Les paroles que Jésus nous adresse dans l’Evangile de ce dimanche sont exigeantes et semblent paradoxales: Il nous invite à tendre l’autre joue et même à aimer même nos ennemis (cf. Mt 5, 38-48). Il est normal pour nous d’aimer ceux qui nous aiment et d’être amis avec ceux qui sont nos amis; pourtant, Jésus nous provoque en disant: si vous agissez de cette manière, «quelle chose extraordinaire faites-vous?» (v. 47). Que faites-vous d’extraordinaire? Voici le point sur lequel je voudrais attirer votre attention aujourd’hui, sur ce que faites-vous d’extraordinaire.
«Extraordinaire», est ce qui dépasse les limites de l’ordinaire, qui dépasse les pratiques habituelles et les calculs normaux dictés par la prudence. En général, nous cherchons en revanche à ce que tout soit assez en ordre et contrôlé, afin que cela corresponde à nos attentes, à notre mesure: craignant de ne rien recevoir en retour ou de trop nous exposer et d’être ensuite déçus, nous préférons n’aimer que ceux qui nous aiment pour éviter les déceptions, ne faire du bien qu’à ceux qui nous font du bien, n’être généreux qu’envers ceux qui peuvent nous rendre service; et à ceux qui nous traitent mal, nous répondons sur le même ton, comme ça nous sommes en équilibre. Mais le Seigneur nous avertit: cela ne suffit pas! Nous dirions: cela n’est pas chrétien! Si nous restons dans l’ordinaire, dans l’équilibre entre donner et recevoir, les choses ne changent pas. Si Dieu suivait cette logique, nous n’aurions aucun espoir de salut! Mais, heureusement pour nous, l’amour de Dieu est toujours «extraordinaire», il va au-delà des critères habituels selon lesquels nous, humains, vivons nos relations.
Les paroles de Jésus, donc, nous interpellent. Alors que nous essayons de rester dans l’ordinaire des raisonnements utilitaires, Il nous demande de nous ouvrir à l’extraordinaire, à l’extraordinaire d’un amour gratuit; alors que nous essayons toujours d’équilibrer les -comptes, le Christ nous encourage à vivre le déséquilibre de l’amour. Jésus n’est pas un bon comptable; non! Il conduit toujours au déséquilibre de l’amour. Ne nous en étonnons pas. Si Dieu ne s’était pas déséquilibré, nous n’aurions jamais été sauvés c’est le déséquilibre de la croix qui nous a sauvés! Jésus ne serait pas venu nous chercher alors que nous étions perdus et éloignés, il ne nous aurait pas aimés jusqu’au bout, il n’aurait pas embrassé la croix pour nous, qui ne le méritions pas et ne pouvions rien lui donner en retour. Comme l’écrit l’apôtre Paul, «à peine en effet voudrait-on mourir pour un homme juste; pour un homme de bien, oui, peut-être osera-t-on mourir. mais la preuve que Dieu nous aime, c’est que le Christ, alors que nous étions encore pécheurs, est mort pour nous (Rm 5, 7-8). Voilà, Dieu nous aime alors que nous sommes pécheurs, et non pas parce que nous sommes bons ou capables de lui donner quelque chose en retour. Frères et sœurs, l’amour de Dieu est un amour toujours par excès, toujours au-delà des calculs, toujours disproportionné. Et aujourd’hui, il nous demande également de vivre de cette manière, car ce n’est qu’ainsi que nous pourrons vraiment témoigner de lui.
Frères et sœurs, le Seigneur nous propose de sortir de la logique de l’intérêt personnel et de ne pas mesurer l’amour sur la balance des calculs et des convenances. Il nous invite à ne pas répondre au mal par le mal, à oser dans le bien, à risquer dans le don, même si nous recevons peu ou rien en retour. Car c’est cet amour qui transforme lentement les conflits, raccourcit les distances, surmonte les inimitiés et guérit les blessures de la haine. Alors, nous pouvons nous demander, chacun de nous: est-ce que, dans ma vie, je suis la logique de la contrepartie ou celle de la gratuité, comme le fait Dieu? L’amour extraordinaire du Christ n’est pas facile, mais il est possible; il est possible parce que Lui-même nous aide en nous donnant son Esprit, son amour sans mesure.
Prions la Vierge qui, en répondant à Dieu par son «oui» sans calcul, lui a permis de faire d’elle le chef-d’œuvre de sa Grâce.
Source : vatican.va
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Chers frères et sœurs, bonjour !
Aujourd’hui, je vais parler du voyage apostolique que j’ai fait en Asie et en Océanie : on l’appelle voyage apostolique parce que ce n’est pas un voyage de tourisme, c’est un voyage pour apporter la Parole du Seigneur, pour faire connaître le Seigneur, et aussi pour connaître l’âme des peuples. Et cela est très beau.
C’est Paul VI, en 1970, qui a été le premier pape à s’envoler à la rencontre du soleil levant, en visitant longuement les Philippines et l’Australie, mais aussi en s’arrêtant dans divers pays d’Asie et à Samoa. Et ce fut un voyage mémorable, n’est-ce pas, car le premier à quitter le Vatican fut Saint Jean XXIII qui se rendit en train à Assise ; alors Saint Paul VI en fit autant : un voyage mémorable ! En cela, j’ai essayé de suivre son exemple, mais, avec quelques années en plus, je me suis limité à quatre pays : l’Indonésie, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, le Timor-Oriental et Singapour. Je remercie le Seigneur qui m’a permis de faire en tant que vieux Pape ce que j’aurais aimé faire en tant que jeune Jésuite, car je voulais y aller en mission !
Une première réflexion qui vient naturellement après ce voyage, c’est qu’en pensant à l’Église, nous sommes encore trop euro-centriques, ou, comme on dit, “occidentaux”. Mais en réalité, l’Église est beaucoup plus grande, beaucoup plus grande que Rome et l’Europe, beaucoup plus grande, et aussi – permettez-moi de le dire – beaucoup plus vivante, dans ces pays ! J’en ai fait l’expérience avec émotion en rencontrant ces Communautés, en écoutant les témoignages de prêtres, de religieuses, de laïcs, surtout de catéchistes – les catéchistes sont ceux qui font l’évangélisation. Des Églises qui ne font pas de prosélytisme, mais qui croissent par “attraction”, comme le disait sagement Benoît XVI.
En Indonésie, les chrétiens sont environ 10 % et les catholiques 3 % – une minorité. Mais j’ai rencontré une Église vivante, dynamique, capable de vivre et de transmettre l’Évangile dans ce pays à la culture très noble, enclin à harmoniser les diversités, et qui compte en même temps le plus grand nombre de musulmans au monde. Dans ce contexte, j’ai eu la confirmation que la compassion est le chemin sur lequel les chrétiens peuvent et doivent marcher pour témoigner du Christ Sauveur et en même temps rencontrer les grandes traditions religieuses et culturelles. À propos de la compassion, n’oublions pas les trois caractéristiques du Seigneur : proximité, miséricorde et compassion. Dieu est proche, Dieu est miséricordieux et Dieu est compatissant. Si un chrétien n’a pas de compassion, il ne sert à rien. “Foi, fraternité, compassion” a été le thème de la visite en Indonésie : à travers ces mots, l’Évangile entre chaque jour, concrètement, dans la vie de ce peuple, en l’accueillant et en lui donnant la grâce de Jésus mort et ressuscité. Ces mots sont comme un pont, comme le passage sous-terrain qui relie la Cathédrale de Jakarta à la plus grande Mosquée de l’Asie. Là-bas, j’ai vu que la fraternité, c’est l’avenir, c’est la réponse à l’anti-civilisation, aux projets diaboliques de haine et de guerre, voire de sectarisme. Le rempart c’est la fraternité.
J’ai trouvé la beauté d’une Église missionnaire, en sortie, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, un archipel qui s’étend vers l’immensité de l’océan Pacifique. Là, les différentes ethnies parlent plus de huit cents langues – on y parle huit cents langues : un environnement idéal pour l’Esprit Saint, qui aime faire résonner le message d’Amour dans la symphonie des langages. Ce n’est pas de l’uniformité, ce que fait l’Esprit Saint, c’est de la symphonie, c’est de l’harmonie, c’est le patron, c’est le chef de l’harmonie. Là, d’une manière particulière, les protagonistes ont été et sont encore les missionnaires et les catéchistes. J’ai été heureux de pouvoir passer un peu de temps avec les missionnaires et les catéchistes d’aujourd’hui, et j’ai été ému d’écouter les chants et la musique des jeunes : en eux, j’ai vu un nouvel avenir, sans violence tribale, sans dépendance, sans colonialismes idéologiques et économiques ; un avenir de fraternité et d’attention à l’environnement naturel merveilleux. La Papouasie-Nouvelle-Guinée peut être un “laboratoire” de ce modèle de développement intégral, animé par le “levain” de l’Évangile. Car il n’y a pas d’humanité nouvelle sans hommes et femmes nouveaux, et ceux-là seul le Seigneur les fait. Je voudrais aussi mentionner ma visite à Vanimo, où les missionnaires sont entre la forêt et la mer. Ils vont dans la forêt pour chercher les tribus les plus cachées, là… un beau souvenir, celui-là.
La force de promotion humaine et sociale du message chrétien se manifeste de manière particulière dans l’histoire du Timor Oriental. L’Église y a partagé le processus d’indépendance avec tout le peuple, en l’orientant toujours vers la paix et la réconciliation. Il ne s’agit pas d’une idéologisation de la foi, non, c’est la foi qui devient culture et en même temps l’éclaire, la purifie et l’élève. C’est pourquoi j’ai relancé la relation féconde entre foi et culture, sur laquelle Saint Jean-Paul II avait déjà mis l’accent lors de sa visite. La foi doit être inculturée et les cultures évangélisées. Foi et culture. Mais j’ai surtout été frappé par la beauté de ce peuple : un peuple éprouvé mais joyeux, un peuple sage dans la souffrance. Un peuple qui non seulement génère beaucoup d’enfants – mais il y avait une marée d’enfants, beaucoup, eh ? – mais qui leur enseigne à sourire. Je n’oublierai jamais le sourire des enfants de cette Patrie, de cette région. Ils sourient toujours, les enfants là-bas, et ils sont si nombreux. On leur enseigne à sourire, cette foi, et c’est une garantie pour l’avenir. Bref, au Timor oriental, j’ai vu la jeunesse de l’Église : des familles, des enfants, des jeunes, beaucoup de séminaristes et d’aspirants à la vie consacrée. Je dirais, sans exagérer, que j’y ai respiré “l’air du printemps” !
