie, l’Évangile nous interpelle aujourd’hui avec la question que Jésus pose aux siens : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » (Mt 16, 15). C’est la question fondamentale, la plus importante : qui est Jésus pour moi ? Qui est Jésus dans ma vie ? Regardons comment les deux Apôtres y ont répondu.
La réponse de Pierre pourrait se résumer en un mot : la suite. Pierre a vécu à la suite du Seigneur. Ce jour-là, à Césarée de Philippe, Jésus interrogea ses disciples. Pierre répondit avec une belle profession de foi : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant » (Mt 16, 16) ;une réponse impeccable, précise, ponctuelle, on pourrait dire une réponse parfaite de “catéchisme”. Mais cette réponse est le fruit d’un cheminement : ce n’est qu’après avoir vécu l’aventure fascinante consistant à suivre le Seigneur, après avoir marché avec Lui et derrière Lui pendant longtemps, que Pierre parvient à cette maturité spirituelle qui l’amène, par grâce, par pure grâce, à une profession de foi si limpide.
L’évangéliste Matthieu nous raconte en effet que tout avait commencé sur les rives de la mer de Galilée, lorsque Jésus était passé et l’avait appelé, avec son frère André ; et « aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent » (Mt 4, 20).Pierre a tout laissé pour se mettre à la suite du Seigneur. Et l’Évangile souligne “aussitôt”. Pierre n’a pas dit à Jésus qu’il devait y réfléchir, il n’a pas fait de calculs pour voir si cela lui convenait, il n’a pas cherché d’alibi pour reporter la décision ; il a laissé ses filets et l’a suivi, sans demander aucune sécurité à l’avance.Il devait tout découvrir au jour le jour, à la suite, en suivant Jésus et en marchant derrière Lui. Et ce n’est pas par hasard que les dernières paroles, rapportées dans les Évangiles, que Jésus lui adresse sont : « Toi, suis-moi » (Jn 21, 22), c’est cela se mettre à sa suite.
Pierre nous dit qu’à la question “qui est Jésus pour moi ?”, il ne suffit pas de répondre par une formule doctrinale irréprochable, pas même avec une idée que nous nous sommes faite une fois pour toutes. Non. C’est en nous mettant à la suite du Seigneur que nous apprenons chaque jour à Le connaître. C’est en devenant ses disciples et en accueillant sa Parole que nous devenons ses amis et que nous faisons l’expérience de son amour qui nous transforme. Pour nous aussi, retentit cet “aussitôt”. Si nous pouvons reporter beaucoup de choses dans la vie, suivre Jésus ne peut être reporté ; pour cela on ne peut hésiter, on ne peut trouver d’excuses. Faisons attention car certaines excuses sont revêtues de spiritualité, comme lorsque nous disons “Je ne suis pas digne”, “Je ne suis pas capable”, “moi, qu’est-ce que je peux faire ?”. C’est là une ruse du diable qui nous vole la confiance en la grâce de Dieu, en nous faisant croire que tout dépendrait de nos capacités.
Nous détacher de nos sécurités – sécurités terrestres -, immédiatement, et suivre Jésus chaque jour : voilà la consigne que Pierre nous donne aujourd’hui en nous invitant à être une Église-à-la-suite. Une Église-à-la-suite. Une Église qui veut être disciple du Seigneur et humble servante de l’Évangile. De cette manière seulement elle sera capable de dialoguer avec tous, et devenir un lieu d’accompagnement, de proximité et d’espérance pour les femmes et les hommes de notre temps. Seulement de cette manière, même la personne la plus éloignée qui nous regarde souvent avec méfiance ou indifférence pourra enfin reconnaître avec le Pape Benoît : « L’Église est le lieu de rencontre avec le Fils du Dieu vivant et, ainsi, elle est le lieu de rencontre entre nous » (Homélie du 2ème Dimanche de l’Avent, 10 décembre 2006).
