AU FIL DES JOURS...

– edition du 12/06/2026

12/06/2026

Fête du Sacré Coeur
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RENCONTRE AVEC LES MALADES A FATIMA

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Chers frères et sœurs, bonjour!

Merci, Monseigneur Ornelas, pour vos paroles et merci à vous tous pour votre présence et votre prière. Nous avons récité le Rosaire, une prière très belle et vitale, vitale parce qu’elle nous met en contact avec la vie de Jésus et de Marie. Et nous avons médité les mystères joyeux qui nous rappellent que l’Église ne peut être que la maison de la joie. La petite chapelle dans laquelle nous nous trouvons est une belle image de l’Église : accueillante, sans portes. L’Église n’a pas de portes, pour que tout le monde puisse entrer. Et ici nous pouvons aussi insister sur le fait que tout le monde peut entrer, parce que c’est la maison de la Mère, et une mère a toujours le cœur ouvert à tous ses enfants, tous, tous, tous, tous, sans aucune exclusion.

Nous sommes ici, sous le regard maternel de Marie, nous somme ici comme Église, Église mère.

Le pèlerinage est précisément une caractéristique mariale, parce que la première à avoir fait un pèlerinage après l’annonce de Jésus a été Marie. Dès qu’elle a appris que sa cousine était enceinte – elle était très âgée, la cousine – elle est partie à la hâte. C’est une traduction un peu libre, l’Évangile dit « elle est partie en hâte », nous dirions qu’elle est « partie en vitesse » avec cette envie d’aider, d’être présente.

Les titres de Marie sont nombreux, mais en y réfléchissant, il y en a un que l’on pourrait dire : la Vierge « qui part en vitesse », chaque fois qu’il y a un problème ; chaque fois que nous l’invoquons, elle n’hésite pas, elle vient, elle est attentionnée. Vierge attentionnée, ça vous plait comme ça ? Disons-le tous ensemble : la Vierge attentionnée ! Elle se dépêche pour être près de nous, elle se dépêche parce qu’elle est Mère. En portugais on dit « apressada », me dit Mgr Ornelas. Vierge « apressada ». C’est ainsi qu’elle accompagne la vie de Jésus. Elle ne se cache pas après la résurrection, elle accompagne les disciples dans l’attente de l’Esprit Saint. Elle accompagne l’Église qui commence à grandir après la Pentecôte. Vierge attentionnée et Vierge qui accompagne. Elle accompagne toujours. Elle n’est jamais protagoniste. Le geste d’accueil de Marie Mère est double : d’abord elle accueille et ensuite elle montre Jésus. Dans sa vie, Marie ne fait rien d’autre que montrer Jésus. « Faites tout ce qu’il vous dira ». Suivez Jésus.

Ce sont les deux gestes de Marie, pensons-y : elle nous accueille tous et nous montre Jésus. Et elle le fait avec attention, « apressada ». La Vierge attentionnée qui nous accueille tous et nous montre Jésus. Et chaque fois que nous venons ici, souvenons-nous de cela. Marie s’est rendue présente ici de manière spéciale, afin que l’incrédulité de beaucoup de cœurs s’ouvre à Jésus. Par sa présence, elle nous montre Jésus, toujours elle nous montre Jésus. Et aujourd’hui, elle est ici parmi nous, elle est toujours parmi nous, mais aujourd’hui, nous la sentons beaucoup plus proche. Marie attentionnée.

Mes amis, Jésus nous aime au point de s’identifier à nous et Il nous demande de collaborer avec Lui. Et Marie nous montre ce que Jésus nous demande : marcher dans la vie en collaborant avec Lui. Je voudrais aujourd’hui que nous regardions l’image de Marie et que chacun se dise : que me dit Marie en tant que Mère ? que me montre-t-elle ? Elle nous montre Jésus. Parfois elle nous montre aussi une petite chose qui ne fonctionne pas bien dans notre cœur, mais elle nous montre toujours. « Mère, que me montres-tu? » Prenons un petit moment de silence et que chacun, dans son cœur, dise : « Mère, qu’est-ce que tu me montres ? Qu’y a-t-il dans ma vie qui te préoccupe? Qu’y a-t-il dans ma vie qui t’affecte? Qu’y a-t-il dans ma vie qui t’intéresse? Montre-le ». Et c’est là qu’elle montre notre cœur à Jésus pour qu’Il vienne. Et de même qu’elle nous montre Jésus, elle montre à Jésus le cœur de chacun.

Chers frères, nous ressentons aujourd’hui la présence de Marie Mère, la Mère qui dit toujours : « Faites ce que Jésus vous dit » ; elle nous montre Jésus. Mais aussi la Mère qui dit à Jésus : « Fais ce qu’il te demande ». C’est Marie. C’est notre Mère, la Vierge attentionnée qui est proche de nous. Qu’elle nous bénisse tous ! Amen.

 

Source : vatican.va
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2ème jour : le reliquaire

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Mercredi 12 février 2025, Salle Paul VI.

(Le texte ci-dessous comprend des parties non lues qui sont également données comme prononcées)

Chers frères et sœurs, bonjour !

Dans notre parcours jubilaire de catéchèse sur Jésus qui est notre espérance, aujourd’hui nous nous arrêtons sur l’événement de sa naissance à Bethléem.

Le Fils de Dieu entre dans l’histoire en devenant notre compagnon de voyage et il commence à voyager étant encore dans le sein de sa mère. L’évangéliste Luc raconte que, dès sa conception, il est parti de Nazareth pour se rendre dans la maison de Zacharie et d’Élisabeth, puis, une fois la grossesse achevée, de Nazareth à Bethléem pour le recensement. Marie et Joseph furent contraints de se rendre dans la ville du roi David, où Joseph était également né. Le Messie tant attendu, le Fils du Dieu Très-Haut, se laisse recenser, c’est-à-dire compter et enregistrer, comme n’importe quel citoyen. Il se soumet au décret d’un empereur, César Auguste, qui se croit le maître de toute la terre.

Luc situe la naissance de Jésus dans « un temps exactement datable » et dans « un cadre géographique exactement indiqué », de sorte que « l’universel et le concret se touchent » (Benoît XVI, L’enfance de Jésus, 2012). Dieu qui vient dans l’histoire ne bouleverse pas les structures du monde, mais veut les éclairer et les recréer de l’intérieur.

Bethléem signifie « maison du pain ». C’est là que les jours de l’accouchement se sont passés pour Marie et que Jésus est né, pain descendu du ciel pour rassasier la faim du monde (cf. Jn 6,51). L’ange Gabriel avait annoncé la naissance du Roi messianique sous le signe de la grandeur : « Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin. » (Lc 1, 32-33).

Cependant, Jésus naît d’une manière totalement inédite pour un roi. En effet, « pendant qu’ils étaient là, le temps où elle devait enfanter fut accompli. Et elle mit au monde son fils premier-né ; elle l’emmaillota et le coucha dans une mangeoire, car il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune. » (Lc 2,6-7). Le Fils de Dieu ne naît pas dans un palais royal, mais à l’arrière d’une maison, dans l’espace où se trouvent les animaux.

Luc nous montre ainsi que Dieu ne vient pas dans le monde avec des proclamations retentissantes, qu’il ne se manifeste pas dans la clameur, mais qu’il commence son chemin dans l’humilité. Et qui sont les premiers témoins de cet événement ? Ce sont des bergers : des hommes peu cultivés, malodorants à cause du contact permanent avec les animaux, vivant en marge de la société. Pourtant, ils exercent le métier par lequel Dieu lui-même se fait connaître à son peuple (cf. Gn 48,15 ; 49,24 ; Ps 23,1 ; 80,2 ; Is 40,11). Dieu les choisit pour être les destinataires de la plus merveilleuse nouvelle qui ait jamais retenti dans l’histoire : « Ne craignez pas, car voici que je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple : Aujourd’hui, dans la ville de David, vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur. Et voici le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. » (Lc 2, 10-12).