La dernière étape de ce voyage a été Singapour. Un pays très différent des trois autres : une cité-état, très moderne, pôle économique et financier de l’Asie et bien au-delà. Les chrétiens y sont minoritaires, mais ils forment une Église vivante, engagée à créer l’harmonie et la fraternité entre les différentes ethnies, cultures et religions. Même dans la riche Singapour, il y a des »petits » qui suivent l’Évangile et deviennent sel et lumière, témoins d’une espérance plus grande que celle que les gains économiques peuvent garantir.
Je voudrais remercier ces peuples qui m’ont accueilli avec tant de chaleur, avec tant d’amour, remercier leurs gouvernants qui m’ont beaucoup aidé dans cette visite, pour qu’elle puisse se faire dans de bonnes conditions, sans problèmes. Je remercie tous ceux qui y ont également collaboré, et je rends grâce à Dieu pour le don de ce voyage ! Et je leur renouvelle ma reconnaissance à tous, à tout le monde. Que Dieu bénisse les peuples que j’ai rencontrés et les guide sur le chemin de la paix et de la fraternité ! Salutations à tous !
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Chers frères et sœurs, bonjour !
Poursuivant notre itinéraire des catéchèses avec des modèles exemplaires de zèle apostolique… Gardons à l’esprit que nous parlons d’évangélisation, de zèle apostolique, de faire connaître le nom de Jésus, et qu’il y a beaucoup de femmes et d’hommes dans l’histoire qui l’ont fait de manière exemplaire. Aujourd’hui, par exemple nous portons le choix sur saint François Xavier : il est considéré, certains le disent, comme le plus grand missionnaire des temps modernes. Mais on ne peut pas dire qui est le plus grand, qui est le plus petit, parce qu’il y a tant de missionnaires cachés qui, encore aujourd’hui, font beaucoup plus que Saint François Xavier. Et Xavier est le saint patron des missions, comme Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus. Mais un missionnaire est grand quand il part. Et il y en a tant, tant de prêtres, de laïcs, de religieuses qui vont dans les missions, et aussi de l’Italie et beaucoup d’entre vous. Je vois, par exemple, quand on me montre le parcours d’un prêtre candidat à l’épiscopat : il a passé dix ans en mission à tel endroit… c’est formidable : quitter sa patrie pour prêcher l’Evangile. C’est le zèle apostolique. Et cela nous devons le cultiver beaucoup. Et en regardant la figure de ces hommes, de ces femmes, nous apprenons.
Et Saint François Xavier naît en 1506 dans une famille noble mais appauvrie de Navarre, dans le nord de l’Espagne. Il part étudier à Paris – c’est un jeune homme mondain, intelligent et brave. Là il rencontre Ignace de Loyola. Il lui fait faire les exercices spirituels et il change sa vie. Et il abandonne toute sa carrière mondaine pour devenir missionnaire. Il devient jésuite, prononce ses vœux. Puis il devient prêtre et part évangéliser, envoyé en Orient. À l’époque, les voyages des missionnaires en Orient étaient des envois vers des mondes inconnus. Et il y va, parce qu’il était rempli de zèle apostolique.
Ainsi commence la première d’une longue série de missionnaires passionnés des temps modernes, prêts à endurer d’immenses difficultés et dangers, à se rendre sur des terres et rencontrer des peuples de cultures et de langues totalement inconnues, uniquement animés par le désir très fort de faire connaître Jésus-Christ et son Évangile.
En un peu plus de onze ans, il accomplit une tâche extraordinaire. Il a été missionnaire pendant 11 ans plus ou moins. À l’époque, les voyages en bateau étaient très difficiles et étaient dangereux. Nombreux mouraient durant le voyage, victimes de naufrages ou de maladies. Aujourd’hui, ils meurent malheureusement parce que nous les laissons mourir en Méditerranée… Xavier passera plus de trois ans et demi sur les navires, soit un tiers de la durée totale de sa mission. Il passe plus de trois ans et demi sur les navires, pour se rendre en Inde, puis de l’Inde au Japon.
Arrivé à Goa, en Inde, capitale de l’Orient portugais, la capitale culturelle et aussi commerciale, Xavier y établit sa base, mais ne s’arrête pas là. Il part évangéliser les pauvres pêcheurs de la côte méridionale de l’Inde, enseigne le catéchisme et la prière aux enfants, baptise et soigne les malades. Puis, lors d’une prière nocturne sur la tombe de l’apôtre Saint-Barthélemy, il sent qu’il doit aller au-delà de l’Inde. Il laisse en de bonnes mains l’œuvre qu’il a déjà commencée et s’embarque hardiment pour les Moluques, les îles les plus éloignées de l’archipel indonésien. Pour ces gens, il n’y avait pas d’horizon, ils allaient au-delà… Un tel courage de la part de ces saints missionnaires ! Même ceux d’aujourd’hui, même s’ils ne prennent pas le bateau pendant trois mois, ils prennent l’avion pendant 24 heures, mais ensuite, c’est la même chose. Il faut se rendre sur place, parcourir de nombreux kilomètres, aller dans les forêts. Et Xavier, dans les Moluques, met en vers, le catéchisme dans la langue locale et enseigne à chanter le catéchisme, parce en chantant on l’apprend mieux. Ses lettres nous font comprendre quels furent ses sentiments. Il écrit ainsi : « Les dangers et les souffrances, acceptés volontairement et uniquement pour l’amour et le service de Dieu notre Seigneur, sont des trésors riches de grandes consolations spirituelles. Ici, en peu d’années, on pourrait perdre les yeux pour avoir versé trop de larmes de joie » (20 janvier 1548). Il pleurait de joie en voyant l’œuvre du Seigneur.
Un jour, en Inde, il rencontre un Japonais qui lui parle de son pays lointain, où aucun missionnaire européen n’est jamais allé. Et François Xavier avait l’inquiétude de l’apôtre, celle d’aller plus loin, et il décide de partir le plus tôt possible, et y arrive après un voyage audacieux sur la jonque d’un Chinois. Les trois années passées au Japon sont très dures, en raison du climat, de l’opposition et de l’ignorance de la langue, mais même là, les graines semées porteront de nombreux fruits.
Au Japon, Xavier, le grand rêveur, comprend que le pays décisif pour la mission en Asie était un autre : la Chine. Avec sa culture, son histoire, sa grandeur, elle exerçait une domination de fait sur cette partie du monde. Aujourd’hui encore, la Chine est un pôle culturel, avec une grande histoire, une très belle histoire. Il retourne donc à Goa et, peu après, s’embarque à nouveau, espérant pouvoir arriver en Chine. Mais son plan échoue : il meurt aux portes de la Chine, sur une île, sur la petite île de Sancian, au large de la Chine, attendant en vain de débarquer sur la terre ferme près de Canton. Le 3 décembre 1552, il meurt dans l’abandon le plus total, seul un Chinois est à ses côtés pour veiller sur lui. Ainsi s’achève le parcours terrestre de François Xavier. Il avait vieilli, quel âge avait-il ? Quatre-vingts ans déjà ? Non… Il n’avait que quarante-six ans, il avait passé sa vie dans la mission, avec zèle. Il quitte l’Espagne cultivée et arrive dans le pays le plus cultivé du monde à l’époque, la Chine, et meurt devant la grande Chine, accompagné par un Chinois. Tout un symbole !
Son activité intense a toujours été associée à la prière, à l’union avec Dieu, mystique et contemplative. Il ne délaissait jamais la prière, car il savait que c’était là que résidait sa force. Partout où il se trouvait, il avait une grande attention pour les malades, les pauvres et les enfants. Il n’était pas un missionnaire « aristocratique » : il allait toujours avec les plus nécessiteux, les enfants qui avaient le plus besoin d’éducation, de catéchèse, les pauvres, les malades : il allait jusqu’aux frontières de la compassion où s’est accrue sa grandeur. L’amour du Christ a été la force qui l’a poussée jusqu’aux frontières les plus éloignées, au prix de fatigues et de dangers constants, surmontant les échecs, les déceptions et le découragement, et lui offrant même la consolation et la joie de le suivre et de le servir jusqu’au bout.
Que Saint François Xavier, qui a accompli cette tâche si grande, dans une telle pauvreté et avec un tel courage, nous donne un peu de ce zèle, de ce zèle pour vivre l’Évangile et pour annoncer l’Évangile. Aux nombreux jeunes d’aujourd’hui qui sont inquiets et ne savent pas quoi faire de cette inquiétude, je dis : regardez François Xavier, regardez l’horizon du monde, regardez les peuples qui ont tant besoin, regardez tant de gens qui souffrent, tant de gens qui ont besoin de Jésus. Et allez-y, ayez du courage. Aujourd’hui encore, il y a des jeunes courageux. Je pense à tant de missionnaires, par exemple en Papouasie-Nouvelle-Guinée, je pense à mes amis, les jeunes du diocèse de Vanimo, et à tous ceux qui sont partis évangéliser dans le sillage de François Xavier. Que le Seigneur nous donne à tous la joie d’évangéliser, la joie de porter ce beau message qui fait notre bonheur et celui de tous.
Source : vatican.va
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RENCONTRE AVEC LES AUTORITÉS, LA SOCIÉTÉ CIVILE ET LE CORPS DIPLOMATIQUE
(Voir la « Rencontre avec les prêtres séminaristes et consacrées » plus bas)
Monsieur le Président de la République,
Monsieur le Président de l’Assemblée de la République,
Monsieur le Premier Ministre,
Membres du Gouvernement et du Corps diplomatique,
Autorités, Représentants de la société civile et du monde de la culture,
Mesdames et Messieurs !