Et maintenant venons-en à l’Apôtre des nations. Si la réponse de Pierre consiste dans la suite, celle de Paul se trouve dans l’annonce, l’annonce de l’Évangile. Pour lui aussi, tout a commencé par grâce, à l’initiative du Seigneur. Sur le chemin de Damas, alors qu’il persécutait avec fierté les chrétiens, barricadé dans ses convictions religieuses, Jésus ressuscité vient à sa rencontre et l’aveugle de sa lumière. Mieux, grâce à cette lumière, Saul réalise à quel point il est aveugle. Enfermé dans l’orgueil de sa rigide observance, il découvre en Jésus l’accomplissement du mystère du salut. Il considère désormais toutes ses sécurités humaines et religieuses comme des “ordures” par rapport à la sublimité de la connaissance du Christ (cf. Ph 3, 7-8). Paul consacre ainsi sa vie à parcourir la terre et la mer, les villes et les villages, sans se soucier des difficultés et des persécutions, pour annoncer Jésus-Christ. En regardant son histoire, il semble presque que, plus il annonce l’Évangile, plus il connaît Jésus. L’annonce de la Parole aux autres lui permet de pénétrer les profondeurs du mystère de Dieu, à lui Paul qui a écrit « Malheur à moi si je n’annonce pas l’Évangile ! » (1 Co 9, 16) ; à lui qui confesse : « Pour moi, vivre c’est le Christ » (Ph 1, 21).
Par conséquent, Paul nous dit qu’à la question “qui est Jésus pour moi ?”, on ne répond pas par une religiosité intimiste qui nous laisserait tranquilles, sans nous laisser ébranler par le souci d’apporter l’Évangile aux autres. L’Apôtre nous enseigne que nous grandissons dans la foi et dans la connaissance du mystère du Christ d’autant plus que nous sommes ses annonciateurs et témoins. Et cela arrive toujours : quand nous évangélisons, nous sommes évangélisés. C’est une expérience de tous les jours : quand nous évangélisons, nous sommes évangélisés. La Parole que nous apportons aux autres nous revient parce que, dans la mesure où nous donnons, nous recevons beaucoup plus (cf. Lc 6, 38). Et cela est également nécessaire à l’Église aujourd’hui : mettre l’annonce au centre. Être une Église qui ne se lasse pas de se répéter : “Pour moi, vivre c’est le Christ” et “Malheur à moi si je n’annonce pas l’Évangile”. Une Église qui a besoin d’annoncer comme d’oxygène pour respirer ; qui ne peut pas vivre sans transmettre l’étreinte de l’amour de Dieu et la joie de l’Évangile.
Frères et sœurs, célébrons Pierre et Paul. Ils ont répondu à la question fondamentale de la vie – qui est Jésus pour moi ? – en suivant le Christ et en annonçant l’Évangile. Il est beau de grandir comme une Église à la suite, comme une Église humble qui ne tient jamais pour acquise la recherche du Seigneur. Il est beau de devenir une Église extravertie, qui ne trouve pas sa joie dans les choses du monde mais dans l’annonce de l’Évangile au monde, pour semer dans le cœur des personnes la question de Dieu. Porter partout, avec humilité et joie, le Seigneur Jésus : dans notre ville de Rome, dans nos familles, dans les relations et les quartiers, dans la société civile, dans l’Église, dans la politique, dans le monde entier, spécialement là où se trouvent la pauvreté, la dégradation, la marginalisation.
Et, aujourd’hui, alors que certains de nos frères Archevêques reçoivent le Pallium, signe de la communion avec l’Église de Rome, je voudrais leur dire : soyez des apôtres comme Pierre et Paul. Soyez des disciples à la suite et des apôtres de l’annonce, apportez la beauté de l’Évangile partout, à tout le Peuple de Dieu. Et enfin, je désire adresser mon salut affectueux à la Délégation du Patriarcat Œcuménique, envoyée par le très cher Frère Sa Sainteté Bartholomée. Merci pour votre présence, merci : avançons ensemble, avançons ensemble à la suite et dans l’annonce de la Parole, en grandissant dans la fraternité. Que Pierre et Paul nous accompagnent et intercèdent pour nous tous.
Source : vatican.va
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Nous ne saurons jamais tout le bien qu’un simple sourire peut être capable de faire disait Mère Teresa. Il est vrai que le sourire est au fond le seul langage universel capable de dire en douceur la bonté que nous voudrions transmettre et que les mots souvent peinent à dire, surtout quand la barrière de la langue ou la culture font obstacle.
Prions avec mère Térésa :
Vierge Marie, rends mon amour souriant.
Fais en sorte que mon sourire exprime la plus pure bonté.
Enseigne-moi à oublier par un sourire mes préoccupations et mes peines, afin de prêter attention uniquement à la joie des autres. Que mon visage souriant rende mes contacts avec le prochain, plus chaleureux et cordiaux.
Conserve-moi le sourire dans les heures douloureuses, afin que même dans ces moments, je puisse continuer à me donner au prochain.
Aide-moi à garder au fond de mon cœur la joie d’aimer qui se manifeste à travers le sourire.
Enseigne-moi, ô Sainte Vierge Marie, à servir le Seigneur avec joie, souriant à chaque moment de ma vie.