L’endroit où il faut aller pour rencontrer le Messie est une crèche. Il se trouve en effet qu’après tant d’attente, « le Sauveur du monde, celui pour qui tout a été créé (cf. Col 1,16), n’a pas de place » (Benoît XVI, L’enfance de Jésus, 2012). Les bergers apprennent ainsi que dans un lieu très humble, réservé aux animaux, naît pour eux le Messie tant attendu, pour être leur Sauveur, leur Pasteur. Cette nouvelle ouvre leur cœur à l’émerveillement, à la louange et à l’annonce joyeuse. « Contrairement à tant de personnes occupées à faire mille choses, les bergers deviennent les premiers témoins de l’essentiel, c’est-à-dire du salut qui est donné. Ce sont les plus humbles et les plus pauvres qui savent accueillir l’événement de l’Incarnation » (Lettre ap. Admirabile signum, 5).

Frères et sœurs, demandons aussi la grâce d’être, comme les bergers, capables de stupeur et de louange devant Dieu, et capables de conserver ce qu’Il nous a confié : nos talents, nos charismes, notre vocation et les personnes qu’Il place à nos côtés. Demandons au Seigneur de savoir discerner dans notre faiblesse la force extraordinaire de l’Enfant-Dieu, qui vient renouveler le monde et transformer nos vies avec son dessein plein d’espérance pour l’humanité tout entière.

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Ebloui de Dan Luiten

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Abraham

Isaac et Ismaël

Cette vidéo fait partie du parcours « Héritiers du Sacré-Coeur »

Parcours : Héritiers du Sacré-Coeur

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Place Saint-Pierre, mercredi 13 mai 2026

Chers frères et sœurs, bonjour et bienvenue !

Le Concile Vatican II a voulu consacrer le dernier chapitre de la Constitution dogmatique sur l’Église à la Vierge Marie (cf. Lumen gentium, 52-69). Elle « est saluée comme membre suréminent et absolument unique de l’Église, modèle et exemplaire admirables pour celle-ci dans la foi et dans la charité » (n° 53). Ces paroles nous invitent à comprendre comment, en Marie, qui, sous l’action du Saint-Esprit, a accueilli et engendré le Fils de Dieu venu dans la chair, on peut reconnaître à la fois le modèle, le membre par excellence et la mère de toute la communauté ecclésiale.

En se laissant façonner par l’œuvre de la Grâce, venue s’accomplir en elle, et en accueillant le don du Très-Haut par sa foi et son amour virginal, Marie est le modèle parfait de ce que toute l’Église est appelée à être, créature de la Parole du Seigneur et mère des enfants de Dieu engendrés dans la docilité à l’action du Saint-Esprit. En tant que croyante par excellence, en qui nous est offerte la forme parfaite de l’inconditionnelle ouverture au mystère divin dans la communion du peuple saint de Dieu, Marie est membre éminent de la communauté ecclésiale. Enfin, en tant qu’elle engendre des enfants dans le Fils, aimés dans l’Éternel Bien-Aimé venu parmi nous, Marie est mère de toute l’Église, qui peut s’adresser à elle avec une confiance filiale, dans la certitude d’être écoutée, protégée et aimée.

On pourrait exprimer l’ensemble de ces caractéristiques de la Vierge Marie en parlant d’elle comme de la femme icône du Mystère. Le terme femme met en évidence la réalité historique de cette jeune fille d’Israël, à qui il a été donné de vivre l’expérience extraordinaire de devenir la mère du Messie. L’expression icône souligne qu’en elle se réalise le double mouvement de descente et d’ascension : en Elle resplendissent tant l’élection gratuite de la part de Dieu que le libre consentement de la foi en Lui. Marie est donc la femme icône du Mystère, c’est-à-dire du dessein divin de salut, autrefois caché et révélé en plénitude en Jésus-Christ.

Le Concile nous a laissé un enseignement clair sur la place singulière réservée à la Vierge Marie dans l’œuvre de la Rédemption (cf. Lumen gentium, 60-62). Il a rappelé que le seul Médiateur du salut est Jésus-Christ (cf. 1 Tm 2, 5-6) et que sa Très Sainte Mère « n’offusque et ne diminue en rien cette unique médiation du Christ mais en manifeste au contraire la vertu. » (LG, 60). En même temps, « la bienheureuse Vierge, prédestinée de toute éternité, à l’intérieur du dessein d’incarnation du Verbe, pour être la Mère de Dieu, […] apporta à l’œuvre du Sauveur une coopération absolument sans pareille par son obéissance, sa foi, son espérance, son ardente charité, pour que soit rendue aux âmes la vie surnaturelle. C’est pourquoi elle est devenue pour nous, dans l’ordre de la grâce, notre Mère. » (ibid., 61).

Le mystère de l’Église se reflète également dans la Vierge Marie : en Elle, le peuple de Dieu trouve représentés son origine, son modèle et sa patrie. En la Mère du Seigneur, l’Église contemple son propre mystère, non seulement parce qu’elle y retrouve le modèle de la foi virginale, de la charité maternelle et de l’alliance nuptiale à laquelle elle est appelée, mais aussi et surtout parce qu’elle reconnaît en elle son archétype, la figure idéale de ce qu’elle est appelée à être.

Comme on peut le voir, les réflexions sur la Vierge Mère rassemblées dans Lumen gentium nous enseignent à aimer l’Église et à servir en son sein l’accomplissement du Règne de Dieu qui vient et qui s’accomplira pleinement dans la gloire.

Laissons-nous donc interpeller par ce sublime modèle qu’est Marie, Vierge et Mère, et demandons-lui de nous aider, par son intercession, à répondre à ce qui nous est demandé à travers son exemple : est-ce que je vis avec une foi humble et active mon appartenance à l’Église ? Est-ce que je reconnais en Elle la communauté de l’alliance que Dieu m’a donnée pour correspondre à son amour infini ? Est-ce que je me sens partie intégrante de l’Église, dans l’obéissance aux pasteurs que Dieu lui donne ? Est-ce que je regarde Marie comme modèle, membre éminent et mère de l’Église, et est-ce que je Lui demande de m’aider à être un disciple fidèle de son Fils ?

Sœurs et frères, que le Saint-Esprit, descendu sur Marie et invoqué par nous avec humilité et confiance, nous donne de vivre pleinement ces merveilleuses réalités. Et, après avoir approfondi la Constitution Lumen gentium, demandons à la Vierge de nous obtenir ce don : que grandisse en chacun de nous l’amour pour la Sainte Mère Église. Ainsi soit-il !

* * *

Je salue cordialement les fidèles de langue française, en particulier les jeunes et les pèlerins venus de Belgique et de France.

Demandons au Seigneur d’envoyer son Esprit-Saint sur chacun de nous, afin qu’il nous vivifie de plus en plus et nous rende conscient d’être membre de l’Église, responsables de sa mission. Demandons-lui la grâce de déployer tous nos talents aux services de nos frères qui attendent de trouver en nous l’image de Jésus-Christ.

Que Dieu vous bénisse !

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Dans le cadre du parcours « Héritiers du Sacré-Coeur », le père Benoit Guédas nous propose une série de 8 vidéos pour approfondir la prière.

Retrouvez les enseignements du parcours :

Parcours »Héritiers du Sacré-Coeur »

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HOMELIE DE LA MESSE DIMANCHE 11 MAI 2025

 

Je vais commencer par un mot en anglais et peut-être un autre en italien.

L’Évangile que nous venons d’entendre en ce dimanche du Bon Pasteur : « Mes brebis écoutent ma voix, je les connais et elles me suivent. »

Je pense au Bon Pasteur, spécialement en ce dimanche qui est si significatif dans le temps pascal. Alors que nous célébrons le début de cette nouvelle mission du ministère que l’Église m’a confiée, il n’y a pas de meilleur exemple que Jésus-Christ lui-même, à qui nous donnons notre vie et de qui nous dépendons. Jésus-Christ que nous suivons, il est le Bon Pasteur, et c’est lui qui nous donne la vie : le chemin, la vérité et la vie. Alors nous célébrons avec joie ce jour et nous apprécions profondément votre présence ici.

Aujourd’hui, c’est la fête des Mères. Je pense qu’il n’y a qu’une seule mère présente : bonne fête des Mères ! L’un des plus merveilleux exemples de l’amour de Dieu, c’est l’amour que les mères répandent, spécialement à leurs enfants et petits-enfants.