Je vous salue cordialement et je remercie Monsieur le Président pour son accueil et pour les aimables paroles qu’il m’a adressées – il est très accueillant le Président, merci ! Je suis heureux d’être à Lisbonne, ville de la rencontre qui embrasse divers peuples et cultures et qui devient, ces jours-ci, encore plus universelle. Elle devient, en un certain sens, la capitale du monde, la capitale de l’avenir, car les jeunes sont l’avenir. Cela correspond bien à son caractère multiethnique et multiculturel – je pense au quartier de Mouraria, où vivent en harmonie des personnes de plus de soixante pays – et révèle la caractéristique cosmopolite du Portugal qui plonge ses racines dans le désir de s’ouvrir au monde et de l’explorer, en naviguant vers des horizons nouveaux et plus vastes.
Non loin d’ici, à Cabo da Roca, la phrase d’un grand poète de cette ville est sculptée : « Ici… où la terre se termine et où commence la mer » (L. Vaz de Camões, Os Lusíadas, III, 20). Pendant des siècles, on a cru que l’extrémité du monde se trouvait là et, en un sens, c’est vrai : nous sommes aux confins du monde parce que ce pays borde l’océan qui délimite les continents. Lisbonne en porte l’étreinte et le parfum. J’aime m’associer à ce que les Portugais se plaisent à chanter : « Lisbonne sent les fleurs et la mer » (A. Rodrigues, Cheira bem, cheira a Lisboa, 1972). Une mer qui, beaucoup plus qu’un élément du paysage, est un appel gravé dans l’âme de chaque Portugais. Une poétesse locale l’a désignée comme « une mer qui résonne, une mer sans fond, une mer sans fin » (S. de Mello Breyner Andresen, Mar sonoro). Face à l’océan, les Portugais réfléchissent sur les immenses espaces de l’âme et sur le sens de la vie dans le monde. Et moi aussi, en me laissant emporter par l’image de l’océan, j’aimerais vous partager quelques pensées.
Selon la mythologie classique, Océan est fils du ciel (Ouranos) : son immensité conduit les mortels à regarder vers le haut et à s’élever vers l’infini. Mais, en même temps, Océan est fils de la terre (Gaia) qu’il étreint, invitant ainsi à envelopper de tendresse l’ensemble du monde habité. L’océan ne relie pas seulement, en effet, les peuples et les pays, mais les terres et les continents. C’est pourquoi Lisbonne, ville de l’océan, rappelle l’importance de l’ensemble, du fait de penser les frontières comme des zones de contact, non comme des frontières qui séparent. Nous savons aujourd’hui que les grandes questions sont mondiales, alors que nous faisons souvent l’expérience de l’inefficacité à y répondre, précisément parce que, face aux problèmes communs, le monde est divisé, ou du moins pas assez uni, incapable d’affronter en commun ce qui met le monde en crise. Il semble que les injustices planétaires, les guerres, les crises climatiques et migratoires aillent plus vite que la capacité, et souvent la volonté, de faire face ensemble à ces défis.
Lisbonne peut suggérer un changement de rythme. Ici, en 2007, a été signé l’homonyme Traité de réforme de l’Union Européenne. Celui-ci affirme que « l’Union a pour but de promouvoir la paix, ses valeurs et le bien-être de ses peuples » (Traité de Lisbonne qui modifie le Traité sur l’Union Européenne et le Traité qui institue la Communauté Européenne, art. 1, 4/2.1) ; mais il va plus loin en affirmant que « dans ses relations avec le reste du monde […] elle contribue à la paix, à la sécurité, au développement durable de la terre, à la solidarité et au respect mutuel entre les peuples, au commerce libre et équitable, à l’élimination de la pauvreté et à la protection des droits de l’homme » (art. 1, 4/2.5). Ce ne sont pas seulement des mots, mais des jalons pour la marche de la communauté européenne, gravés dans la mémoire de cette ville. Voilà l’esprit de l’ensemble, animé par le rêve européen d’un multilatéralisme plus large que le seul contexte occidental.
Selon une étymologie discutée, le nom Europe proviendrait d’un mot indiquant la direction de l’occident. Il est certain que Lisbonne est la capitale la plus à l’ouest de l’Europe continentale. Elle rappelle donc la nécessité d’ouvrir des voies de rencontre plus vastes, comme le Portugal le fait déjà, surtout avec les pays d’autres continents unis par la même langue. Je souhaite que les Journées Mondiales de la Jeunesse soient, pour le “vieux continent” – nous pouvons dire le continent “âgé”, une impulsion d’ouverture universelle, c’est-à-dire une impulsion d’ouverture qui le rende plus jeune. Car de l’Europe, la vraie, le monde a besoin : il a besoin de son rôle de bâtisseur de ponts et d’artisan de paix dans sa partie orientale, en Méditerranée, en Afrique et au Moyen-Orient. L’Europe pourra ainsi apporter sur la scène internationale son originalité spécifique, qui s’est dessinée au siècle dernier lorsque, dans le creuset des conflits mondiaux, elle a fait jaillir l’étincelle de la réconciliation en rêvant de construire l’avenir avec l’ennemi d’hier, engageant des voies de dialogue, des voies d’inclusion, développant une diplomatie de paix qui éteint les conflits et apaise les tensions, capable de saisir les moindres signaux de détente et de lire entre les lignes les plus tordues.
Nous naviguons sur l’océan de l’histoire en des temps tumultueux et nous ressentons le manque de courageux itinéraires de paix. En regardant avec affection l’Europe et l’esprit de dialogue qui la caractérise, on pourrait lui demander : vers où navigues-tu, si tu ne proposes pas d’itinéraires de paix, de voies créatives pour mettre fin à la guerre en Ukraine ainsi qu’à beaucoup d’autres conflits qui ensanglantent le monde ? Et encore une fois, en élargissant le champ : quelle route suis-tu, Occident ? Ta technologie, qui a marqué le progrès et globalisé le monde, ne suffit pas à elle seule ; moins encore les armes les plus sophistiquées qui ne sont en rien des investissements pour avenir, mais qui appauvrissent du véritable capital humain, celui de l’éducation, de la santé, de la protection sociale. Il est inquiétant de lire qu’en de nombreux endroits l’on investit continuellement des fonds dans les armes plutôt que dans l’avenir des enfants. Et c’est vrai. L’économe me disait, il y a quelques jours, que le meilleur revenu d’investissement est dans la fabrication d’armes. On investit plus dans les armes que dans l’avenir de ses enfants. Je rêve d’une Europe, cœur de l’Occident, qui mette à profit son ingéniosité pour éteindre les foyers de guerre et allumer des lueurs d’espérance ; une Europe qui sache retrouver son âme juvénile en rêvant de la grandeur de l’ensemble et en allant au-delà des besoins de l’immédiat ; une Europe qui inclue des peuples et des personnes avec leur propre culture sans poursuivre théories et colonisations idéologiques. Et cela nous aidera à penser aux rêves des pères fondateurs de l’Union européenne : ceux-ci rêvaient en grand !
L’océan, immense étendue d’eau, rappelle les origines de la vie. Dans le monde développé d’aujourd’hui, il est devenu paradoxalement prioritaire de défendre la vie humaine, mise en danger par des dérives utilitaristes qui l’utilisent et l’éliminent : la culture du rejet de la vie. Je pense à tous ces enfants qui ne sont pas nés et ces personnes âgées abandonnés à elles-mêmes, à la difficulté d’accueillir, de protéger, de promouvoir et d’intégrer ceux qui viennent de loin et frappent aux portes, à la solitude de nombreuses familles qui luttent pour mettre au monde et élever des enfants. On serait aussi tenté de dire ici : vers où naviguez-vous, Europe et Occident, avec le rejet des personnes âgées, les murs aux fils barbelés, les tragédies en mer et les berceaux vides ? Vers où naviguez-vous ? Où allez-vous si, face au mal de vivre, vous offrez des remèdes hâtifs et erronés, comme l’accès facile à la mort, solution de facilité qui paraît douce, mais qui est en réalité plus amère que les eaux de la mer ?Et je pense à tant de lois sophistiquées sur l’euthanasie.
Lisbonne, embrassée par l’océan, nous donne cependant des raisons d’espérer, c’est une ville d’espérance. Un océan de jeunes se déverse dans cette ville accueillante ; et je voudrais exprimer ma gratitude pour le grand travail et l’engagement généreux du Portugal pour accueillir un événement si complexe à gérer, mais porteur d’espérance. Comme on dit ici : « À côté des jeunes, on ne vieillit pas ». Des jeunes, venus du monde entier, cultivant les désirs de l’unité, de la paix et de la fraternité, des jeunes qui rêvent nous incitent à réaliser leurs rêves de bien. Ils ne sont pas dans les rues pour crier de colère, mais pour partager l’espérance de l’Évangile, l’espérance de la vie. Et si l’on respire aujourd’hui dans de nombreuses régions un climat de protestation et d’insatisfaction, terreau fertile aux populismes et aux complotismes, les Journées Mondiales de la Jeunesse sont l’occasion de construire ensemble. Elles ravivent le désir de créer de la nouveauté, de prendre le large et de naviguer ensemble vers l’avenir. Des paroles audacieuses de Pessoa me viennent à l’esprit : « Naviguer est nécessaire, mais il n’est pas nécessaire de vivre […] ; ce qu’il faut c’est créer » (Navegar é preciso). Travaillons donc avec créativité pour construire ensemble ! J’imagine trois chantiers d’espérance où nous pouvons tous travailler unis : l’environnement, l’avenir, la fraternité.
L’environnement. Le Portugal fait avec l’Europe beaucoup d’efforts exemplaires pour la protection de la création. Mais le problème mondial reste extrêmement sérieux : les océans sont surchauffés et, de leurs fonds, remonte à la surface la laideur avec laquelle nous avons pollué la maison commune. Nous transformons ces grandes réserves de vie en décharges de plastique. L’océan nous rappelle que la vie de l’homme est appelée à s’harmoniser avec un environnement plus vaste que nous, qui doit être protégé, doit être protégé avec soin, en pensant aux jeunes générations. Comment pouvons-nous dire que nous croyons en la jeunesse, si nous ne leur donnons pas un espace sain pour construire l’avenir ?
