AU FIL DES JOURS...

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21/04/2026

Guinée équatoriale : Discours aux Autorités, aux représentants de la société civile et au Corps diplomatique. Discours au monde de la culture. Et salutations à l’occasion de la visite au personnel et aux patients de l’Hôpital psychiatrique « Jean-Pierre Olié »

DISCOURS ADRESSÉ AUX AUTORITÉS, AUX REPRÉSENTANTS DE LA SOCIÉTÉ CIVILE ET AU CORPS DIPLOMATIQUE

Palais présidentiel (Malabo), mardi 21 avril 2026

Monsieur le Président,
Distinguées Autorités et membres du Corps Diplomatique,
Mesdames et Messieurs.

Je vous salue cordialement et je vous suis reconnaissant pour votre accueil et pour les paroles qui m’ont été adressées. Je suis heureux d’être ici pour rendre visite au peuple bien-aimé de Guinée équatoriale. Lors de sa visite dans ce pays, le saint Pape Jean-paul II a qualifié, Monsieur le Président, votre personne comme « le centre symbolique vers lequel convergent les aspirations vivantes d’un peuple pour l’instauration d’un climat social de liberté authentique, de justice, de respect et de promotion des droits de chaque personne ou groupe, et de meilleures conditions de vie, qui permettent à tous de s’épanouir en tant qu’hommes et en tant qu’enfants de Dieu » (Saint Jean-Paul II, Discours au Président de la Guinée équatoriale, Malabo). Ce sont des paroles qui restent d’actualité et qui interpellent quiconque est investi de responsabilités publiques. D’autre part, « les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent, sont aussi les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du Christ, et il n’est rien de vraiment humain qui ne trouve écho dans leur cœur » (Const. past. Gaudium et spes, n. 1). Ces expressions de la Constitution du Concile Vatican II expriment au mieux les raisons et les sentiments qui me conduisent vers vous, pour affermir dans la foi et consoler le peuple de ce pays en mutation rapide. Car, comme dans le cœur de Dieu, ainsi dans le cœur de l’Église résonne l’écho de ce qui se passe ici-bas, entre les millions d’hommes et de femmes pour lesquels notre Seigneur Jésus-Christ a donné sa vie.

Vous savez que saint Augustin interprétait les événements de l’histoire selon le modèle de deux cités : celle de Dieu, éternelle et caractérisée par son amour inconditionnel (amor Dei), lié à l’amour du prochain, en particulier des pauvres ; et celle terrestre, lieu de séjour provisoire où l’homme et la femme vivent jusqu’à leur mort. […] Dans cette perspective, les deux cités existent ensemble jusqu’à la fin des temps (cf. De civitate Dei, 19, 14) et chaque être humain, par ses décisions, manifeste jour après jour à laquelle de ces deux cités il veut appartenir.

Je sais que vous avez entrepris l’imposant projet de construire une ville, qui est depuis quelques mois la nouvelle capitale de votre pays. Vous avez voulu lui donner un nom dans lequel semble résonner celui de la Jérusalem biblique, Ciudad de la Paz. Puisse une telle décision interroger chaque conscience sur la ville qu’elle souhaite servir ! Comme j’ai eu l’occasion de le rappeler au Corps diplomatique accrédité auprès du Saint-Siège, pour le grand saint Augustin, la cité terrestre est centrée sur l’amour orgueilleux de soi (amor sui), sur la soif de pouvoir et de gloire mondaines qui mènent à la destruction.

Au contraire, Augustin estime que les chrétiens sont appelés par Dieu à vivre dans la cité terrestre, le cœur et l’esprit tournés vers la cité céleste, leur véritable patrie. C’est la cité vers laquelle Abraham « se mit en chemin sans savoir où il allait. C’est par la foi qu’il séjourna dans la terre promise, comme dans une terre étrangère, habitant sous des tentes, ainsi qu’Isaac et Jacob, héritiers comme lui de la même promesse. Car il attendait la cité aux solides fondements, dont Dieu est l’architecte et le constructeur » (Hébreux 11,8-10). Tout être humain peut apprécier cette conscience très ancienne de vivre sur terre comme de passage. Il est fondamental qu’il perçoive la différence entre ce qui dure et ce qui passe, en se préservant de la richesse injuste et de l’illusion de la domination. En particulier, « le chrétien, vivant dans la cité terrestre, n’est pas étranger au monde politique et cherche à appliquer l’éthique chrétienne, inspirée des Écritures, au gouvernement civil. La Cité de Dieu ne propose pas de programme politique, mais offre de précieuses réflexions sur des questions fondamentales de la vie sociale et politique » (Discours au Corps diplomatique, 9 janvier 2026).