Ce dimanche est connu pour être spécial pour plusieurs raisons : l’une des premières que je mentionnerais, ce sont les vocations. Pendant les récents travaux des cardinaux, avant et après l’élection du nouveau pape, nous avons beaucoup parlé des vocations dans l’Église et de combien il est important que nous cherchions tous ensemble. D’abord et avant tout, en donnant un bon exemple dans nos vies, avec joie, en vivant la joie de l’Évangile, sans décourager les autres, mais plutôt en cherchant des moyens d’encourager les jeunes à entendre la voix du Seigneur, à la suivre et à servir dans l’Église. « Je suis le Bon Pasteur », nous dit-il.

Je n’ajouterai qu’un seul mot, également en italien, parce que cette mission que nous portons en avant n’est plus pour un seul diocèse mais pour toute l’Église : cet esprit universel est important. Et nous le retrouvons aussi dans la première lecture que nous avons entendue (Ac 13,14.43-52). Paul et Barnabé vont à Antioche, ils vont d’abord vers les Juifs, mais ceux-ci ne veulent pas écouter la voix du Seigneur, et ils commencent alors à annoncer l’Évangile au monde entier, aux païens. Ils partent, comme nous le savons, dans cette grande mission. Saint Paul vient à Rome, où, à la fin, lui aussi l’a accomplie. Un autre exemple du témoignage de bon pasteur. Mais il y a aussi dans cet exemple une invitation très spéciale pour nous tous. Je le disais aussi d’une manière très personnelle, ce que cela veut dire d’annoncer l’Évangile à tout le monde.

Courage ! Sans peur ! Tant de fois Jésus dit dans l’Évangile : « N’ayez pas peur. » Il faut être courageux dans le témoignage que nous donnons, par la parole et surtout par la vie : en donnant la vie, en servant, parfois avec de grands sacrifices pour vivre vraiment cette mission.

J’ai vu une petite réflexion qui me fait beaucoup penser, parce qu’elle ressort aussi dans l’Évangile. En ce sens, quelqu’un a demandé : « Quand tu penses à ta vie, comment expliques-tu là où tu es arrivé ? » La réponse donnée dans cette réflexion est aussi, en un certain sens, la mienne : avec le verbe « écouter ». Comme il est important d’écouter ! Jésus dit : « Mes brebis écoutent ma voix. » Et je pense qu’il est important que nous apprenions tous de plus en plus à écouter, pour entrer en dialogue. Avant tout avec le Seigneur : toujours écouter la Parole de Dieu. Puis aussi écouter les autres, savoir construire des ponts, savoir écouter pour ne pas juger, ne pas fermer les portes en pensant que nous possédons toute la vérité et que personne d’autre ne peut rien nous dire. Il est très important d’écouter la voix du Seigneur, de nous écouter les uns les autres, dans ce dialogue, et de voir vers où le Seigneur est en train de nous appeler.

Marchons ensemble dans l’Église, demandons au Seigneur de nous donner cette grâce de pouvoir écouter sa Parole pour servir tout son peuple.

 

REGINA CAELI

Chers frères et sœurs, bon dimanche !

Je considère comme un don de Dieu le fait que le premier dimanche de mon service comme évêque de Rome soit celui du Bon Pasteur, le quatrième du temps pascal. En ce dimanche, on proclame toujours à la Messe l’Évangile de Jean, au chapitre dix, dans lequel Jésus se révèle comme le vrai Pasteur, qui connaît et aime ses brebis et donne sa vie pour elles.

En ce dimanche, depuis soixante-deux ans, on célèbre la Journée mondiale de prière pour les vocations. Et en plus, aujourd’hui, Rome accueille le Jubilé des fanfares et des spectacles populaires. Je salue avec affection tous ces pèlerins et je les remercie car, avec leur musique et leurs représentations, ils rendent la fête plus joyeuse, la fête du Christ Bon Pasteur : oui, c’est Lui qui guide l’Église par son Saint-Esprit.

Jésus, dans l’Évangile, affirme qu’il connaît ses brebis, et qu’elles écoutent sa voix et le suivent (cf. Jn 10,27). En effet, comme l’enseigne le pape saint Grégoire le Grand, les personnes « répondent à l’amour de celui qui les aime » (Homélie 14, 3-6).

Aujourd’hui donc, frères et sœurs, j’ai la joie de prier avec vous et avec tout le Peuple de Dieu pour les vocations, spécialement pour celles au sacerdoce et à la vie religieuse. L’Église en a tant besoin ! Et il est important que les jeunes hommes et les jeunes femmes trouvent, dans nos communautés, accueil, écoute, encouragement dans leur chemin vocationnel, et qu’ils puissent compter sur des modèles crédibles de dévouement généreux à Dieu et aux frères.

Faisons nôtre l’invitation que le pape François nous a laissée dans son Message pour la journée d’aujourd’hui : l’invitation à accueillir et accompagner les jeunes. Et demandons au Père céleste d’être les uns pour les autres, chacun selon son état de vie, des pasteurs « selon son cœur » (cf. Jr 3,15), capables de nous aider mutuellement à marcher dans l’amour et dans la vérité. Et aux jeunes je dis : « N’ayez pas peur ! Acceptez l’invitation de l’Église et du Christ Seigneur ! »

La Vierge Marie, dont la vie fut toute une réponse à l’appel du Seigneur, nous accompagne toujours dans la suite de Jésus.

 

APRES LE REGINA CAELI

Frères et sœurs,

l’immense tragédie de la Seconde Guerre mondiale se terminait il y a 80 ans, le 8 mai, après avoir causé 60 millions de victimes. Dans le contexte dramatique actuel d’une troisième guerre mondiale par morceaux, comme l’a affirmé plusieurs fois le pape François, je m’adresse moi aussi aux grands de ce monde, en répétant cet appel toujours actuel : « Plus jamais la guerre ! »

Je porte dans mon cœur les souffrances du peuple ukrainien bien-aimé. Que l’on fasse tout ce qui est possible pour parvenir au plus vite à une paix authentique, juste et durable. Que tous les prisonniers soient libérés et que les enfants puissent retourner dans leurs familles.

Je suis profondément peiné par ce qui se passe dans la bande de Gaza. Que les combats cessent immédiatement ! Qu’une aide humanitaire soit apportée à la population civile épuisée, et que tous les otages soient libérés.

J’ai accueilli en revanche avec satisfaction l’annonce du cessez-le-feu entre l’Inde et le Pakistan, et j’espère que, par les négociations à venir, un accord durable pourra être atteint rapidement.

Mais combien d’autres conflits y a-t-il dans le monde ! Je confie à la Reine de la paix cet appel poignant, pour qu’elle le présente au Seigneur Jésus afin qu’il nous obtienne le miracle de la paix.

Et maintenant, je salue avec affection vous tous, Romains et pèlerins de différents pays. Je salue les membres de la British and Foreign Bible Society, le groupe de médecins de Grenade (Espagne), les fidèles de Malte, du Panama, de Dallas (Texas), de Valladolid, Torrelodones (Madrid), Montesilvano et Cinisi (Palerme).

Je salue les participants à la manifestation « Choisissons la vie » et les jeunes de la Fraternité Sainte Marie Immaculée et Saint François d’Assise de Reggio Emilia.

Aujourd’hui, en Italie et dans d’autres pays, on célèbre la fête des mères. J’envoie une chaleureuse salutation à toutes les mamans, avec une prière pour elles et pour celles qui sont déjà au Ciel.

Bonne fête à toutes les mamans !

Merci à vous tous ! Bon dimanche à tous !

 

 

 

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Abba Père
Collectif Cieux Ouverts

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Louange du mercredi 15 juin

Frères et sœurs,

je partage avec vous la joie de célébrer cette Eucharistie et je voudrais saluer toutes les personnes présentes, la communauté paroissiale, les prêtres, l’évêque du diocèse, Son Excellence, les autorités civiles et militaires.

L’Évangile de ce dimanche, que nous venons d’entendre, est l’une des paraboles les plus belles et les plus suggestives racontées par Jésus. Nous connaissons tous la parabole du bon Samaritain (Lc 10, 25-37).