L’avenir est le deuxième chantier. Et l’avenir, ce sont les jeunes. Mais de nombreux facteurs les découragent, comme le manque de travail, les rythmes effrénés dans lesquels ils sont plongés, l’augmentation du coût de la vie, la difficulté à trouver un logement et, plus préoccupant encore, la peur de former une famille et de mettre des enfants au monde. En Europe, et plus généralement en Occident, on assiste à une phase descendante de la courbe démographique : le progrès semble être une question de développement technique et de confort des individus, alors que l’avenir exige de contrer la dénatalité et le déclin de l’envie de vivre. Une bonne politique peut faire beaucoup en cela, elle peut être génératrice d’espérance. Elle n’est pas en effet appelée à détenir le pouvoir, mais à donner aux gens la possibilité d’espérer. Elle est appelée, aujourd’hui plus que jamais, à corriger les déséquilibres économiques d’un marché qui produit des richesses mais ne les distribue pas, appauvrissant les esprits en ressources et en certitudes. Elle est appelée à se redécouvrir génératrice de vie et de soins, à investir avec clairvoyance dans l’avenir, dans les familles et dans les enfants, à promouvoir des alliances intergénérationnelles, où l’on ne supprime pas d’un coup d’éponge le passé, mais où l’on favorise les liens entre jeunes et personnes âgées. Nous devons reprendre cela : le dialogue entre jeunes et personnes âgées. C’est ce que rappelle le sentiment de la saudade portugaise, qui exprime une nostalgie, un désir de bien absent qui renaît seulement au contact de ses propres racines. Les jeunes doivent trouver leurs racines chez les personnes âgées. En ce sens, l’éducation est importante. Elle ne peut pas se contenter de transmettre des notions techniques pour progresser économiquement, mais elle est destinée à s’insérer dans une histoire, à transmettre une tradition, à valoriser le besoin religieux de l’homme et à favoriser l’amitié sociale.
Le dernier chantier d’espérance est celui de la fraternité que nous, chrétiens, apprenons du Seigneur Jésus Christ. Dans de nombreuses régions du Portugal, le sens du voisinage et la solidarité sont très vivants. Cependant, dans le contexte général d’une mondialisation qui nous rapproche, ne procurant pas cependant de proximité fraternelle, nous sommes tous appelés à cultiver le sens de la communauté, en commençant par la recherche de celui qui habite à côté. Comme l’a remarqué Saramago, « ce qui donne le vrai sens à la rencontre, c’est la recherche, et il faut faire beaucoup de chemin pour rejoindre ce qui est proche » (Todos os nomes, 1997). Comme il est beau de se redécouvrir frères et sœurs, de travailler pour le bien commun en laissant de côté les oppositions et les différences de vues ! Ici aussi, il y a par exemple les jeunes qui, avec leur cri de paix et leur envie de vivre, nous poussent à abattre les rigides barrières de l’appartenance, érigées au nom d’opinions et de croyances différentes. J’ai entendu parler de nombreux jeunes qui cultivent ici le désir de se faire proches. Je pense à l’initiative Missão País qui a conduit des milliers de jeunes à vivre, dans l’esprit de l’Évangile, des expériences de solidarité missionnaire dans les zones périphériques, en particulier dans les villages à l’intérieur du pays, en allant rendre visite à de nombreuses personnes âgées seules, et cela est une “onction” pour la jeunesse. Je voudrais remercier et encourager, avec toute les personnes dans la société portugaise qui s’occupent des autres, l’Église locale qui fait beaucoup de bien, loin de la lumière des projecteurs.
Frères et sœurs, sentons-nous tous ensemble appelés, fraternellement, à donner de l’espérance au monde dans lequel nous vivons et à ce magnifique pays. Que Dieu bénisse le Portugal !
Source : vatican.va
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Abraham
L’acte de foi
Cette vidéo fait partie du parcours « Héritiers du Sacré-Coeur »
Coeur de Jésus, mystère du verbe incarné
Coeur de Jésus, vrai Dieu, vrai Homme
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OUVERTURE DE LA XVIe ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ORDINAIRE DU SYNODE DES ÉVÊQUES
« POUR UNE ÉGLISE SYNODALE : COMMUNION, PARTICIPATION ET MISSION »
SALUTATION DU PAPE FRANÇOIS
Frères et sœurs, bon après-midi !
Je vous salue tous, alors que nous commençons ce chemin synodal.
J’aime rappeler que c’est saint Paul VI qui a dit que l’Église en Occident avait perdu l’idée de la synodalité, et c’est pourquoi il avait créé le Secrétariat pour le Synode des Évêques, qui a tenu tant de réunions, tant de Synodes sur différents thèmes.
Mais l’expression de la synodalité n’est pas encore mûre. Je me souviens que j’ai été secrétaire d’un de ces synodes, et le Cardinal Secrétaire – un bon missionnaire belge, un bon, un bon – lorsque je préparais le vote, venait me voir : « Que fais-tu ? » – « Ce qui sera voté demain » – « Qu’est-ce que c’est ? Non, on ne vote pas ceci » – « Mais écoute, c’est synodal » – « Non, non, on ne vote pas ». Parce que nous n’avions pas encore l’habitude que tous doivent s’exprimer librement. Et ainsi, lentement, au cours de ces presque 60 ans, le chemin s’est fait dans cette direction, et aujourd’hui nous pouvons arriver à ce Synode sur la synodalité.
Ce n’est pas facile, mais c’est beau, c’est très beau. Un Synode que tous les évêques du monde ont souhaité. Dans le sondage réalisé après le Synode sur l’Amazonie, parmi tous les évêques du monde, la deuxième place de préférence a été celle-ci : la synodalité. En première position se trouvaient les prêtres, en troisième, je crois, une question sociale. Mais [ceci était] en deuxième position. Tous les évêques du monde voyaient la nécessité de réfléchir sur la synodalité. Pourquoi ? Parce qu’ils avaient tous compris que le fruit était mûr pour cela.
Et c’est dans cet esprit que nous commençons à travailler aujourd’hui. Et j’aime à dire que le Synode n’est pas un parlement, c’est autre chose ; que le Synode n’est pas une réunion d’amis pour résoudre quelques questions du moment ou donner des avis, c’est autre chose. N’oublions pas, frères et sœurs, que le protagoniste du Synode ce n’est pas nous : c’est l’Esprit Saint. Et s’il y a parmi nous l’Esprit pour nous guider, ce sera un beau Synode. S’il y a parmi nous d’autres manières d’avancer pour des intérêts humains, personnels, idéologiques, ce ne sera pas un Synode, ce sera plus une réunion parlementaire, ce qui est une autre chose. Le Synode est un chemin que trace l’Esprit Saint. Il vous a été remis des feuilles avec des textes patristiques qui nous aideront pour l’ouverture du Synode. Ils sont tirés de saint Basile, qui a écrit ce beau traité sur l’Esprit Saint. Pourquoi ? Parce qu’il faut comprendre cette réalité, ce qui n’est pas facile, pas facile.
Lorsque, à l’occasion du 50e anniversaire de la création du Synode, les théologiens m’ont préparé une lettre que j’ai signée, ce fut un grand pas en avant. Mais nous devons maintenant trouver l’explication de ce chemin. Nous ne sommes pas les protagonistes du Synode, c’est l’Esprit Saint, et si nous laissons la place à l’Esprit Saint, le Synode se déroulera bien. Ces feuilles sur saint Basile vous ont été remises en différentes langues : anglais, français, portugais et espagnol, vous les avez donc entre les mains. Je ne mentionne pas ces textes, sur lesquels je vous demande ensuite de réfléchir et de méditer.
L’Esprit Saint est le protagoniste de la vie ecclésiale : le plan de salut des hommes s’accomplit par la grâce de l’Esprit. C’est Lui le protagoniste. Si nous ne comprenons pas cela, nous serons comme ceux dont parlent les Actes des Apôtres : « Avez-vous reçu l’Esprit Saint ? ». – « Qu’est-ce que l’Esprit Saint ? Nous n’en avons même pas entendu parler » (cf. 19,1-2). Nous devons comprendre qu’il est le protagoniste de la vie de l’Église, celui qui la fait avancer.
L’Esprit Saint déclenche un dynamisme profond et varié dans la communauté ecclésiale : “le tumulte” de la Pentecôte. C’est curieux ce qui se passe à la Pentecôte : tout était bien rangé, tout était clair… Ce matin-là, il y a un tumulte, on parle toutes les langues, tout le monde comprend… Mais c’est une variété dont on ne comprend pas bien le sens… Et après cela, la grande œuvre de l’Esprit Saint : non pas l’unité, non, l’harmonie. Il nous unit dans l’harmonie, l’harmonie de toutes les différences. S’il n’y a pas d’harmonie, il n’y a pas d’Esprit : c’est Lui qui fait cela.
Ensuite, le troisième texte qui peut nous aider : l’Esprit Saint est le compositeur harmonique de l’histoire du salut. Harmonie – faisons attention – ne signifie pas “synthèse”, mais “lien de communion entre des parties dissemblables”. Si, dans ce Synode, nous aboutissons à une déclaration uniforme, uniforme, sans nuances, l’Esprit n’y est pas, il est resté dehors. Il fait cette harmonie qui n’est pas une synthèse, qui est un lien de communion entre des parties dissemblables.
L’Église, une unique harmonie de voix, à plusieurs voix, opérée par l’Esprit Saint : c’est ainsi que nous devons concevoir l’Église. Chaque communauté chrétienne, chaque personne a sa particularité, mais ces particularités doivent être incluses dans la symphonie de l’Église, et la juste symphonie est faite par l’Esprit : nous ne pouvons pas la faire. Nous ne sommes pas un parlement, nous ne sommes pas les Nations Unies, non, c’est autre chose.
L’Esprit Saint est à l’origine de l’harmonie entre les Églises. Ce que Basile dit à ses frères évêques est intéressant : “Donc de même que nous considérons comme notre bien votre unité et votre concorde mutuelle, de même nous vous invitons à participer à nos souffrances causées par les divisions et à ne pas nous séparer de vous par le fait que nous sommes loin en raison des lieux ; mais, puisque nous sommes unis par la communion selon l’Esprit, recevez-nous dans l’harmonie d’un seul corps”.