Aujourd’hui, la Doctrine sociale de l’Église est une aide pour tous ceux qui souhaitent affronter les « choses nouvelles » qui déstabilisent la planète et la vie en société, en recherchant avant tout le Royaume de Dieu et sa justice. C’est là un élément fondamental de la mission de l’Église : contribuer à la formation des consciences, par l’annonce de l’Évangile, en proposant des critères moraux et des principes éthiques authentiques, dans le respect de la liberté de chaque individu et de l’autonomie des peuples et de leurs gouvernements. L’objectif de la Doctrine sociale est d’éduquer à affronter les problèmes, qui sont toujours différents, car chaque génération est nouvelle, avec de nouveaux défis, de nouveaux rêves, de nouvelles questions.

En particulier, nous sommes confrontés à des questions qui ébranlent les fondements de l’expérience humaine. Comme j’ai eu l’occasion de le souligner, en comparant notre époque à celle où le Pape Léon XIII a promulgué l’encyclique Rerum novarum, aujourd’hui « l’exclusion est le nouveau visage de l’injustice sociale. Le fossé entre une « petite minorité » – 1 % de la population – et la grande majorité s’est considérablement creusé. […] Lorsque nous parlons d’exclusion, nous sommes également confrontés à un paradoxe. Le manque de terre, de nourriture, de logement et de travail décent coexiste avec l’accès aux nouvelles technologies qui se répandent partout grâce aux marchés mondialisés. Les téléphones portables, les réseaux sociaux et même l’intelligence artificielle sont à la portée de millions de personnes, y compris les plus pauvres » (Discours aux mouvements populaires, 23 octobre 2025). Par conséquent, il est du devoir impératif des Autorités civiles et de la bonne politique de lever les obstacles au développement humain intégral, dont la destination universelle des biens et la solidarité sont des principes fondamentaux.

On ne peut nier, par exemple, que l’évolution technologique fulgurante à laquelle nous assistons a accéléré une spéculation liée au besoin en matières premières, qui semble faire oublier des exigences fondamentales telles que la sauvegarde de la création, les droits des communautés locales, la dignité du travail et la protection de la santé publique. À cet égard, je fais mien l’appel du Pape François, qui quittait ce monde il y a tout juste un an : « aujourd’hui, nous devons dire “non à une économie de l’exclusion et de la disparité sociale”. Une telle économie tue » (François, Exhort. ap. Evangelii gaudium, 53). Il est en effet encore plus évident aujourd’hui, qu’il y a quelques années, que la prolifération des conflits armés a parmi ses principales motivations la colonisation des gisements pétroliers et miniers, au mépris du droit international et de l’autodétermination des peuples.

Les nouvelles technologies elles-mêmes semblent conçues et utilisées principalement à des fins belliqueuses et dans des contextes qui ne laissent entrevoir aucune amélioration des perspectives pour tous. Au contraire, sans un changement de cap dans l’exercice de la responsabilité politique et sans respect des institutions et des accords internationaux, le destin de l’humanité risque d’être tragiquement compromis. Dieu ne veut pas cela. Son Saint Nom ne peut être profané par la volonté de domination, l’arrogance et la discrimination : surtout, il ne doit jamais être invoqué pour justifier des choix et des actions de mort. Que votre pays n’hésite pas à réexaminer ses trajectoires de développement et les opportunités positives de se positionner sur la scène internationale au service du droit et de la justice.