Ce récit continue aujourd’hui encore à nous défier, il remet en question notre vie, il secoue la tranquillité de nos consciences endormies ou distraites, et il nous met en garde contre le risque d’une foi accommodante, installée dans l’observance extérieure de la loi mais incapable de ressentir et d’agir avec les mêmes entrailles compatissantes de Dieu.

La compassion, en effet, est au cœur de la parabole. Et s’il est vrai que dans le récit évangélique, elle est décrite par les actions du Samaritain, la première chose que la péricope souligne, c’est le regard. En effet, devant un homme blessé qui se trouve au bord de la route après être tombé sur des bandits, on dit du prêtre et du lévite : « il le vit et passa de l’autre côté » (v. 32) ; du Samaritain, en revanche, l’Évangile dit : « il le vit et fut saisi de compassion » (v. 33).

Chers frères et sœurs, le regard fait la différence, car il exprime ce que nous avons dans le cœur : on peut voir et passer outre ou voir et ressentir de la compassion. Il y a une vision extérieure, distraite et hâtive, une vision qui fait semblant de ne pas voir, c’est-à-dire sans se laisser toucher ni interpeller par la situation ; et il y a cependant une vision, celle du cœur, avec un regard plus profond, empreint d’empathie, qui nous fait entrer dans la situation de l’autre, nous fait participer intérieurement, nous touche, nous bouleverse, interroge notre vie et notre responsabilité.

Le premier regard dont la parabole veut nous parler est celui que Dieu a posé sur nous, afin que nous apprenions nous aussi à avoir ses mêmes yeux, remplis d’amour et de compassion les uns pour les autres. Le bon Samaritain, en effet, est avant tout l’image de Jésus, le Fils éternel que le Père a envoyé dans l’histoire précisément parce qu’il a regardé l’humanité sans passer outre, avec des yeux, avec un cœur avec des entrailles remplis d’émotion et de compassion. Comme celui de l’Évangile qui descendait de Jérusalem à Jéricho, l’humanité descendait dans les abîmes de la mort et, aujourd’hui encore, elle doit souvent faire face à l’obscurité du mal, à la souffrance, à la pauvreté, à l’absurdité de la mort ; Mais Dieu nous a regardés avec compassion, il a voulu emprunter Lui-même notre route, il est descendu parmi nous et, en Jésus, le bon Samaritain, il est venu guérir nos blessures, en versant sur nous l’huile de son amour et de sa miséricorde.

Le pape François nous a souvent rappelé que Dieu est miséricorde et compassion, et il a affirmé que Jésus « est la compassion du Père envers nous » (qAngelus du 14 juillet 2019). Il est le bon Samaritain qui est venu à notre rencontre ; Il « a daigné, dit saint Augustin, « s’appeler notre prochain. Car Jésus-Christ s’est dépeint sous les traits du Samaritain secourant ce malheureux, abandonné sur le chemin par les voleurs, couvert de blessures et à demi-mort » (La Doctrine chrétienne, I, 30.33).

Nous comprenons alors pourquoi la parabole met au défi chacun de nous : puisque le Christ est la manifestation d’un Dieu compatissant ; croire en Lui et le suivre comme ses disciples signifie se laisser transformer afin que nous puissions avoir nous aussi les mêmes sentiments que Lui : un cœur qui s’émeut, un regard qui voit et ne passe pas outre, deux mains qui secourent et apaisent les blessures, des épaules solides qui prennent le fardeau de ceux qui sont dans le besoin.

La première lecture d’aujourd’hui, en nous faisant écouter les paroles de Moïse, nous dit qu’obéir aux commandements du Seigneur et se convertir à Lui ne signifie pas multiplier les actes extérieurs, mais qu’il s’agit plutôt de revenir en notre cœur pour découvrir que c’est précisément là que Dieu a écrit la loi de l’amour. Si, dans l’intimité de notre vie, nous découvrons que le Christ, comme le bon Samaritain, nous aime et prend soin de nous, nous sommes alors portés nous aussi à aimer de la même manière et nous deviendront compatissants comme Lui. Guéris et aimés par le Christ, nous devenons nous aussi des signes de son amour et de sa compassion dans le monde.

Frères et sœurs, nous avons aujourd’hui besoin de cette révolution de l’amour. Aujourd’hui, cette route qui descend de Jérusalem vers Jéricho, une ville située au-dessous du niveau de la mer, est la route empruntée par tous ceux qui sombrent dans le mal, dans la souffrance et dans la pauvreté ; c’est la route de nombreuses personnes accablées par les difficultés ou blessées par les circonstances de la vie ; c’est la route de tous ceux qui « descendent plus bas » jusqu’à se perdre et toucher le fond ; et c’est la route de nombreux peuples dépouillés, volés et pillés, victimes de systèmes politiques oppressifs, d’une économie qui les contraint à la pauvreté, de la guerre qui tue leurs rêves et leurs vies.

Et nous, que faisons-nous ? Est-ce que nous regardons et passons outre, ou bien nous laissons-nous transpercer le cœur comme le Samaritain ? Parfois, nous nous contentons de faire notre devoir ou nous considérons notre prochain seulement celui qui fait partie de notre cercle, celui qui pense comme nous, celui qui a la même nationalité ou la même religion ; mais Jésus renverse la perspective en nous présentant un Samaritain, un étranger et un hérétique qui se fait proche de cet homme blessé. Et il nous demande de faire de même.

Le Samaritain, écrivait Benoît XVI, « ne demande pas jusqu’où s’étendent ses devoirs de solidarité, ni quels mérites lui assureront la vie éternelle. Cela se passe autrement : il a le cœur déchiré […]. Si la question avait été : “Le Samaritain est-il lui aussi mon prochain ?”, la réponse aurait été, dans la situation donnée, un « non » sans équivoque. Mais Jésus renverse les choses. Le Samaritain, l’étranger, se fait lui-même mon prochain et me montre que je dois apprendre par moi-même, de l’intérieur, à être le prochain de tous, et que la réponse se trouve déjà en moi. Il me faut devenir quelqu’un qui aime, une personne dont le cœur se laisse bouleverser par la détresse de l’autre ». (Jésus de Nazareth, 221-222).

Voir sans passer outre, arrêter nos courses effrénées, laisser la vie de l’autre, quel qu’il soit, avec ses besoins et ses souffrances, me briser le cœur. C’est cela qui nous rend proches les uns des autres, qui engendre une véritable fraternité, qui fait tomber les murs et les barrières. Et finalement l’amour se fraye un chemin, en devenant plus fort que le mal et que la mort.

Bien-aimés, regardons le Christ, le bon Samaritain, et écoutons aujourd’hui encore sa voix qui dit à chacun de nous : « Va, et toi aussi, fais de même » (v. 37).

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Catéchèse sur la vieillesse
4. L’adieu et l’héritage : mémoire et témoignage 

Chers frères et sœurs, bonjour !

Dans la Bible, le récit de la mort du vieux Moïse est précédé de son testament spirituel, appelé « Cantique de Moïse ». Ce Cantique est avant tout une très belle confession de foi, et dit ainsi : « C’est le nom du Seigneur que j’invoque ; / à notre Dieu, reportez la grandeur. / Il est le Rocher : son œuvre est parfaite ; / tous ses chemins ne sont que justice. / Dieu de vérité, non pas de perfidie, il est juste, il est droit. » (Dt 32, 3-4). Mais c’est aussi la mémoire de l’histoire vécue avec Dieu, des aventures du peuple qui s’est formé à partir de la foi au Dieu d’Abraham, Isaac et Jacob. Ainsi, Moïse rappelle aussi les amertumes et les désillusions de Dieu lui-même, et il l’exprime avec ceci : Sa fidélité mise continuellement à l’épreuve par les infidélités de son peuple. Le Dieu fidèle et la réponse du peuple infidèle : comme si le peuple voulait mettre à l’épreuve la fidélité de Dieu. Et Lui reste toujours fidèle, proche de son peuple. C’est précisément le cœur du Cantique de Moïse : la fidélité de Dieu qui nous accompagne durant toute la vie.