L’Esprit Saint nous conduit par la main et nous console. La présence de l’Esprit est presque – permettez-moi le mot – maternelle, comme une mère qui nous conduit et nous donne cette consolation. Il est le Consolateur, l’un des noms de l’Esprit : le Consolateur. L’action consolatrice de l’Esprit Saint, représentée par l’aubergiste auquel est confié l’homme tombé sur des bandits (cf. Lc 10, 34-35) : Basile interprète cette parabole du bon Samaritain et, dans l’aubergiste, voit l’Esprit Saint qui permet que la bonne volonté d’un homme et le péché d’un autre aillent sur une voie harmonieuse.
De plus, Celui qui garde l’Église est l’Esprit Saint. L’Esprit Saint a donc un rôle consolateur multiforme. Nous devons apprendre à écouter les voix de l’Esprit : elles sont toutes différentes. Apprendre à discerner.
Et puis, l’Esprit est celui qui fait l’Église : c’est Lui qui fait l’Église. Il y a un lien très important entre la Parole et l’Esprit. Nous pouvons penser à ceci : le Verbe et l’Esprit. L’Écriture, la Liturgie, la tradition ancienne nous parlent de la “tristesse” de l’Esprit Saint, et l’une des choses qui attristent le plus l’Esprit Saint, ce sont les paroles vides. Les paroles vides, les paroles mondaines, et – en descendant un peu vers une certaine habitude humaine mais pas bonne – le bavardage. Le bavardage est l’anti-Esprit Saint, il va à l’encontre. C’est une maladie très répandue parmi nous. Et les paroles vides attristent l’Esprit Saint. « N’attristez pas le Saint Esprit de Dieu, qui vous a marqués » (cf. Ep 4, 30). Quel grand mal que d’attrister l’Esprit Saint de Dieu, faut-il le dire ? Le bavardage, la médisance, tout cela attriste l’Esprit Saint. C’est la maladie la plus commune dans l’Église, le bavardage. Et si nous ne le laissons pas nous guérir de cette maladie, un chemin synodal sera difficilement bon. Au moins ici à l’intérieur : si tu n’es pas d’accord avec ce que dit cet évêque ou cette sœur ou ce laïc, dis-le-lui en face. C’est la raison d’être d’un Synode. Pour dire la vérité, et non les bavardages sous la table.
L’Esprit Saint nous confirme dans la foi. C’est lui qui le fait continuellement…
Ces textes de Basile, lisez-les, ils sont dans votre langue, parce que je crois qu’ils nous aideront à faire de la place dans nos cœurs à l’Esprit. Je le répète : ce n’est pas un parlement, ce n’est pas une réunion pour la pastorale de l’Église. Il s’agit d’un syn-odos, marcher ensemble est le programme. Nous avons fait beaucoup de choses, comme l’a dit Son Éminence : la consultation, tout cela, avec le peuple de Dieu. Mais celui qui prend tout cela en main, qui guide, c’est l’Esprit Saint S’Il n’est pas là, cela ne donnera pas un bon résultat.
J’insiste sur ce point : s’il vous plaît, n’attristez pas l’Esprit. Et dans notre théologie, faire place à l’Esprit Saint. Et aussi dans ce Synode, discerner les voix de l’Esprit de celles qui ne sont pas de l’Esprit, qui sont mondaines. À mon avis, la maladie la plus affreuse aujourd’hui – depuis toujours, mais encore aujourd’hui – que l’on voit dans l’Église est ce qui va contre l’Esprit, c’est-à-dire la mondanité spirituelle. Un esprit, mais pas saint : de mondanité. Faites attention à cela : ne prenons pas la place de l’Esprit Saint avec des choses mondaines – même bonnes – comme le bon sens : cela aide, mais l’Esprit va plus loin. Nous devons apprendre à vivre dans notre Église avec l’Esprit Saint. Je vous invite réfléchir sur ces textes de saint Basile qui nous aideront beaucoup.
Ensuite, je voudrais dire que dans ce Synode – également pour faire place à l’Esprit Saint – il y a la priorité de l’écoute, il y a cette priorité. Et nous devons donner un message aux agents de presse, aux journalistes, qui font un très beau, un très bon travail. Nous devons faire une communication qui soit le reflet de cette vie dans l’Esprit Saint. Il nous faut une ascèse – excusez-moi de parler ainsi aux journalistes – un certain jeûne de la parole publique pour garder cela. Et ce qui est publié, que ce le soit dans ce climat. Certains diront – ils le disent – que les évêques ont peur et c’est pour cela qu’ils ne veulent pas que les journalistes parlent. Non, le travail des journalistes est très important. Mais nous devons les aider à dire cela, cette marche dans l’Esprit. Et plus que la priorité à la parole, il y a la priorité à l’écoute. Et je demande aux journalistes de bien vouloir faire comprendre cela aux gens, qu’ils sachent que la priorité est à l’écoute. Lorsqu’il y a eu le Synode sur la famille, il y avait l’opinion publique, due à notre mondanité, selon laquelle il s’agissait de donner la communion aux divorcés : et nous sommes entrés ainsi en Synode. Lors du Synode sur l’Amazonie, il y a eu l’opinion publique, la pression, pour que l’on fasse des viri probati : nous sommes entrés avec cette pression. Maintenant, il y a des hypothèses sur ce Synode : “que feront-ils ?”, “peut-être le sacerdoce aux femmes”… je ne sais pas, ces choses qu’ils disent dehors. Et ils disent si souvent que les évêques ont peur de communiquer ce qui se passe. C’est pourquoi je vous demande, communicateurs, de bien faire votre travail, juste, de manière à ce que l’Église et les personnes de bonne volonté – les autres diront ce qu’elles veulent – comprennent que même dans l’Église, il y a la priorité à l’écoute. Transmettre cela : c’est très important.
Je vous remercie de nous aider tous dans cette “pause” de l’Église. L’Église s’est arrêtée, comme les Apôtres après le Vendredi saint, enfermés le Samedi saint, mais ils l’étaient par peur, pas nous. Mais elle s’est arrêtée. C’est une pause de toute l’Église, à l’écoute. C’est le message le plus important. Merci de votre travail, merci pour ce que vous faites. Et je vous recommande, si vous le pouvez, de lire ces textes de saint Basile, ils sont d’une grande aide. Merci.
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« Le parfait ami… » vie de St Claude
Episode 4 : la canonisation de Saint François de Sales

Chers frères et sœurs !
Le 19 mars 2016, le Pape François a offert à l’Église universelle un message lumineux d’espérance concernant l’amour conjugal et familial : l’exhortation apostolique Amoris laetitia, fruit de trois années de discernement synodal soutenues par l’Année Sainte de la Miséricorde. En ce dixième anniversaire, nous voulons rendre grâce au Seigneur pour l’élan donné à l’étude et à la conversion pastorale de l’Église et lui demander le courage de poursuivre le chemin, en accueillant toujours à nouveau l’Évangile, dans la joie de pouvoir l’annoncer à tous.
Comme l’enseigne le Concile Vatican II, la famille est « le fondement de la société », (1) don de Dieu et « école d’enrichissement humain ». (2) Par le sacrement du mariage, les époux chrétiens constituent une sorte d’ « Église domestique », (3) dont le rôle est essentiel pour l’éducation et la transmission de la foi. Dans le sillage de l’élan conciliaire, les deux exhortations apostoliques Familiaris consortio – donnée par Saint Jean-Paul II en 1981 – et Amoris laetitia (AL) ont toutes deux stimulé l’engagement doctrinal et pastoral de l’Église au service des jeunes, des conjoints et des familles.
Prenant acte « des changements anthropologiques et culturels » (AL, 32) qui se sont accentués au cours des trente-cinq dernières années, le Pape François a voulu engager davantage l’Église dans la voie du discernement synodal. Son discours du 17 octobre 2015, prononcé lors de la XIV e Assemblée générale ordinaire du Synode des évêques sur la famille, invite à une « écoute réciproque » au sein du peuple de Dieu, « tous à l’écoute de l’Esprit Saint, l’“Esprit de Vérité” (Jn 14, 17), pour savoir ce qu’il “dit aux Églises” (Ap 2, 7) ». Et il précise qu’il n’est « pas possible de parler de la famille sans interpeller les familles, en écoutant leurs joies et leurs espérances, leurs douleurs et leurs angoisses ». (4)
En récoltant les fruits du discernement synodal, Amoris laetitia offre un enseignement précieux que nous devons continuer à approfondir aujourd’hui : l’espérance biblique de la présence aimante et miséricordieuse de Dieu, qui permet de vivre des « histoires d’amour » même lorsque l’on traverse des « crises familiales » (AL, 8) ; l’invitation à adopter « le regard de Jésus » (AL, 60) et à stimuler sans relâche « la croissance, la consolidation et l’approfondissement de l’amour conjugal et familial » (AL, 89) ; l’appel à découvrir que l’amour dans le mariage « donne toujours la vie » (AL, 165) et qu’il est « réel » précisément dans son caractère « imité et terrestre » (AL, 113), comme nous l’enseigne le mystère de l’Incarnation. Le Pape François affirme « la nécessité de chercher de nouveaux chemins pastoraux » (AL, 199) et de « renforcer l’éducation des enfants » (AL, chap. VII), tout en invitant l’Église à « accompagner, discerner et intégrer la fragilité » (AL, chap. VIII), en dépassant une conception réductrice de la norme, et à promouvoir « la spiritualité qui jaillit de la vie familiale » (AL, 313).
Comme j’ai eu l’occasion de le dire aux jeunes réunis à Tor Vergata pendant le Jubilé de l’Espérance, « la fragilité […] fait partie de la merveille que nous sommes » : nous ne sommes pas faits « pour une vie où tout est acquis et immobile, mais pour une existence qui se régénère constamment dans le don, dans l’amour ». (5) Pour servir la mission d’annoncer l’Évangile de la famille aux jeunes générations, nous devons apprendre à évoquer la beauté de la vocation au mariage précisément dans la reconnaissance de la fragilité, afin de réveiller « la confiance dans la grâce » (AL, 36) et le désir chrétien de sainteté. Nous devons également soutenir les familles, en particulier celles qui souffrent des nombreuses formes de pauvreté et de violence présentes dans la société contemporaine.