Votre pays est jeune ! Je suis donc certain que vous trouverez dans l’Église une aide pour former des consciences libres et responsables, avec lesquelles avancer ensemble vers l’avenir. Dans un monde meurtri par l’arrogance, les peuples ont faim et soif de justice. Il faut valoriser ceux qui croient en la paix et oser des politiques à contre-courant, centrées sur le bien commun. Il est urgent d’avoir le courage de visions nouvelles et d’un pacte éducatif qui donne aux jeunes de l’espace et de la confiance. La cité de Dieu, cité de paix, doit en effet être accueillie comme un don qui vient d’en haut et vers lequel tourner notre désir et toutes nos ressources. C’est une promesse et une tâche. Ses habitants « forgeront leurs épées en socs de charrue ; et leurs lances en faucilles » (Is 2,4) et, une fois toutes les larmes essuyées, ils participeront au banquet qui ne sera plus réservé à une élite, car des mets succulents, des vins excellents, des mets délicats (cf. Is 25,6) seront partagés entre tous.

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, marchons ensemble, avec sagesse et espérance, vers la Cité de Dieu, qui est la cité de la paix. Merci !

 

DISCOURS LORS DE LA RENCONTRE AVEC LE MONDE DE LA CULTURE

Campus Universitaire « Léon XIV » de l’Université nationale (Malabo), mardi 21 avril 2026

Monsieur le Recteur,
Illustres Autorités académiques,
Mesdames et Messieurs !

Je tiens vous à exprimer ma gratitude pour l’invitation à cet événement qui marque l’inauguration d’un nouveau campus de l’Université nationale de Guinée équatoriale. Je vous remercie également pour la courtoisie dont vous avez fait preuve en donnant mon nom à ce campus, conscient qu’un tel honneur dépasse la personne et renvoie plutôt aux valeurs que nous souhaitons transmettre ensemble.

L’inauguration d’un centre universitaire est plus qu’un simple acte administratif et transcende également le simple agrandissement des infrastructures et des espaces destinés à l’étude. Cette inauguration est un geste de confiance envers l’être humain : une affirmation du bien-fondé de continuer à miser sur la formation des nouvelles générations et sur cette tâche, aussi exigeante que noble, qui consiste à rechercher la vérité et à mettre la connaissance au service du bien commun.

C’est pourquoi ce moment revêt une signification qui dépasse largement les limites matérielles du lieu et des bâtiments. Aujourd’hui s’ouvre aussi un espace pour l’espoir, pour la rencontre et pour le progrès. Toute véritable œuvre éducative est en effet appelée à grandir non seulement en tant que structure, mais aussi en tant qu’organisme vivant.

C’est peut-être pour cette raison que l’image de l’arbre s’avère particulièrement éloquente pour évoquer la mission universitaire. Pour la population de Guinée équatoriale, le ceiba, arbre national, revêt une grande valeur évocatrice. Un arbre enfonce ses racines profondément, s’élève avec patience et force vers le ciel et recèle en lui une fertilité qui n’existe pas pour elle-même.

Par sa grandeur, la solidité de son tronc et l’ampleur de ses branches, cet arbre semble offrir une parabole de ce qu’une institution universitaire est appelée à être : une réalité bien enracinée dans le sérieux de l’étude, dans la mémoire vive d’un peuple et dans la recherche persévérante de la vérité. Ainsi seulement pourra-t-elle croître avec vigueur ; ainsi seulement sera-t-elle capable de s’élever sans perdre le contact avec la réalité historique dans laquelle elle s’inscrit et d’offrir aux nouvelles générations, outre les outils de la réussite professionnelle, des raisons de vivre, des critères de discernement et des raisons de servir.

L’histoire de l’homme peut aussi être lue à travers la symbolique de certains arbres bibliques. Dans le jardin du Livre de la Genèse, à côté de l’arbre de vie, se dresse également l’arbre de la connaissance du bien et du mal (cf. Gn 2, 9), dont Dieu ordonne à l’homme et à la femme de ne pas manger les fruits. Il convient de souligner qu’il ne s’agit pas d’une condamnation de la connaissance en tant que telle, comme si la foi craignait l’intelligence ou considérait avec suspicion le désir de savoir. L’être humain a reçu la capacité de connaître, de nommer, de discerner, de s’émerveiller devant le monde et de s’interroger sur son sens (cf. Gn 2, 19).