Lorsque Moïse prononce cette confession de foi, il est au seuil de la terre promise, et aussi de la fin de sa vie. Il avait cent vingt ans, note le récit, « sa vue n’avait pas baissé » (Dt 34, 7). Cette capacité de voir, de voir réellement, même de voir symboliquement, comme le font les personnes âgées, qui savent voir les choses, le sens profond des choses. La vitalité de son regard est un don précieux : elle lui permet de transmettre l’héritage de sa longue expérience de vie et de foi, avec la lucidité nécessaire. Moïse voit l’histoire et retransmet l’histoire ; les vieillards voient l’histoire et retransmettent l’histoire.

Une vieillesse à laquelle est accordée cette lucidité est un don précieux pour la génération future. L’écoute personnelle et directe du récit de l’histoire de la foi vécue, avec tous ses hauts et ses bas, est irremplaçable. Le lire dans des livres, le regarder dans des films, le consulter sur internet, aussi utile soit-il, ne sera jamais la même chose. Cette transmission – qui est la vraie tradition, la transmission concrète du vieux au jeune ! – cette transmission manque beaucoup aujourd’hui, et toujours plus aux nouvelles générations. Pourquoi ? Parce que cette nouvelle civilisation a l’idée que les personnes âgées sont du matériel de déchèterie, que les personnes âgées doivent être mises au rebut. Ceci est une brutalité ! Non, ça ne va pas comme ça. Le récit direct, de personne à personne, a des tonalités et modes de communication qu’aucun autre moyen ne peut substituer. Un vieil homme qui a vécu longtemps et obtient le don d’un témoignage lucide et passionné de son histoire est une bénédiction irremplaçable. Sommes-nous capables de reconnaître et d’honorer ce don des personnes âgées ? La transmission de la foi – et du sens de la vie – suit-elle aujourd’hui ce chemin, de l’écoute des personnes âgées ? Je peux donner un témoignage personnel. La haine et la colère contre la guerre m’ont été transmises par mon grand-père qui a combattu sur le Piave en 1914, et il m’a transmis cette colère contre la guerre. Parce qu’il m’a raconté les souffrances d’une guerre. Et ça on ne l’apprend pas dans les livres ni d’une autre manière… on l’apprend de cette façon, en le transmettant des grands-parents aux petits-enfants. Et cela est irremplaçable. La transmission de l’expérience de vie des grands-parents aux petits-enfants. Aujourd’hui, malheureusement, ce n’est pas le cas et nous pensons que les grands-parents sont du matériel de déchèterie : non ! Non ! Ils sont la mémoire vivante d’un peuple, et les jeunes et les enfants ont besoin d’entendre leurs grands-parents.

Dans notre culture, si « politiquement correcte », ce chemin semble entravé de nombreuses manières : dans la famille, dans la société, même dans la communauté chrétienne. Certains proposent même d’abolir l’enseignement de l’histoire, comme d’une information superflue sur des mondes qui n’ont plus de pertinence, qui soustraient des ressources à la connaissance du présent. Comme si nous étions nés hier, non ?

La transmission de la foi, en revanche, manque souvent de la passion d’une « histoire vécue ». Transmettre la foi, ce n’est pas dire des choses  » blablabla  » : non. C’est raconter l’expérience de la foi. Et alors difficilement peut attirer à choisir l’amour pour toujours, la fidélité à la parole donnée, la persévérance dans le dévouement, la compassion pour les visages blessés et avilis ? Bien sûr, les récits de la vie doivent être transformés en témoignage, et le témoignage doit être loyal. L’idéologie qui plie l’histoire à ses propres schémas n’est certainement pas loyale ; la propagande qui adapte l’histoire pour promouvoir son propre groupe n’est pas loyale ; ce n’est pas loyal de transformer l’histoire en un tribunal où l’on condamne tout le passé et l’on décourage tout avenir. Non. Être loyal, c’est raconter l’histoire telle qu’elle est, et seuls peuvent la relater fidèlement ceux qui l’ont vécue. C’est pourquoi c’est très important d’écouter les vieux, d’écouter les grands-parents : que les enfants puissent échanger avec eux.

Les Evangiles eux-mêmes racontent honnêtement l’histoire bénie de Jésus sans dissimuler les erreurs, les malentendus et même les trahisons des disciples. Ça, c’est l’histoire, c’est la vérité, ça, c’est le témoignage. Ça, c’est le don de la mémoire que les « anciens » de l’Église transmettent, depuis le début, en le passant « de main en main » à la génération suivante. Ça nous fera du bien de nous demander : combien valorisons-nous cette façon de transmettre la foi, dans le passage de témoin entre les anciens de la communauté et les jeunes qui s’ouvrent à l’avenir ? Et là, il me vient à l’esprit une chose que j’ai dite à plusieurs reprises, mais que je voudrais répéter. Comment transmet-on la foi ? « Ah, voici un livre, étudie-le » : non. On ne peut transmettre la foi ainsi. La foi se transmet dans le dialecte, c’est-à-dire dans la langue familière, entre grands-parents et petits-enfants, entre parents et petits-enfants. La foi est toujours transmise dans le dialecte, dans ce dialecte familier et expérientiel des années. C’est pourquoi le dialogue est si important dans une famille, le dialogue des enfants avec leurs grands-parents, qui sont ceux qui ont la sagesse de la foi.

Parfois, il m’arrive de réfléchir à cette étrange anomalie. La catéchèse de l’initiation chrétienne s’appuie aujourd’hui généreusement sur la Parole de Dieu et transmet des informations précises sur les dogmes, sur la morale de la foi et les sacrements. Ce qui fait souvent défaut, en revanche, c’est une connaissance de l’Église qui vient de l’écoute et du témoignage de l’histoire réelle de la foi et de la vie de la communauté ecclésiale, depuis les origines jusqu’à nos jours. Enfants, nous apprenons la Parole de Dieu dans les cours de catéchisme ; mais l’Église – l’Église – les jeunes ils la « connaissent » dans les salles de classe et dans les médias de l’information globale.

Le récit de l’histoire de foi devrait être comme le Cantique de Moïse, comme le témoignage des Évangiles et des Actes des Apôtres. C’est-à-dire un récit capable de rappeler avec émotion les bénédictions de Dieu et avec loyauté nos manquements. Il serait bien que dès le début, les itinéraires de catéchèse prévoient également l’habitude d’écouter, à partir de l’expérience vécue des personnes âgées, la confession lucide des bénédictions reçues de Dieu, que nous devons conserver et le témoignage loyal de nos propres infidélités, que nous devons réparer et corriger. Les personnes âgées entrent dans la terre promise, que Dieu désire pour chaque génération, lorsqu’elles offrent aux jeunes la belle initiation de leur témoignage et transmettent l’histoire de la foi, la foi dans le dialecte, ce dialecte familier, ce dialecte des anciens aux jeunes. Alors, guidés par le Seigneur Jésus, les personnes âgées et les jeunes entrent ensemble dans son Royaume de vie et d’amour. Mais tous ensemble. Tous en famille, avec ce grand trésor qu’est la foi transmise dans le dialecte. Merci.

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Place Saint-Pierre, mercredi 10 septembre 2025

Jubilé 2025. Jésus-Christ notre espérance. III. La Pâque de Jésus. 6. La mort. « Jésus, poussant un grand cri, expira » (Mc 15,37)

Chers frères et sœurs,

Bonjour et merci pour votre présence, un beau témoignage !

Aujourd’hui, nous contemplons le sommet de la vie de Jésus dans ce monde : sa mort sur la croix. Les Évangiles attestent un détail très précieux, qui mérite d’être contemplé avec l’intelligence de la foi. Sur la croix, Jésus ne meurt pas en silence. Il ne s’éteint pas lentement, comme une lumière qui s’éteint, mais il quitte la vie avec un cri : « Jésus, poussant un grand cri, expira » (Mc 15, 37). Ce cri résume tout : la douleur, l’abandon, la foi, l’offrande. Ce n’est pas seulement la voix d’un corps qui cède, mais le signe ultime d’une vie qui se donne.