Nous rendons grâce au Seigneur pour les familles qui, malgré les difficultés et les défis, vivent « la spiritualité de l’amour familial […] faite de milliers de gestes réels et concrets » (AL, 315). J’exprime également ma gratitude aux pasteurs, aux agents pastoraux, aux associations de fidèles et aux mouvements ecclésiaux engagés dans la pastorale familiale.
Notre époque est marquée par des transformations rapides qui, plus encore qu’il y a dix ans, rendent nécessaire une attention pastorale particulière aux familles, auxquelles le Seigneur confie la tâche de participer à la mission de l’Église d’annoncer et de témoigner l’Évangile. (6) Il existe en effet des lieux et des circonstances où l’Église « ne peut devenir le sel de la terre » (7) que par l’intermédiaire des fidèles laïcs et, en particulier, des familles. C’est pourquoi l’engagement de l’Église dans ce domaine doit être renouvelé et approfondi, afin que ceux que le Seigneur appelle au mariage et à fonder une famille puissent vivre leur amour conjugal dans le Christ et que les jeunes se sentent attirés par l’intensité de la vocation matrimoniale dans l’Église.
Prenant acte des changements qui continuent d’influencer les familles, j’ai décidé de convoquer en octobre 2026 les présidents des conférences épiscopales du monde entier, afin de procéder, dans l’écoute réciproque, à un discernement synodal sur les mesures à prendre pour annoncer l’Évangile aux familles aujourd’hui, à la lumière d’Amoris laetitia et en tenant compte de ce qui se réalise dans les Églises locales.
Je confie ce cheminement à l’intercession de saint Joseph, gardien de la Sainte Famille de Nazareth.
Du Vatican, le 19 mars 2026, solennité de saint Joseph.
LÉON PP. XIV
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(1) Conc. Œcum. Vat. II, Const. Past. Gaudium et spes, 52
(2) Ibid.
(3) Id., Const. dogm. Lumen gentium, 11.
(4) François, Discours à l’occasion de la commémoration du 50ème anniversaire de l’institution du Synode des Évêques (17 octobre 2015).
(5) Homélie lors de la messe pour le Jubilé des jeunes (3 août 2025).
(6) Cf. Exhort. ap. Familiaris consortio (22 novembre 1981), 17.
(7) Conc. Œcum. Vat. II, Const. dogm. Lumen gentium, 33.
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(Ils seront cet été au Jesus Festival !)


RENCONTRE AVEC LES ÉVÊQUES, LES PRÊTRES, LES DIACRES, LES HOMMES ET LES FEMMES CONSACRÉS ET LES ANIMATEURS PASTORAUX. DISCOURS.
Paroisse Notre-Dame de Fatima (Luanda, lundi 20 avril 2026
Chers frères dans l’épiscopat, prêtres,
Hommes et femmes consacrés, catéchistes,
Frères et sœurs !
Je salue également les Pères franciscains capucins qui nous accueillent aujourd’hui dans leur maison. Merci beaucoup !
C’est une grande joie pour moi de vous rencontrer. Merci pour votre accueil chaleureux ! Tout d’abord, je tiens à exprimer ma gratitude à tous ceux qui ont œuvré pour diffuser et continuent de diffuser l’Évangile en Angola. Merci pour le travail d’évangélisation accompli dans ce pays, pour l’espérance dans le Christ semée dans le cœur de nos frères et sœurs et pour votre charité envers les plus démunis. Merci également pour votre engagement inébranlable à contribuer au progrès de cette nation sur les bases solides de la réconciliation et de la paix. J’adresse un salut particulier à mes frères évêques qui président à la proclamation de la foi et au service de la charité. Je remercie tout particulièrement Son Excellence José Manuel, archevêque de Saurimo, pour ses paroles de bienvenue au nom de la Conférence épiscopale.
S’il m’incombe, au nom de l’Église universelle, de reconnaître la vitalité chrétienne qui caractérise vos communautés, c’est au Seigneur qu’il revient de vous récompenser. Il tient toujours ses promesses ! Jésus a prononcé ces paroles, qui s’adressent à vous, car vous les avez accueillies avec foi et les avez menées à leur accomplissement : « nul n’aura quitté, à cause de moi et de l’Évangile, une maison, des frères, des sœurs, une mère, un père, des enfants ou une terre sans qu’il reçoive, en ce temps déjà, le centuple : maisons, frères, sœurs, mères, enfants et terres, avec des persécutions, et, dans le monde à venir, la vie éternelle. » (Mc 10, 29-30).
Chers amis, le Seigneur connaît la générosité avec laquelle vous embrassez votre vocation, et il n’est pas indifférent à tout ce que vous faites par amour pour lui, pour nourrir votre peuple de la vérité de l’Évangile. Il vaut donc la peine d’ouvrir complètement vos cœurs au Christ ! Vous pourriez être tentés de penser qu’il vient vous enlever quelque chose, ou hésiter à lui laisser les rênes de votre vie. Dans ces moments-là, souvenez-vous qu’« il ne vous enlève rien, mais il vous donne tout. Lorsque nous nous donnons à lui, nous recevons le centuple en retour. Oui, ouvrez, ouvrez grand les portes au Christ – et vous trouverez la vraie vie » (Benoît XVI, Homélie pour le début du ministère pétrinien, 24 avril 2005). Je voudrais adresser ces paroles, en particulier, aux nombreux jeunes de vos séminaires et de vos maisons de formation. N’ayez pas peur de dire « oui » au Christ, de modeler votre vie entièrement sur la sienne ! N’ayez pas peur de demain, car vous appartenez entièrement au Seigneur. Cela vaut la peine de le suivre dans l’obéissance, la pauvreté et le célibat. Il ne vous enlève rien ! La seule chose qu’il nous enlève et prend sur lui, c’est le péché. Oui, c’est de lui que vous recevez tout : cette terre et la famille dans laquelle vous êtes nés ; le baptême, qui vous a fait entrer dans la grande famille de l’Église ; et votre vocation. « À lui soient la gloire et la puissance pour les siècles des siècles. Amen » (Ap 1, 6).
Chers frères et sœurs, le Seigneur vous accorde la joie d’être ses disciples missionnaires, la force de surmonter les pièges du malin et l’espérance de la vie éternelle. Tout cela vous appartient, et tout cela est un don. Un don qui vous ennoblit et vous fait grandir, qui vous engage et vous rend capables. Le plus grand don est le Saint-Esprit qui, répandu dans vos cœurs lors du baptême, vous a conformés d’une manière particulière au Christ en vue de votre mission. Il vous a envoyés afin qu’à partir de l’Évangile vous puissiez construire une société angolaise libre, réconciliée, belle et grande. Dans cette mission, combien le ministère des catéchistes est important ! En Afrique en particulier, c’est une expression fondamentale de la vie de l’Église, qui peut servir d’inspiration aux communautés catholiques du monde entier.
« Car tout vous appartient… mais vous, vous êtes au Christ, et le Christ est à Dieu » (1 Co 3, 21.23), enseigne saint Paul. Cinquante ans après l’indépendance de votre pays, ces paroles de l’Apôtre nous disent que le présent et l’avenir de l’Angola vous appartiennent, mais que vous appartenez au Christ. Tous les Angolais, sans exception, ont le droit de construire ce pays et d’en bénéficier équitablement ; cependant, les disciples du Seigneur ont le devoir de le faire selon la loi de la charité. Au cœur de vos actions se trouve votre identité de disciples de Jésus. C’est à vous tous qu’il revient de refléter son image, et dans cette tâche, personne ne peut vous remplacer. C’est là que réside votre singularité ! Vous êtes le sel et la lumière de cette terre parce que vous êtes membres du Corps du Christ ; et pour cette raison, vos gestes, vos paroles et vos actions – reflétant son amour – construisent les communautés de l’intérieur et les édifient pour l’éternité.
Il est demandé aux disciples du Christ de rester étroitement unis à lui (cf. Jn 15, 1-8). Le reste suivra. Je sais que vous êtes engagés dans un plan pastoral triennal ayant pour devise « Disciples fidèles, disciples joyeux » (cf. Ac 11, 23-26), consacré à la prière et à la réflexion sur le ministère ordonné et la vie consacrée. Quels chemins le Seigneur ouvre-t-il à l’Église en Angola ? Il y en aura certainement beaucoup ! Essayez de tous les suivre ! Mais le premier chemin, c’est la fidélité au Christ. À cette fin, continuez à accorder de l’importance à la formation permanente, veillez à l’intégrité de votre vie et, surtout en ces temps-ci, persévérez dans l’annonce de la bonne nouvelle de la paix.
À l’école du Christ, qui est « le chemin, la vérité et la vie » (Jn 14, 6), il y a toujours beaucoup à apprendre. Rappelez-vous la conversation de Jésus avec Philippe, lorsque celui-ci lui demanda : « Seigneur, montre-nous le Père, et cela nous suffit ! » La réponse du Maître est surprenante : « Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne me connais pas, Philippe ! Celui qui m’a vu a vu le Père » (Jn 14, 8-9). Cela nous rappelle la dimension contemplative de la formation permanente. Connaître le Christ passe sans aucun doute par une solide formation initiale, avec l’accompagnement personnel des formateurs ; cela implique l’adhésion aux programmes de vos diocèses, congrégations et instituts ; et cela implique une étude personnelle sérieuse, afin que vous puissiez éclairer les fidèles qui vous sont confiés, en les préservant avant tout de la dangereuse illusion de la superstition. Cependant, la formation est bien plus vaste. Elle concerne l’unité de notre vie intérieure, le soin de nous-mêmes et du don de Dieu que nous avons reçu (cf. 2 Tm 1, 6), en puisant dans la littérature, la musique, le sport, les arts en général, et surtout, la prière d’adoration et de contemplation. Surtout dans les moments de découragement et d’épreuve, « comme il est bon de se tenir devant un crucifix, ou à genoux devant le Saint-Sacrement, et d’être simplement en sa présence ! Quel bien cela nous fait-il quand il touche à nouveau nos vies et nous pousse à partager sa vie nouvelle ! » (François, Exhortation apostolique Evangelii Gaudium, 264). Sans cette dimension contemplative, nous ne vivons plus en conformité avec l’Évangile, et nous ne reflétons pas non plus la puissance de la Résurrection.