Le problème ne réside donc pas dans la connaissance, mais dans son détournement vers une intelligence qui ne cherche plus à correspondre à la réalité, mais à la plier à ses propres exigences, en la jugeant selon la convenance de celui qui prétend la connaître. Là, la connaissance cesse d’être une ouverture et devient une possession ; elle cesse d’être un chemin vers la sagesse et se transforme en une affirmation orgueilleuse d’autosuffisance, ouvrant la voie à des égarements susceptibles de devenir inhumains.

Cependant, l’histoire biblique ne prend pas fin devant cet arbre. La tradition chrétienne contemple un autre arbre, celui de la Croix, non pas comme une négation de l’intelligence humaine, mais comme signe de sa rédemption (cf. Col 2, 2-3). Si la Genèse présente la tentation d’une connaissance séparée de la vérité et du bien, la croix révèle au contraire une vérité qui, loin d’imposer sa domination, s’offre par amour et élève l’homme à la dignité avec laquelle il a été conçu dès son origine. Là, l’être humain est invité à laisser guérir son désir de connaître : à redécouvrir que la vérité ne se fabrique pas, ne se manipule pas et ne se possède pas comme un trophée, mais qu’elle s’accueille, se cherche avec humilité et se sert avec responsabilité.

C’est pourquoi, dans une perspective chrétienne, le Christ n’apparaît pas comme une échappatoire fidéiste face à la difficulté intellectuelle, comme si la foi commençait là où la raison s’arrête. Au contraire : en Lui se manifeste la profonde harmonie entre vérité, raison et liberté. La vérité s’offre comme une réalité qui précède l’homme, lui parle et l’appelle à sortir de lui-même, et c’est pourquoi elle peut être recherchée avec confiance. La foi, loin de mettre fin à cette recherche, la purifie de toute autosuffisance et l’ouvre à une plénitude vers laquelle la raison tend, même si elle ne peut la saisir complètement.

Ce faisant, l’arbre de la Croix ramène l’amour de la connaissance à sa source originelle. Il nous enseigne que connaître signifie s’ouvrir à la réalité, en accueillir le sens et en préserver le mystère. Ainsi, la recherche de la vérité demeure-t-elle véritablement humaine : humble, sérieuse et ouverte à une vérité qui nous précède, nous appelle et nous transcende.

En effet, il ne suffit pas qu’un arbre porte du fruit : la qualité de ce fruit compte aussi, car c’est à ses fruits qu’on reconnaît l’arbre (cf. Mt 7, 20). De même, une université se jauge à la qualité des étudiants qu’elle offre à la vie de la communauté, plus qu’au nombre de diplômés ou à l’étendue de ses infrastructures. Tel est le désir sincère que l’Église catholique exprime dans son engagement séculaire dans le domaine de l’éducation : que les professionnels excellent grâce à leurs connaissances et à leur savoir-faire ; fruits mûrs pour une véritable fécondité, capables d’aller au-delà de la simple apparence du succès.

Chers frères et sœurs, ici, dans les espaces de cette enceinte, le ceiba de Guinée équatoriale est appelé à porter des fruits de progrès solidaire, d’une connaissance qui ennoblit et développe l’être humain de manière complète. Il est appelé à offrir des fruits d’intelligence et de droiture, de compétence et de sagesse, d’excellence et de service. Si des générations d’hommes et de femmes, profondément façonnés par la vérité et capables de transformer leur existence en un don pour les autres, se forment ici, alors le ceiba continuera à se dresser comme un symbole éloquent : enraciné dans le meilleur de cette terre, élevé par la noblesse du savoir et fécond en fruits capables d’honorer la Guinée équatoriale et d’enrichir toute la famille humaine.

C’est dans cet esprit que j’invoque sur vous tous — sur les autorités, les professeurs, les étudiants, le personnel de cette université et sur vos familles — l’abondance des bénédictions de Dieu Tout-Puissant qui, en Jésus-Christ, Vérité incarnée, a révélé à l’homme la vérité sur lui-même et sur sa très haute dignité (cf. Concile œcuménique Vatican II, Constitution pastorale Gaudium et spes, n. 22). Et je vous confie tous à la protection maternelle de la Très Sainte Vierge Marie, Siège de la Sagesse, afin que ces fruits, en plus d’être abondants, soient aussi très bons. Merci beaucoup !