Le cri de Jésus est précédé d’une question, l’une des plus déchirantes qui puissent être prononcées : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? ». C’est le premier verset du psaume 22, mais sur les lèvres de Jésus, il porte une gravité unique. Le Fils, qui a toujours vécu en communion intime avec le Père, fait maintenant l’expérience du silence, de l’absence, de l’abîme. Il ne s’agit pas d’une crise de foi, mais de la dernière étape d’un amour qui se donne jusqu’au bout. Le cri de Jésus n’est pas un cri de désespoir, mais de sincérité, de vérité poussée à l’extrême, de confiance qui résiste même lorsque tout fait silence.

À ce moment-là, le ciel s’assombrit et le voile du temple se déchire (cf. Mc 15, 33.38). C’est comme si la création elle-même participait à cette douleur et révélait en même temps quelque chose de nouveau : Dieu n’habite plus derrière un voile, son visage est désormais pleinement visible dans le Crucifié. C’est là, dans cet homme déchiré, que se manifeste le plus grand amour. C’est là que nous pouvons reconnaître un Dieu qui ne reste pas distant, mais qui traverse jusqu’au bout notre douleur.

Le centurion, un païen, le comprend. Non pas parce qu’il a écouté un discours, mais parce qu’il a vu Jésus mourir de cette manière : « Vraiment, cet homme était Fils de Dieu ! » (Mc 15, 39). C’est la première profession de foi après la mort de Jésus. C’est le fruit d’un cri qui ne s’est pas perdu dans le vent, mais qui a touché un cœur. Parfois, ce que nous ne pouvons pas dire avec des mots, nous l’exprimons avec la voix. Quand le cœur est plein, il crie. Et ce n’est pas toujours un signe de faiblesse, cela peut être un acte profond d’humanité.

Nous avons l’habitude de considérer le cri comme quelque chose de désordonné, à réprimer. L’Évangile confère à notre cri une valeur immense, en nous rappelant qu’il peut être une invocation, une protestation, un désir, un abandon. Il peut même être la forme extrême de la prière, lorsque nous n’avons plus de mots. Dans ce cri, Jésus a mis tout ce qui lui restait : tout son amour, toute son espérance.

Oui, car il y a aussi cela dans le cri : une espérance qui ne se résigne pas. On crie quand on croit que quelqu’un peut encore entendre. On crie non par désespoir, mais par désir. Jésus n’a pas crié contre le Père, mais vers Lui. Même dans le silence, il était convaincu que le Père était là. Et ainsi, il nous a montré que notre espérance peut crier, même quand tout semble perdu.

Crier devient alors un geste spirituel. Ce n’est pas seulement le premier acte de notre naissance – lorsque nous venons au monde en pleurant – : c’est aussi une façon de rester en vie. On crie quand on souffre, mais aussi quand on aime, quand on appelle, quand on invoque. Crier, c’est dire que nous sommes là, que nous ne voulons pas nous éteindre dans le silence, que nous avons encore quelque chose à offrir.

Dans le voyage de la vie, il y a des moments où tout garder à l’intérieur peut nous consumer lentement. Jésus nous enseigne à ne pas avoir peur du cri, pourvu qu’il soit sincère, humble, orienté vers le Père. Un cri n’est jamais inutile s’il naît de l’amour. Et il n’est jamais ignoré s’il est confié à Dieu. C’est un moyen de ne pas céder au cynisme, de continuer à croire qu’un autre monde est possible.

Chers frères et sœurs, apprenons aussi cela du Seigneur Jésus : apprenons le cri de l’espérance lorsque vient l’heure de l’épreuve extrême. Non pas pour blesser, mais pour nous confier. Non pas pour hurler contre quelqu’un, mais pour ouvrir le cœur. Si notre cri est sincère, il peut être le seuil d’une nouvelle lumière, d’une nouvelle naissance. Comme pour Jésus : quand tout semblait fini, en réalité, le salut était sur le point de commencer. Si elle se manifeste avec la confiance et la liberté des enfants de Dieu, la voix souffrante de notre humanité, unie à la voix du Christ, peut devenir source d’espérance pour nous et pour ceux qui nous entourent.

* * *

Je salue cordialement les pèlerins de langue française, en particulier les fidèles venus, du diocèse de Montréal au Canada accompagnés par leur évêque Mgr Lépine, ainsi que les pèlerins du diocèse d’Angers venus de France.

Quand vient l’heure de l’épreuve, comme les nouveaux saints Pier Giorgio Frassati et Carlo Acutis, apprenons du Christ le cri de l’espérance et le désir d’ouvrir grand nos cœurs à la volonté du Père qui veut notre salut.

Que Dieu vous bénisse !

Copyright © Dicastère pour la Communication – Libreria Editrice Vaticana

 

Chers frères et sœurs, bonjour !

Aujourd’hui, nous allons parler de la troisième vertu théologale, la charité. Les deux autres, rappelons-le, étaient la foi et l’espérance ; aujourd’hui, nous parlerons de la troisième, la charité. C’est le point culminant de tout l’itinéraire que nous avons suivi avec les catéchèses sur les vertus. Penser à la charité dilate immédiatement le cœur, élargit l’esprit conformément aux paroles inspirées de Saint Paul dans la première lettre aux Corinthiens. En conclusion de ce merveilleux hymne, Saint Paul cite la triade des vertus théologales et s’exclame : « Ce qui demeure aujourd’hui, c’est la foi, l’espérance et la charité ; mais la plus grande des trois, c’est la charité. » (1 Co 13, 13).

Paul adresse ces paroles à une communauté qui était loin d’être parfaite dans l’amour fraternel : les chrétiens de Corinthe étaient plutôt querelleurs, il y avait des divisions internes, il y avait ceux qui prétendaient avoir toujours raison et qui n’écoutaient pas les autres, les considérant comme inférieurs. À ceux-là, Paul rappelle que la science enfle, tandis que la charité édifie (cf. 1 Co 8,1). L’Apôtre rapporte ensuite un scandale qui touche même le moment de plus grande unité d’une communauté chrétienne, à savoir la « Cène du Seigneur », la célébration eucharistique : même là, il y a des divisions, et il y a ceux qui en profitent pour manger et boire en excluant ceux qui n’ont rien (cf. 1 Co 11, 18-22). Face à cela, Paul porte un jugement sévère : « Lorsque vous vous réunissez tous ensemble, ce n’est plus la cène du Seigneur que vous prenez » (v. 20), vous avez un autre rituel, qui est païen, ce n’est pas la cène du Seigneur.

Qui sait, peut-être que personne dans la communauté de Corinthe ne pensait commettre un péché et que les paroles dures de l’apôtre semblaient un peu incompréhensibles pour eux. Ils étaient probablement tous convaincus d’être de bonnes personnes et, si on les avait interrogés sur l’amour, ils auraient répondu que certainement l’amour était une valeur très importante, tout comme l’amitié et la famille. Aujourd’hui encore, l’amour est sur les lèvres de tous, sur les lèvres de tant d’ »influenceurs » et dans les refrains de tant de chansons. On parle tant de l’amour, mais qu’est-ce que l’amour ?

« Mais qu’en est-il de l’autre amour ? semble demander Paul aux chrétiens de Corinthe. Non pas l’amour qui monte, mais celui qui descend ; non pas celui qui prend, mais celui qui donne ; non pas celui qui apparaît, mais celui qui est caché. Paul s’inquiète du fait qu’à Corinthe – comme parmi nous aujourd’hui – il y a de la confusion et que la vertu théologale de l’amour, celle qui vient seulement de Dieu, on n’en fasse aucun cas. Et si, même en paroles, tous assurent qu’ils sont de bonnes personnes, qu’ils aiment leur famille et leurs amis, en réalité, de l’amour de Dieu, ils n’en savent que très peu.

Les chrétiens de l’Antiquité disposaient de plusieurs mots grecs pour définir l’amour. Finalement, c’est le mot « agapè » qui s’est imposé, que nous traduisons habituellement par « charité ». Car en vérité, les chrétiens sont capables de tous les amours du monde : eux aussi tombent amoureux, plus ou moins comme cela arrive à tout le monde. Ils connaissent eux aussi la gentillesse de l’amitié. Ils vivent aussi l’amour de la patrie et l’amour universel pour toute l’humanité. Mais il y a un amour plus grand, un amour qui vient de Dieu et qui est dirigé vers Dieu, qui nous permet d’aimer Dieu, à devenir ses amis, et qui nous permet d’aimer notre prochain comme Dieu l’aime, avec le désir de partager l’amitié avec Dieu. Cet amour, à cause du Christ, nous pousse là où humainement nous n’irions pas : c’est l’amour pour le pauvre, pour ce qui n’est pas aimable, pour celui qui ne nous aime pas et n’est pas reconnaissant. C’est l’amour pour ce que personne n’aimerait, même pour son ennemi. Même pour l’ennemi. Cet amour est “théologal”, cet amour vient de Dieu, c’est l’œuvre de l’Esprit Saint en nous.