« L’homme moderne », disait saint Paul VI, « écoute plus volontiers les témoins que les maîtres, et s’il écoute les maîtres, c’est parce qu’ils sont des témoins » (Exhortation apostolique Evangelii Nuntiandi, 41 ; cf. Audience générale, 2 octobre 1974). La fidélité du Christ, qui nous a aimés jusqu’au bout, est la véritable force motrice de notre propre fidélité. Une fidélité qui est favorisée par l’unité des prêtres avec leur évêque et avec leurs confrères, et celle des hommes et des femmes consacrés avec leurs supérieurs et entre eux. Chers frères et sœurs, cultivez la fraternité entre vous avec franchise et transparence. Ne cédez pas à l’arrogance et à l’égocentrisme, ne vous détachez pas du peuple, en particulier des pauvres, et fuyez la recherche des privilèges. Pour votre fidélité – et donc pour votre mission –, la famille sacerdotale ou religieuse est indispensable, mais la famille dans laquelle nous sommes nés et avons grandi l’est tout autant. L’Église tient l’institution familiale en haute estime, enseignant que le foyer est le lieu où tous ses membres sont sanctifiés. Pour beaucoup d’entre vous, sans aucun doute, le berceau de votre vocation a été votre famille, qui a accueilli et nourri l’éclosion de l’appel particulier que vous avez reçu. À vos proches, j’adresse donc ma sincère gratitude pour avoir pris soin de votre vocation, l’avoir soutenue et protégée. En même temps, je les exhorte à vous aider toujours à rester fidèles à l’Évangile et à ne pas rechercher de profit personnel dans votre service ecclésial. Qu’ils vous soutiennent par leurs prières et vous inspirent par les bons conseils d’un père et d’une mère, afin que vous soyez saints et n’oubliiez jamais que, à l’image de Jésus, vous êtes les serviteurs de tous.
Enfin, votre loyauté envers l’Angola — comme il se doit partout dans le monde — est aujourd’hui particulièrement liée à la proclamation de la paix. Par le passé, vous avez fait preuve de courage en dénonçant le fléau de la guerre. Vous l’avez fait en vous tenant aux côtés des personnes qui souffraient, en construisant et en reconstruisant, et en proposant des voies et des solutions pour mettre fin au conflit armé. Votre contribution est largement reconnue et appréciée. Mais cette responsabilité ne s’arrête pas là ! Je vous encourage à promouvoir un élan renouvelé de réconciliation en éduquant chacun aux voies de la paix et en valorisant le témoignage harmonieux de ces frères et sœurs parmi vous qui, après avoir enduré de douloureuses épreuves, ont su pardonner. Réjouissez-vous avec eux et célébrez la paix !
De plus, selon les paroles de saint Paul VI, n’oubliez pas que « le développement est le nouveau nom de la paix » (Lettre encyclique Populorum Progressio, 87). Il est donc essentiel que, tout en interprétant les événements actuels avec sagesse, vous ne cessiez jamais de dénoncer les injustices, en proposant des solutions conformes à la charité chrétienne. Continuez à être une Église généreuse, coopérant au développement intégral de votre pays. C’est pourquoi tout ce que vous avez accompli dans les domaines de l’éducation et de la santé a été et reste crucial. En ce sens, lorsque des difficultés surgissent, souvenez-vous du témoignage héroïque de foi donné par les Angolais – hommes et femmes, missionnaires nés ici ou venus de l’étranger – qui ont eu le courage de donner leur vie pour ce peuple et pour l’Évangile, préférant la mort à la trahison de la justice, de la vérité, de la miséricorde, de la charité et de la paix du Christ. À chaque célébration eucharistique, vous aussi, chers amis, vous êtes le corps offert et le sang versé pour la vie et le salut de vos frères et sœurs. La Vierge Marie, Mamã Muxima, est toujours à vos côtés. Que Dieu vous bénisse et rende votre engagement et votre mission fructueux !
HOMÉLIE DE LA MESSE
Esplanade de Saurimo, Lundi 20 avril 2026
Chers frères et sœurs,
Partout dans le monde, l’Église vit comme un peuple qui marche à la suite du Christ, notre frère et Rédempteur : Lui, le Ressuscité, éclaire notre route vers le Père et, par la force de l’Esprit, il nous sanctifie afin que nous transformions notre mode de vie selon son amour. Telle est la Bonne Nouvelle, l’Évangile qui coule comme le sang dans nos veines, en nous soutenant tout au long de la route. Une route qui m’a conduit ici aujourd’hui, parmi vous ! Dans la joie et la beauté de notre assemblée réunie au nom de Jésus, écoutons avec un cœur ouvert sa Parole de salut, car elle nous fait réfléchir sur la raison et sur la fin pour lesquelles nous suivons le Seigneur.
En effet, lorsque le Fils de Dieu s’incarne, il pose des gestes éloquents pour manifester la volonté du Père : il éclaire les ténèbres en rendant la vue aux aveugles, il donne la parole aux opprimés en déliant la langue des muets, il rassasie notre faim de justice en multipliant le pain pour les pauvres et les faibles. Quiconque entend parler de ces œuvres se met à la recherche de Jésus. En même temps, le Seigneur voit dans notre cœur et nous demande si nous le cherchons par gratitude ou par intérêt, par calcul ou par amour. Il dit en effet à ceux qui le suivaient : « Vous me cherchez, non pas parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous avez mangé de ces pains et que vous avez été rassasiés » (Jn 6, 26). Ses paroles révèlent les intentions de ceux qui ne souhaitent pas rencontrer une personne, mais seulement consommer des objets. La foule voit Jésus comme un instrument au service d’autre chose, un prestataire de services. S’il ne leur donnait pas à manger, ses gestes et ses enseignements ne les intéresseraient pas.
Cela se produit lorsque la foi authentique est remplacée par un échange superstitieux, dans lequel Dieu devient une idole que l’on recherche seulement lorsque l’on en a besoin, et tant que l’on en a besoin. Même les plus beaux dons du Seigneur, qui prend toujours soin de son peuple, deviennent dès lors une exigence, une récompense ou un moyen de chantage, et sont mal interprétés par ceux-là mêmes qui les reçoivent. Le récit évangélique nous fait donc comprendre qu’il existe de mauvaises raisons de rechercher le Christ, surtout lorsqu’il est considéré comme un gourou ou un porte-bonheur. Même la fin que cette foule se propose est inadéquate : en effet, elle ne cherche pas un maître à aimer, mais un chef à vénérer pour son propre intérêt.
L’attitude de Jésus à notre égard est bien différente : en effet, il ne rejette pas cette recherche peu sincère, mais l’encourage à se convertir. Il ne chasse pas la foule, mais invite chacun à examiner ce qui bat dans son cœur. Le Christ nous appelle à la liberté : il ne veut ni serviteurs ni clients, mais il cherche des frères et sœurs auxquels se dévouer de tout son être. Pour répondre avec foi à cet amour, il ne suffit pas d’entendre parler de Jésus : il faut accueillir le sens de ses paroles. Il ne suffit pas non plus de voir ce que Jésus fait : il faut suivre et imiter son initiative. Lorsque, dans le signe du pain partagé, nous voyons la volonté du Sauveur qui se donne lui-même pour nous, alors nous nous approchons de la véritable rencontre avec Jésus qui devient sequela, mission et vie.
L’avertissement que le Seigneur adresse à la foule se transforme ainsi en une invitation : « Travaillez non pas pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui demeure jusque dans la vie éternelle » (Jn 6, 27). Par ces mots, le Christ nous révèle son véritable don : il ne nous appelle pas à nous désintéresser du pain quotidien, qu’il multiplie au contraire en abondance et nous enseigne à demander dans la prière. Il nous enseigne la bonne manière de rechercher le pain de vie, cette nourriture qui nous soutient pour toujours. Le désir de la foule trouve ainsi une réponse encore plus grande et surprenante : Jésus ne nous donne pas une nourriture qui s’épuise, mais un pain qui ne nous fait pas périr, parce qu’il est aliment de vie éternelle.
Son don éclaire notre présent : aujourd’hui, en effet, nous voyons que de nombreux désirs des gens sont frustrés par les violents, exploités par ceux qui veulent s’imposer sur les autres à tout prix, et trompés par la richesse. Lorsque l’injustice corrompt les cœurs, le pain de tous devient la possession de quelques-uns. Face à ces maux, le Christ écoute le cri des peuples et renouvelle notre histoire : de chaque chute, il nous relève ; dans chaque souffrance, il nous réconforte ; dans la mission, il nous encourage. À l’image du pain vivant qu’il nous donne sans cesse, l’Eucharistie, ainsi son histoire ne connaît pas de fin, et c’est pourquoi elle enlève la fin de notre histoire, à savoir la mort, que le Ressuscité ouvre par la force de son Esprit. Le Christ vit ! Il est notre Rédempteur. Tel est l’Évangile que nous partageons, faisant de tous les peuples de la terre des frères. Telle est l’annonce qui transforme le péché en pardon. Telle est la foi qui sauve la vie !
Le témoignage pascal concerne donc certes le Christ, le Crucifié qui est ressuscité, mais c’est précisément pour cette raison qu’il nous concerne aussi : c’est en Lui que s’exprime l’annonce de notre résurrection. Nous ne sommes pas venus au monde pour mourir. Nous ne sommes pas nés pour devenir esclaves de la corruption de la chair, ni de celle de l’âme : toute forme d’oppression, de violence, d’exploitation et de mensonge nie la résurrection du Christ, don suprême de notre liberté. Cette libération du mal et de la mort, en effet, ne se produit pas seulement à la fin des temps, mais dans l’histoire de chaque jour. Que devons-nous faire pour accueillir ce don ? L’Évangile lui-même nous l’enseigne : « L’œuvre de Dieu : c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé » (Jn 6, 29). Oui, nous croyons ! Aujourd’hui, ensemble, nous le disons avec force et avec gratitude envers Toi, Seigneur Jésus. Nous voulons Te suivre et Te servir en notre prochain : ta parole est pour nous règle de vie, critère de vérité.