 

VISITE AU PERSONNEL ET AUX PATIENTS

DE L’HÔPITAL PSYCHIATRIQUE « JEAN PIERRE OLIÉ »

Je vous remercie de tout cœur pour cet accueil, pour votre hospitalité, pour les chants et les danses. Merci !

Chaque fois que je me rends dans un hôpital, un centre d’accueil pour des personnes qui souffrent peut-être de certaines maladies ou de difficultés, j’éprouve des sentiments contradictoires : d’un côté, je ressens de la douleur ou de la tristesse pour les personnes qui souffrent, qui portent souvent en elles une très grande douleur, parfois avec des blessures visibles et parfois avec des blessures que personne ne voit, mais que la personne elle-même sait porter dans son cœur, dans sa vie. Je ressens de la douleur pour les familles qui, souvent, ne savent pas comment accompagner le patient et l’aider.

Mais en même temps, j’éprouve de l’admiration et du réconfort pour tout ce qui s’y fait chaque jour au service de la vie humaine. Ici aussi, je ressens cela, mais aujourd’hui, en moi, et j’espère aussi en vous tous, la joie et l’espoir prévalent : la joie de nous rencontrer au nom du Seigneur, la joie et l’espoir de savoir que nous prenons soin de ceux qui vivent dans une situation de fragilité.

Certaines paroles que je viens d’entendre m’ont ému.

Le directeur a dit : « Une société vraiment grande n’est pas celle qui cache ses faiblesses, mais celle qui les entoure d’amour ». Oui, c’est vrai. C’est un principe de civilisation qui a des racines chrétiennes, car c’est le Christ qui, dans l’histoire de l’humanité, a racheté le handicap de la malédiction et lui a rendu sa pleine dignité. Mais le Sauveur ne veut pas et ne peut pas nous sauver sans notre collaboration, tant sur le plan personnel que social : c’est pourquoi il nous demande d’aimer nos frères et nos sœurs non pas en paroles, mais en actes. Une maison de soins comme celle-ci, avec l’aide de Dieu et l’engagement de tous, peut devenir un signe de la civilisation de l’amour.

M. Pedro Celestino a tenu à conclure par une phrase émouvante : « Merci de nous aimer tels que nous sommes ». C’est pourquoi je dis : Merci à vous, pour votre témoignage ! Merci à vous tous d’être ici pour témoigner, signe qu’il y a ici, en ce lieu, un amour authentique.

Dieu nous aime tels que nous sommes. Seul Dieu, en réalité, nous aime totalement tels que nous sommes. Mais pas pour que nous restions tels que nous sommes ! Non, Dieu ne veut pas que nous soyons toujours malades, toujours souffrants, il veut nous guérir ! On le voit mille fois dans l’Évangile : Jésus est venu nous aimer tels que nous sommes, mais pas pour nous laisser ainsi, pour prendre soin de nous ! Et un hôpital, surtout s’il est d’inspiration chrétienne, c’est justement cela : un lieu où la personne est accueillie telle qu’elle est, respectée dans sa fragilité, mais pour l’aider à aller mieux, dans une vision intégrale. À cette fin, la dimension spirituelle est essentielle – j’ai été très heureux que le directeur l’ait soulignée.

Enfin, merci à M. Tarcisio pour son poème ! Je voudrais dire que dans un environnement comme celui-ci, de nombreux « poèmes » cachés s’écrivent chaque jour, peut-être pas avec des mots, mais avec de petits gestes, avec des sentiments, avec de l’attention dans les relations entre vous. C’est un poème que seul Dieu sait lire pleinement et qui console le Cœur miséricordieux du Christ.

Très chers amis, je vous prie de transmettre ma proximité à tous les malades de l’hôpital, en particulier aux plus gravement atteints et aux plus seuls. À chacun d’entre vous, patients, professionnels de santé et personnel, j’accorde de tout cœur ma bénédiction, en vous confiant à la protection de Marie, Santé des malades. Merci beaucoup !

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