Jésus prêche dans le Sermon sur la montagne : « Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle reconnaissance méritez-vous ? Même les pécheurs aiment ceux qui les aiment. Si vous faites du bien à ceux qui vous en font, quelle reconnaissance méritez-vous ? Même les pécheurs en font autant » (Lc6,32-33). Et il conclut : « Aimez vos ennemis – nous sommes habitués à dire du mal des ennemis- aimez vos ennemis, faites du bien et prêtez sans rien espérer en retour. Alors votre récompense sera grande, et vous serez les fils du Très-Haut, car lui, il est bon pour les ingrats et les méchants. » (v. 35). Souvenons-nous de ceci : « Au contraire, aimez vos ennemis, faites du bien et prêtez sans rien espérer en retour « . Ne l’oublions pas !

Dans ces paroles, l’amour se révèle comme une vertu théologale et prend le nom de charité. L’amour est charité. Nous nous apercevons immédiatement qu’il s’agit d’un amour difficile, voire impossible à pratiquer si l’on ne vit pas en Dieu. Notre nature humaine nous fait spontanément aimer ce qui est bon et beau. Au nom d’un idéal ou d’une grande affection, nous pouvons même être généreux et accomplir des actes héroïques. Mais l’amour de Dieu va au-delà de ces critères. L’amour chrétien embrasse ce qui n’est pas aimable, offre le pardon, – Qu’il est difficile de pardonner ! Combien d’amour faut-il pour pardonner ! -L’amour chrétien bénit ceux qui maudissent, alors que nous avons l’habitude, face à une insulte ou à une malédiction, de répondre par une autre insulte, par une autre malédiction. C’est un amour si audacieux qu’il semble quasi impossible, et pourtant c’est la seule chose qui restera de nous. L’amour est la « porte étroite » par laquelle nous devons passer pour entrer dans le Royaume de Dieu. En effet, au soir de la vie, nous ne serons pas jugés sur l’amour générique, nous serons jugés précisément sur la charité, sur l’amour que nous avons eu concrètement. Et Jésus nous dit ceci, c’est tellement beau : « Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25,40). C’est ce qu’il y a de beau, de grand dans l’amour. Allons de l’avant et courage !

 

Source : vatican.va
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Place Saint-Pierre, mercredi 24 septembre 2025

Jésus-Christ notre espérance III. La Pâque de Jésus. 8. La descente. « C’est dans l’Esprit qu’il alla proclamer son message aux âmes en captivité » (1P 3,19)

Chers frères et sœurs, bonjour !

Aujourd’hui encore, nous contemplons le mystère du Samedi Saint. C’est le jour du mystère pascal où tout semble immobile et silencieux, alors qu’en réalité s’accomplit une action invisible de salut : le Christ descend dans le royaume des enfers pour annoncer la Résurrection à tous ceux qui étaient dans les ténèbres et l’ombre de la mort.

Cet événement, que la liturgie et la tradition nous ont transmis, représente le geste le plus profond et le plus radical de l’amour de Dieu pour l’humanité. En effet, il ne suffit pas de dire ou de croire que Jésus est mort pour nous : il faut reconnaître que la fidélité de son amour a voulu nous chercher là même où nous nous étions perdus, là où peut pénétrer seule la force d’une lumière capable de traverser le domaine des ténèbres.

Les enfers, dans la conception biblique, ne sont pas tant un lieu qu’une condition existentielle : cette condition dans laquelle la vie est affaiblie et où règnent la douleur, la solitude, la culpabilité et la séparation d’avec Dieu et des autres. Le Christ nous rejoint même dans cet abîme, franchissant les portes de ce règne des ténèbres. Il entre, pour ainsi dire, dans la maison même de la mort, pour la vider, pour en libérer les habitants, en les prenant par la main un par un. C’est l’humilité d’un Dieu qui ne s’arrête pas devant notre péché, qui n’est pas effrayé par le rejet extrême de l’être humain.

Dans le court passage de sa première lettre que nous avons entendu, l’apôtre Pierre nous dit que Jésus, rendu vivant dans l’Esprit Saint, alla porter l’annonce du salut « même aux âmes prisonnières » (1 3, 19). C’est l’une des images les plus émouvantes, qui ne se trouve pas dans les Évangiles canoniques, mais dans un texte apocryphe appelé l’Évangile de Nicodème. Selon cette tradition, le Fils de Dieu s’est enfoncé dans les ténèbres les plus épaisses pour atteindre même le dernier de ses frères et sœurs, pour aussi y apporter sa lumière. Dans ce geste, il y a toute la force et la tendresse de l’annonce pascale : la mort n’est jamais le dernier mot.

Très chers amis, cette descente du Christ ne concerne pas seulement le passé, mais touche la vie de chacun de nous. Les enfers ne sont pas seulement la condition de qui est mort, mais aussi de qui vit la mort à cause du mal et du péché. C’est aussi l’enfer quotidien de la solitude, de la honte, de l’abandon, de la pénibilité de la vie. Le Christ entre dans toutes ces réalités obscures pour nous témoigner l’amour du Père. Non pas pour juger, mais pour libérer. Non pas pour culpabiliser, mais pour sauver. Il le fait sans clameur, sur la pointe des pieds, comme celui qui entre dans une chambre d’hôpital pour offrir réconfort et aide.

Les Pères de l’Église, dans des pages d’une extraordinaire beauté, ont décrit ce moment comme une rencontre : celle entre le Christ et Adam. Une rencontre qui symbolise toutes les rencontres possibles entre Dieu et l’homme. Le Seigneur descend là où l’homme s’est caché par peur, l’appelle par son nom, le prend par la main, le relève et le ramène à la lumière. Il le fait de pleine autorité, mais aussi avec une infinie douceur, comme un père avec son fils qui craint de ne plus être aimé.

Dans les icônes orientales de la Résurrection, le Christ est représenté en train de briser les portes des enfers et, tendant les bras, il saisit les poignets d’Adam et Ève. Il ne se sauve pas seulement lui-même, il ne revient pas seul à la vie, mais il entraîne avec lui toute l’humanité. Telle est la véritable gloire du Ressuscité : c’est la puissance de l’amour, c’est la solidarité d’un Dieu qui ne veut pas se sauver sans nous, mais seulement avec nous. Un Dieu qui ne ressuscite qu’en embrassant nos misères et en nous relevant pour une vie nouvelle.

Le Samedi Saint est donc le jour où le ciel visite la terre plus profondément. C’est le moment où chaque recoin de l’histoire humaine est touché par la lumière de Pâques. Et si le Christ a pu descendre jusque-là, rien ne peut être exclu de sa rédemption. Pas même nos nuits, pas même nos fautes les plus anciennes, pas même nos liens brisés. Il n’y a pas de passé si détérioré, il n’y a pas d’histoire si compromise qui ne puisse être touchée par la miséricorde.

Chers frères et sœurs, descendre, pour Dieu, n’est pas une défaite, mais l’accomplissement de son amour. Ce n’est pas un échec, mais le moyen par lequel Il montre qu’aucun lieu n’est trop loin, aucun cœur trop fermé, aucune tombe trop scellée pour son amour. Cela nous console, cela nous soutient. Et si parfois nous avons l’impression de toucher le fond, rappelons-nous : c’est de là que Dieu est capable de commencer une nouvelle création. Une création faite de personnes remises debout, de cœurs pardonnés, de larmes séchées. Le Samedi Saint est l’étreinte silencieuse par laquelle le Christ présente toute la création au Père, pour la replacer dans son dessein de salut.