« Heureux celui qui marche selon la loi du Seigneur » (cf. Ps 119/118,1) : ainsi avons-nous chanté dans le psaume. Très chers amis, c’est le Seigneur qui trace la voie de ce chemin, et non nos urgences, ni les modes du moment. C’est pourquoi, à la suite de Jésus, le cheminement ecclésial est toujours un « Synode de la résurrection et de l’espérance » (Exhort. ap. Ecclesia in Africa, n. 13), comme l’affirmait saint Jean-Paul II dans son Exhortation apostolique consacrée à l’Afrique : poursuivons dans cette sage direction ! Avec l’Évangile dans le cœur, vous aurez du courage face aux difficultés et aux déceptions : la route que Dieu a ouverte pour nous ne peut jamais décevoir. Le Seigneur, en effet, marche toujours à notre rythme, afin que nous puissions avancer sur sa route : le Christ lui-même donne orientation et force à notre cheminement, un cheminement que nous voulons apprendre à vivre toujours davantage comme il doit l’être, c’est-à-dire synodal.
En particulier, « l’Église annonce la Bonne Nouvelle non seulement par la proclamation de la parole qu’elle a reçue du Seigneur, mais aussi par le témoignage de vie, grâce auquel les disciples du Christ rendent compte de la foi, de l’espérance et de l’amour qui les habitent » (ibid., n. 55). En partageant l’Eucharistie, pain de vie éternelle, nous sommes appelés à servir notre peuple avec un dévouement qui relève de toute chute, qui reconstruit ce que la violence détruit et qui partage avec joie les liens fraternels. À travers nous, l’initiative de la grâce divine porte de bons fruits surtout dans l’adversité, comme le montre l’exemple du protomartyr Étienne (cf. Ac 6, 8-15).
Très chers amis, le témoignage des martyrs et des saints nous encourage et nous incite à suivre un chemin d’espérance, de réconciliation et de paix, sur lequel le don de Dieu devient l’engagement de l’homme au sein de la famille, de la communauté chrétienne et de la société civile. En le parcourant ensemble, à la lumière de l’Évangile, l’Église en Angola grandit à la mesure de cette fécondité spirituelle qui commence par l’Eucharistie et se poursuit dans la prise en charge complète de chaque personne et de tout le peuple. En particulier, la vitalité des vocations que vous vivez est signe de la réponse au don du Seigneur, toujours abondant pour celui qui l’accueille avec un cœur pur. Grâce au Pain de vie nouvelle que nous partageons aujourd’hui nous pouvons poursuivre le chemin de l’Église tout entière, ayant pour but le Royaume de Dieu, pour lumière la foi et pour âme la charité.
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Remerciement final
Chers frères et sœurs,
cet après-midi, nous vivrons notre dernière rencontre avec la communauté catholique d’Angola, mais en ce moment, je tiens à vous adresser à tous mes salutations pleines de gratitude.
Je remercie les évêques, ainsi que les prêtres et les diacres, de même que les personnes consacrées et les fidèles laïcs, d’avoir préparé ma visite.
J’exprime ma profonde gratitude aux Autorités civiles angolaises pour leur immense travail d’organisation.
Angola, reste fidèle à tes racines chrétiennes ! Ainsi, tu pourras continuer à apporter toujours mieux ta contribution à l’édification de la justice et de la paix en Afrique et dans le monde entier. Merci beaucoup !
VISITE À LA MAISON D’ACCUEIL POUR PERSONNES ÂGÉES
SALUTATION DU SAINT-PÈRE
Saurimo, lundi 20 avril 2026
Madame la Directrice,
très chers frères et sœurs,
paix à cette maison et à tous ceux qui y habitent !
Je vous remercie vivement pour votre accueil, si plein de foi que cela me touche le cœur, et c’est d’un grand réconfort pour ma mission. Merci !
J’ai été touché d’entendre que vous appelez cet endroit “lar”, ce qui évoque la famille. Je remercie Dieu pour cela, et j’espère que vous pourrez tous vivre ici dans un environnement familier autant que possible.
Jésus aimait se rendre chez ses amis. L’Évangile nous dit qu’il se rendait chez Pierre, à Capharnaüm, où, un jour, il guérit sa belle-mère. Il nous rappelle son amitié avec Marie, Marthe et Lazare : dans leur maison, à Béthanie, il était accueilli comme Maître et Seigneur, mais aussi avec familiarité.
Alors, très chers amis, j’aime à penser que Jésus habite aussi ici, dans cette maison. Oui, il demeure parmi vous chaque fois que vous essayez de vous aimer et de vous entraider comme des frères et sœurs. Chaque fois que, après une incompréhension ou une petite offense, vous savez vous pardonner et vous réconcilier. Chaque fois que, certains d’entre vous ou tous ensemble, vous priez avec simplicité et humilité.
J’exprime ma gratitude aux Autorités angolaises pour leurs initiatives en faveur des personnes âgées les plus démunies, ainsi qu’à tous les collaborateurs et bénévoles. La prise en charge des personnes fragiles est un signe très important de la qualité de la vie sociale d’un pays. Et n’oublions pas : les personnes âgées ne doivent pas seulement être aidées, elles doivent avant tout être écoutées, car elles sont les gardiennes de la sagesse d’un peuple. Et nous leur devons de la reconnaissance, car elles ont affronté de grandes difficultés pour le bien de la communauté.
Chères sœurs et chers frères, je garderai dans mon cœur le souvenir de cette rencontre avec vous. Que la Vierge Marie, qui remplissait de foi et d’amour la maison de Nazareth, veille toujours sur cette communauté. Et que ma bénédiction vous accompagne également. Merci !
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Chers frères et sœurs, bonjour !
Aujourd’hui, je voudrais introduire un cycle de catéchèse sur le thème des vices et des vertus. Et nous pouvons commencer au tout début de la Bible, où le livre de la Genèse, à travers le récit des géniteurs, présente la dynamique du mal et de la tentation. Pensons au Paradis terrestre. Dans le tableau idyllique que représente le jardin d’Eden, apparaît un personnage qui devient le symbole de la tentation : le serpent, ce personnage qui séduit. Le serpent est un animal insidieux : il se déplace lentement, en rampant sur le sol, et parfois on ne remarque même pas sa présence – il est silencieux -, parce qu’il parvient à se fondre dans son environnement et surtout, il est dangereux.
Lorsqu’il commence à converser avec Adam et Eve, il montre qu’il est aussi un dialecticien raffiné. Il commence comme on le fait dans les mauvaises langues, par une question malicieuse : « Est-il vrai que Dieu a dit : Vous ne mangerez d’aucun arbre du jardin ? » (Gn 3,1). La phrase est fausse : Dieu a effectivement offert à l’homme et à la femme tous les fruits du jardin, sauf ceux d’un arbre précis : l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Cette interdiction ne vise pas à interdire à l’homme l’usage de la raison, comme cela est parfois mal interprété, mais constitue une mesure de sagesse. Comme pour dire : reconnais la limite, ne te crois pas maître de tout, car l’orgueil est le commencement de tous les maux. Ainsi, l’histoire nous dit que Dieu place les géniteurs comme seigneurs et gardiens de la création, mais qu’il veut les préserver de la présomption de toute-puissance, de se rendre maîtres du bien et du mal, ce qui est une tentation. une mauvaise tentation encore aujourd’hui. C’est l’écueil le plus dangereux pour le cœur humain.
Comme nous le savons, Adam et Ève n’ont pas su résister à la tentation du serpent. L’idée d’un Dieu pas très bon, qui voulait les soumettre, s’est insinuée dans leur esprit : d’où l’effondrement de tout.
Par ces récits, la Bible nous explique que le mal ne commence pas chez l’homme de manière retentissante, lorsqu’un acte est déjà manifeste, mais qu’il commence bien plus tôt, lorsqu’on commence à se divertir avec lui, à le bercer d’imagination, de pensées, et qu’on finit par se laisser prendre à ses flatteries. Le meurtre d’Abel n’a pas commencé par une pierre lancée, mais par la rancune que Caïn a méchamment entretenue, faisant de lui un monstre en lui-même. Dans ce cas aussi, les recommandations de Dieu ne servent à rien.
Avec le diable, chers frères et sœurs, il n’y a pas de dialogue. Jamais ! Il ne faut jamais discuter. Jésus n’a jamais dialogué avec le diable, il l’a chassé. Et dans le désert, lors des tentations, il n’a pas répondu par le dialogue, il a simplement répondu par les paroles de l’Écriture Sainte, par la Parole de Dieu. Attention : le diable est un séducteur. Ne dialoguez jamais avec lui, parce qu’il est plus intelligent que nous tous et qu’il nous le fera payer. Quand la tentation arrive, ne dialoguez jamais. Fermez la porte, fermez la fenêtre, fermez votre cœur. Ainsi, nous nous défendons contre cette séduction, car le diable est rusé, il est intelligent. Il a essayé de tenter Jésus avec des citations bibliques, en se présentant comme un grand théologien. Attention. Avec le diable, nous ne conversons pas, et avec la tentation, nous ne devons pas entrer en dialogue. La tentation vient : fermons la porte, gardons le cœur.
Il faut être gardien de son cœur. C’est pourquoi nous ne dialoguons pas avec le diable. C’est la recommandation – garder le cœur – que nous trouvons chez différents pères, chez les saints. Et nous devons demander cette grâce d’apprendre à garder le cœur. C’est une sagesse de savoir comment garder son cœur. Que le Seigneur nous aide dans ce travail. Mais celui qui garde son cœur, garde un trésor. Frères et sœurs, apprenons à garder le cœur.
Source : vatican.va
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