* * *

Je salue cordialement les pèlerins de langue française, en particulier les fidèles venus du Sénégal, du Canada, de Belgique et de France.

Devant la fécondité du silence qui enveloppe le Samedi Saint, apprenons à lui laisser de la place dans nos vies, tant le silence se révèle favorable à l’action salvifique du Christ en nos âmes.

Que Dieu vous bénisse !

_______

ANNONCE

Chers frères et sœurs, le mois d’octobre, désormais proche, est particulièrement dédié au Saint Rosaire dans l’Église. C’est pourquoi je vous invite tous, chaque jour du prochain mois, à prier le Rosaire pour la paix, personnellement, en famille et en communauté.

J’invite également tous ceux qui travaillent au Vatican à vivre cette prière dans la Basilique de Saint-Pierre, chaque jour, à 19 heures. En particulier, le samedi 11 octobre, à 18 heures, nous le ferons ensemble sur la Place Saint-Pierre, lors de la veillée du Jubilé de la Spiritualité Mariale, en commémorant également l’anniversaire de l’ouverture du Concile Vatican II.

 

 

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907 Saint est son nom
114 Levez les mains vers Dieu

102 Alléluia, magnificat

904 Glorifie le Seigneur

508 Viens, Esprit très saint

Textes reçus :

Psaume 144

01 Je t’exalterai, mon Dieu, mon Roi, je bénirai ton nom toujours et à jamais !

02 Chaque jour je te bénirai, je louerai ton nom toujours et à jamais.

03 Il est grand, le Seigneur, hautement loué ; à sa grandeur, il n’est pas de limite.

21 Que ma bouche proclame les louanges du Seigneur ! * Son nom très saint, que toute chair le bénisse toujours et à jamais !

Ezekiel 37

09 Le Seigneur me dit alors : « Adresse une prophétie à l’esprit, prophétise, fils d’homme. Dis à l’esprit : Ainsi parle le Seigneur Dieu : Viens des quatre vents, esprit ! Souffle sur ces morts, et qu’ils vivent ! »

10 Je prophétisai, comme il m’en avait donné l’ordre, et l’esprit entra en eux ; ils revinrent à la vie, et ils se dressèrent sur leurs pieds : c’était une armée immense !

11 Puis le Seigneur me dit : « Fils d’homme, ces ossements, c’est toute la maison d’Israël. Car ils disent : “Nos ossements sont desséchés, notre espérance est détruite, nous sommes perdus !”

12 C’est pourquoi, prophétise. Tu leur diras : Ainsi parle le Seigneur Dieu : Je vais ouvrir vos tombeaux et je vous en ferai remonter, ô mon peuple, et je vous ramènerai sur la terre d’Israël.

Chants.ilestvivant.com

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Groupe de musique Bande de Prêtres : https://open.spotify.com/artist/31pQQlE8PzlKS30t3UgJYk De Prêtres

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Place Saint-Pierre, mercredi 5 novembre 2025

Jésus-Christ notre espérance IV. La résurrection du Christ et les défis du monde actuel 3. La Résurrection donne espérance à la vie quotidienne

Chers frères et sœurs, bonjour, bienvenu !

La Pâque de Jésus n’est pas un événement appartenant à un passé lointain, désormais ancré dans la tradition comme tant d’autres épisodes de l’histoire humaine. L’Église nous enseigne à actualiser la mémoire de la Résurrection chaque année, le dimanche de Pâques, et chaque jour, lors de la célébration eucharistique, au cours de laquelle s’accomplit pleinement la promesse du Seigneur ressuscité : « Et moi, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde » (Mt 28, 20).

C’est pourquoi le mystère pascal constitue le pivot de la vie chrétienne, autour duquel gravitent tous les autres événements. Nous pouvons donc dire, sans irénisme ni sentimentalisme, que chaque jour est Pâques. Comment ?

Nous vivons heure après heure tant d’expériences différentes : douleur, souffrance, tristesse, mêlées de joie, d’émerveillement, de sérénité. Mais à travers chaque situation, le cœur humain aspire à la plénitude, à un bonheur profond. Une grande philosophe du XXe siècle, sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix, née Edith Stein, qui a beaucoup exploré le mystère de la personne humaine, nous rappelle cette dynamique de recherche constante de l’accomplissement.

« L’être humain – écrit-elle – aspire toujours à recevoir à nouveau le don de l’être, afin de pouvoir puiser ce que l’instant lui donne et lui enlève en même temps » (L’être fini et l’être éternel. Essai d’une atteinte du sens de l’être). Nous sommes plongés dans la limite, mais aussi portés à la dépasser.

L’annonce pascale est la nouvelle la plus belle, la plus joyeuse et la plus bouleversante qui ait jamais résonné au cours de l’histoire. Elle est l’“Évangile” par excellence, qui atteste la victoire de l’amour sur le péché et de la vie sur la mort, et c’est pourquoi elle est la seule capable de satisfaire la demande de sens qui trouble notre esprit et notre cœur. L’être humain est animé par un mouvement intérieur, tendu vers un au-delà qui l’attire constamment. Aucune réalité contingente ne le satisfait. Nous tendons vers l’infini et l’éternel. Cela contraste avec l’expérience de la mort, anticipée par les souffrances, les pertes, les échecs. De la mort, « nul homme vivant ne peut échapper », chante saint François (cf. Cantique de Frère Soleil).

Tout change grâce à ce matin où les femmes, venues au tombeau pour oindre le corps du Seigneur, l’ont trouvé vide. La question posée par les mages venus d’Orient à Jérusalem : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? » (Mt 2,1-2), trouve sa réponse définitive dans les paroles du mystérieux jeune homme vêtu de blanc qui s’adresse aux femmes à l’aube de Pâques : « Vous cherchez Jésus de Nazareth, le Crucifié ? Il est ressuscité : il n’est pas ici » (Mc 16,6).

Depuis ce matin-là jusqu’à aujourd’hui, chaque jour, Jésus portera également ce titre : le Vivant, comme il se présente lui-même dans l’Apocalypse : « Moi, je suis le Premier et le Dernier, le Vivant : j’étais mort, et me voilà vivant pour les siècles des siècles » (Ap 1,17-18). Et en Lui, nous avons la certitude de pouvoir toujours trouver l’étoile polaire vers laquelle orienter notre vie apparemment chaotique, marquée par des événements qui nous semblent souvent confus, inacceptables, incompréhensibles : le mal, sous ses multiples facettes, la souffrance, la mort, des événements qui concernent tout le monde et chacun d’entre nous. En méditant sur le mystère de la Résurrection, nous trouvons la réponse à notre soif de sens.

Face à notre fragile humanité, l’annonce pascale devient soin et guérison, elle nourrit l’espoir face aux défis effrayants que la vie nous pose chaque jour, tant au niveau personnel que planétaire. Dans la perspective de Pâques, la Via Crucis – le Chemin de Croix se transforme en Chemin de Lumière – Via Lucis. Nous avons besoin de savourer et de méditer la joie après la douleur, de revivre dans une lumière nouvelle toutes les étapes qui ont précédé la Résurrection.

Pâques n’élimine pas la croix, mais la vainc dans le duel prodigieux qui a changé l’histoire humaine. Notre époque également, marquée par tant de croix, invoque l’aube de l’espérance pascale. La Résurrection du Christ n’est pas une idée, une théorie, mais l’Événement qui est à la base de la foi. Lui, le Ressuscité, par l’Esprit Saint, continue de nous le rappeler, afin que nous puissions être ses témoins même là où l’histoire humaine ne voit pas la lumière à l’horizon. L’espérance pascale ne déçoit pas. Croire vraiment en la Pâques à travers le cheminement quotidien signifie révolutionner notre vie, être transformés pour transformer le monde avec la force douce et courageuse de l’espérance chrétienne.

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Je salue cordialement les pèlerins de langue française venus du Sénégal, de Suisse et de France, en particulier les élèves des différentes écoles.

Le mois de novembre nous invite non seulement à prier pour nos défunts, mais il nous rappelle également que nous sommes faits pour l’infini et l’éternel : c’est-à-dire pour la vie bienheureuse, seule réalité qui puisse combler les aspirations de notre cœur et de notre intelligence.

Que Dieu vous bénisse !

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